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croisière de rêve qui tourne au cauchemar

29062009

*Les naufragés des Caraïbes

Vacances aux Antilles, croisière de rêve :
La famille Bazin avait tout prévu… sauf la déferlante.

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**Nuit du jeudi 25 au vendredi 26 décembre 2008.Le vent s’est levé, un vent sucré qui porte la douceur de la mer des Caraïbes. Sur le pont de son catamaran, Pascal Bazin, 48 ans, prend un ris pour réduire la surface de la grand-voile. Il est 5 heures du matin. Le navire se trouve à 40 miles (65 km) de Saint-­Vincent. Cela gîte un peu à bord, mais c’est supportable. Pascal sourit. A cette heure-là, la mer lui appartient ; le reste de la famille dort à poings fermés. Joëlle, son épouse, 48 ans, secrétaire à l’université de Nantes, et Mélanie, 12 ans, sont installées dans la partie centrale. Alexis, 11 ans, a sa couchette dans le flotteur tribord.Son inspection de routine achevée, Pascal retourne s’allonger. Mais, avant qu’il ait le temps de trouver le sommeil, un craquement sourd le fait bondir.
Pascal a tout de suite compris. Ils ont essuyé une
déferlante : une vague puissante, un rouleau d’eau à la crête écu­meuse provoqué par le vent ou une remontée des fonds marins et qui arrive dans un sifflement.Il se précipite sur le pont. Torche à la main, le père et la fille scrutent les gréements. Ici, tout est normal. Pascal descend trois marches, entre dans la coque bâbord, où se trouvent les toilettes et le réceptacle des batteries électriques, et, là, il se fige ­d’effroi. Fendue sur toute sa hauteur, la coque semble jouer de l’accordéon à chaque tangage. « Ça va lâcher ! », se retient-il de crier. (…)Pascal redoute un démâtage, qui coucherait le navire sur le flanc, « avec nous quatre coincés à l’intérieur », imagine-t-il.

Il doit prendre une décision. Vite.« Préparez vos ­affaires, ordonne-t-il. On évacue ! »Les parents et les enfants s’y réfugient en premier. Joëlle leur passe les sacs, une valise de vêtements, des vivres…Pascal récupère les fu­sées de détresse réparties en di­vers endroits du bateau, s’empare de la radio VHF et de son ordinateur GPS.
Avant de rejoindre le radeau, il y attache le petit Zodiac à moteur qui sert au mouillage. Puis il saute dans le radeau et coupe le cordage qui les reliait au catamaran. « Bonne chance… », soupire-t-il en donnant à l’Ile-deal une petite tape dérisoire. Il suit un instant du regard son voilier qui part à la dérive avant de se tourner vers les siens. Dans leurs yeux, il lit l’inquiétude, mais aussi toute la confiance qu’ils ont en lui. Pascal était skipper d’un bateau de plaisance, il se retrouve capitaine d’un canot de naufragés. Le petit bout de plastique sur lequel ils vont devoir survivre fait moins de 7 mètres carrés. La mer des Caraïbes s’étend, elle, sur
plus de 2 millions de kilomètres carrés.
Vendredi 26 décembre.
En trente ans de navigation, Pascal n’a jamais connu une situation si extrême. Priorité : équilibrer le radeau, bringuebalé par la houle (…)
Le soleil se lève. Dans les entrailles du radeau, la température dépasse les 35 degrés. Le sas d’entrée de l’embarcation est ouvert au minimum, car, à chaque fois, un paquet de mer s’y engouffre.

Nuit du vendredi 26 au samedi 27 décembre.Il est près de 3 heures du matin. Voilà des heures que le père de famille veille quand, soudain… « Là ! Regardez ! s’exclame-t-il. Des lumières ! » Les Bazin ne sont plus seuls ! Pascal lance alors une fusée éclairante dont la lueur perce la nuit sur quelques dizaines de mètres. « May day, may day, may day,<:i> hurle-t-il, penché sur sa VHF. (…) Le seul navire qui pouvait les sauver les abandonne !

Samedi 27 décembre.La chaleur, le sel, l’humidité poisseuse et l’immobilité commencent à peser sur le moral et la forme physique. (…) Soudain, la bâche qui forme le fond du radeau se soulève, comme frappée par en dessous. « Qu’est-ce que c’est ? », s’inquiète Joëlle en ­voyant affleurer sur les côtés de l’embarcation de gros poissons marron et noir. Apparemment pas des requins. Pourvu qu’il ne s’agisse pas d’acanthurus, également appelés chirur­giens en raison de leur nageoire caudale aussi tranchante qu’un bistouri… Une espèce fréquente dans lesCaraïbes !
Plus personne ne se regarde. Le désespoir s’est emparé de chacun. « Vais-je un jour revoir ma famille, mes collègues ? », se désespère Joëlle.
« Avec moins de 6 litres d’eau à bord, nous allons mourir déshydratés », pense, comme en écho, son époux.
Dimanche 28 décembre.Milieu de l’après-midi. Pascal installe une batterie de VHF qu’il sait presque vide. Constatant qu’il reste encore quelques dizaines de minutes de charge, il enclenche le bouton On et, presque machinalement, lance : « May day, may day…
Je vous reçois 5 sur 5, mais je ne vous vois pas », crachouille la VHF.(…) « C’est un avion ! Il a un radar ! s’exclame Alexis en découvrant l’appareil.

Un avion militaire ! »
Les yeux des naufragés s’embuent.
Même jour, 16 heures.
Au QG des gardes-côtes de Port of Spain (Trinité-et-Tobago), l’annonce vient de tomber : les naufragés dérivent au large de Saint-Vincent. Quelques minutes plus tard, à bord du TSS Chacachacare, le lieutenant Michael Maharaj et ses hommes filent à toute allure « sur zone ». Il est 20 h 30 quand ils coupent les moteurs. Soudain, une petite lumière s’allume au loin. Le Zodiac des secouristes prend aussitôt la mer pour foncer vers le radeau. Les naufragés ont les traits tirés et les yeux cernés, mais ils sont souriants.(…)

Nantes, 7 avril 2009.« Nous avons survécu parce que nous connaissions la mer et que nous n’avons pas paniqué », raconte Pascal Bazin, qui retape à présent un trimaran acheté d’occasion. « Nous repartirons un jour. C’est sûr. Plus forts et plus ­sereins. »

*Sélection du Reader’s Digest de juillet-aoùt 2009

   







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