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Dubaï ou à Abu Dhabi pour concilier religion et travail

19022009

* Le Golfe, nouvelle terre d’asile pour les Français musulmans

A Dubaï, grattes-ciels ultramodernes et mosquées se côtoient à chaque coin de rue.

** A Dubaï, grattes-ciels ultramodernes et mosquées se côtoient à chaque coin de rue.

Entre 300 et 400 Français musulmans se sont installés ces dernières années à Dubaï ou à Abu Dhabi pour concilier religion et travail.

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coeur- M. arrive au rendez-vous dans un café branché de Dubaï en djellaba blanche, la tenue traditionnelle du vendredi, jour de prière en islam. «Si j’étais resté en France, on me regarderait bizarrement. Ici, cela ne gêne personne, et moi, cela ne me dérange pas de voir des filles en minijupe, assises à côté de nous», reconnaît cet ingénieur en télécommunications, silhouette élancée, cheveux courts et barbiche d’adolescent. On l’imagine aisément en costume-cravate, ne déparant pas dans l’univers des affaires de Dubaï. Issu d’une famille d’origine algérienne de la région parisienne, M., 27 ans, s’est installé fin 2006, après un passage par l’Égypte, où il apprit l’arabe classique, viatique indispensable pour s’intégrer dans le Golfe. Son épouse et lui habitent un immeuble moderne de cette ville où les mosquées côtoient les plus beaux hôtels du monde.«Je tenais à pratiquer pleinement ma religion sans avoir à me cacher, comme pendant mes six mois de stage de fin d’études à Paris, où je m’enfermais dans mon bureau pour prier», raconte-t-il. À Dubaï, il peut donc, sans tracas, jeûner pendant ramadan, manger halal et faire ses ablutions ailleurs que dans les toilettes. Après quelques réticences, la société étrangère qui l’emploie lui a octroyé une salle de prière. «Maintenant, on me charrie parfois quand je suis en retard», sourit-il. M. n’exprime aucun «rejet» de la France. Mais, comme d’autres Beurs ayant tenté l’aventure dans le Golfe, il regrette les malentendus alimentés, d’un côté, par les agissements de certains extrémistes, et de l’autre, par un respect, à son goût trop strict, de la laïcité ou d’exigences liées à la sécurité nationale. «Lorsque nos succursales en Europe reçoivent des Iraniens ou des Saoudiens, on leur offre des espaces de prière. Pourquoi aux clients et pas aux salariés ?» se demande-t-il. Incompréhension encore lorsque les services consulaires exhibent des listes de jeunes Beurs venus étudier l’arabe. «J’en connais certains, les services de renseignements les fichent comme s’ils étaient des terroristes potentiels», regrette-t-il.

L’enfant de la cité ne peut toutefois complètement tourner le dos à son passé. «En banlieue, on avait deux ou trois excités qui parlaient d’aller faire le djihad en Afghanistan ou en Tchétchénie, le bureau de la mosquée les a écartés. Ici, c’est pareil, je veux un imam ouvert et non un prêcheur qui lance des anathèmes contre l’Occident, alors que le monde arabe est dans un état lamen­table.» À Dubaï, M. est devenu quiétiste. Sa construction identitaire s’est raffermie, et il avoue volontiers que désormais il ne pourrait «plus vivre ailleurs que dans un pays musulman, car je peux me fondre dans la masse».

L’alliance de la BMW et du Coran

L’opulence ostentatoire de Dubaï ressemble pourtant bien peu au bled algérien de ses parents. Qu’importe. Les 300 ou 400 Français musulmans qui se sont installés aux Émirats ces dernières années l’ont fait pour différentes raisons. «Certains jeunes diplômés sont simplement venus en quête de meilleures opportunités d’emploi», explique le chercheur Djilali Benchabane, qui prépare une thèse sur le sujet. Ils travaillent dans des banques (section finance islamique, parfois), des centres commerciaux, comme Carrefour, qui ont fleuri grâce au boom qu’ont connu les Émirats depuis 2000, ou au sein de compagnies aériennes (les filles, notamment). Mais «ils sont également nombreux à avoir entrepris un retour à des sources culturelles, plus que religieuses, qui les rapproche de leurs origines idéalisées», ajoute Djilali Benchabane. «Et, de ce point de vue, les monarchies du Golfe constituent, selon le chercheur, un modèle rare de développement économique dans le monde arabe, qui leur offre une intégration reliée au monde, et non pas à un monde arabe à la traîne de la modernité.»

L’alliance, en quelque sorte, de la BMW et du Coran, sous le soleil et dans une atmosphère de relative liberté individuelle. C’est ce qui plaît à Nesim Bayad, 35 ans, analyste financier à l’Abou Dhabi Commercial Bank, venu après avoir été victime d’une discrimination à l’embauche, à l’issue de ses études à Sup de co Toulouse. «J’avais envoyé 75 CV à des banques avec mon prénom Nesim. Je n’ai pas obtenu une seule réponse. J’ai alors décidé d’en adresser deux autres, en le remplaçant par Pierre. Immédiatement, j’ai eu deux entretiens», se souvient-il. Pour ce Français, non pratiquant et parfaitement intégré, le coup fut rude. «Je ne voulais pas croire à ce genre de discriminations. Je pensais que c’était un alibi pour des loosers dans les banlieues», ajoute ce jeune Beur, d’origine tunisienne, élevé à Châtillon. Sur les conseils de son frère, Nesim envoie alors son CV à l’ambassade de France à Abu Dhabi, qui lui répond que trois banques sont intéressées par son profil… dont une qui l’avait écarté à Paris. À son arrivée, Nesim fréquente la mosquée, le vendredi. Mais, très rapidement, l’amateur de golf et de belles voitures reprend le dessus. «Je travaille beaucoup. J’ai un bon salaire, même si, conformément à la règle locale, il est inférieur de 25 % à celui de l’Émirien qui occupe les mêmes fonctions. Je suis très heureux de gérer des portefeuilles de clients de plus de 20 millions d’euros. En France, je devrais être senior pour prétendre à la même fonction.»

Dans leurs quartiers d’origine, la réussite de Nesim et de ses semblables a fait des émules. «Plusieurs de mes voisins de Châtillon sont venus chercher du travail à Abu Dhabi, mais ils étaient serveurs, maîtres d’hôtel, c’est-à-dire sans véritable formation, ils sont repartis», regrette Nesim. Émirats ne rime plus avec eldorado. La crise est passée par là. Sana en sait quelque chose. Arrivée l’an dernier après une déception amoureuse, elle a dormi dans la rue pendant des semaines. Cette ancienne attachée commerciale a aujourd’hui un travail, mais toujours pas les moyens de louer un studio. «Les prix des appartements sont beaucoup plus élevés qu’à Paris, et la barre du recrutement est placée haut», déplore-t-elle. «Vous parlez l’arabe classique ? Il y aura toujours un Libanais qui le parlera mieux que nous. Vous maîtrisez l’anglais ? Là ce sont les Indiens qui nous dépassent.» Pour ne rien arranger, les autorités appliquent désormais la «préférence nationale» en matière d’emploi. «Nous aurons toujours besoin des expatriés, car les Émiriens ne représentent que 30 % de la population active», assure toutefois Jamal al-Suwaidi, directeur du Centre d’études stratégiques d’Abu Dhabi.

Revenir «lorsque la France aura appris à vivre avec ses musulmans»

Mais attention : mieux vaut respecter les règles, que l’on enseigne dès l’arrivée au cours de sessions dites de «prise de conscience de la culture locale». «Dans ma société, raconte Mourad, cadre d’une compagnie aérienne, c’est une Anglaise, résidente à Abu Dhabi depuis vingt-cinq ans, qui m’a bien dit que si j’allais à la mosquée, je ne devais pas dire du mal de qui que ce soit, car cela se saurait….. Certains, comme Nesim, rentreront en France dans quelques années, forts d’une so­lide expérience. D’autres, comme Khalid, cadre d’une société d’intelligence économique, iront tenter l’aventure plus loin, à Singapour. Mais lui aussi reviendra au pays, «lorsque la France aura appris à vivre avec ses musulmans».

La plupart ne sont pas en rupture avec la France. Sauf la très petite minorité qui a choisi Sharjah, cet émirat conservateur situé aux portes de Dubaï. Pas question d’approcher l’un de ces Français – une cinquantaine, familles comprises – très religieux. «Ils se méfient de la presse, ils se méfient des services de renseignements, ils ont peur que leurs familles dans l’Hexa­gone soient inquiétées», précise un de leurs amis. Ils vivent de petits boulots, souvent dans le commerce – notamment de pièces détachées de voitures, la spécialité de Sharjah. Entre eux, les réseaux de solidarité islamique jouent à fond. Pour eux aussi, le Golfe ne sera qu’une étape.(…) -source : le Figaro

 







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