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Des livres pour l’été

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 **Les livres à lire cet été

Les conseils de lecture d’une libraire algérienne 

En cette période ramadanesque et estivale, où les journées sont longues et les occupations limitées, quoi de mieux que la lecture d’un bon livre à l’ombre d’un olivier. Avec les conseils de lecture de la librairie Kalimat d’Alger, vous ferez mieux que tuer le temps.

Les librairies sont en voie de disparition à Alger. Pour le lecteur à la recherche de conseils avisés, les lieux se font rares. Rythmée par le grincement de la porte d’entrée mais surtout par les arrivages de nouveaux livres, la librairie Kalimat se situe à deux pas de la rue Didouche Morad, sur le boulevard Victor Hugo.

Pour qui ne connait pas bien le centre ville, le meilleur repère est une agence Nedjma qui fait l’angle de ces deux rues commerçantes. Encore plus pratique, la station de métro Khelifa Boukhalfa débouche à moins de cent mètres. Cet emplacement privilégié explique-t-il l’affluence ? Ou faut-il voir du côté des récentes fermetures d’autres lieux prisés comme la fameuse librairie des Beaux arts ? Toujours est-il que la librairie ne désemplit pas.

Les habitués ne s’y trompent pas. L’un deux confie: » Ici, on vous guide. Ils finissent pas savoir ce que les gens veulent. On peut demander de la littérature très pointue, ils sont au courant ». Pour Fatiha Soal, la libraire de Kalimat, son rôle de libraire consiste justement à « suivre le gout des lecteurs tout en les conseillant ».

Depuis plusieurs années déjà, l’interêt des lecteurs se portent vers les livres traitant de la guerre d’Indépendance. Fait notable, la production nationale est particulièrement vigoureuse cette année. Elle nous livre donc quelques recommandations de lecture pour cet été.

Cinquantenaire de l’Indépendance oblige, le sujet concentre une grande partie de la production littéraire du moment. Rien de nouveau sous le soleil ? Pas tout à fait. « Ces derniers temps, on a eu des livres plus critiques et certains abordant le rôle de Messali Hadj. Chose que l’on avait l’habitude de ne voir qu’à l’étranger », commente la libraire. Les livres-témoignages tiennent une bonne place dans les rayons également. Elle avance une explication: « Ces gens arrivent peut-être à un âge où ils n’ont plus peur de se dévoiler et de dire la réalité ».

Bélaïd Abane- Ben Bella-Kafi-Bennabi contre Abane, Les raisons occultes de la haine

  • Benyoucef Benkhedda – Abane-Ben M’Hidi, Leur apport à la révolution algérienne
  • Aït-Mehdi Mohamed Amokrane – Le dur et invraisemblable parcours d’un combattant
  • Matthew Connelly – L’arme secrète du FLN, Comment de Gaulle a perdu la guerre d’Algérie
  • Pierre Daum – Ni valise, ni cercueil
  • Mohamed Benchicou – La parfumeuse

L’histoire plus récente intéresse aussi les lecteurs, surtour la « décennie noire ». Fatiha Soal déclare d’emblée que la production littéraire est pauvre de ce côté-là. « Surtout des romans et peu d’essais », dit-elle. Puis au cour de la conversation, plusieurs références émergent. « Ca commence petit à petit », conclue-t-elle.
Aderrahmane Hadj-Nacer – La martingale algérienne

Lahouari Addi – Chroniques d’une expérience post-coloniale de modernisation

Hocine Bellaloufi – La démocratie en Algérie, réforme ou révolution ?

Sortis de ces deux sujets, le coup de coeur de la libraire s’écrit sur une partition arabo-italo-française. Amara Lakhous vit en Italie, écrit en arabe et est traduit en français. A cheval entre tous ces univers, il parle de l’exil et du racisme sous toutes ses formes. L’autre coup de coeur de la libraire va autant à un livre, qu’à une rencontre: celle de « La moudjahida Annie Fiorio-Steiner ». C’est le titre du livre que lui consacre la journaliste Hafida Ameyar. Et une rencontre car Fatiha Soal a la chance de voir cette héroïne franchir le seuil de sa librairie fréquemment.

Amara LakhousDivorce à la musulmane à viale Marconi

Amara Lakhous – Choc des civilisations pour un ascenseur piazza Vittorio

Hafida Ameyar – La moudjahida Annie Fiorio-Steiner, Une vie pour l’algérie

Parfois les rôles s’inversent, les conseillés deviennent conseilleurs. Autrement dit, quand les lecteurs plébiscitent un polar algérien, le livre trouve une place de choix sur les présentoirs.

Azdine – L’étrangleur d’Alger

Dernière curiosité avant de refermer cette parenthèse livresque: que lit notre libraire ? Là où se mélange travail et plaisir, les lectures de Fatiha Soal mêle le passé et le présent, l’ici et l’ailleurs. Et sa position lui permet aussi de consulter des livres que nous ne sommes pas prêt de voir en Algérie.

Laurent Chabrun – RG contre FLN, La guerre de l’ombre

Luis Sepulveda – Le vieux qui lisait des romans d’amour

Laurent Gounelle – L’homme qui voulait être heureux (1er chapitre téléchargeable)

Avec tout cela, si vous n’avez toujours pas trouvé votre bonheur, on ne peut plus rien pour vous ! *Sophia Ait Kaci (El Watan-30.07.2012.)

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  *DES BALLERINES DE PAPICHA DE KAOUTHER ADIMI
       La «fumée» de la désillusion…

Si vous vous ennuyez sur la plage et vous ne savez pas quoi faire de votre journée sur le sable, ce livre est tout indiqué pour vous faire passer le temps…

Des ballerines de Papicha de la jeune Kaouther Adimi est un roman frais, digeste qui se lit d’un trait. Au contenu, certes amer, tristounet, mais laisse entrevoir un je-ne-sais quoi d’ une petite fente donnant sur la légèreté et la naïveté d’une fleur candide à suivre de près. Des ballerines de Papicha suinte la désillusion, aspire le quotidien morose des gens ordinaires. On y plonge la tête baissée dans ses pages que l’on lit mi-intrigué mi-amusé. Blessure, meurtrissure, déconfiture et mélancolie mais aussi et surtout la soif de vivre et la vie devant soi chante ce roman de 150 pages édité récemment chez Barzakh. Une tentative réussie pour cette étudiante en littérature, née en 1986. Une presque «papicha» quoi! la vie à l’université de Bouzaréah, qu’elle connaît bien, est décrite avec drôlerie en grossissant parfois les traits de ses personnages. Ces derniers, parlons-en. Le roman se décline en une succession de portraits. Des êtres pas du tout à envier ni à plaindre non plus, tout compte fait. Car ils constituent la somme de gens que l’on croise tous les jours dans la rue. Certes, leur vie n’est pas toute rose.
Le livre Des ballerines de Papicha, premier roman de cette jeune auteure prometteuse, met en scène une famille qui vit quelque part dans un quartier populaire d’Alger. Nous sommes aussi transporté à bord d’un bus avec la belle Yasmine dans Alger pas du tout blanche. Le roman donne aussi la parole à tour de rôle à chacun des membres de cette famille qui se scrute, a peine de vivre, désoeuvrée…S’en dégage de ce livre une grande solitude tragique de ces individus, seuls, abandonnés dans leurs rêves, leur révolte intérieure souvent tue, et leur désenchantement…Ainsi, on pénètre dans la conscience déchirée de Adel, aux prises avec sa culpabilité fragile d’un garçon un peu trop sensible que la moyenne, faisant de lui un homosexuel décrié dans le quartier, mais aimé d’un amour démesuré et surprotégé par sa soeur Yasmine, fille froide et batailleuse qui paraît mi-lucide, mi-frondeuse et insolente.
Une jeune fille qui, comme beaucoup d’autres de son âge, tente de mordre la vie à pleines dents, cigarette au bec. Il y a aussi la petite Mouna de 12 ans qui ne ressemble à aucune fille de son âge, toute candide et rêve déjà de se faire entretenir plus tard par son futur prince charmant, son camarade de classe.
Une adorable «papicha»! Il y a aussi Sarah qui étouffe du trop- plein d’amour que lui porte son mari Hamza, incompris et taxé de fou. Entre folie et poésie, les pages de ce roman s’enchaînent entre lassitude et rêverie, souffle de vie et noirceur de l’âme. Au milieu de ce vacarme de sourd il y a une mère abasourdie qui se demande ce qu’elle a fait pour mériter des enfants pareils, doutant même de leur filiation. Et puis, il y a Hadj Youssouf qui se plaît à chercher de la couleur et de la beauté dans les jupons des jeunes filles mal-aimées à la sortie des facs. Un groupuscule humain avec ses défauts et caractères psychologiques, qui forme une certaine frange de la société.
Une société un peu malade de ses errements et égarements qui peine pourtant à s’en sortir et se débrouille comme elle veut ou peut. Comme une petite graine qui a poussé trop vite et pointe son nez vers le soleil ou encore cette herbe sèche qui se bat désespérément à quémander, en quête d’eau fraîche, le livre évoque l’oisiveté d’une jeunesse en mal de vivre dont une partie rêve de harga et une autre se voit déjà l’élite de demain.
Ecriture sensible et percutante, Des ballerines de Papicha laisse bizarrement un goût de sel dans la bouche. Sel de la légèreté des temps maussades, de la moiteur du clair de lune au milieu de la solitude sordide d’une destinée maudite… (L’Expression-05.08.2010.)

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  *L’été nu ..

.roman.- par Marie Desplechin

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Connue pour ses romans où états d’âme, humour et maux d’amour ont le beau rôle, Marie Desplechin (1) nous offre une histoire exclusive. Muriel, la trentenaire replète, pourrait être une cousine de Bridget Jones. Livrée en sept épisodes, une fiction à rebondissements comme un conte de fées des temps modernes.

Paru le 03.07.2010

Le soleil est arrivé début mai, toute la ville s’est mise en terrasse et les filles sont sorties débraillées. La lumière m’est montée à la tête. J’ai eu envie d’été. J’ai acheté un magazine en quittant le bureau. Je suis revenue chez moi. Je me suis précipitée dans la salle de bains. J’ai ouvert le truc au milieu. Je l’ai posé en équilibre sur le dessus du lavabo, contre le miroir. Il flanchait un peu. Je me suis déshabillée. Et j’ai regardé notre reflet. Mon corps et moi. Moi. Mon corps. Le magazine était trop mou, il s’est effondré derrière le verre à dents. Plus exactement, il s’est affaissé. La fille qui posait à poil sur la double page s’est déglinguée peu à peu. N’empêche, même en morceaux, elle restait lisse. J’aurais aimé en dire autant de mon corps. Nous n’étions pas faites de la même matière, la fille et moi. Je veux bien penser qu’elle n’avait pas encore l’âge de voter. Je veux bien penser que Photoshop venait d’effacer toute trace d’acné récidivante de son visage poupin. Je veux bien penser qu’elle était une pure création de pur papier. Mais il y avait le titre : « Absolument naturelle à trente-cinq ans ». Le titre comptait. Le titre faisait tout. Absolument. Naturelle. Trente-cinq ans.

Trente-cinq. Je n’y étais même pas encore. Et j’avais déjà l’air d’une pâte à modeler qu’on vient de passer au micro-ondes. Qu’est-ce qui s’était passé ? J’ai fait rapidement l’addition : le sucre, le vin, le pain, le beurre, les pâtes, les frites, la crème fraîche, les bananes écrasées, les crocodiles en gomme bicolore… On ne mange pas impunément jusqu’à trente-cinq ans. Il aurait fallu pour le bien un sens un peu aigu de la discipline. Une ascèse. Une anorexie, pourquoi pas. Mais l’habitude de se nourrir de courgettes mi-cuites se prend dans la jeunesse. Passé vingt ans, c’est déjà très hypothéqué. Le corps a appris à stocker. Un régime? L’idée d’alléger mon avenir m’a immédiatement donné envie de pleurer. De toute façon, celles qui maigrissent ont la peau flasque. Et aucun régime ne peut rien faire contre ces petits signes d’affaissement (oh, très légers mais perceptibles) qui se manifestent sournoisement, un peu partout, à l’attache des seins, à la ceinture du pantalon, au-dessus du genou. J’étais en train de m’écrouler, voilà, comme une vieille baraque médiévale. Je n’avais encore rien fait de ma vie et elle était déjà ruinée. Quant à me faire opérer… Opérer oui mais opérer quoi ? Tout était à changer.

(1) Dernier livre paru de Marie Desplechin : Bobigny Centre ville, avec Denis Darzacq (éd. Actes Sud).

 Panneau-3

**« Mon existence tout entière n’avait été jusque-là qu’un immense gâchis »

J’ai repris mes vêtements sur le rebord de la baignoire. J’ai replacé le soutien-gorge et la culotte bien en place sur les marques pivoine imprimées dans ma peau. J’ai jeté le magazine à la poubelle. J’ai quitté la salle de bains. J’y suis retournée. J’ai sorti le magazine de la poubelle. Je l’ai claqué sur la table de la cuisine, à côté de la tablette de double-lait. En dernières pages, il détaillait toutes les méthodes qui marchent pour muscler les fessiers. J’ai pensé : depuis trente-cinq ans, rien de neuf sous le rapport des fessiers. Le vélo, la nage et l’escalier. Moi aussi, j’aurais pu en pondre des articles. À quoi ressemblaient-elles, au juste, toutes ces bonnes femmes qui écrivaient dans les magazines ? J’ai pensé pas mal de trucs, et pas tous très aimables. Après, je crois que je me suis endormie.

J’ai dormi deux heures. Il n’y a eu personne pour me réveiller. C’est l’avantage du célibat. La liberté. Une personne célibataire est entièrement libre de s’endormir seule à n’importe quelle heure de sa journée. Libre de manger seule quand ça lui chante. Libre de parler seule aux murs sans se gêner. Ce sont des bénéfices qu’il faut considérer quand vous prend sottement l’envie de pleurnicher parce que personne ne vous a encore appelée pour demander ce que vous comptiez faire de votre soirée. Toute cette belle liberté, à moi toute seule. Et absolument rien à en faire. Non seulement j’étais une personne physiquement ruinée, mais mon existence tout entière n’avait été jusque-là qu’un immense gâchis. Il y avait bien eu une période où j’avais vécu avec un type, mais c’était autrefois. Et j’avais beau faire des efforts pour la regretter, je n’y arrivais pas. Il n’y avait rien à sauver de cet interminable naufrage à deux. Le type était sinistre.

J’ai attendu dans le canapé que le jour se décide à tomber. Avec l’heure d’été, les journées s’étaient faites plus longues. Plus longues les heures où j’aurais pu sortir et m’amuser. À tout prendre, je préférais les nuits précoces et froides. Je pouvais au moins me dire que j’étais mieux chez moi, et penser à remonter le thermostat, comme si c’était une activité. Enfin, la lumière a décliné. Doucement. J’ai entrouvert la fenêtre. On braillait en bas de moi. Des jeunes, probablement. Dans la pleine folie de leur jeunesse. Et tous en dessous de trente-cinq ans.

**« J’en étais réduite à inventer mes mensonges au fur et à mesure de mes besoins »

(3/4)

C’est ensuite que ma mère a téléphoné.
– Qu’est-ce qui se passe ? a-t-elle fait. Tu parles du nez.
– C’est le pollen. L’allergie.
– Tant mieux. J’ai cru que tu pleurais.
Je n’ai rien dit. Le silence s’est déposé entre nous comme une suie. Je savais ce qu’elle espérait. Elle espérait que j’allais fondre en larmes, ce qui confirmerait ce qu’elle avait toujours pensé. J’étais sa fille tarée, le versant noir de la réussite éclatante de sa progéniture. La sans-mari, la sans-enfant, la sous-payée, la toute-ratée. J’ai eu très envie de hurler. Mais je n’avais pas envie de lui faire plaisir. Pas à ce point. Au jeu du silence, j’ai tenu bon. Et j’ai gagné.
– Je t’appelle à propos de ton père. Il aimerait savoir s’il peut compter sur toi. Nous avons les enfants de Béatrice pendant la première quinzaine d’août, et tu sais qu’ils t’adorent. Bien. Bref. La maison est louée comme tous les ans et j’ai absolument besoin de savoir comment m’organiser. Si tu pouvais nous tenir au courant de tes projets de vacances…
– Alors, là, c’est bête, tu tombes assez mal, parce que cette année, figure-toi, je ne pars pas.
– Comment ? Même début août ?
– Surtout début août. On a… On a… une sorte d’énorme chantier. Quelque chose de colossal. Et c’est à rendre mi-août justement…
– Alors la deuxième quinzaine ?
– Exclu ! Il y aura présentation, et comme c’est un budget international…
– Ah bon, a fait la voix de ma mère, décontenancée. Un budget international. (à suivre)

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    *La culture générale envahit les plages

Des professeurs sont mis à contribution pour définir les thématiques, rédiger les QCM. Il faut doser les thématiques, pour qu'il y en ait pour tous les goûts.

Des professeurs sont mis à contribution pour définir les thématiques, rédiger les QCM. Il faut doser les thématiques, pour qu’il y en ait pour tous les goûts.

Les cahiers de vacances pour adultes se déclinent sous toutes les formes pour nous rassurer. 

Des livres pour l'été coeur-Sous les cahiers, la plage. Voilà déjà quelques années que le Cahier de vacances pour adultes a envahi les librairies à l’approche de l’été. Inventé en 2006 par l’éditeur Jean-Loup Chiflet, qui avait alors connu un extraordinaire succès (900 000 exemplaires cumulés pour les différentes versions et déclinaisons de son cahier sous-titré L’Officiel), le concept se décline aujourd’hui sous toutes les formes et toutes les thématiques : de l’érotisme au développement durable, du jeu sur Nintendo DS à l’application sur iPhone. Il y eut même cet hiver des variantes «vacances au ski» et «week-ends pluvieux».

Chez Chiflet & Cie, on se réjouit que le marché se maintienne encore, malgré les innombrables offres concurrentes, et le dernier-né de la maison, la version 2010, en kiosques depuis la fin mai, a été tiré à 100 000 exemplaires.

«Au départ, explique Christophe Absy, éditeur chez Chiflet & Cie, il s’agissait de jouer sur le côté à la fois ludique et nostalgique, de s’amuser tout en retombant un peu en enfance.» La veine ludique a si bien pris que les très sérieuses éditions du CNRS y vont de leur cahier de vacances version géopolitique, avec Je comprends le monde, de Pascal Boniface, le directeur du prestigieux Institut des relations internationales. Et le magazine L’Étudiant, plutôt habitué à un public d’adolescents et de jeunes gens, publie le sien, assorti du slogan, en forme de clin d’œil, «Il n’y a pas d’âge pour être étudiant». Pour Emmanuel Davidenkoff, directeur de la rédaction du magazine, «la diversification était logique : nous avons une maison d’édition depuis vingt ans, qui publie des manuels de préparation aux concours de la fonction publique, dont un, bien sûr, pour les épreuves de culture générale. Il a suffi de mettre tout cela sous forme de quiz et d’y ajouter une maquette attrayante». L’an dernier, le cahier pour adultes de L’Étudiant s’était vendu à 100 000 exemplaires et, cette année, Emmanuel Davidenkoff, également chroniqueur à France Info, les déclinera sous forme de quiz dans son émission intitulée – mais depuis longtemps déjà – «Cahier de vacances».

Dans toutes ces maisons d’édition, des professeurs sont mis à contribution pour définir les thématiques, rédiger les QCM. Des auteurs y ajoutent ensuite la touche humoristique qui égayera les dîners entre amis sur la terrasse. «Il est très compliqué de définir le niveau de complexité à atteindre, analyse Christophe Absy. Ce qui va sembler très difficile aux uns sera trop facile pour les autres. Il y a même des gens qui, par principe, refusent de faire un exercice de maths et ne répondent qu’aux questions d’histoire et de français. Nous dosons subtilement, pour qu’il y en ait pour tous les goûts.»

Ne pas lasser, mais ne pas humilier, tel est l’équilibre parfait. Car au-delà de la nostalgie de l’école et des vacances en famille, on ne peut exclure des motivations des vacanciers culturophiles un certain goût pour la performance, dans la veine des tests de QI sur console de jeu. On se mesure à soi-même ou aux autres, et la culture générale n’est qu’un domaine de plus où l’on se doit d’être efficace. Pour les amoureux des notes, le site de L’Étudiant propose d’ailleurs gratuitement des QCM d’histoire, de sciences, d’économie ou de philosophie et affiche le pourcentage de bonnes réponses. Un retour aux bases du savoir scolaire pour les anciens bons élèves avides de se rassurer sur le vieillissement de leurs neurones ou pour tous ceux qui, dans un monde toujours plus complexe, regrettent de manquer des quelques savoirs fondamentaux qui permettent de ne pas couler dans le flot de l’information. (Le Figaro-09.07.2010.)

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*Les livres à lire cet été

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 La sélection du Figaro Littéraire. (25.06.2010.)

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 THRILLERL’Enfant perdu de John Hart, traduit de l’anglais (États-Unis) par Sabine Boulongne, JC Lattès, 494 p. , 22 €.

Un enfant disparaît et un thriller s’écrit. John Hart n’a pas failli à cette règle propre au genre dans son dernier livre couronné aux États-Unis par le très réputé Edgar Award. Il faut reconnaître qu’il a une manière très particulière de brosser le portrait d’une enfance dévastée, entre violence et enchantement. L’enfant disparue est Alyssa, une fillette de douze ans, volatilisée au retour de l’école, mais celui qui fait le roman est son frère jumeau qui croit pouvoir la retrouver même si un an a passé depuis. Dès les premières lignes, le petit Johnny s’en va-t’-en guerre, peintures d’Indien sur le visage, talisman autour du cou, il convoque les esprits de la nature pour l’aider dans sa quête. Les marais de Caroline du Nord ne servent pas seulement de décor à l’intrigue, ils enveloppent de vapeurs vénéneuses les pages de ce roman saisissant. Une mère à la dérive, un inspecteur opiniâtre, des policiers corrompus, quelques beaux salauds et la nature omniprésente sont les autres personnages de L’Enfant perdu. Toujours en retrait mais parfaitement esquissés, ils servent ou entravent l’avancée du petit homme. En mettant l’enfant au cœur de son récit, John Hart renouvelle l’approche classique du thriller. Il introduit une puissante charge émotionnelle sans jamais sombrer dans l’artifice. Pour le reste, il connaît la petite musique qui accroche l’attention du lecteur. Le suspense ne faiblit jamais, les rebondissements s’enchaînent et la vérité jaillit à la toute fin du roman. Diabolique, s’il fallait l’ajouter.

POUR ACHETER LES LIVRES :

» L’Enfant perdu,de John Hart,90€ sur Fnac.com

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POCHE – Les Gens de Philippe Labro. Folio, 416 p., 6,60 €.

Maria, Caroline et Marcus n’ont rien de commun, sinon un béant manque d’amour. Leur vie en est imprégnée à chaque instant, et c’est ce qui guide chacun de leur geste, chacune de leur pensée. Maria est une orpheline d’origine polonaise et jeune fille au pair d’une riche famille de San Francisco, elle est fascinante par sa beauté et le mystère de ses silences. Caroline est une trentenaire qui travaille dans la communication, elle sort d’une rupture sentimentale. Marcus est un animateur vedette de télévision, égocentrique et intervieweur agressif. La force du roman de Philippe Labro réside dans le portrait de ces trois personnages. L’écrivain a le goût du détail et de la phrase juste, visuelle. Ses attaques de chapitre sont exemplaires : elles happent le lecteur et ne le lâchent plus. La plume de Labro est une microcaméra qui scrute les visages et sonde les âmes. L’écrivain ne fait pas que raconter une histoire, il mêle des considérations sur la vie. Et, en filigrane, il brosse le portrait de notre société : solitaire et désabusée.

» Les Gens, de Philippe Labro, Folio, 6,27€ sur Fnac.com

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 ROMAN – Un triomphe d’Éric Neuhoff, Bernard Pascuito Éditeur, 215 p., 17,95 €.

Plus de vingt-cinq ans après sa sortie, voici enfin la réédition de ce récit dans lequel l’écrivain signe une manière d’autoportrait où se croisent admirations et dégoûts, illusions perdues et rêveries narquoises. Il rend hommage à ses maîtres (Drieu, Nimier, Frank, Fitzgerald, Truffaut, Bory…), se console d’être né «trop vieux dans un monde trop tarte» en feuilletant ses souvenirs et en espérant que le reste de la partie mérite tout de même d’être joué. Les années soixante-dix et quatre-vingt défilent. Rien n’a vraiment changé. Caroline de Monaco, Isabelle Adjani, Sollers et même François Mitterrand sont toujours parmi nous. Entre ces pages, l’alcool coule à flots et les bobines de films déroulent des histoires plus aimables que la vie. Les petits matins flous ont un goût de cendre, la jeunesse n’est plus qu’un songe-creux. Éric Neuhoff promène sa mélancolie ricanante et sa nostalgie aussi tranchante qu’un rasoir. Ce tintement de cloche fêlée porté par un style impeccable ne vieillit jamais.

» Un triomphe, d’Éric Neuhoff, Bernard Pascuito Éditeur, 17,06€ sur Fnac.com

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 JEUNESSE – L’été où je suis devenue jolie de Jenny Han, traduit de l’anglais (États-Unis) par Alice Delarbre,Albin Michel, 302 p., 13 €. À partir de 13 ans.

Les enfants adorent les grandes vacances. Elles se suivent et se ressemblent jusqu’à l’été qui change tout. Il arrive généralement aux alentours de quinze ans, sans tambour ni trompette, annonçant la révolution des cœurs. Il en va ainsi pour Belly, qui passe chaque été au bord de la mer, dans la villa d’une amie et de ses deux fils. L’été de ses seize ans, la jeune fille arrive métamorphosée dans la maison de vacances. «La petite» a grandi et chacun réévalue sa place à l’aune de ce bouleversement. Tout est juste dans le roman de Jenny Han, qui évoque avec délicatesse la confusion des sentiments dans la tête et le cœur des adolescents. Un beau récit initiatique que les grands enfants liront à l’unisson de leur été.

» L’été où je suis devenue jolie de Jenny Han, Albin Michel, 12,35€ sur Fnac.com

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 POCHE – Le goût de la Bretagne Textes choisis et présentés par Thierry Clermont, Mercure de France, 130 p., 6,50€.

La Bretagne dans tous ses états, à savourer en lisant quelques-uns des plus beaux textes de nos grands écrivains. Le recueil que propose notre collaborateur est réjouissant. Gustave Flaubert, Ernest Renan, Louis Guilloux ou encore Mona Ozouf et Denis Tillinac sont, parmi d’autres, conviés en toute amitié complice. L’extrait choisi dans le fameux Cheval d’orgueil de Pierre-Jakez Hélias est particulièrement enchanteur. À propos du vent breton, le grand écrivain écrit : « Il gronde, il siffle, il chuinte, il miaule, il sanglote, il s’étouffe de rire, (…)». Et plus loin, dans un style si proustien, des objets prennent vie : « Des sabots abandonnés sur un seuil s’entrechoquent avec des bruits de noix creuses avant d’aller baguenauder par le quartier.» Quel régal !

  » Le goût de la Bretagne, textes choisis et présentés par Thierry Clermont, Mercure de France, 6,18€ sur Fnac.com

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 VOYAGE - Ivre de Chine de Constantin de Slizewicz,Perrin, 235 p., 19,90 €.

De la dizaine d’années qu’il a passées en Chine, ce jeune trentenaire ramène ce beau récit dont le fil rouge est une traversée de l’empire du Milieu, d’est en ouest, à bord d’un side-car en compagnie d’un ami français. Photographe et reporter, Constantin de Slizewicz ne se livre pas ici à un exercice journalistique, mais propose une rencontre littéraire, historique et poétique avec la Chine réelle. À Pékin, il lui revient que le visage d’une ville change plus vite que le cœur d’un mortel tandis que son portrait amoureux du Tibet déjoue les lieux communs occidentaux. Voici le souvenir des marins français naviguant sur le Yang Tsé Kiang et des dérives nocturnes évoquant celles du Singe en hiver de Blondin. Érudit et truculent, Ivre de Chine dévoile les permanences et les mutations d’un pays à l’avenir imprévisible tout en nous invitant à prendre l’air du large, à laisser «nos rêves s’emparer du sanglot de nos cœurs ».

» Ivre de Chine, de Constantin de Slizewicz, Perrin, 18,91€ sur Fnac.com

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 HISTOIRE – Le roman de napoléon III de Christian Estrosi et Raoul Mille, Éditions du Rocher, 226 p., 19,90 €.

C’est à une réhabilitation vibrante de Napoléon III que procèdent Christian Estrosi et Raoul Mille. L’intérêt que l’actuel ministre de l’Industrie, également maire de Nice, et son conseiller municipal à la culture, portent au dernier empereur français, ne surprend pas. Le souverain fut en effet l’homme du rattachement du comté de Nice à la France en 1860. Mais, bien au-delà de ce lien régional, les deux hommes rendent justice à celui qu’ils considèrent comme le chaînon manquant, ou plutôt oublié, de l’histoire de France, celui « reliant le passé et la modernité ». Malmené par l’histoire, ridiculisé par Victor Hugo qui l’affubla du perfide surnom de « Napoléon le petit », les auteurs nous décrivent au contraire un dirigeant qui ne cessa d’être un homme de progrès. Dès qu’il fut élu président de la République, en 1850, Louis-Napoléon Bonaparte décida de développer le chemin de fer. Autres grands travaux : l’amélioration du réseau routier, ou encore le drainage des marais de Sologne et des Landes. Quant au canal de Suez, Napoléon III, en 1864, relança le chantier en souscrivant 17 700 actions à la Compagnie du canal. D’autre part, il soutint le développement du télégraphe électrique. Pour ce qui concerne la production industrielle, elle bondit. En matière sociale, le Second Empire, « régime soi-disant autoritaire », reconnaît le droit de grève le 25 mai 1864. Et, en avril 1867, une loi sur l’enseignement gratuit est édictée. Reste la terrible défaite de Sedan, celle d’un empereur qui ne voulait pourtant pas la guerre contre la Prusse.

» Le roman de Napoléon III, de Christian Estrosi et Raoul Mille, Éditions du Rocher 18,91€ sur Fnac.com

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 SAGA – À la vie ! de Joseph Bialot, La Manufacture de livres, 686 p., 23,90 €.

Le vétéran des auteurs de polars français, né à Varsovie en 1923, parisien depuis 1930, survivant d’Auschwitz, est un passionné d’histoire. Il la raconte comme personne. La Commune de Paris, les tranchées, la révolution russe, les folles années 1920, la montée du nazisme, la guerre d’Espagne, la défaite de 1940 et l’exode, la collaboration, Stalingrad et Auschwitz, l’épuration… Bialot a fait le pari de faire tout tenir dans un roman de près de sept cents pages. Et ça marche ! Dès les premières pages, flash-back sur l’horreur d’un dimanche de mai 1871 au cours duquel la Commune de Paris succomba aux assauts des versaillais et un gamin manqua d’y laisser sa peau, on sait qu’on ne lâchera pas cette histoire. Devenu un homme, Benoît Mongeon, l’enfant survivant du chaos, ne cessera de militer pour une société plus juste. À ses enfants, à ses amis, il montrera l’exemple d’une grande honnêteté et d’un courage exemplaires. Mais l’histoire est cruelle et la famille Mongeon paiera au prix fort cette culture de résistance à l’injustice. À travers les figures de Benoît, le patriarche, de ses fils Augustin et Étienne, que tout oppose à l’exception de leur amour pour la belle Hortense, femme de cœur émouvante, des petits-fils et de leurs proches, ce sont tous les sentiments humains que l’écrivain dépeint avec force. Face à ces créatures imaginaires, il met en scène les acteurs réels de l’époque, artistes, truands, politiciens, hommes d’honneur et salauds, idéalistes et opportunistes. Malgré le sang, les sacrifices, l’ignominie, Bialot garde l’espoir. Martelée tout au long de sa formidable épopée, l’expression yiddish Lehaïm !, qui donne son titre au roman, le clôt en beauté.

» À la vie !, de Joseph Bialot, La Manufacture de livres, 22,71€ sur Fnac.com

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 POÉSIE – Tout jardin est Éden de Marie Rouanet, Albin Michel, 108 p., 12 €.

«Là, on entre en silence et douceur. Et s’apaise la colère. Et se décante l’âme.» Dans ce petit ouvrage tout de tendre rêverie, Marie Rouanet s’est livrée à un enchaînement de brèves méditations poétiques sur le jardin privé, qu’il soit potager, fleuri ou arboré. Tiges, pétales, pistils, pousses, branches, taillis, courges, rhubarbes, cerisiers, vignes folles y sont évoqués, selon la course du soleil et le passage des saisons, finissantes ou naissantes. Y voisinent également des merles entreprenant une figue, quelques loriots, des «rumeurs de lézards, d’insectes». Ailleurs, c’est un cours d’eau dont on ne sait que le murmure, à moins que ce ne soit une fontaine… Sans oublier les indispensables ustensiles, meubles perdus, bêches tordues, seaux défoncés, casseroles sans queue, tabliers usagés, bouts de ficelle et autres objets remisés. C’est avec gourmandise et délectation que l’on découvre ces petits textes lumineux, à l’étrange sensualité, qui nous donnent cette envie : rejoindre au plus vite les premiers chemins buissonniers pour s’étendre dans un pré carré, où trône une maison accueillante. Et alors, « au moment où la chaleur tombe, verticale, si on glisse la main sous les feuilles de la salade, du fraisier, sous les vastes feuilles des courgettes, on trouve, au revers, économisée, capturée, conservée, l’eau du dernier arrosage». Le livre peut également se lire comme un hymne bucolique au silence, à peine troublé par le «gargouillis du tuyau d’arrosage » ou le « grattement du râteau». 

» Tout jardin est Éden, de Marie Rouanet, Albin Michel, 11,40€ sur Fnac.com

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 JEUNESSE – Les Nouvelles petites filles modèles de Rosalind Elland-Goldsmith, Hachette Jeunesse, 320 p., 13,90 € (à partir de dix ans).

Il fallait oser s’attaquer au monument de papier édifié par la comtesse de Ségur, imaginer une nouvelle vie pour Camille, Madeleine, Marguerite et Sophie, ses modèles de petites filles. Spécialiste de l’œuvre, Rosalind Elland-Goldsmith a eu la bonne idée de transposer la trilogie de Fleurville à notre époque. Elle le fait avec finesse et intelligence, reprenant les caractères, les stéréotypes et chaque action dramatique de l’histoire d’origine pour les inscrire dans un univers contemporain. Les aristocrates d’hier sont devenus des bobos, le château est une belle demeure du Lubéron, les mamans veillent toujours sur l’éducation des filles qui se chamaillent sous le soleil. Les trois volumes de la comtesse couvraient quatre étés. La nouvelle version court sur une saison en sept volumes, dont les deux premiers ont juste parus. 

» Les Nouvelles petites filles modèles, de Rosalind Elland-Goldsmith, Hachette Jeunesse, 13,21€ sur Fnac.com

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 VOYAGE – Demeures de l’esprit de Renaud Camus Fayard, 500 p., 29,90 €.

Renaud Camus n’a de cesse de nous faire voyager. Après quatre ouvrages sur l’Angleterre et la France, il croque la Scandinavie à belles dents. Il s’intéresse particulièrement aux maisons d’écrivains et d’artistes. Au détour des pages se succèdent des noms, parfois peu connus, auxquels l’auteur offre un second souffle.Ce livre poétique est également une œuvre de style où l’auteur, sorte de Corto Maltese de l’Europe contemporaine, livre des portraits d’artistes tels Johannes Larsen, Edvard Munch ou encore le célèbre conteur Hans Christian Andersen. Un regard français sur une autre culture, une autre langue, une autre conception de l’art et de son évolution au fil des siècles. À ceux qui voyagent par la pensée, aux passionnés de culture nordique, ce livre est, plus encore qu’un guide touristique, une épopée à travers le temps et les vestiges du passé dont ces demeures sont les derniers témoins. 

» Demeures, de l’esprit de Renaud Camus, Fayard, 28,41€ sur Fnac.com

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 DOCUMENT - Ils ont fait la presse. L’histoire des journaux en France en 40 portraits Sous la direction d’Yves Agnès et Patrick Eveno,Vuibert, 351 p., 21 €.

Ce n’était pas une mince affaire. Lorsque l’Assemblée constituante a consacré dans l’article XI de la Déclaration des droits de l’homme la liberté de la presse, le public était alors convaincu que la presse, comme le dira Sieyès, «est la sentinelle de la liberté». Très vite, pourtant, dès 1792, on s’empressera de supprimer cette liberté gênante et il faudra attendre près d’un siècle pour la voir définitivement consacrée. Pourtant, depuis deux siècles, il s’est toujours trouvé des esprits inventifs ou astucieux pour investir dans cette activité pas comme les autres. À travers les portraits de quarante personnalités qui «ont fait la presse», de Théophraste Renaudot à Axel Ganz en passant par Émile de Girardin, Hippolyte de Villemessant, Hubert Beuve-Méry ou Robert Hersant, les auteurs de cette remarquable synthèse historique, coordonnée par Patrick Eveno et Yves Agnès, offrent un portrait vivant d’une élite qui a marqué l’histoire de la France. De Mirabeau aux frères Bertin, la presse politique domine, puis, avec Girardin et Villemessant, l’introduction de la publicité oriente le journal vers plus de divertissement. Jusqu’à ce que la presse gratuite, puis Internet viennent bouleverser la donne. Cette série de portraits érudits n’occulte pas la face sombre d’une profession qui, avec des collaborateurs comme Jean Luchaire, n’a pas toujours su défendre ce pour quoi elle était née. 

» Ils ont fait la presse, L’histoire des journaux en France en 40 portraits, Sous la direction d’Yves Agnès et Patrick Eveno, Vuibert, 19,95€ sur Fnac.com

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 ROMAN – Quand viennent les cyclones d’Anita Nair, traduit de l’anglais (Inde) par Dominique Vitalyos, Albin Michel, 392 p., 21,50 €.

Il faut toujours se méfier du calme avant la tempête. Une phrase à méditer pour Mira, l’héroïne du roman d’Anita Nair. Alors qu’elle profite pleinement de la réception à laquelle elle est invitée, elle constate brusquement que son mari s’est évaporé. Giri l’appellera quelques jours plus tard pour lui annoncer qu’il veut divorcer. En Inde, pays où la condition de la femme n’en finit pas d’être chahutée une candidate peut accéder à la présidence quand on brûle une épouse jugée encombrante le divorce est une calamité. Sans mari, la belle Mira, auteur à succès de livres de cuisine qui a la charge de ses enfants, de sa mère et de sa grand-mère, croit perdre sa raison d’être. Anita Nair retrace le parcours qui la mènera vers une nouvelle vie, les pieds dorénavant sur terre et la conscience enfin claire. Elle peint le portrait envoûtant d’une mère de quarante ans qui s’émancipe. Futée, l’auteur y ajoute une intrigue quasi-policière, par le biais de son héros masculin. Et dépeint ainsi une Inde incarnée et sensuelle, très loin des romances bollywoodiennes. 

» Quand viennent les cyclones, d’Anita Nair, Albin Michel, 20,43€ sur Fnac.com

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 ROMAN – L’Ombre des secrets de Daphné du Maurier, Omnibus, 1 000 p., 28 €.

À côté de Daphné du Maurier, les reines actuelles du polar psychologique paraissent bien falotes. La romancière anglaise, née en 1907 à Londres, morte en Cornouailles en 1889, auteur de Rebecca, des Oiseaux, de L’Auberge de la Jamaïque, adaptés au cinéma par Alfred Hitchcock, n’est pas un quelconque auteur à suspense qui joue avec les fantômes pour effrayer le chaland. C’est un écrivain, un vrai. En l’an 2000, le jury américain, qui attribue les Anthony Awards, décerna à Rebecca le titre de meilleur roman criminel du siècle. Étaient également pressentis pour ce prix des poids lourds de la littérature Raymond Chandler, Dashiell Hammett, Agatha Christie. C’est dire. «J’ai toujours été fascinée par l’inexpliqué, la face sombre de la vie. J’ai un sens très sûr des choses qui dépassent nos perceptions et notre expérience quotidienne», écrivait Daphné du Maurier, disciple de R. L. Stevenson. Les Éditions Omnibus ont rassemblé les romans et nouvelles qu’elle écrivit pendant la seconde moitié de sa carrière littéraire, des textes moins connus que les autres mais tout aussi envoûtants. Le volume s’ouvre par Le Bouc émissaire, qui se déroule vers 1960 dans un château de la Sarthe (région dont la famille du Maurier, réfugiée en Angleterre pendant la Révolution, était originaire). Ce long roman, inquiétant, pénétrant, comique aussi parfois, immerge le lecteur dans la vie d’une famille minée par des rancœurs et des passions secrètes qu’un jeune Anglais débarqué de nulle part va mettre au jour petit à petit. Une histoire ténébreuse mais obscurément lumineuse. 

» L’Ombre des secrets, de Daphné du Maurier, Omnibus, 26,60€ sur Fnac.com

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 POCHE – Le Goût de San Francisco Anthologie de Jean-Claude Lamy, Mercure de France, 124 p., 6,50 €.

Jean-Claude Lamy nous offre un voyage à San Francisco en compagnie des meilleurs guides : les écrivains. Car Le Goût de San Francisco est d’abord une promenade littéraire par le biais de vingt-six extraits d’œuvres diverses et étonnantes. Autant vous dire qu’il y a aussi une plongée dans le passé de cette ville qui pourrait être l’antithèse de Los Angeles. On y croise Cendrars, les deux Jack (London et Kerouac), Hammett, Tom Wolfe, mais aussi BHL, Beigbeder, Michel Mohrt, Henri Rochefort ou Jean Cocteau… C’est à travers eux que l’on découvre une partie méconnue ou vue d’un angle original de San Francisco. L’introduction de Jean-Claude Lamy vaut également le détour.

» Le Goût de San Francisco, Anthologie de Jean-Claude Lamy, Mercure de France, 6,18€ sur Fnac.com

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 BANDE DESSINÉE – Avec les cadets de Saumur de Guillaume Berteloot et Patrick de Gmeline,Éditions du Triomphe, 50 p., 14,50 €.

Cette bande dessinée conte de façon réaliste le combat des élèves officiers de Saumur.En mai 1940, l’avancée des Allemands est foudroyante. Le 17 juin, l’ennemi reçoit l’ordre d’attaquer Saumur. Dans la soirée du 18, après l’appel du général de Gaulle, les Cadets font partie sans le savoir des premiers résistants. Les jeunes héros luttent trois jours durant, à 2500 contre 40.000, avant de se rendre avec les honneurs. Les pertes sont lourdes des deux côtés. Le souvenir de ces Cadets demeure aujourd’hui. Chaque année, l’École de cavalerie leur rend l’hommage qui leur est dû.

 » Avec les cadets de Saumur, de Guillaume Berteloot et Patrick de Gmeline, Éditions du Triomphe, 13,78€ sur Fnac.com

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 DOCUMENT - Survivre à tout prix de Norman Ollestad, traduit de l’anglais (américain) par Nathalie Cunnington), Albin Michel, 312 p., 19,50 €.

Voici le récit poignant d’un Californien d’une quarantaine d’années, seul rescapé d’un crash aérien, en février 1979, alors qu’il avait onze ans. Le jeune Norman Ollestad venait de remporter une compétition de ski la veille, quand il décolla de Santa Monica, un matin, à bord d’un Cessna, avec son père et sa compagne Sandra. Pris dans une tempête, le petit avion s’écrasa contre le pic Ontario qui culmine à 2 870 mètres. Le pilote et le père de Norman sont tués sur le coup… Après neuf heures de marche dans la neige, endeuillées par la chute mortelle de Sandra, le petit garçon rejoindra la vallée. Norman survivra grâce à l’éducation sportive à la dure que lui avait prodiguée son papa.

 » Survivre à tout prix, de Norman Ollestad, Albin Michel, 18,53€ sur Fnac.com

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 ROMAN – Les chevaux n’iront pas en enfer De Jan Krauze, Éditions du Rocher, 224 p., 19 €.

Une fascinante histoire de chevaux, en pleine Seconde Guerre mondiale. Jan Krauze décrit la fuite d’une jeune femme et d’un homme d’âge mûr, qui ont mystérieusement lié leur sort à celui de plusieurs centaines de pur-sang arabes. Si les souffrances équines ne sont bien sûr pas à mettre sur le même plan que celles des humains, elles restent de puissants révélateurs de l’horreur d’une époque. Les deux Polonais, qui fuient les Allemands et les Soviétiques, arrivent dans une Allemagne en ruine. Ces deux personnages de fiction, mais dont l’histoire s’inspire de faits réels, s’interrogent sur leur acharnement à défendre leurs chevaux. Dans un monde dévasté, leur action a-t-elle un sens? Et si leur amour des équidés était une façon ultime de surmonter les horreurs de la guerre 

  » Les chevaux n’iront pas en enfer, de Jan Krauze, Éditions du Rocher, 18,05€ sur Fnac.com

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 JEUNESSE – Idhun De Laura Gallego Garcia, traduit de l’espagnol par Marie-José Lamorlette, Bayard jeunesse, 515 p., 19,90 €.

Pourquoi ne pas aborder l’été avec une nouvelle trilogie fantastique ? Cette nourriture est en général solide et prenante pour les plus de douze ans. Voilà donc Idhun et son premier tome, un best-seller arrivant tout droit d’Espagne avec sa cohorte de dragons, de licornes et de magiciens. Dans le droit-fil d’Eragon, autre saga chère aux jeunes gens, cet ouvrage met en scène deux collégiens embringués dans une vaste entreprise de résistance. Les adolescents n’hésiteront pas longtemps avant d’adopter la cause de deux chevaliers qui tentent de sauver leur monde de puissances maléfiques. Les héros évoluent dans trois mondes parallèles, passant de l’imaginaire à la réalité. L’intrigue est suffisamment convaincante pour que le lecteur s’évade avec eux. Solide et savoureux.

» Idhun, de Laura Gallego Garcia, Bayard jeunesse, 18,91€ sur Fnac.com

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 HISTOIRE – Dictionnaire des favorites De Henri Pigaillem, Pygmalion, 495 p., 30 €.

Des Mérovingiens à Napoléon III, il aura fallu près de 500 pages pour citer les nombreuses maîtresses des souverains français. Ces femmes d’influence offrent un éclairage singulier sur la connaissance de nos rois. Louis XIV déniaisé par la baronne de Beauvais, Henri II courtisant une gouvernante… L’auteur a pris soin de ne citer que les liaisons confirmées par l’histoire. Les favorites, dont la beauté transparaît des reproductions de tableaux placées en préface, ont souvent joué un rôle majeur dans le devenir du pays. Les célèbres dames de Maintenon, du Barry, de Poitiers ou encore la Pompadour font l’objet d’études de haute tenue qu’Henri Pigaillem, couronné par l’Académie française et la Société des gens de lettres, rend accessibles.

 » Dictionnaire des favorites, d’Henri Pigaillem, Pygmalion, 28,50€ sur Fnac.com

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 CONTES – Dictionnaire amoureux des Mille et une nuits de Malek Chebel, Plon, 226 p., 27 €.

Dans ce Dictionnaire amoureux, Malek Chebel tente d’apporter quelques lumières à la « plus longue et la plus extraordinaire des histoires ». On connaît le principe de ce dictionnaire un abécédaire personnel. Dans « S » comme Schahrazade, Chebel explique que la sublime conteuse incarne le féminisme arabe. Son acte de résistance étant d’inventer des contes interminables au point d’endormir le roi. L’auteur propose de nombreuses autres portes d’entrée:«Amour fou», «Érotisme», «Beauté fatale», «Jardin secret», «Tapis volant»… Autant d’invitations au voyage.

» Dictionnaire amoureux des Mille et une nuits, de Malek Chebel, Plon 25,65€ sur Fnac.com

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 JEUNESSE - Je hais l’amour véritable de Laurence Schaack et Goulven Hamel. Nathan, 224 p., 10 €.

Si le tube de l’été n’est pas leur tasse de thé, glissez-leur ces ouvrages qui leur feront connaître la musique. Nathan a eu la bonne idée de créer «Backstage», une collection de romans dédiés aux grands courants musicaux contemporains. Les deux premiers volumes illustrent avec brio les débuts du rock américain et du punk anglais. Au fil des pages, Laurence Schaack et Goulven Hamel mélangent le son et les mots, l’oreille et l’œil, et plongent le lecteur dans les coulisses de la formation de groupes comme les Clash ou les Sex Pistols. Ces livres raviront également les férus de musique par les notes explicatives insérées à la fin de chaque ouvrage, brisant ainsi les idées reçues. Une agréable surprise pour l’été, en somme, que cette littérature musicale qui, sans être documentaire ni totalement fictive, balade es jeunes lecteurs des cités ouvrières du Manchester de 1976 au Paris des beaux quartiers en pleine déferlante punk. Ils apprendront que la musique est aussi le reflet des mœurs et des craintes d’une époque. Les parents seront comblés, eux aussi. Ils pourront ressortir leurs vieux 33-tours.

» Je hais l’amour véritable, de Laurence Schaack et Goulven Hamel, Nathan, 9,50€ sur Fnac.com

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 THRILLER – La Lame du boucher de James Patterson, traduit de l’anglais (américain) par Philippe Hupp, JC Lattès, 372 p., 20 €.

Après Dernière Escale (L’Archipel), un thriller teinté d’humour, James Patterson revient avec un polar glaçant très réussi. La capacité de l’Américain à changer de style est remarquable. Signalons aussi que celui qui est considéré comme le meilleur spécialiste du suspense a également sorti, en avril, une comédie romantique, Rendez-vous chez Tiffany (L’Archipel). Mais avec La Lame du boucher, on est bien loin d’une bluette… Ames sensibles, s’abstenir.Dans ce thriller au suspense haletant, James Patterson renoue avec l’inspecteur Alex Cross de la police de Washington. Un membre du FBI dont la vie a basculé après que sa femme, Maria, a été tuée par balles, sous ses yeux. Un choc si profond que le policier décide de démissionner. Mais un jour, son ancien équipier, John Sampson, lui demande de l’aide afin d’arrêter un tueur en série qui pourrait bien être le meurtrier de Maria… L’assassin, qui est également un violeur en série, est surnommé le boucher parce qu’il est capable de découper ses victimes en morceaux… Tout le talent de Patterson est d’écrire des scènes dans lesquelles le suspense l’emporte presque toujours sur l’horreur. Quant à l’odieux psychopathe, son parcours de gamin à l’enfance martyrisée, enrôlé très tôt par la mafia comme tueur à gages, lui donne une vraie épaisseur humaine. Patterson nous le fait haïr tout en nous dévoilant son charme mortel. De quoi déstabiliser le lecteur.

» La Lame du boucher, de James Patterson, JC Lattès, 19€ sur Fnac.com

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 SUSPENSE – El Sid de Chris Haslam, traduit de l’anglais par Jean Esch, Le Masque, 376 p., 21,50 €.

Deux ans après un Alligator Strip déjanté, l’Anglais Chris Haslam nous revient avec un roman à plusieurs détentes. Une histoire tout à la fois drôle et sombre. Drôle parce qu’elle met en scène deux zigs à la ramasse, Lenny et Nick. Anciens taulards, le grand costaud décérébré et le petit malingre intello sont un peu des Laurel et Hardy qui vont se mettre au service d’un vieil homme nommé Sydney Starman. Alors que le tandem infernal pense rouler le croulant dans la farine et l’escroquer sans vergogne, le retraité, qui a plus d’un tour dans sa besace, leur propose de quitter l’Angleterre et de l’accompagner en Espagne pour retrouver un trésor ayant appartenu aux Républicains. Ancien des Brigades internationales, Sydney, alias El Sid, est parti se battre en 1936 avec, en tête, l’idée de tuer le plus grand nombre d’Allemands engagés avec les fascistes italiens aux côtés des carlistes, de la Légion et de la Phalange. Le périple du trio infernal dans une Espagne désertique et un brin arriérée, mais qui n’a rien oublié de son passé tragique, mérite le détour. Les dialogues savoureux entre les trois hommes et les situations cocasses abondent. Entre deux scènes comiques, Haslam insère de longues séquences de souvenirs de guerre de Sid. Là, on rigole beaucoup moins. Mené par un Américain sadique, un commando de cinq hommes, dont Sid est le benjamin, sème les cadavres tout en fuyant les sbires de la Légion Condor. Aussi divertissant que captivant, El Sid confirme le talent du mystérieux Haslam.

» El Sid, de Chris Haslam, Le Masque, 20,43€ sur Fnac.com

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 ROMAN – Dans le lit des rois «Nuits de noces» de Juliette Benzoni, Perrin, 298 p., 19,90 €.

Il faut le dire haut et fort:Juliette Benzoni est l’une de nos meilleures conteuses. Du fait de sa modestie, on oublierait presque qu’elle vend ses romans à des millions d’exemplaires dans le monde. Son nouveau livre est une perle d’inventivité et d’anecdotes savoureuses. L’idée de départ a de quoi séduire:narrer par le menu les nuits de noce des grands personnages historiques, et, en premier lieu, des rois et des reines. Résultat ? Des merveilles de petites histoires, avec, en filigrane, la grande Histoire qui se déroule. Il y a la nuit de Catherine de Médicis:on discute âprement la dot de la fiancée, le dauphin François tombe malade, et, aussi incroyable que cela puisse paraître aujourd’hui, le roi et le Pape observent cette nuit de noces. Benzoni décrit l’événement comme si on y assistait en direct ! Ce souci des détails, de la description minutieuse, des dialogues reconstitués sur des bases réelles, on le retrouve dans la plupart des autres moments d’intimité : Louis XIV, Henri IV et Marie de Médicis, Henri VIII et Anne de Clèves, César Borgia, Napoléon – «une nuit à la hussarde» -, la «nuit mortelle» d’Attila, celle, ensorcelée de Philippe Auguste, ou grandiose d’Alexandre le Grand…

» Dans le lit des rois, «Nuits de noces», de Juliette Benzoni, Perrin, 18,91€ sur Fnac.com

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 POCHE – Aimer de gaulle de Claude Mauriac, Grasset, « Cahiers rouges », 552 p., 13,40 €.

Mauriac père fut biographe de De Gaulle. Claude Mauriac, son aide de camp. En 1944, Claude Mauriac a 32 ans. Il entre dans l’intimité de celui qui incarne la Libération et commence à tenir son journal:«Dimanche 27 août 1944. Au ministère de la Guerre à 8 h 30 Claude Guy, débordé, me demande instamment de le seconder.» Le débordement ne cessera guère. Mauriac note chaque jour l’effervescence créée par la libération de Paris, qui voit l’affluence des notables de tous poils auprès du général de Gaulle. Les choses ne sont pas simples. La guerre n’est pas finie. L’orgueilleux empire n’en finit pas de mourir. Quel sera le régime de la France d’après 45 ? Le général reçoit beaucoup, Georges Duhamel pour discuter du renouvellement de l’Académie, Léon Blum et tant d’autres parlementaires pour parler de l’avenir institutionnel du pays. Sous la plume du diariste, la Libération n’est plus un «chromo» mais un moment porté par un formidable élan.

 » Aimer de Gaulle, de Claude Mauriac, Grasset, 18,73€ sur Fnac.com

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 romans pour l’été

 une jeune femme lit sur la plage en maillot de bain orange. illustration, livre. 

C’est enfin les vacances! Le moment idéal pour décompresser et déconnecter des petits ennuis du quotidien. Pour vous accompagner durant ce repos bien mérité, voici quelques romans d’été à parcourir tranquillement en sirotant son thé glacé. Une sélection forcément subjective.

 Cet été, je veux…

M’embarquer dans une histoire d’amour passionnée et passionnante… J’opte pour le roman autobiographique et non moins romanesque de Marlena de Blasi: Mille jours à Venise. De passage dans la cité des Doges, la journaliste gastronomique tombe sous le charme d’un bel italien et décide de tout quitter pour venir vivre à ses côtés. C’est romantique, amusant, prenant et gourmand (on a droit à quelques recettes de la chef!) Pour les chaudes soirées d’été et un peu plus pour les filles quand même!

Me plonger dans l’Histoire de France, à travers un récit aussi instructif qu’agréable. Pour cela, rien de mieux que l’incomparable Jean Teulé et son dernier roman Charly 9. Comme toujours le romancier français use d’une ironie hilarante pour nous conter l’histoire de ce roi qui ordonna, sous l’influence de sa mère Catherine de Médicis, un des plus grands massacres de l’Histoire de France: la Saint Barthélémy. Le ton est inimitable, c’est aussi loufoque que terrible, idéal pour un après-midi bronzage!

Enfiler mon costume d’enquêteur et poursuivre un meurtrier… Je me laisse tenter par le nouveau polar de la romancière britannique Mo Hayder: Les Lames. Deux sœurs que tout oppose sont réunies par le meurtre d’une adolescente qu’elles vont devoir élucider ensemble. Une intrigue haletante menée avec une grande finesse, et décrite d’une manière résolument réaliste et incisive. Prévoyez quelques heures devant vous car une fois commencé, vous ne le lâcherez pas !

Me télétransporter dans un univers bizarre, où vivent des gens bizarres… Je me rue sur Le polygame solitaire de Brady Udall, un formidable roman mêlant humour noir et drame social. Golden Richards, mormon quatre fois marié et père de vingt-huit enfants, est en pleine crise existentielle. Le récit en partie autobiographique de cette histoire familiale parle d’amour, de deuil, de jalousie… On referme le livre et on se dit qu’en fait, ils ne sont pas si bizarres et qu’à peu de choses près, ce pourrait être nous. Sans conteste un livre à ne pas manquer !

Découvrir ou redécouvrir un grand classique, essentiel et incontournable: La vie devant soi du génialissime Romain Gary. Un immense roman par sa puissance de frappe, directe, amère, cruelle et pourtant si humaine. Momo, un jeune élevé par une nourrice recueillant les enfants de prostitués, apprend la vie dans les rues de Paris. Chef d’œuvre de l’écrivain au double Prix Goncourt qui rappelle (au passage) que la grande Littérature n’est pas forcément pompeuse et rébarbative. (20Minutes-21.07.2011.)

Mille jours à Venise, Marlena de Blasi. En Poche – Mai 2011 – 6,20 Euros

Charly 9, Jean Teulé. Julliard – Mars 2011 – 19 Euros

Les lames, Mo Hayder. Presse de la Cité – Juin 2011 – 21, 50 Euros

Le polygame solitaire, Brady Udall. Albin Michel – Mars 2011 – 24 Euros

La vie devant soi, Romain Gary. En Poche – 6,20 Euros

 

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