Des actrices font leur cinéma

*L’actrice Sophie Marceau : «Après 40 ans, on se fait davantage face»

Après le triomphal LOL, la comédienne préférée des Français revient sur les écrans cet été dans L’Age de raison, un film bouleversant signé Yann Samuell (en salles le 28 juillet). Elle y interprète une executive woman quadragénaire rattrapée par ses promesses d’enfance. L’occasion idéale pour l’interroger sur une génération dont elle est devenue l’icône incontestable.

Des actrices font leur cinéma  coeur- 

(Richard Melloul/Le Figaro Magazine)
 

Le Figaro Magazine Dans «L’Age de raison», le personnage que vous incarnez reçoit le jour de ses 40 ans une lettre qui l’interroge sur ce qu’elle a fait de sa vie. Vous-même, avez-vous dressé le bilan de la quarantaine ?

Sophie Marceau J’ai en tout cas conscience que la quarantaine est une période clé de l’existence. On a accumulé une certaine expérience, on entre plus ou moins dans une période de réflexion, de mise au point et de remise en question… Celle-ci peut être violente, parfois, d’ailleurs. Combien de temps me reste-t-il? Quels sont encore les buts à atteindre? Heureusement, les objectifs sont mieux définis, on sait un peu mieux qui l’on est. Du coup, on se fait davantage face, on se fuit moins.

Avez-vous vécu des crises existentielles?

Plutôt des questionnements. Même encore aujourd’hui, je m’interroge sur le sens à donner aux choses. A quoi ça sert, tout ça? Qu’est-ce que je fais de moi?Est-ce que j’accorde du temps à ce qui en vaut la peine? Et surtout:comment ne pas perdre de temps?

Vous semblez parfaitement assumer votre âge…

Nous vivons dans un monde de séduction, surtout au cinéma, où l’image compte beaucoup. Bien sûr qu’il n’est pas facile de se voir vieillir. Certaines étapes sont plus difficiles que d’autres. Il arrive toujours un moment où vous êtes tentée de demander à être éclairée sur un plateau avec une lumière plus flatteuse… comme dans la vie. Je crois qu’il faut accepter l’idée du vieillissement. Mais c’est plus simple lorsqu’on est épanouie et aimée !

Qu’est-ce qui différencie les quadras d’aujourd’hui de ceux des générations précédentes ?

Même sans suivre forcément de psychanalyse, on analyse et on réfléchit davantage que ne pouvaient le faire nos parents, par exemple. On s’interroge beaucoup sur soi peut-être trop, d’ailleurs. Mais les questions viennent seulement quand on a un peu avancé dans la vie. Une vieille comme moi a déjà trente ans d’expérience professionnelle, vous imaginez !

«La Boum» de Claude Pinoteau vous a rendue célèbre alors que vous n’étiez qu’une adolescente. Que vous a volé cette notoriété précoce ?

Volé? Je ne sais pas si c’est le terme le plus juste, mais cela a effectivement pris toute la place dans ma vie d’ado. Pour que je puisse continuer ce métier, ma vie d’écolière et de jeune fille a complètement été remise en question. Il a fallu que je m’adapte, que je fasse des impasses sur beaucoup de choses. Je n’ai pas vraiment eu une vie normale d’adolescente des années 1980 ! C’est pour cette raison que j’ai essayé de me protéger en me créant un monde à moi, à l’écart. J’ai continué à grandir à l’abri, un peu recluse. Mais finalement, j’aime assez l’idée que je ne connaisse pas ce que tout le monde connaît. Etre en marge ne me déplaît pas forcément. Cela préserve une forme d’innocence.

 

(Richard Melloul/Le Figaro Magazine)
 

Avez-vous, malgré tout, le sentiment d’avoir des points communs avec les gens de votre génération?

Je n’ai pas les repères des gens de ma génération. C’est très abstrait pour moi, un peu bizarre, même… Par exemple, je ne connais pas le plaisir de partager avec des amis de mon âge la nostalgie d’une musique ou d’un film. Rien ne me revient précisément. Ce sont mes enfants qui me replongent dans ma jeunesse comme lorsque j’achète le DVD de Grease à ma fille… qui l’a adoré !

Aviez-vous, enfant, des ambitions, des objectifs précis?

C’était un peu flou et très vaste.En tout cas, je ne voulais absolument pas devenir comédienne. Mon envie se résumait,même si je ne le formulais pas aussi clairement, à vouloir être libre et autonome. Je me voyais partir, voyager… Or, j’y parvenais justement grâce à mon travail. J’ai donc vite compris que c’est par le travail qu’on peut s’accomplir, s’extraire de son milieu pour aller vers l’extérieur où tout est possible.

Vous affranchir de votre milieu d’origine vous paraissait-il indispensable?

Ah, oui ! Je l’ai même fait avec une certaine violence. Je pensais que j’avais besoin de cette rupture pour évoluer. Mais je l’ai fait d’autant plus facilement que je savais que, dans ma famille, il y avait un vrai souci de l’autre et qu’il y avait de l’amour entre tous ses membres. C’est probablement pour cette raison qu’en bonne enfant gâtée, je me suis permis de dire non un jour à mes parents.

Comment expliquez-vous l’émotion particulière que provoque «L’Age de raison»?

Je crois qu’il touche directement à un point névralgique de tout un chacun: l’enfance. C’est un retour en arrière très émouvant qui vous tire des larmes:soit parce que c’est douloureux, soit parce que cela réveille quelque chose de plus heureux… Dans les deux cas, cela renvoie à quelque chose que l’on a un peu perdu. Ce qui m’émeut dans le film de Yann Samuell, c’est la main de cette enfant qui vous emmène faire un tour dans le passé, à l’époque des cachettes, des promesses, des rêves…Un état où tout semble assez pur, assez innocent. Je crois que, inconsciemment ou pas, on s’est tous arrêtés quelque part dans notre vie à un âge que l’on a choisi.

Vous-même, c’était à quel âge?

Douze ans. C’était une année très heureuse. J’avais une bande de super-copains, j’avais l’impression d’être indépendante, d’échapper au statut de l’enfant qui, à la maison, n’a rien à dire ou rien le droit de dire. J’étais amoureuse, mais cela n’impliquait rien vraiment, je trouvais mes parents formidables… J’étais bien dans ma vie, bien dans ma tête.C’était juste avant de prendre conscience que l’on doit devenir adulte, responsable.Un moment très triste qui, dans le film, correspond à la scène où la petite fille décroche tous les posters de sa chambre et se dit:«Maintenant, j’arrête de rêver. »

Arrivez-vous à définir les étapes importantes qui, professionnellement, ont contribué à construire la femme que vous êtes devenue?

On ne choisit pas les films par hasard: ils sont souvent le reflet de ce que vous êtes dans la vie au moment où vous les tournez. C’est ce qui fait l’intérêt de ce métier, d’ailleurs. Dans ce film, je joue une femme d’une quarantaine d’années; dans LOL, j’interprétais une femme confrontée aux problèmes que lui posent ses enfants adolescents… Il est très important que mon âge corresponde à quelques années près à celui du personnage que j’interprète. C’est une question d’honnêteté, de crédibilité.

Dans le film, vous incarnez une business woman prête à tout pour réussir… Pensez-vous que ce soit l’illustration d’une génération particulièrement attachée à la réussite sociale et financière?

Sur le papier, Margaret a tout, et pourtant, sans être malheureuse, elle sent bien que quelque chose cloche. Elle est dure, rigide, elle ne s’arrête que pour regarder les prochains rendez- vous inscrits sur son agenda. Beaucoup de gens de ma génération sont ainsi, mais ils s’essoufflent, et quand ils s’arrêtent vraiment ils s’aperçoivent qu’ils n’ont rien construit d’autre. Vous avez parlé de réussite financière? C’est vrai que l’argent est au centre de tout. C’est devenu une idéologie dominante. Il y a trente ou quarante ans, le but d’une vie n’était pas de devenir riche:on espérait avoir un bon boulot, fonder une famille, avoir sa petite baraque et être heureux. Aujourd’hui, les mômes de 20 ans veulent déjà être propriétaires, s’assurer un confort matériel qu’ils pensent indispensable à leur bonheur. Cela traduit sans doute une grande peur, la peur d’un monde où on ne sait pas de quoi est fait l’avenir, où il est difficile de trouver du travail, où acheter trois citrons vous coûte trois euros alors que cela ne se mange même pas! Néanmoins, je sens dans ma génération le besoin d’un retour à d’autres valeurs.

 

(Richard Melloul/Le Figaro Magazine)
 

Au fond, vous regrettez que l’argent soit devenu une fin en soi et non un moyen pour parvenir à une forme de sérénité, de bonheur ou de réussite?

Exactement. Le grand Ingmar Bergman avait déjà tout compris. Il posait systématiquement à tous les acteurs qu’il rencontrait deux questions:«Où en êtes-vous financièrement? Et sexuellement? » Les réponses l’éclairaient sur les préoccupations de chacun, ses priorités. On n’est pas le même homme ou la même femme selon que l’argent représente un but à atteindre ou s’il n’est qu’un moyen d’accéder à quelque chose. De même pour le sexe !

Avez-vous renoncé à des engagements qui étaient pour vous fondamentaux?

J’essaie de ne pas renoncer à ma liberté d’esprit. Je veille à rester au plus près de ce que je suis. C’est une question d’honnêteté, d’intégrité. Très tôt, à l’adolescence, on a voulu me formater. On m’expliquait que j’étais comme ci et pas comme ça. Déjà à l’époque, de façon un peu brutale ou maladroite, je faisais attention à ne pas me perdre. Ce que je suis, je ne le sais pas encore, cela évolue, mais je reste vigilante au fait de ne pas devenir quelqu’un qui ne me ressemble pas.

De Mère Teresa à Simone Veil, votre personnage Margaret vénère des modèles qui sont autant d’icônes protectrices. Et vous?

Beaucoup de femmes et d’hommes sont pour moi des maîtres à penser. Il s’agit souvent de gens qui ne rentrent pas vraiment dans le moule, comme Philip Glass ou Christo. Michel Houellebecq est aussi quelqu’un que j’apprécie énormément. L’époque est un peu lisse, j’ai besoin de partis pris forts.

Trente ans de carrière comme actrice, deux films comme réalisatrice. Que vous reste-t-il à faire?

Dans la balance, c’est ce que j’ai accumulé qui commence à peser, mais j’ai encore envie de faire beaucoup de choses,même si j’ai le sentiment qu’avancer est plus difficile.Tourner des films? Je ne sais pas. Sans doute, mais pas forcément. J’ai plein de livres à lire, de musiques à écouter, de pays à découvrir… Ecrire aussi me plairait.

Comment vous imaginez-vous dans quarante ans?

Il m’arrive très souvent de me projeter dans l’avenir. Je me vois à la campagne, à distance du monde… J’occupe mieux mon temps quand je suis un peu en marge que lorsque je suis exposée. En ville, il ya trop d’agitation, d’interférences. J’apprécie le silence, vivre entourée des gens que j’aime dans une atmosphère harmonieuse et sereine.

La mort, vous y pensez?

Oui et j’en ai peur! Et si c’était à refaire… Repenser une vie m’est impossible.Et je m’en réjouis:cela signifie que, peut-être, la mienne n’a pas été si ratée! (Le Figaro-Mag. 27.07.2010.)

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**La comédienne Noble Croze…  un vrai rayon de soleil 

Dans «Je l’aimais», la taille de guêpe de l’actrice tourneboule Daniel Auteuil.
Dans «Je l’aimais», la taille de guêpe de l’actrice tourneboule Daniel Auteuil.

La comédienne canadienne, révélée au grand public dans «Les Invasions barbares», est devenue une valeur sûre du cinéma contemporain. Rencontre.

coeur-Ah, la réputation… Entre deux giboulées, au bar du Café Costes, celle que l’on dit parfois bougon est un vrai rayon de soleil. Ce jour-là, Croze rime avec rose. Dans Je l’aimais, de Zabou Breitman, elle fait chavirer le cœur de Daniel Auteuil en lui soufflant le chaud et le froid d’une femme capable d’être, l’après-midi, une sévère interprète franco-chinoise à chignon et, le soir, une créature de rêve exhibant, sous une robe rouge passion, des jambes et des sentiments de trois kilomètres de long.

Aujourd’hui, avec son jean étroit et son maillot rayé, Marie-Josée ressemble à une collégienne et refuse, dans un joli sourire, de donner sa date de naissance. Il y a quelques années, alors qu’elle était sur le point de signer pour un très gros feuilleton, là-bas, dans son Canada natal, un producteur à la noix s’est avisé que, sans en avoir l’air, elle avait cinq ans de plus que le personnage. Age avoué n’étant jamais pardonné, le rôle lui est passé sous le nez qu’elle a petit et charmant. Désor mais, Marie-Josée Croze a le nombre de printemps qu’on veut bien lui donner. Elle a aussi un charme à couper le souffle et une filmographie impressionnante, qui commence en 1992 par La Postière, de Gilles Carle, passe par Maelström, de Denis Villeneuve, fait escale dans Les Invasions barbares, de Denys Arcand, raflant à l’occasion le prix d’interprétation du Festival de Cannes 2003, s’invite à Munich, de Spielberg, puis survole Le Scaphandre et le Papillon, de Schnabel et se pose en France entre les bras de Jean Becker pour Deux jours à tuer.

On l’aime dans Je l’aimais*, où elle avoue avoir retrouvé à l’écran tout ce qu’elle imaginait pendant le tournage, y compris la grâce de Daniel Auteuil, l’humour de Zabou Breitman et le sentiment délicieux d’incarner, pour la première fois de sa vie, une amoureuse passionnée. «Mathilde, dit-elle, m’a fait exhumer la partie la plus rayonnante de moi-même. Réveiller le volcan fait toujours avancer et il se trouve que j’adore ça.»

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«Jouer, c’est monter à l’assaut d’une forteresse»

Elle adore aussi la France – où elle vit depuis cinq ans, à Saint Germain-des-Prés -, son chien Valentin, le bleu des jeans, son permis de conduire, qu’elle a passé quatre fois, le dessin – elle a étudié la sculpture et la peinture pendant trois ans aux Beaux-Arts -, l’ultime album de Johnny Cash et son lit, seul meuble dont elle ne saurait se passer. Pourtant, elle ne s’endort guère sur ses lauriers, consciente de la fragilité de sa position. Lorsqu’elle a tourné Ararat, avec son idole Atom Egoyan, elle s’est un jour ouverte à lui de ses peurs, de son appréhension d’être démasquée comme le sont les imposteurs, de son angoisse de perdre le don, comme on perd ses clés. «Il m’a appris que j’aurai cette crainte ma vie entière et que nous partagions tous ce sentiment. Voir ce génie mettre ainsi cartes sur table m’a profondément rassurée.»

Le temps qui passe l’a aussi rendue plus sereine. Même si, pour elle, jouer s’apparente toujours à monter à l’assaut de la forteresse, elle a fini par apprécier de se laisser guider par le réalisateur. Ainsi a-t-elle changé ses longs cheveux châtains contre un petit carré couleur platine et accepté de se soumettre pendant quelques mois à des séances de gym quotidiennes, à la demande de Nicole Garcia qui la voulait très musclée pour escalader son Balcon sur la mer, dont le tournage vient de commencer dans le sud de la France. Elle a également appris à accepter sans se poser de questions certaines certitudes du chef d’orchestre. Zabou Breitman avait prévu, pour un des temps forts du film, une robe rouge qu’elle détestait.«Je la trouvais moche, je n’y croyais pas du tout. Je l’ai mise quand même, puis je me suis rendu compte que j’avais eu tort car tout le monde a retenu et la robe et la couleur.» Et de conclure, philosophe : «La maturité, c’est de savoir se taire…».(Le Figaro)  

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***Isabelle Giordano et son art de vivre

«J'aime bien le mélange des genres, y compris celui des gens, dans la rue», Isabelle Giordano.
«J’aime bien le mélange des genres, y compris celui des gens, dans la rue», Isabelle Giordano.  Le Figaro

L’avenue de La Motte-Picquet, à cheval sur deux arrondissements, amuse et charme la journaliste ex-« Mme Cinéma » du petit écran.

coeur- À partir du 10 mai prochain, elle revient sur Arte avec une émission, Chic, dédiée à l’art de vivre et aux nouvelles tendances. À 19 heures, l’heure de l’apéro, qu’on se verrait bien prendre avec elle tant elle apparaît directe, lumineuse, souriante. Et surtout sans cinéma, elle qui l’a incarné pendant onze ans sur Canal +. Ainsi, elle rit comme d’une bonne blague de ce découpage géographique qui lui a permis, il y a quelques années, d’acheter son appartement moins cher, parce qu’il était situé côté XVe, sur l’avenue de la Motte- Picquet. Un coup de chance, d’autant qu’elle adore ce quartier qui cumule selon elle tous les avantages. La proximité des jardins du Champ-de-Mars – « le rêve lorsqu’on a des enfants » (son fils et sa fille sont âgés de 14 et 12 ans) -, associée au côté très vivant et animé de la rue du Commerce. « J’aime bien le mélange des genres, y compris celui des gens dans la rue. Ils sont tous très différents par ici », souligne-t-elle. Cette hyperactive, que l’on peut aussi entendre tous les jours dans l’émission « Service public » de France Inter, apprécie d’avoir tout « à portée de pied » : des bistrots délicieux, quelques très bons commerçants et même de quoi nourrir sa passion pour la lecture et le cinéma. « Pour moi qui ai fait toutes mes études au lycée Buffon, boulevard Pasteur, je vis un peu ce quartier comme un retour aux sources. »

La pâtisserie «La Petite Marquise»
La pâtisserie «La Petite Marquise»

Ma base logistique

Croissants, pains au chocolat, gâteaux… toute la famille se nourrit ici ! Cette pâtisserie-salon de thé est restée dans son jus des années 1960, avec son mobilier en Formica, mais je me sens bien dans ce décor désuet, aux antipodes des adresses branchées. D’autant que les chocolats sont maison, le fraisier délicieux, et que Sandrine, à la caisse, a toujours un mot gentil pour tous.

**Le goût du bon

Cette épicerie fine a ouvert depuis environ trois mois et propose d’excellents produits ainsi qu’une belle sélection de vins. Pour les femmes pressées comme moi, il y a tout ce qu’il faut pour improviser un bon dîner. Leurs fromages sont extra (je suis folle du banon !) et avec du jambon de Parme, voire des boîtes de thon ou de sardines de chez Ortiz, accompagnées d’une salade verte, c’est nickel !

«La Bonbonnière de Marie»
«La Bonbonnière de Marie»

**Mon jardin secret

Au milieu du Champ-de-Mars, là où sont garées les petites voitures pour bambins, se trouve une sorte de buvette, je crois qu’elle s’appelle La Bonbonnière de Marie. J’adore ce lieu, qui n’est pas très connu. J’y allais avec mes enfants lorsqu’ils étaient petits, maintenant j’y vais seule, dès que j’ai un moment, pour lire, me détendre. C’est « mon endroit ».

 **Pour se faire une toile

C’est vraiment un bel endroit, même s’il fait encore un peu peur à mes enfants qui le trouvent étrange, mystérieux, pas conforme à l’idée qu’ils se font d’un cinéma. L’un de mes grands plaisirs est d’aller à la séance de 18 heures, le dimanche soir. Je ne suis jamais déçue par la programmation.

Restaurant «Le Père Claude»
Restaurant «Le Père Claude»

**Ma cantine

À deux pas de la maison, le Père Claude est l’un de mes bistrots préférés. J’y vais tout le temps. Vous connaissez son poulet-purée, totalement régressif ? Et ses poissons, ses calamars à la plancha ? Notez que j’adore aussi le boudin noir, les nourritures qui tiennent au corps. Je ne suis vraiment pas du genre « petite salade éthérée » !

**Un vrai libraire

Je suis relativement lève-tôt et, dans mon circuit du dimanche matin, je fais souvent, avant ou après le petit noir au Central ou au Café du marché, un arrêt dans cette librairie. Il y a un très bon choix de livres, notamment de poche,
et le patron est un vrai libraire, avec lequel on peut discuter.

**Cabas d’humeur

Une fois par semaine environ, j’y achète des produits bio :jus de pomme, fruits de saison, pâtes complètes, quinoa… Mais je ne suis pas dogmatique, je serais plutôt la reine
de l’alternance !

«La» Salle de sport d'Isabelle Giordano
«La» Salle de sport d’Isabelle Giordano

**Effort et réconfort

Cette salle de sport est tenue par Dominique et Catherine, deux femmes géniales qui jouent aussi le rôle de coachs. Elles n’hésitent pas à m’appeler sur le portable quand je manque un peu d’assiduité ! 

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 Elsa:« Je ne fuis pas l’amour »

*Elsa héroïne de l’été sur France 2

 « Je ne fuis pas l'amour »

A 13 ans, au milieu des années 80, elle faisait la couverture des magazines grâce à son tube T’en vas pas. Elsa Lunghini a marqué les générations. Les Français aiment la retrouver en héroïne romantique et délicate sur le petit écran. France télévisions l’a bien compris : elle sera l’une des égéries de la saga de la rentrée de France 2, La Maison des Rocheville, l’histoire de deux clans ennemis sur fond de vignobles bordelais. Elsa joue le rôle d’une résistante, en 1940, que l’on suit jusqu’en 1968. Cet été, elle tourne aussi Les Nuits d’Alice pour France 3.*Elsa Lunghini, les Nuits d’Alice est une comédie dramatique…
Alice, mon personnage, est obsédée par une série du registre des Feux de l’amour, très « glamour hollywoodien » et dont l’héroïne, jouée par Mathilda May, la fascine. Elle se réfugie dans cette série, mais en prenant un certain recul quand même ! Son petit monde va être bouleversé par l’arrivée de sa mère [Macha Méril], qu’elle n’a pas vue depuis vingt ans.
*Pour vous, les séries télé ont-elles aussi été une échappatoire ?
J’ai eu une période Six Feet Under, il m’était un peu difficile de décrocher. Et j’adore Dr House, mais pas au point de refuser un dîner pour voir l’épisode !
*Avez-vous conscience d’être une personnalité populaire dans le cœur des Français ?
Je m’en rends compte surtout lorsque les gens m’abordent. Ils le font toujours avec une extrême bienveillance et beaucoup de tendresse. J’ai le sentiment de faire partie de leur vie. Ils ont grandi avec moi, vieilli avec moi. J’ai appartenu à toute une génération. Paradoxalement, je ne suis pas quelqu’un qui s’expose, je ne vais pas dans les soirées, je ne suis pas à l’aise sur les plateaux d’émission de télé…

Elsa3*Oui, d’ailleurs, votre passage dans Thé ou café, sur France 2, en 2008 – la séquence où vous fondez en larmes à l’écoute de La Chanson des vieux amants, de Brel – a un succès fou sur Internet…
J’en étais malade ! Je n’avais pas envie que l’émission soit diffusée. Je n’assumais pas. Je me suis cloîtrée chez moi. Ça a été très dur. Ce n’est pas une habitude de ma part de craquer comme ça. De m’exposer ainsi. Dans la vie, je suis quelqu’un de pudique, qui prend sur soi. Là, c’est « sorti » tout seul, je n’ai pas pu retenir l’émotion. Après Thé ou café, j’ai eu des témoignages incroyables, d’amour, de soutien… J’ai été extrêmement touchée et surprise. Ça m’a fait du bien.

*Les gens ont-ils pensé que vous pleuriez votre ancien amour, Bixente Lizarazu ?
Évidemment. Pour les journalistes ou les gens qui commentent sur Internet, mes larmes ont été du pain bénit. On a écrit que je vivais mal la rupture, que j’ai pleuré à cause de Bixente. C’est faux ! La rupture a été totalement digérée, sans drame, des deux côtés. Cette chanson me fait cet effet là depuis très longtemps, c’est tout.

*Êtes-vous lasse d’être toujours associée à votre ex-compagnon dans la presse ?
Non, c’est normal, Bixente est très médiatique. Donc cela ne m’agace pas. Ça fait partie de ma vie : sept années très intenses et importantes pour moi. J’en parle sans problème.

*Votre fils, Luigi, a 16 ans : est-il conscient que vous avez été une vedette si jeune ?
C’est un peu flou pour lui. C’est touchant, car il est très protecteur et attentif lorsque je signe des autographes ou des 45 tours dans la rue. Je lui ai fait voir mon premier passage à la télé. Ça l’a surpris et fait rire. Il n’arrive pas à faire le rapprochement entre sa mère et cette petite jeune fille. En tout cas, il va bien, il fait « ses trucs » à lui. Il n’est pas tenté par le milieu artistique. Il participe à des championnats de kickboxing, ça me stresse un peu d’ailleurs, c’est normal pour une maman…

*Pensez-vous être douée pour le bonheur ?
L’amour, je peux aller le chercher, je ne le fuis pas. Je prends quand ça vient et j’en profite. Néanmoins, je pense qu’il y a des gens plus doués que moi pour le bonheur. Et je les envie, ces gens qui profitent, qui s’extasient. J’ai trop d’acuité sur les choses pour ça. Je n’ai pourtant pas perdu mes illusions sur la vie et l’amour, sinon je ne pourrais pas me lever le matin. Si je n’avais pas pour but d’aimer, d’être aimée, de faire des rencontres enrichissantes et de nouveaux projets, ce serait une petite mort.

*Concernant les projets vous êtes comblée…
Hypercomblée, je n’ai pas le temps de me poser de questions existentielles et ça me va très bien ! (Rires.)* TV.mag.06.08.2010.

 

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***L’escort girl dans l’univers fantasmatique du téléspectateur

 

**L’image sulfureuse de la prostituée 

*La IT prostituée, existe-t-elle?

 1p-credit-vincent-flouret-_-canal+

Gigola (1), avec Lou Doillon dans le rôle de l’affolante garçonne, a ouvert le festival Chéries-Chéris au Forum des images. Maison close a fait le buzz de la rentrée télé en France. Le héros du dernier Bret Easton Ellis s’entiche d’une escort girl et l’on a pu suivre dans Grazia cet été les aventures d’une attachante prostituée russe à Saint-Tropez. De quoi se demander si cette « glamourisation » médiatique s’appuie sur une réalité sociétale : celle d’une prostitution occasionnelle, festive et décomplexée ?

Un an après Pigalle, la nuit, qui jouait déjà sur l’image sulfureuse de la prostituée dans l’univers fantasmatique du téléspectateur, Canal+ a lancé le 4 octobre dernier sa série Maison close (2), au titre pour le moins explicite. Certes, ce n’est pas la première fois qu’une fiction télévisée a recours au personnage de la prostituée, mais le fait qu’on ne la présente ni dépressive, ni droguée, ni sous l’emprise de réseaux mafieux, est relativement nouveau.

Les filles de Maison close, toutes plus mignonnes les uns que les autres, évoluent dans un somptueux bordel du XIXe siècle qui pourrait aussi bien servir de décor à une série mode sexy chic. Dans son feuilleton de l’été, le magazine Grazia, sous la plume de Simon Liberati, a également exploité une image nouvelle de la prostituée, en racontant les aventures d’une jeune femme russe, escort girl dans la jet-set de Saint-Tropez. C’est également à Saint-Tropez que Zahia Dehar s’est consolée de l’affaire Ribéry, sous les flashs des paparazzis collés aux semelles de ses talons comme à celles d’une Paris Hilton, d’une Katy Perry… ou d’une Vanessa Hudgens, qui, pour se débarrasser une bonne fois pour toutes de l’image d’ado nunuche qui lui colle depuis High School Musical, jouera dans Sucker Punch (3) le rôle d’une prostituée ultra-sexy en latex dans un film fantastique. Cette mutation manifeste de l’image de la prostituée dans l’ entertainment traduit-elle une réalité ?

(1) De Laure Charpentier. En salles le 19 janvier 2011.

(2) Maison close, coffret 3 DVD,  sur Studio Canal.

(3) De Zack Snyder. En salles le 30 mars 2011.

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« Quitte à libertiner, autant rentabiliser »Pour Loïc, 32 ans, ça ne fait aucun doute. Ce graphiste parisien au physique agréable et très à l’aise financièrement a régulièrement recours à des prostituées : « Les filles que je paye sont l’inverse de celles que l’on voit sur les trottoirs. Ce sont de jeunes nanas, saines, consentantes, qui choisissent leurs clients, et surtout qui aiment le sexe. C’est ça qui fait la différence. » Marion, 23 ans, escort occasionnelle « pour mettre du beurre dans les épinards », ne le démentit pas : « J’ai toujours aimé le sexe. Et puisque je ne me reconnais pas dans les schémas de couple, d’engagement et de fidélité, j’ai toujours eu beaucoup de partenaires. Un client n’est donc pour moi qu’un partenaire sexuel de plus… » Quant à Loïc, si on lui demande pourquoi il paye, il n’a aucun embarras à avouer : « J’ai de gros besoins sexuels et je travaille beaucoup ; avoir recours à une prostituée est pour moi le moyen le plus simple et rapide de rencontrer des filles. La première que j’ai payée, je l’ai draguée en club. Elle accompagnait un client que j’avais pris pour son amant. Rien dans son comportement ne montrait qu’elle se prostituait car elle s’éclatait vraiment ! »Pour d’autres clients, c’est une façon de séparer vie de couple rangée et vie fantasmatique délurée. C’est une des conclusions de La Prostitution étudiante à l’heure des nouvelles technologies de communication, une étude d’Eva Clouet (éd. Max Milo), sociologue à l’université Toulouse II-Le Mirail. Interviewée dans la revue Prostitution et Société, elle déclarait en effet : « Ces hommes disent refuser d’avoir une maîtresse parce qu’elle pourrait mettre en péril leur mariage. Ils affirment qu’ils aiment leur femme, mais qu’ils ne peuvent pas leur demander certaines pratiques. »Nathalie, 26 ans, qui comme Marion revendique son statut d’occasionnelle, confirme : « Je suis de plus en plus branchée par des mecs qui ne veulent pas aller seuls en club et n’ont pas de copine pour les accompagner. Mes clients me payent autant comme ticket d’entrée pour les soirées couples que parce que je leur plais. » Et quand elle ne vend pas ses services en club, Nathalie reçoit à domicile entre deux révisions pour son master en lettres modernes : « Je couche avec mes clients exactement comme mes copines couchent avec les plans d’un soir qu’elles ramassent sur les sites de rencontres. La seule différence, c’est que quand c’est nul, j’ai au moins la satisfaction de l’argent. Quitte à libertiner, autant rentabiliser. »  3p-credit--canal+

« Un plan raté fait les mêmes dégâts »Après l’échangisme et l’infidélité, le tabou de la prostitution serait-il à son tour en train de se dissoudre dans le libertinage mainstream ? Dans l’imaginaire fantasmatique masculin peut-être, mais dans la réalité sociétale, rien n’est moins sûr. Selon le philosophe Ruwen Ogien, auteur du livre Le Corps et l’argent (éd. La Musardine), « la généralisation d’une forme décontractée de rapport à la sexualité peut parfaitement coexister avec sa désapprobation morale et sa répression légale. Pensez à l’usage des drogues douces : il est de plus en plus massif, mais reste toujours aussi massivement désapprouvé ! » Et de fait, pendant que Zahia fait la une des magazines people, la loi pour la sécurité intérieure de 2003 continue de réprimer brutalement le travail sexuel. À la grande colère du Syndicat du travail sexuel (Strass), qui, contre « le proxénétisme, l’esclavage, le trafic des êtres humains et l’exploitation sexuelle des enfants », prône « une prostitution autogérée et choisie ».Une idée qui peine à convaincre étant donné que la prostitution reste majoritairement subie et gérée par des réseaux mafieux. Mais une idée qui n’en traduit pas moins une réalité alternative, selon Eva Clouet : « L’e-prostitution est bien plus complexe qu’une affaire de précarité économique. Tout(e) étudiant(e) en galère ne se prostitue pas. Et tout(e) prostitué(e) n’est pas forcément en galère financière. » Nathalie partage cet avis. « J’ai accepté de répondre à vos questions pour faire passer une idée : on peut être jeune, mignonne et se prostituer de temps en temps, sans pour autant être victime du système ou de je ne sais qui ou quoi. Je ne me vends qu’à des mecs que je trouve mignons. Les vieux, les gros, les moches, je les zappe directement. »Marion voit les choses de la même façon : « J’ai commencé à me prostituer parce que le père de l’enfant que je gardais en baby-sitting me l’a proposé. Je le trouvais bel homme, il m’a proposé une forte somme d’argent, nous avons fait l’amour dans un hôtel luxueux, je n’y ai trouvé que des avantages. Je continue à faire ça une fois de temps en temps avec des hommes de même profil, et je trouve ça nettement moins traumatisant qu’un coup vite fait dans une bagnole avec un baiseur du samedi soir. » Nathalie tient à peu près le même discours : « Bien sûr, certaines fois, même avec un mec mignon, je m’ennuie. Il m’arrive aussi de déprimer, de me sentir seule, sale même, mais exactement comme dans une vie sexuelle normale ! Un plan raté, ça fait les mêmes dégâts, que l’on se fasse payer ou non. C’est quelque chose de très banal… » 4p-credit-vincent-flouret-_-canal+

« Un métier de service corporel »Pourtant, c’est bien parce qu’elle n’est jamais vraiment banale que la « it pute » relève sans doute plus d’une mode médiatique passagère que d’un réel phénomène sociologique. Le milieu libertin, de plus en plus populaire, démocratique et socialement hétérogène, n’a rien à voir avec les cercles ultra-fermés de la jet-set tropézienne qui font rêver les lecteurs de la presse people. « Je ne crois pas que Grazia ou Canal+ soient subitement devenus des militants de la liberté de se prostituer ! poursuit Ruwen Ogien. Présenter les prostituées comme des personnes cupides, libidineuses, avides de vie facile dans la jet-set, est aussi traditionnel que les dépeindre comme des victimes absolues de la violence masculine. Les militants pour la liberté de se prostituer voudraient que l’on cesse de montrer les travailleuses du sexe, ou bien comme des victimes dépourvues du moindre libre-arbitre, ou bien comme des délinquantes qui portent délibérément atteinte aux “valeurs morales”. Il serait temps, d’après eux, de présenter les prostituées pour ce qu’elles sont : des personnes banales qui font un métier de service corporel aussi banal que beaucoup d’autres. On ne peut pas dire que les magazines people et les chaînes télévisées soient particulièrement tentés de les suivre dans cette voie ! » (Madame Figaro-16.11.2010.)***

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