une sacrée tagueuse

P-katabox 

Katrin Fridriks, alias Katabox ou LadyK, est l’une des rares femmes du monde des tagueurs et des graffeurs. Comme 150 autres « frères d’art », elle entre au Grand Palais avec une exposition ébouriffante. Une première !

Elle est grande et blonde, elle a les yeux bleus, un teint de porcelaine et l’allure d’un mannequin… Autant dire qu’elle ne ressemble pas à l’idée qu’on se fait d’un tagueur ! Le tag est un art. En tout cas, il peut l’être : il entre au Grand Palais aujourd’hui. Respect ! On y trouve des génies, des amateurs, des hommes d’affaires et pas mal de musiciens. En banlieue comme ailleurs. Katrin Fridriks, alias Katabox, alias LadyK (ses pseudonymes de tagueuse), est islandaise, polyglotte et nomade.Elle parle sept langues, elle a vécu à Paris, mais aussi au Luxembourg, en Allemagne, aux États-Unis, et elle vient de l’univers du TAG (abréviation de tag and graff, « tag » pour signature et « graff » pour graffiti). Quand l’architecte Alain-Dominique Gallizia – généreux hurluberlu à l’initiative d’une commande de 300 tags aux plus grands représentants de cet art – lui propose de figurer dans « la » collection (qu’il s’engage à faire connaître et à ne jamais vendre), elle n’hésite pas. Couleurs vives sur fond rouge, composition serrée, graphisme subtil, c’est un tag secret.

Le deal de Gallizia ? Un format imposé, 60 centimètres de haut sur 180 centimètres de long, semblable à un wagon, support classique des tagueurs, et divisé en deux pour rentrer dans sa Smart, la toile de gauche devant recevoir la signature de l’artiste, celle de droite le thème de l’amour. Pour les graffeurs, un défi : on ne parle pas d’amour dans la rue ! « J’ai commencé à taguer vers l’âge de 15 ans. On n’apprend pas le tag à l’École des beaux-arts ! A 18 ans, en 1992, j’ai tagué à Paris, un peu dans le quartier du Marais, sur des palissades et dans des squats du XIXe arrondissement. A Berlin aussi, un peu partout… Mais Paris est une ville trop belle pour être taguée, et on ne tague que sur des murs à l’abandon. » A la regarder évoluer dans son atelier de Clichy entre toiles, photos, ordinateur, pots de peinture posés à même le sol, frigo et casque de moto tagués, on se dit qu’elle a dû vivre plusieurs vies…

P-katabox1« Le tag, c’est l’énergie, la rapidité, la gratuité, le jeu avec les interdits. C’est aussi une histoire d’hommes, de clans et de rivalités… Je n’avais pas envie d’entrer sur un ring pour défendre mon territoire. A 20 ans, je suis entrée dans une galerie. » Tout en gardant ce mélange de pop art américain, de calligraphie asiatique et de graphisme allemand qui font sa patte. Et pas mal d’amis.« En jean et baskets, des bombes (de couleur !) dans les poches, ils se cachent sous la capuche de leur sweat. Mais quand ils vous ont accepté, ils savent se montrer généreux et respectueux de votre travail. » Comme le New-Yorkais Toxic, un de ses amis de longue date, proche de Basquiat, et de Rammelzee, autre artiste graffeur hyperdoué, avec qui il a fondé les Africans Hollywood.

Solidaires entre eux, ils appartiennent à tous les milieux, du plus populaire au plus huppé, et ils se cooptent. André, le patron du Baron, est un graffeur. Bando, franco-américain, a importé l’art du tag and graff, de New York à Paris dans les années quatre-vingt… rue du Bac dans le VIIe arrondissement où il vit ! C’est la guerre des tags avec Psyckoze, qui opère rue de Varenne, et Spirit, dont le terrain de jeu se situe boulevard Saint-Germain. Avant d’émigrer vers les palissades du Louvre en travaux ; puis vers le terrain vague de Stalingrad dans le XIXe arrondissement, la « Mecque de la culture hip-hop », où ils retrouvent des tagueurs venus de partout. Il y avait là Toxic, Bando et sa bande, A. one, grand artiste américain aujourd’hui disparu, Jay One, figure incontournable du graffiti en France, Jonone, le New-Yorkais qui expose lui aussi au Grand Palais. Tous ceux qui comptent…Aujourd’hui, Katrin, électron libre du tag, a opéré « un retour aux sources » vers son Islande natale. Elle a tagué un rocher d’une longue coulée bleue…(Le Figaro)

 

5 réponses à “une sacrée tagueuse”

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