Nouveau-Mexique : une mer de gypse bordée par un ciel immense

7112009

Septembre 2009-décembre 2010 : Santa Fe, la plus ancienne capitale des Etats-Unis, célèbre son 400e anniversaire. Voici cinq bonnes raisons de parcourir le Nouveau-Mexique, Far West de peuples, de couleurs et de liberté.
 

Le White Sands National Monument au sud du Nouveau-Mexique : une mer de gypse bordée par un ciel immense, un jardin presque secret de solitude et d’émerveillement.
Le White Sands National Monument au sud du Nouveau-Mexique : une mer de gypse bordée par un ciel immense, un jardin presque secret de solitude et d’émerveillement. 

Santa Fe, un bout du rêve américain. A 2 130 mètres dans les monts Sangre de Cristo : Santa Fe, capitale du Nouveau-Mexique, la plus haute des Etats-Unis. « L’aimant » d’un territoire que les Espagnols, en provenance du Mexique, commencèrent à coloniser en 1598. Avec Pedro de Peralta à leur tête, ils fondèrent la ville royale de la Sainte Foi de Saint-François d’Assise (!), en 1610.

Au Nouveau-Mexique, devenu 47e Etat des Etats-Unis en 1912, Santa Fe magnétise hommes et femmes en quête d’inspiration. Sur Canyon Road et dans Railyard District, peintres, sculpteurs et galeristes animent un grand marché d’art. Membre de la tribu indienne tewa, Michael Garcia façonne la turquoise bleue ou verte, le jade noir, la sugilite pourpre et l’argent, en pièces uniques. «J’aime incruster ces pierres protectrices dans une forme de libellule, confie-t-il chez Packards, la boutique référence. Cet insecte, mon fétiche, participe depuis des millions d’années au cycle de la vie !»

Le soir, lorsque le soleil se fait doux, la Plaza – cœur historique de la ville – rassemble chanteurs de rock, blues, country, vendeurs defajitas(crêpes mexicaines garnies de viande), simples badauds. Le monde peut continuer sa course folle, ici tout est possible, tout reste à faire.

- Des cow-boys et des Indiens

Les Nations indiennes – Pueblos, Navajos, Apaches – vivent depuis toujours dans cette nature aride tranchée par des ravins bordés de falaises. Aujourd’hui liées à des réserves, elles maintiennent tant bien que mal leurs traditions, langues et croyances. A Taos Pueblo, un village habité depuis mille ans, les touristes photographient l’église San Geronimo, les maisons d’adobe(brique séchée au soleil), les séchoirs en bois, les fours à pain. Ils achètent un tambour, des mocassins, et approchent les Indiens gardiens d’un passé qui semble suspendu. Acoma Pueblo, la « Sky City », un village perché sur un plateau rocailleux, est occupé par les Pueblos depuis 1100. Une éternité, qui fait dire au guide : «Ce n’est pas Christophe Colomb qui a découvert l’Amérique !»

Devant les maisons, contre lesquelles reposent les échelles d’accès aux kivas (lieux de méditation et de prière), les habitants vendent de la poterie traditionnelle ou revisitée. Et le vent soulève le sable, emportant des touffes de sauge. Dans Lincoln County, le comté de Billy the Kid, l’heure n’est plus aux règlements de comptes, mais aux soirées au WSP de Ruidoso. Il s’agit d’un saloon où les cow-boys portent le Stetson vissé sur la tête, la chemise blanche ou à carreaux impeccable, un trophée de rodéo plaqué sur la boucle du ceinturon, les santiags ouvragées. Ils entraînent les cow-girls sur une musique country ou langoureuse… avec les images de chevauchées fantastiques qui leur collent à la peau.

- De l’eau dans le désert

Les Indiens tewas se sont-ils disputé la source chaude ? L’ont-ils partagée ? Ils l’ont considérée comme un don des dieux. L’eau de l’Ojo Caliente est, en effet, la seule au monde à contenir du lithium, du fer, du sodium et de l’arsenic ! Atout qui incite à s’immerger dans les piscines (une dizaine) dont l’eau varie de 27 à 43 °C, à se prélasser dans un bain de boue avant de s’envelopper dans du coton, de la laine ou de se faire appliquer sur le corps les pierres chaudes du rio Grande.

Près de Santa Fe, Ten Thousand Waves étage pagodes de soins et bassins japonais sur une colline de pins pignons et de genévriers. Dans une cabine, Rose Adams pratique un mix mashed massage, entendez par là ses propres manipulations. Comme personne, elle sillonne le dos, étire le visage avec douceur ou énergie. Son secret ? Un don «reçu de cette terre spirituelle baignée d’une incroyable lumière».

- Des paysages «à l’allure folle»

Georgia O’Keeffe arrive à Ghost Ranch, près d’Abiquiú dans une Ford modèle A datant de 1929. Protégée du soleil et de la poussière, elle peint «ce paysage à l’allure folle» : montagne coupée (le fameux mont Pedernal), falaises, cheminées de roches fauves, paille, lavande, sienne, terre craquelée, genévriers carbonisés. C’est au milieu des années 1930 que l’artiste a immortalisé la beauté de ce paysage désolé. Tout demeure et se visite (excepté cependant sa maison) en minibus, avec les reproductions des œuvres dans les mains du guide. La couleur et l’harmonie du lieu ont imprégné les tableaux.

Au sud, le blanc s’étend à perte de vue. Blanc poudreux et étincelant du White Sands National Monument, le plus grand désert (57 600 hectares) de gypse au monde. Des dunes ondulées par la brise, barrées par les montagnes San Andres. Aucun repère excepté de rares yuccas, traces de scarabées… et ce ciel bleu étourdissant.

- Une ville improbable

«Hello there! We’ve been waiting for you» («Salut ! Nous vous avons attendu»), lançait Ralph Edwards, dans les années 1940, en ouvrant« Truth or Consequences », l’émission radio de NBC. En 2009, vous pourriez être interpellé de la même façon à Truth or Consequences, le village ainsi baptisé le 1er avril 1950. Le présentateur vedette avait lancé l’idée de donner ce nom étrange à un village fan, or les habitants de cette bourgade voulaient se différencier des 30 autres villages Hot Springs recensés aux Etats-Unis. Dans la foulée, Ralph Edwards décréta que pendant le premier week-end de mai aurait lieu le jour de parade locale, avec Jane Mansfield, Peter Graves, Wayne Newton… Le divertissement et l’inattendu sont toujours au rendez-vous dans Broadway et Main Street, bordées de boutiques improbables, truffées de maisons bleu indigo, rose bonbon, vert d’eau. A deux pas, le Geronimo Springs Museum abrite d’inestimables salles, la Galerie RioBravoFineArt expose Dave Barnett, Delmas Howe ou Joe Waldrum, « les peintres » du Nouveau-Mexique, et le Riverbend Hot Springs propose des bains chauds ouverts sur le rio Grande. Dans ce Sud-Ouest sauvage et movie, le rêve américain se poursuit. (Le Figaro-06.11.09.)

*Flèches de pierre pointées vers le ciel : une nature forte et sauvage peinte par Georgia O’Keeffe.

Flèches de pierre pointées vers le ciel : une nature forte et sauvage peinte par Georgia O’Keeffe

Acoma Pueblo est un village «préparé pour eux», estiment les Indiens. Ils l’ont toujours défendu contre les conquistadors.

Acoma Pueblo est un village «préparé pour eux», estiment les Indiens. Ils l’ont toujours défendu contre les conquistadors.

La vue panoramique depuis le Sandia Peak, dressé à 4 344 mètres au-dessus de la plaine d’Albuquerque.

La vue panoramique depuis le Sandia Peak, dressé à 4 344 mètres au-dessus de la plaine d’Albuquerque

 

 

 







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