Une journaliste sur les routes de France un été 2010

27092014

**Qui traversait la France en cet été 2010 pouvait se faire une idée assez nette de l’état du pays. Celui de ses habitants, d’abord, avec leurs angoisses et leurs colères, mais aussi leurs espoirs. Celui de ses contrées et de ses terroirs, ensuite, de ses paysages et de ses villages. Et qui n’a pas parcouru la France autrement qu’à 130 km/h sur un ruban de goudron ne peut prétendre la ressentir et la comprendre. Il convient de se le rappeler toujours, dans un pays tellement centralisé, où les élites politiques et médiatiques ne franchissent le plus souvent le périphérique que pour rejoindre des réserves parisiennes implantées à Deauville ou dans le Luberon.

Saint-Aignan-sur-Cher, Grenoble… L’été 2010 a brui de ces deux noms dans le moindre village, autour de chaque table. Et l’on ne mesure pas assez combien ces noms, et les événements auxquels ils sont associés, resteront comme les symboles de l’inacceptable. Les images des platanes tronçonnés de Saint-Aignan, les impacts de balles sur les voitures des policiers, comme un pas de plus vers le chaos, semblent annoncer l’implosion progressive de notre pacte social. Le feuilleton de l’affaire Woerth n’est, pour la plupart des Français, qu’une anecdote à côté de ces faits qui nous racontent ce que la France est en train de devenir.

Et qu’en ont retenu tous ceux qui évoquaient ces événements, de quelque milieu qu’ils soient, de quelque bord politique ? Que celui qui transgresse la loi, ne répond pas aux injonctions de la police et force un barrage devrait pouvoir poursuivre sa route tranquillement. Que des masses d’individus trouvent à ce point inacceptable l’accident qui a résulté de leur tentative de fuite qu’il peuvent exprimer leur haine des autorités représentant l’Etat et le peuple français en détruisant tout sur leur passage, et notamment les voitures de leurs voisins. Que, finalement, enfreindre les règles est devenu une norme, et que cette loi délibérée en commun qui fonde la démocratie ne sert qu’à se retourner contre ceux qui l’acceptent. La preuve : ils ont vu la compagne d’un braqueur mort dans sa fuite annoncer qu’elle porterait plainte contre les policiers auteurs des coups de feu. Dans une langue qui n’a plus cours, on aurait dit que c’est ce qui s’appelle n’avoir pas de vergogne.

Qui traversait la France en cet été 2010 ….pouvait sentir la colère monter. Une colère dangereuse, parce que dictée par un sentiment d’impuissance. Une colère qu’exacerbent encore les protestations de vierge outragée contre la «politique sécuritaire» du président. Quand le souvenir des émeutes de 2005 se réveille à chaque fait divers, quand les Français sentent une telle haine contre eux, contre leurs institutions et leur mode de vie, de la part de certains de leurs concitoyens, agiter encore le vieux chiffon usé du «retour aux heures les plus sombres de notre histoire» relève non seulement de l’aveuglement, mais surtout de l’irresponsabilité. Les Français voient enfler le spectre de la guerre civile, et que vient-on leur répondre ? Que les salauds, ce sont ceux qui s’inquiètent, et ceux qui veulent que le pouvoir politique agisse. Que ce pouvoir ne croit pas en ses propres décisions, et ne vise que sa perpétuation. Mais ils le savent, car le peuple est plus lucide que ne le croient les représentants autoproclamés du Bien.

Ils savent, bien évidemment, que l’annonce de Nicolas Sarkozy de retirer la nationalité française aux naturalisés ayant tué un policier – constitutionnelle ou pas, acceptable ou pas – ne règlera pas le problème puisque la plupart des émeutiers de Grenoble, de Villiers-le-Bel ou d’ailleurs sont Français nés en France ; qu’ils sont les enfants d’une politique qui a estimé qu’il suffisait d’une carte d’identité française pour se sentir Français et qu’intégrer non seulement les immigrés mais aussi leurs enfants ne servait à rien, voire même serait «stigmatisant». Ils savent, mais ils veulent qu’on agisse, au lieu de nier l’évidente réalité. Ils savent mais ils sont exaspérés, et l’exaspération est mauvaise conseillère.

Qui, donc, traversait la France en cet été 2010 …rencontrait partout Grenoble et Saint-Aignan. Mais il pouvait aussi les oublier un instant en regardant simplement autour de lui. Et qu’on me pardonne cette exclamation naïve, mais que la France est belle ! Belle au point d’effacer les émeutes – et l’on se dit que si l’on avait envoyé ces jeunes découvrir leur pays, sans doute en accepteraient-ils un peu mieux les mœurs et les règles. Car on n’aime que ce que l’on connaît. Mais les Français, tous les Français, connaissent-ils encore la France ?

Des vertes solitudes du Vivarais à la sauvagerie rugueuse des Corbières, des vergers du Comtat Venaissin aux vignes de Touraine, de la vallée du Tarn à la vallée du Loir, la France est belle et nous l’oublions trop souvent, harassés que nous sommes par les sirènes du tourisme de masse. Et la France est vide ! Oh, pas les plages bien sûr, pas les festivals en vue. Mais la France ardéchoise ou corrézienne, le France berrichonne ou vendômoise. Ces paysages époustouflants, ces lumières irréelles, et personne pour les admirer, s’en extasier, s’en rassasier ? Mais Lagrasse et Salles-la-Source sont plus exotiques que tous les cocotiers du monde. Le petit manoir de la Possonnière, où naquit Pierre de Ronsard, avec ses inscriptions latines comme un avertissement à notre futilité – «souviens-toi que tu es poussière», sur un four à pâtisserie – et ses roses au nom délicat, Cuisse de nymphe émue ou Vierge de Cléry, vaut toutes les destinations lointaines. Mais un dimanche de fin juin, pas un promeneur pour se réciter «Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose…». Pas un enfant pour s’imprégner des beautés de la Renaissance et comprendre qu’elle fut un art de vivre autant qu’un courant de pensée.

C’est qu’on ne conçoit plus les vacances qu’au bord d’une piscine. Aucun parent n’oserait plus infliger à ses chers petits la visite de ces villages et de ces églises qui sont leur patrimoine. Et partout des volets clos et des maisons à vendre, quelques vieillards sur un banc, et l’impression glaçante de voir mourir un pays. Au mieux reste-t-il çà et là une boulangerie ou une pharmacie. Les autres commerces ont fermé, victimes de la grande distribution. Plus de travail, puisque tout est fabriqué ailleurs, bien loin d’ici. Plus de vie. Mais il suffirait pourtant que les Français visitent la France, ce pays qu’ils méprisent parce qu’ils croient le connaître. S’extasier sur le petit village indien ou les traditions préservées des Aborigènes dispense curieusement de s’intéresser à ses propres traditions, qui, elles, sont un folklore moisi.

Les générations qui sont nées après la guerre …ont cessé de transmettre, non seulement les valeurs, les récits et les savoirs qui fondaient la civilisation, mais elles ont également cessé de transmettre la connaissance de la France, de sa géographie, de ses modes de vie. La modernité s’est chargée d’effacer ces vieilleries. Et les enfants d’aujourd’hui, tous les enfants, qu’ils soient de Villiers-le-Bel ou du centre de Paris, sont orphelins de leur pays. La France mérite pourtant mieux que cela. (Blog.Le Figaro)*10 août 2010

Post-scriptum : Je salue amicalement les internautes qui, pendant que je me promenais sur les routes de France, ont fidèlement animé ce blog. Qu’ils en soient remerciés.

 **Par Natacha Polony le 10 août 2010

 Natacha Polony.JPG

Natacha Polony est journaliste et essayiste. Elle est née en 1975. Elle est agrégée de Lettres modernes et ancienne élève de Sciences Po Paris.  Elle a enseigné en lycée avant de devenir journaliste, spécialisée sur les questions d’éducation. Elle enseigne toujours la culture générale au Pôle Universitaire Léonard de Vinci.  Elle est l’auteur de Nos Enfants gâchés ; Petit traité sur la fracture générationnelle (éd. Jean-Claude Lattès, mars 2005) et de M. le Président, si vous osiez : 15 mesures pour sauver l’école (Mille et une nuits, mars 2007). Elle est lauréate de la Bourse Cioran 2006. Son dernier livre, L’Homme est l’avenir de la femme (éd. Jean-Claude Lattès, janvier 2008) a obtenu le prix Louis Pauwels 2008.

***************

*Réactions d’internautes du Figaro:

**Dutraive Martine …

Comme je suis d’accord avec vous. Pourquoi partir à 10000 km lorsque l’on ne connaît pas encore les merveilles de son pays. Avec mon mari, qui lui est allemand, nous sillonnons la France et l’Allemagne en vélo. Les petites églises, les multiples châteaux, la variété des paysages, sont toujours en enchantement. Il est vrai que nous avons appris à fonds l’histoire et la géographie de nos pays, de façon logique et que nous savons lier histoire et site. Bien sûr c’est peut-être un peu plus difficile pour nos jeunes issus de familles d’immigrés. La solution ne serait-elle pas de leur faire aimer leur pays d’origine et leur pays d’adoption, en leur montrant ce que nous avons pu leur apporter et pas seulement les « méfaits de la colonisation ». Petite j’ai
été pendant 7 ans au Burkinafaso qui était lors la Haute Volta. J’était à l’école avec des petits noirs. Je n’en ai que de bons souvenirs.

**elodie | …

Magnifique! Vous avez réussi à exprimer ici ce que je pense depuis longtemps. Cette réalité est bien triste. Néanmoins, je continuerai à transmettre ce patrimoine à mes enfants.

**Jean Navalo |

Chère madame, comme il est doux de lire votre billet. Je ne suis pas si vieux, la quarantaine, mais je fais partie de ces personnages désuets qui frémissent d’amour devant notre terre de France, ce que j’appellerai notre « noyau de France », « pulpe de France », c’est à dire tout ce qui n’est pas station balnéaire touristique ou station de ski tendance. Le mépris porté à cette « France qui se vide », cette « France hors-saison », est une meurtrissure permanente pour moi et plus encore ce que vous soulignez très justement, le fait que désormais, on juge inutile – et pis, aberrant- d’en transmettre l’âme.
Nous plaçons nos enfants devant des écrans, nous les livrons au culte du dieu Consommation, exactement semblable au « Sans-Visage » de Miyazaki dans « Le voyage de Chihiro ». En permettant cela, notre société s’est fourvoyée, égarée dans une forêt obscure et stérile, et cela dépasse de très loin le débat entre partis politiques.
J’aime l’étranger, je suis passionné de Japon ancien, je vibre à l’Alhambra, le son de la kora me fait chavirer. Je parle quatre langues et aimerais les parler toutes. J’ai toujours trouvé que la xénophobie est une impasse. Je suis également moderne et très curieux de tout, j’ai été dans les premiers à utiliser un téléphone portable, j’aime le progrès je suis curieux de tout. Ce que je rejette, c’est la civilisation du jetable, du « tout est relatif ».
Oui, je suis amoureux de mon pays, charnellement; La Charente Limousine, la vierge noire du Puy, les dessins de Gavrinis, il me suffit de prononcer ces noms pour éprouver un émoi d’adolescent épris. Mon amante s’appelle France et je la désire ardemment.
Et si, de manière inexprimée, tous ces jeunes français de courte date nous reprochaient au fond, à nous, français de plus longue date, de nous foutre de tout cela, de nous foutre de tout ce qui est nôtre comme de l’an quarante ? Et si nous leur présentions un visage ferme et amoureux de notre France, est-ce que leur attitude resterait la même ? Comment gagne t-on le respect ? Peut-être en se respectant soi-même ?
Chère madame, merci pour cet article.

**Roum1 | …

« Car on n’aime que ce que l’on connaît. Mais les Français, tous les Français, connaissent-ils encore la France ? »

Vous avez tout dit!

je vais être provoc et de mauvais foi, mais aujourd’hui on connait mieux des pays ou civilisation du bouit du Monde que le France. Et l’Europe je n’en parle même pas… On conait mieux le Mali que l’Espagne, l’Autriche ou l’Italie et notre histoire commune…

Mais vous savez comme moi c’est que si les français et les européens se connaissaient, il ferait un tout et si on fait un tout on serait amener à rejeter « l’Autre »…

L’Euorpe a décidé de se saborder aisni que ca civilisation et son passé à cause des guerres mondiales; je pense que ca suffit, le mea culpa est fait, FINI!

**cheerful 16 |…

ces paradis ruraux si bien décrits comme représentatifs de notre belle France méconnue je ne me plaints pas finalement qu’ils soient à ce point ignorés et « vides »; n’est ce pas là
le seul moyen qui nous reste de préserver notre passé, notre histoire ! pour vivre heureux vivons cachés,tenons nous à l’écart de l’enfer, et retardons le plus possible le moment où il nous engloutira. Tout cela serait pathétique si un sentiment  de découragement ne nous envahissait pas en constatant que décidément l’ignominie n’a pas de fond, ni de patrie…
alors remplir nos campagnes, nos chers villages si jolis? ne le souhaitons pas. notre excellent auteur que je tiens à féliciter pour son très bel article, ne le fait d’ailleurs pas, me semble-t-il.

**grellety….

J’ai lu cette note, avec un sentiment d’effroi. Mais aussi de pitié. Car je sais bien à quel point on peut s’enfermer dans un tunnel, une bulle. Et c’est votre cas. Vous êtes tellement impregnée par la conscience politique de celles et ceux qui nous dirigent actuellement que vous voyez des spectres partout. Il faut vous faire « soigner », c’est grave. Car les seuls qui actuellement pensent et veulent une « guerre civile » qui les arrangerait tant pour mettre en place des lois fascisantes, ce sont précisément ces admirables gens qui nous dirigent et auxquelles vous vous êtes soumise. J’ai lu votre biographie et j’ai vu à quel point vous avez dérivé, d’une petite gauche prétendument républicaine à cette droite qui prétend tant être française et qui trahit tant la France, sa culture, son rayonnement international. Car non, madame, la France n’est pas au bord de la guerre civile, le peuple accepte beaucoup, supporte beaucoup, en paix, alors que tant se gobergent. Lorsque vous écrivez « Le feuilleton de l’affaire Woerth n’est, pour la plupart des Français, qu’une anecdote à côté de ces faits qui nous racontent ce que la France est en train de devenir », vous parlez de quels Français ? Je suis français, j’en connais d’autres pour qui, NON, le feuilleton de l’affaire Woerth n’est pas une anecdote. Lorsque vous écrivez « Et qu’en ont retenu tous ceux qui évoquaient ces événements, de quelque milieu qu’ils soient, de quelque bord politique ? Que celui qui transgresse la loi, ne répond pas aux injonctions de la police et force un barrage devrait pouvoir poursuivre sa route tranquillement. Que des masses d’individus trouvent à ce point inacceptable l’accident qui a résulté de leur tentative de fuite qu’il peuvent exprimer leur haine des autorités représentant l’Etat et le peuple français en détruisant tout sur leur passage, et notamment les voitures de leurs voisins. Que, finalement, enfreindre les règles est devenu une norme, et que cette loi délibérée en commun qui fonde la démocratie ne sert qu’à se retourner contre ceux qui l’acceptent. La preuve : ils ont vu la compagne d’un braqueur mort dans sa fuite annoncer qu’elle porterait plainte contre les policiers auteurs des coups de feu. Dans une langue qui n’a plus cours, ont aurait dit que c’est ce qui s’appelle n’avoir pas de vergogne. » c’est que vous avez fait un choix : les forces de l’ordre sont toujours innocentes, à défaut d’être inoffensives. Les citoyens qui les mettent en cause sont toujours des menteurs. Je pense que la direction de la rédaction du Figaro soupire d’aise, vous allez bénéficier d’une promotion. Le passage suivant est digne du Front National : « Qui traversait la France en cet été 2010 pouvait sentir la colère monter. Une colère dangereuse, parce que dictée par un sentiment d’impuissance. Une colère qu’exacerbent encore les protestations de vierge outragée contre la « politique sécuritaire » du Président. Quand le souvenir des émeutes de 2005 se réveille à chaque fait divers, quand les Français sentent une telle haine contre eux, contre leurs institutions et leur mode de vie, de la part de certains de leurs concitoyens, agiter encore le vieux chiffon usé du « retour aux heures les plus sombres de notre histoire » relève non seulement de l’aveuglement, mais surtout de l’irresponsabilité. Les Français voient enfler le spectre de la guerre civile, et que vient-on leur répondre ? Que les salauds, ce sont ceux qui s’inquiètent, et ceux qui veulent que le pouvoir politique agisse. Que ce pouvoir ne croit pas en ses propres décisions, et ne vise que sa perpétuation. Mais ils le savent, car le peuple est plus lucide que ne le croient les représentants auto-proclamés du Bien. » Car, NON, madame, les Français ont bien oublié les émeutes des banlieues (ah oui, c’est vrai, un jeune tué par et pour ? !), NON, madame, je suis français, et je ne sens aucune haine contre moi, mais par contre, je sens et je comprends une haine contre un pouvoir politique qui ment, qui prétend considérer et aider et qui en fait ne fait rien, qui prétent tant « agir » et ne fait rien, sauf prendre des mesures favorables à un glissement fascisant, contre des élites qui s’autoreproduisent et tuent la République par destruction de la méritocratie.

**Waphy | 

Il est mignon tout plein ce billet.

Bucolique, mélancolique, faisant pleurer dans les chaumières…

Je suis un français (bon point), jeune, 26 ans (ah merde, un jeune, mauvais point) et vivant en banlieue parisienne (et hop, re mauvais point, d’ailleurs on se demande ce que je fais encore en liberté alors que je cumule ces deux tares?!), j’aime mon pays.

J’aime son Histoire, pas forcément glorieuse il faut l’avouer, mais pas si honteuse non plus.

Mon emploi me permet de sillonner notre pays d’un bout à l’autre. Certains de mes collègues sont brésiliens, sénégalais, congolais ou d’ailleurs. Tous sont émerveillés par nos paysages si différents, certains sont étonnés de voir notre pays si beau alors qu’ils fut ravagé par tant de guerres.

France… »Terre des hommes libres ».

Mais de quelle(s) liberté(s) s’agit-il? La liberté de penser? De circuler? De ne pas croire en un dieu dont nous n’avons aucune preuve de l’existence ou de sa non-existence? De vivre comme bon nous semble tant que l’on ne nuit pas à autrui? D’expression? De ne pas suivre la morale de certains? De trafiquer les informations comme savent si bien le faire les « journalistes » du Figaro ou de Libération? La liberté de s’asseoir sur le vote du peuple après un referendum qui n’a pas donné la réponse escomptée? La liberté de ne pas être toujours fliqué par l’ Etat? D’être mis en GAV sans raison viable, sans avocats, avec la dérive policière que cela peut engendrer (pas forcément, il y a de bons flics)?

La gauche a tenté de marginaliser tous ceux qui pensaient différemment lorsqu’elle était au pouvoir. La droite fait de même désormais. Il faut penser « comme il faut » sinon, vous êtes un danger.

La liberté de circuler? Tous les moyens de transports voient leurs tarifs augmenter. Il devient difficile de voyager en France actuellement. Comment dès lors les jeunes pourraient-ils découvrir ce merveilleux pays qu’est la France?

La liberté de ne pas croire en Dieu? Les athées et agnostiques sont minoritaires en France, ultra minoritaires dans ce monde. Mais, s’ils ne s’étaient pas imposés par la force, la religion régirait nos vies comme l’ Islam en Iran, Arabie Saoudite ou en Afghanistan. La liberté de blasphémer (bouh!) a permis de remettre vos dieux à leur place : la sphère privée.

D’expression? Cela rejoint la liberté de penser.

De trafiquer l’info? Le traitement journalistique des banlieues par le Figaro me fait légèrement sourire. Mais bon, on ne parle pas des trains qui arrivent à l’heure. Alors plutôt de parler des jeunes de banlieue qui s’en sortent bien, qui montent leurs boites et emploient du personnel, on préfère parler des dealers, de ces « jeunes de banlieues » qui foutent la merde et conchient la République et son Pacte Social. Bah ouais, ça évite de trop réfléchir à certains soucis que le Gouvernement est incapable de régler. Et on ne va surtout pas critiquer l’un des copains du patron du Figaro, marchand de mort, sénateur destitué de son poste de maire…hein, faudrait voir à pas trop jouer les rebelles non plus! Puis si en plus il fallait qu’un journaliste délivre une info impartiale et sans parti pris…mais où irait-on?

La liberté de refuser l’avis du peuple souverain? Il était net le résultat du referendum sur l’Europe. Le Président de la République, gardien de la Constitution, c’est bien torché avec.

D’être mis en GAV sans raison viable? « Article 9 – Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi. » Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.

« Article 9 – Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé. » Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1948.

« Les générations qui sont nées après la guerre ont cessé de transmettre, non seulement les valeurs, les récits et les savoirs qui fondaient la civilisation, mais elles ont également cessé de transmettre la connaissance de la France, de sa géographie, de ses modes de vie. »

Va falloir penser à arrêter les conneries un peu…Mes parents sont nés après guerre, ils m’ont transmis leurs savoirs, leurs valeurs, etc…c’est de moi même, en tant qu’adulte, que j’ai fait le CHOIX (oui, un mot déplaisant) de ne pas forcément suivre leurs valeurs, leurs traditions, leur mode de vie.

Le monde change, qu’on accepte cela ou non. Je peux parfaitement que cela puisse effrayer (moi le premier), mais la peur n’empêche qu’une chose : la réflexion. Le peuple français vieilli, mal qui plus est. On lui fait peur tous les jours et sa réflexion s’en ressent. Il ne réfléchi plus, il se contente de croire ce que les « élites » disent sans pour autant chercher à démêler le vrai du fantasme.

Je relis votre billet. Finalement la démagogie ça paie : on fournit un raisonnement pré-mâché, avec quelques faits divers pour faire des généralités et hop, c’est dans la poche.

**anamaywong |

L’affaire Woerth une anecdote?
Il me semble que vous vous trompez madame, sans doute est-ce votre voeux le plus cher d’effacer l’éponge gluante du dossier Woerth, mais les français sont scandalisés par les méfaits des ministres de la république et ils n’oublieront pas!

**Js | …

Voilà un billet qui « sans vergogne » dessine le portrait de l’ennemi interieur (car lorsque vous parlez de « guerre civile », c’est bien cela qu’il faut comprendre, n’est-ce pas?).
Nous voilà donc revenus au discours des années 30, a la différence notable que le musulman a remplacé le juif (« inassimilable »): les commentaires haineux que je peux lire ici me donnent la nausée et j’espère qu’en les lisant vous éprouverez vous même un petit sentiment de honte.
Signé : un republicain qui ne comprend pas que vous participiez a la campagne de diversion menée par le pouvoir (l’affaire woerth, un « detail » selon vous- bravo!) afin de faire oublier ses nombreuses turpitudes ainsi que ses échecs dans a peu près tous les domaines…

**Pierre Benayoun

Bonjour,

je suis militant socialiste et il aura fallu que le site rue89 cite ce post pour que je vienne le lire.

Il est évident que je ne partage pas tout ce qui est dit plus haut. je fais partie de ceux qui sont révulsés par la polémique autour de M. Woerth et qui ont prêté plus d’attention aux réactions du gouvernement aux faits divers cités dans votre article qu’aux évènements eux-même.

ce qui est inquiétant c’est que votre phrase :
« les Français sentent une telle haine contre eux, contre leurs institutions et leur mode de vie, de la part de certains de leurs concitoyens, agiter encore le vieux chiffon usé du «retour aux heures les plus sombres de notre histoire» relève non seulement de l’aveuglement, mais surtout de irresponsabilité » peut tout aussi bien être vue par des Francais de Gauche qui on l’impression qu’on décrédibilise l’éducation nationale, qu’on les traite de feignant parce qu’ils sont fonctionnaire, que le gouvernement crie au fascisme quand un site Internet le met en cause.

je ne dis pas que ces gens là, qui seraient forcément à l’opposé des lecteurs de ce site, ont raison.

Ce qui m’inquiète c’est que qu’on fait tout pour que l’on ai à choisir l’un ou l’autre camps.

Et je n’ai malheureusement pas l’impression que votre article aide à ramener les problèmes à leur véritable échelle, à aider au débat d’idée qui permettrait de trouver les solutions plutôt qu’à la division….

**Vieux taxi

A l’école on ne fait plus de géographie descriptive, on s’intéresse à des « problématiques » et on apprend les « méthodes » des exercices pour le Bac… Donc on s’ennuie souvent et on passe à côté de tout ce qui est concret, vivant et vivifiant… ( jusqu’à la météorologie, disparue en tant que telle des programmes de seconde…car trop difficile pour les baudets… ) Voilà pourquoi votre fille est muette, ne sachant jamais où elle met les pieds … Du côté de l’Histoire, la sociologie a pris le pas sur les réalités factuelles, les généralités l’emportent aveuglément sur les singularités… La morale servant de boussole… à la place du jugement. Cela fait presque trente ans que cela dure et les cerveaux scolarisés sont si bien formatés que papa et maman intallent des lecteurs de dvd dans les voitures pour que Kevin et Samantha ne soient pas obligés de tourner la tête à droite et à gauche… Si vous connaissez des polytechniciens qui font la différence entre les Pyrénées orientales et l’Ariège, surtout ne les perdez pas de vue… Il n’y a plus que les étrangers qui savent que nous avons notre territoire… D’ailleurs ils dépensent beaucoup pour s’y promener ou risquent leur peau pour y aborder… Il y aura bientôt 25 à 30 millions de français à la campagne, ne désespérons pas :70% des laitues que nous consommons viennent de nos jardins privés! et ça augmente!

**Front de Gauche

UNE SITUATION SOCIALE EXPLOSIVE

Que l’on m’excuse pour l’énumération qui va suivre mais elle est nécessaire pour comprendre et mesurer l’état dans lequel se trouve notre pays, et donc l’effort considérable qu’il faudra mettre en oeuvre pour juguler les maux qui gangrènent notre pays et qui ont pour nom, pauvreté, exclusion, inégalités, chômage, précarité, etc. :
- 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté
- 2 millions de travailleurs vivent dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté
- 18% des jeunes de 18 à 29 ans vivent en dessous du seuil de pauvreté
- 15% des ménages d’immigrés (22,6% pour ceux originaires du Maghreb) vivent en dessous du seuil de pauvreté contre 6,2% pour l’ensemble des ménages
- plus de 4 millions de personnes sont au chômage ou vivent de petits boulots
- 3 millions de travailleurs sont sous statut précaire
- 17% des emplois sont à temps partiel le plus souvent subi par un grand nombre de personnes,
- 25% des jeunes actifs de 15 à 24 ans sont au chômage
- 17% des jeunes actifs sont en CDD (hors contrats aidés)
- Le chômage est 2 fois plus élevé dans les quartiers des zones sensibles (ZUS) (16,9% contre 7,7%) que dans les autres quartiers d’une même agglomération. Dans ces quartiers les 15 à 24 ans sont les plus touchés, notamment les hommes, puisque le chômage frappe 41,7% de cette classe d’âge
- En 2009 ce sont 256 000 emplois qui ont été détruits. Jamais une telle destruction d’emplois n’avait eu lieu depuis l’après guerre
- dégradation des conditions de travail, stress et suicides dans les entreprises
- 100 000 SDF
- 3 513 190 de personnes sont mal logées
- 37,5% des jeunes de 15 à 29 ans (une majorité de jeunes d’origine ouvrière) sont sans diplôme ou ont seulement le brevet
- Alors que les ouvriers et employés représentent plus de 50% de la population française et que leurs enfants sont majoritaires en 6éme ces derniers ne sont plus que 16% à intégrer les grandes écoles
- L’immense majorité des cadres partent en vacances contre moins de la moitié des ouvriers
- Seul 34% des enfants d’ouvriers partent en vacances
- L’écart entre les rémunérations des salariés les moins payés et les plus payés va de 1 à 200 alors qu’il était de 1 à 20 en 1972
- Des grands patrons, des footballeurs et certains sportifs, des vedettes du cinéma et de la chanson gagnent chaque année des millions d’euros
- Majoritaires dans le pays les ouvriers et les employés ne sont quasiment plus représentés au Parlement, dans les Conseils régionaux et généraux, dans les villes,
- Etc, etc

*******************************







robertlutz |
DOMANIA |
justice&criminalité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | humanbeinginnature
| Biologie totale ICBT secte ...
| C'est le destin de lol_aaaa...