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A la plage, avec des smartphones

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**Accros au smartphones, les Français les utilisent au bord de la plage ou en haut des montagnes

A la plage, avec des smartphones 130613073749094_6_000_apx_470_

Accros au smartphones, les Français les utiliseront tout au long de ces vacances estivales afin de se renseigner, se divertir ou s’orienter. Véritable couteau-suisse numérique, ces appareils sont devenus aujourd’hui des outils indispensables au quotidien. Ne vous étonnez donc pas si des vacanciers pianotent sur leurs claviers tactiles au bord de la plage ou en haut des montagnes. La rédaction de JOL Press vous fait une sélection des dix applications à posséder pour passer de bonnes semaines sous le soleil.*Jol Press-11/07/2013

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Wi-Fi Finder

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Impossible de se déconnecter d’Internet durant ces quelques semaines de repos ? Si vous ne disposez pas de connexion à l’endroit où vous vous trouvez, Wi-Fi Finder localisera les spots d’accès qui se situent autour de vous, vous indiquant lequel émet le signal le plus puissant et vous orientant vers lui.

Waze

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Une application de navigation communautaire. Vous disposerez en temps réel des informations routières basées sur la contribution des usagers. Un outil indispensable pour un parcours le moins contraignant possible, évitant ainsi les zones accidentées, les contrôles de police, ou bien en trouvant les stations d’essences les moins coûteuses. Un calcul du trajet selon les conditions du moment.

Météo-France

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Les prévisions météo de milliers de villes françaises –sur neuf jours- et du monde –sur trois jours-. Des bulletins vidéo sont également à disposition, tandis que vous disposerez aussi de la météo des plages et des montagnes. Une application indispensable pour éviter le mauvais temps et prévoir son séjour en fonction.

Wikitude

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Cette application sera votre troisième oeil. Elu pour la quatrième année consécutive « Meilleur navigateur en réalité augmentée », l’outil vous permet d’être en interaction avec votre environnement. Recherchez des lieux ou des évènements dans les alentours, ou bien prenez simplement une photo de votre localisation et Wikitude vous indiquera les lieux à votre portée.

Régime Adjoint

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Pour être le plus fringant possible sur la plage, un peu de sport et une nutrition saine sont toujours recommandés. Ce planificateur de perte de poids vous accompagnera quotidiennement afin de réguler votre alimentation et ainsi obtenir la ligne qui vous convient. Un véritable nutritionniste de poche.

Oopost

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La carte postale est un passage obligé lors d’un séjour. Avec cette application, de simples clics et votre entourage recevra quelques jours après un souvenir de vos vacances. Sélectionnez la photo que vous voulez envoyer, rédiger votre message et indiquer l’adresse à laquelle vous souhaitez correspondre. La carte sera alors imprimée et transmise dans la boîte aux lettres.

Tricount

 

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Les vacances sont toujours une période de dépense. Et comme les bons comptes font les bons amis, cette application gérera en quelques clics les comptes de chacun. Une application idéale pour ne pas passez des heures à compter les reçus et à faire le gendarme financier durant ces moments de détente.

XE Currency

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Combien font tant d’euros en dollars ? Quel est le cours du yen ? Des situations toujours embêtantes lorsque l’on est à l’étranger et désormais révolues puisque l’application convertira les montants que vous voulez dans les devises choisies.

PicTranslator

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Vous êtes perdus au fin fond de la campagne sibérienne et vous ne parlez aucun mot de langue locale ? Cette application vous permettra de comprendre l’environnement qui vous entoure. Prenez en photo un panneau ou une carte de restaurant et le logiciel traduira automatiquement pour vous les textes. Votre smartphone est un véritable outil de traduction, pouvant vous sauver de délicates situations.

Instagram

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Un classique de la photographie et désormais de la vidéo. Capturez les moments marquants de votre séjour et partagez-les avec votre communauté sur les réseaux sociaux qui y sont connectés. De nombreux filtres sont à votre disposition pour retoucher les images. Faites saliver votre entourage avec les clichés des magnifiques paysages environnants.

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Coralie et la boule

 

*Imperceptiblement, Coralie s’éloignait des parasols. Au  faîte de la dune qui surplombe la plage, elle se retourna. Comme le soleil miroitait, elle remit son chapeau qui jusqu’alors pendait sur ses épaules. Bien trop évasé pour elle, il dessinait sur le sable une grosse tâche ronde qu’elle s’efforçait de quitter. Mais ses orteils apparaissaient-ils que l’ombre les rattrapait. Ça la faisait rire. D’enjambées en enjambées, d’éclats de rire en éclats de rire, elle fut sur l’autre versant de la dune au-delà de laquelle il est défendu de s’aventurer.  Se profilant sur les vagues, une planche à voile fuyait à contre sens. Loin du tumulte des baigneurs, elle perçut le souffle de la mer. Elle se sentait très seule quand en lisière de la flaque noire de son chapeau, elle découvrit une ombre minuscule, celle d’une mouette qui semblait l’accompagner. Sitôt que l’oiseau vit Coralie lever le nez il se mit à crier comme seules les mouettes savent le faire. Jambes écartées, tête renversée, Coralie riait, adressait des signes à l’oiseau en suspension, à la verticale. Quand elle reprit sa marche, l’ombre de la mouette se déplaça de la même façon. Alors, elle s’arrêta, pour voir. La petite ombre s’arrêta aussi, multipliant les battements d’ailes, en suspens tel un hélicoptère. Intriguée, la petite fille se mit à courir, stoppa brusquement, vira vers l’intérieur des terres, revint droit à la plage, mais la mouette était toujours présente, au même endroit. C’était comme un colifichet planté sur son chapeau et qui piaillait à chaque arrêt. Alors lui vint l’idée de le laisser s’égosiller car elle avait trop l’impression d’obéir. Elle détestait obéir. En colère, la mouette cria, jusqu’à comprendre que la petite fille ne ferait un pas de plus. L’oiseau avança d’un mètre, attendit. Aussitôt, Coralie fit un bond afin qu’il réintégra sa place au bord du chapeau. De nouveau, il se positionna un mètre en avant et Coralie répondit à ce jeu avec le même entrain. Ainsi, la mouette l’entraîna loin, bien loin des parasols et des baigneurs, dans un endroit désert, là où personne ne s’avise de se promener. Le sable avait cédé la place à des rochers tantôt coupants, tantôt enrobés d’algues sombres qui faisaient déraper. Où me mènes-tu, demanda Coralie qui commençait à s’inquiéter ? Pour toute réponse, l’oiseau battit frénétiquement des ailes, bec écarté comme des ciseaux. Prise de frissons,Coralie eut un regard hésitant vers l’horizon, du côté de la dune qui disparaissait, puis revint à l’ombre du chapeau, surprise de n’y plus voir celle de la mouette. Alors, elle eut peur pour de bon. Poussées les unes par les autres, les vagues se brisaient sur les rochers, avec fracas et une régularité d’horloge. Depuis longtemps, la planche à voile avait doublé la grande dune, puis obliqué vers la plage où se regroupaient les baigneurs. Coralie s’apprêtait à exécuter un demi-tour quand elle entendit un cri strident, là, tout à côté. Dressé sur une protubérance, l’oiseau battait ses ailes d’une étrange façon, comme s’il se fut agi non pas d’ailes, mais de bras, pour désigner l’espèce de caillou où il était juché. Il vociféra jusqu’à ce qu’elle s’approche et, avant qu’elle ne tendît la main, se propulsa hors d’atteinte. Immobile et silencieux, il observait. Coralie se pencha, ouvrit grand la bouche de stupéfaction. La protubérance vers laquelle il l’avait conduite n’était pas un rocher, mais une sphère, grosse comme une boule de pétanque. Une grosse boule dorée, étincelante au soleil et qui provoquait des clignements d’yeux. Mais… De l’or, lâcha-t-elle ! À ces mots, la mouette fila vers une falaise qui dessine une petite crique ornée d’une langue de sable étroite où les vagues viennent mourir. Coralie n’avait pas souvent rencontré d’or, sinon sous la forme d’une chaîne qu’elle n’avait pas tardé à casser et qui reposait dans un tiroir, en attente d’une réparation. Elle soupçonnait la valeur du précieux métal et avait en mémoire les remontrances de sa mère au constat des dégâts. Elle était à peu près certaine qu’on ne trouve ce métal qu’en infime quantité. Une découverte extraordinaire. Cependant, elle n’en était point sûre. Soupesant la boule, elle constata combien elle était lourde, de forme parfaite, avec son reflet. Semblable à celui d’un boxeur au sortir d’un match, son nez apparaissait démesurément épaté et, loin derrière, ses yeux gonflés comme des billes. Bref, elle ne se reconnaissait pas. Une image si invraisemblable qu’elle éclata de rire. Elle fit tourner la boule, mais son reflet resta désespérément à la même place. Si elle sortait la boule de l’ombre du chapeau, le soleil s’y reflétait si violemment que c’en était insupportable. Elle ferma les yeux, dans l’attente que les feux accrochés sous ses paupières disparaissent. Coralie plaqua sa découverte contre son cœur, pressentant l’utilité de la dissimuler à un éventuel promeneur, puis chercha la mouette des yeux. Aussitôt l’oiseau s’égosilla comme s’il avait deviné les intentions de la petite fille. Usant d’une aile, il fit un mouvement tournant, pour l’inviter jusqu’à la crique. Alors, prenant garde de ne pas laisser échapper sa boule d’or, sur la défensive, elle avança jusqu’au volatile. À cet instant, elle semblait empotée et son air grave indiquait que l’idée de s’amuser était bien loin d’elle. Elle pensait à la tête de sa mère quand elle déposerait cette offrande étincelante, susurrant, malicieuse, tiens, maman. Une grosse boule d’or, rien que pour toi. De la part de Coralie… Elle se demandait si la chaîne taillée par le bijoutier dans sa boule ne serait pas trop lourde à porter quand elle aperçut une voile pointant des flots, ballottée sur la crête des vagues. C’était une voile non point triangulaire à la manière de celles qui ornent les bateaux qu’elle connaissait, mais en pyramide tronquée, rigidifiée par deux barres horizontales, la plus grande en bas, l’autre pivotant autour du mat selon les caprices du vent. Coralie sentit son cœur battre. La présence de la boule d’or contre sa poitrine l’incitait à la prudence. Ne devait-elle pas fuir pour préserver sa précieuse trouvaille ? Un instant, elle eut l’idée d’enfouir son trésor dans le sable, mais la peur de ne plus le retrouver la fit renoncer. Elle était si petite dans cette crique rocheuse, avec ses pieds caressés par la mer, sur la minuscule langue de sable et cette boule d’or si lourde, si brillante ! L’idée de la perdre lui fit monter les larmes aux yeux. Elle n’aurait su dire pourquoi l’homme qui dirigeait l’embarcation, car à présent il s’était tant rapproché qu’elle devinait son visage, allait lui dérober sa boule d’or. Elle en aurait pleuré de rage. Jamais sa mère ne la croirait. Elle était désespérée. La mouette s’envola. Sans hésitation, l’oiseau se posa sur le mat, comme pour saluer en ami celui qui surgissait des flots. Rassurée, Coralie embrassa sa boule d’or. À l’emplacement des lèvres, de la buée apparut, puis s’effaça d’un coup. De ses mains moites suintaient des mêmes traces d’humidité et elle s’amusa à embuer la sphère pour troubler son image de son haleine. Mais elle avait beau souffler en tous sens, la buée s’évaporait à l’instant où elle naissait. Entre temps, le bateau s’était échoué sur la grève. Le pêcheur avait affaissé la voile et tiré l’ancre jusqu’aux rochers. La marée montait et il craignait que l’embarcation ne fût emportée par les flots. Trapu, l’homme avait le buste couvert d’un maillot bleu, mangé par le sel. Ses gestes étaient lents et précis. Bien qu’il ait débarqué à deux pas de la petite fille, il semblait ignorer sa présence. Il attendait le bon moment et laissait Coralie l’inspecter des pieds à la tête, contempler sa casquette de marin qui intrigue tant les enfants. Puis, estimant le moment venu, il se présenta sans toutefois interrompre ses occupations : On me nomme Ferdinand, et toi… quel est ton nom ? Elle répliqua-telle vivement, moi, c’est Coralie. Que fais-tu avec ton bateau ? Dans la crique, le bourdonnement de la mer se muait en clapotis et, à chacun des pas de Ferdinand, une vague supprimait la trace avec l’efficacité d’une éponge. L’homme tardait à répondre. Buste plié sur la coque, il déplaçait maintes et maintes objets que la petite fille serait allée voir de près si elle n’avait pas été si timide. Après avoir toussé, elle répéta sa question. Ce que je fais, marmonna Ferdinand… Je m’apprête à débarquer ma pêche… Enfin, si on peut appeler ça une pêche. D’après ce que je vois, tu en as trouvé une aussi… Coralie serra sa boule d’or contre sa poitrine. Cette fois, elle en était certaine, il convoitait sa précieuse découverte. Elle hésita, pinça les lèvres, mais au reflet de sa mine boudeuse sur la boule, elle éclata d’un grand rire. En voilà une que ça rend heureuse, marmonna l’homme. Tu ferais mieux de la jeter de suite, là… avec les autres. Il désigna le fond de l’embarcation. Tu me faciliterais la tâche…Cédant à la curiosité, Coralie s’approcha, une main contre la coque, l’autre cherchant à dissimuler sa boule d’or. Ferdinand allongeait les rames, ne prêtant nulle attention à la manœuvre de la petite fille. Quand il l’entendit s’émerveiller, il porta ses mains aux hanches, l’examina attentivement et s’exclama, toi, tu n’es pas d’ici… Dans un souffle Coralie marmotta, toutes ces boules d’or… Ça en ferait des colliers pour maman. Ferdinand, répliqua, un sourire moqueur aux lèvres, des colliers en or ! Pourquoi pas en argent, tant que tu y es. Coralie ne parvenait à quitter des yeux ces centaines de boules toutes identiques à la sienne, grosses comme des boules de pétanque. De suite, elle désira savoir si celle qu’elle possédait était plus petite ou plus grosse. À peine eut-elle porté la main au fond de l’embarcation que Ferdinand l’arrêta, pas la peine… Elles sont toutes pareilles. Allez, décide-toi, jette-là avec les autres… Elles brillent toutes de la même façon, ajouta-t-il pour prévenir un second élan de la petite fille. Tu pourrais passer la journée à les examiner, pas une ne se distingue des autres. Dépitée, elle relâchait son étreinte. Tant de boules ! Et il les rangeait avec si peu de précautions, jetées à fond de cale comme du vulgaire poisson.
Si c’est le collier qui te préoccupe, dit-il avec un clin d’œil… De sa poche, il tira une bobine de fil et quantité de coquillages intrigants, certains semblables à des escargots, à des cylindres, des bouts d’oreille, et d’autres aux formes jamais rencontrées sur terre, du moins selon Coralie… Quand il eut enfilé les coquillages, elle posa sa boule d’or sur le sable et tendit les mains. Attention, grogna Ferdinand, c’est fragile. Tu vois, celui-ci, nacré avec les reflets verts ? C’est le dernier que je possède. Il est pour toi. Mais il casse comme du verre. S’il lui arrive malheur, je crains ne plus en rencontrer… Contrairement à la boule d’or, le collier ne l’éblouissait pas, aussi l’offrait-elle au soleil afin d’en accentuer l’éclat. Qu’il est beau, murmura-t-elle. C’est vrai, tu me le donnes ? Comme son chapeau trop grand l’embarrassait, elle le bascula sur les épaules. Avec mille précautions, elle attacha le collier autour de son cou. Je suis belle, minauda-t-elle les yeux luisants ? Avant même que Ferdinand ne donnât son avis, et comme sa question n’appelait pas de réponse, elle se saisit de sa boule d’or pour se contempler. Comme le collier est moche vu ainsi, dit la petite fille.

Ferdinand se contenta de hausser les épaules. À présent, la marée était haute, la barque flottait au bout de l’ancre et il arrivait que la chaîne se tende brusquement. Coralie se mit à courir de long en large sur l’étroite langue de sable, pour le plaisir d’entendre tressauter son collier. Quand elle lançait haut la jambe pour imiter le cheval qui caracole, sa boule d’or l’embarrassait. Plus d’une fois, elle fut tentée de l’abandonner sur le sable, mais elle pensait si fort à la joie de sa mère la recevant en cadeau qu’elle renonçait. Ferdinand n’avait-il pas laissé entendre qu’elle n’était pas d’ici ?… Devait-elle adopter sa manière de considérer les boules d’or qu’il débarquait sans ménagement ? Propulsées de la barque, elles se cognaient l’une contre l’autre avec un claquement qui était bien celui de boules de pétanque. Rien que des boules de pétanque, dit Coralie en hennissant. Ferdinand secouait son filet afin de décrocher les dernières et cria sans même se retourner: Ils proviennent du fond de la mer, tes coquillages. Profite de ma présence pour te débarrasser de ton or, insista-t-il, parce qu’ensuite… À cet instant, Coralie faillit l’écouter. Ses jeux s’alliaient mal à ce trésor d’autant plus incommode à transporter qu’il n’offrait aucune prise. La boule menaçait de lui échapper, la détournait de ses cavalcades. S’il avait insisté, peut-être l’aurait-elle jetée avec les autres qu’il chargeait dans une brouette. Intriguée, Coralie le regarda s’éloigner, zigzaguer avec la roue qui s’enlisait dans le sable humide. Il était si loin qu’elle ne distinguait plus qu’une tâche bleue surmontée d’une casquette de marin. Il arriva qu’enfin casquette et maillot se confondent au point de disparaître, là où s’achève la langue de sable. Au-delà commencent les rochers. Retranchée dans une grande dignité à la proue de l’embarcation, la mouette poussa un cri avant de filer jusqu’au pêcheur, tout là-bas, à l’horizon. La barque tirait sur son amarre avec un son creux suivi de craquements. À l’étale de pleine mer, l’océan avait cessé ses clapotis, le vent avait tourné, soufflant du large, dominateur. Les rouleaux qu’il débarquait sur la plage éclataient dans un grondement terrible. Coralie se prit à courir. La solitude l’oppressait. Ferdinand, cria-t-elle ! Attends-moi ! Ferdinand… Dans sa fuite, ses jambes ne lui obéissaient plus. Elles se déroulaient si vite qu’elle aurait voulu se saisir d’un frein comme dans la voiture de sa mère. Emportée par l’élan, elle avait peine à éviter les rouleaux qui, avec leur bruit de tonnerre, tentaient de lui happer les pieds au passage. Elle serrait sa boule, tandis que le collier rebondissait sur son visage. Fer…nand…moi ! Fer…nand, Fer…nand, gémissait-elle, incapable d’achever ses mots. L’homme s’était arrêté. Tu as peur, lança-t-il à Coralie qui reprenait son souffle ? Il eut un geste affectueux, la cajola. Pourtant, tu étais en compagnie de ta boule, de ton si joli collier… Le pêcheur cracha dans ses paumes avant d’empoigner sa brouette. D’un coup de reins, il bascula le contenu dans un trou. Coralie vit les boules chuter en cascade, luire une dernière fois, puis s’enfoncer dans les profondeurs. Agrippée au maillot de Ferdinand, sur une jambe, elle tendit le cou. Plus qu’un trou, c’était un abîme. Machinalement, elle comptait. Deux, trois… À dix, ce fut le pêcheur qui s’exclama. Ça y est, elles sont au fond. Maintenant, à ton tour, c’est le moment… sinon tu devras l’emporter partout. Elle protesta, je ne veux pas! Pourquoi les jettes-tu ? Animé d’un mouvement d’humeur, Ferdinand répliqua. Pour faire causer les petites filles. Si on les laissait traîner partout… Imagine tous les baigneurs de la plage se comporter comme toi, qu’ils enjambent la grande dune et ramassent les boules d’or comme des champignons en automne. Imagine, fit Ferdinand les bras au ciel ! Je suis certaine qu’ils seraient contents, opposa-t-elle pour le contrarier. Poursuivant leur conversation, le pêcheur et la petite fille s’en retournaient, escortés par l’oiseau, haut dans le ciel. Les boules étaient si nombreuses qu’il ne leur fallu pas moins de vingt voyages. Ferdinand ne désespérait pas de convaincre sa petite amie de jeter la sienne au fond du trou. C’est sa place, martelait-il tandis qu’elle agitait son chapeau en signe de refus. On voit bien que tu n’es pas d’ici, insista-t-il. Il y a bien longtemps qu’elles n’intéressent plus personne. Tu comprends, elles sont trop lourdes. Vois comme tu as du mal à la transporter. Tu n’oses même pas la poser dans la barque, de peur qu’elle s’envole, railla-il. Vexée, la petite fille brandit la jambe pour lui donner un coup de pied. Holà, ricana le pêcheur ! Tiens, sais-tu ce que tu devrais faire ? … L’entreposer dans un coffre, comme les gens autrefois. Ils ouvraient une épaisse porte avec code, déposaient leur boule et refermaient vite, redoutant qu’on ne les surprenne. Coralie s’écria, je sais, comme ma tirelire. À chaque anniversaire, je glisse des pièces. Ferdinand vida une autre brouette et demanda, et ta tirelire… l’ouvres-tu lorsque tu en as besoin ? Elle ajouta sur un ton qui fit plisser le front du pêcheur. Besoin ? Pourquoi faire ? Maman m’offre tout ce que je désire. Et puis, faudrait la casser… Alors, Ferdinand s’agenouilla, pointa son doigt vers le ciel limpide. D’une voix émue, il murmura à l’oreille. Et ça, dit-il désignant la mouette, tu l’as ? Sachant qu’on parlait d’elle, la mouette criait comme jamais. Elle s’élevait puis se laissait choir à l’aplomb de la casquette, exécutait des figures de cerf-volant. Coralie comprit qu’entre l’homme et l’oiseau un lien existait qu’elle n’avait pas soupçonné. Elle est à toi, demanda-t-elle ? Ferdinand répéta avec un éclat de rire. À moi, essaie donc de lui demander. C’est elle qui t’a conduite jusqu’ici après t’avoir fait découvrir ta boule d’or. Ça l’amuse, que veux-tu. Elle l’a toujours fait. Avec tout le monde… La petite fille reprit d’une voix grosse de déception, avec tout le monde ? Le pécheur rectifia, enfin… non, avec ceux qui lui plaisent. Coralie fronça les sourcils, et… ils sont nombreux ? Ferdinand se racla la gorge alors qu’il entamait le dernier voyage. C’est variable…
Vois-tu, dans sa tête de mouette, elle s’imagine que sans boule d’or personne ne viendrait nous visiter. Ce qui compte pour elle, c’est que nous soyons ensemble, qu’on discute. Ça me procure de la compagnie. Sitôt  que tu auras jeté ta boule d’or dans le trou, tu ne te souviendras que de moi. N’est-ce pas Coralie ?
Les paroles de Ferdinand avaient troublé la petite fille. De tout son cœur, elle désirait lui crier oui, bien fort, mais de là à se séparer de sa boule… Alors elle dit : Pourquoi jettes-tu ces boules ? Il répondit précipitamment, pour en débarrasser les gens. Je charge la barque et je choisis un endroit sur la côte. Quand je manquerai de place, je reboucherai et je m’en irais plus loin, vers une autre crique. C’est un peu en prévision des générations futures. Un jour, certainement, ça leur reprendra. Ils fouilleront pour les récupérer. Autant qu’ils trouvent quelque chose. Ils se donneront tant de mal… Elle sauta à pieds joints. J’ai compris, tu es fabricant de mines d’or ! Le pêcheur qui vidait sa dernière brouette eut un sourire énigmatique. Toi, tu n’es pas comme tout le monde. Pour les autres, je suis pêcheur, jardinier ou même éboueur. Oui, éboueur ! Je le revois, ce petit garçon avec son air candide. Il affirmait m’avoir aperçu dans sa rue, avec un passe-montagne… C’était un drôle de bonhomme qui parlait à peine, trop petit pour comprendre. Au premier voyage, il a gentiment jeté sa boule et nous sommes devenus amis de suite… Il était si léger que sur mon bateau il n’aurait pas beaucoup modifié la ligne de flottaison. Il ne m’aurait pas beaucoup dérangé… Une question la tarabustait, qu’elle posa du bout des lèvres. Il y a beaucoup d’autres enfants qui viennent par ici ? Il rit. Énormément. Tu comprends, les parents se ressemblent tous. Ils désignent la grande dune avec leurs gros yeux… Alors, forcément ! Sans elle, je serais bien seul. Coralie susurra dans l’intention de le consoler. Mais, tu as ta mouette… Il objecta. Ce n’est pas ma mouette, mais si tu y tiens… On ne va pas se fâcher au moment de se quitter. Coralie observait sa boule curieusement, avec des regards furtifs en direction de l’abîme, soudain triste. Ferdinand avait ôté sa casquette. Lentement, il la tournait entre pouce et index. Alors, elle demanda. Tu l’as revu ? Il fit l’étonné. Qui ça ? Elle tapa du pied. Ne fais pas l’andouille, le garçon si léger… que tu voulais emporter ? Il ne répondit pas, émit un sifflement et la mouette qui semblait attendre cet appel s’en vint sur l’épaule de la petite fille. Au contact des pattes sur sa peau, elle sursauta et la boule d’or lui échappa. Elle n’eut guère le temps de réagir. La boule qu’elle chérissait, qu’elle serrait contre son cœur, disparut comme les autres. Ferdinand avait cessé de tourner sa casquette. On était assourdis par le ressac sur les rochers fouettés par une mer houleuse. Le vent montait. Le soleil baissait. Immobiles, l’homme et la petite fille, contemplaient l’abîme. Longtemps après que la boule n’atteigne le fond du trou, Ferdinand entendit la voix de sa petite amie. Un tout petit filet. Dix… Alors, il se fit convaincant, c’est mieux ainsi. Il est temps. Rentrons. Ils parvenaient à la barque quand Coralie demanda. Tu crois qu’on la retrouvera un jour, ma boule ? Ferdinand l’assura d’un ton grave, certainement… Coralie questionnait, sans cesse. Et tu penses qu’on la reconnaîtra ? Le pêcheur tirait son filet. Une fois réduit en paquet, il le chargea dans la barque. Agenouillé, il rangeait ses instruments avec des grognements à chaque effort. D’où elle était sur la plage, Coralie n’apercevait de lui que sa casquette. Tu crois qu’on la reconnaîtra, répéta-t-elle en forçant la voix pour couvrir le murmure du vent ? Du fond du bateau, monta une voix caverneuse. En la voyant, on saura qu’elle a appartenu à quelqu’un. Il s’en trouvera toujours un pour la désirer à son tour. C’est comme ça… Coralie protesta, mais la mienne, tu crois… Ferdinand se redressa, installa les rames et commença à hisser les voiles. Ensuite, il descendit sur la plage, remonta jusqu’aux rochers où il peina pour arracher l’ancre. Toi-même, dit-il une main sur sa casquette tant le vent s’emportait, la reconnaîtrais-tu parmi les autres ? As-tu noté une imperfection, un endroit moins poli, moins brillant ? Y as-tu gravé ton nom, l’as-tu rayée pour qu’elle se différencie des autres ? Elle gémit, jamais les chercheurs d’or ne la remarqueront… Le pêcheur leva le nez au ciel, le vent se lève. Ta mère va s’inquiéter. En quelques mouvements de rames, l’embarcation s’éloigna au large. Ferdinand borda les voiles.
Debout à la barre, il agitait sa casquette en direction du rivage. De son côté, Coralie se dressait sur la pointe des pieds, courait dans un sens, dans un autre. Parfois, le mat pointait des flots et elle s’écriait, Ferdinand, Ferdinnnand ! De la grande dune, elle fouillait l’océan, avec l’espoir qu’il fasse demi-tour. Elle regrettait de n’avoir posé la seule question qui importait, savoir s’il reviendrait. Sur la plage, les baigneurs sortaient précipitamment de l’eau. Certains avaient déjà replié leur parasol, remontaient buste penché, la serviette à l’épaule. Coralie reconnut la voix de sa mère. Dépêche-toi ! Où étais-tu ? Agité par les bourrasques, le cordon de son chapeau lui cisaillait le cou. Les yeux humides, irrités par le sable, elle tentait de se dégager quand elle entendit le cri d’une mouette. Dans le ciel tourmenté, nombre d’oiseaux tournoyaient en piaillant, excités par la tempête qui s’annonçait. Sa mère l’appelait pour la seconde fois quand une mouette plus familière se posa à ses pieds, la fixa de son œil noir, ouvrit grand le bec avant de s’envoler en dessinant des arabesques, puis fila vers le le large, là où le bateau de Ferdinand avait mis le cap. (source: Médiapart-22.04.2011.)

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