Peines de coeur et pannes de réseau

**Le syndrome FOMO, ou les dilemmes face à de nouvelles angoisses

 Odyssée Dao

FOMO est l’acronyme de Fear Of Missing Out. En français : la peur de rater quelque chose. Samedi, faut-il mieux fêter les 50 ans de Tatie ou les 30 de Matthieu ? Aller à ce vernissage ou à ce concert ? Ces petits dilemmes n’ont rien de nouveau. Sauf qu’avec les réseaux sociaux, ils se démultiplient en live sur nos écrans, au point de générer une véritable angoisse. C’est grave ?

Postée il y a moins de trois minutes sur votre mur, une photo de vos amies Sarah et Marion, assises à la terrasse de votre Q.G., un verre de chardonnay à la main. Vous crevez d’envie de les rejoindre : Sarah rentre de vacances, il est certain que ça va papoter et vous risquez de passer à côté d’un scoop. Mais aujourd’hui, c’est la soirée de rentrée du boulot, tous vos collègues y seront et vous avez confirmé avant-hier. Quoi que vous décidiez de faire, vous allez manquer quelque chose. Et cela vous agace prodigieusement ! Ce sentiment déplaisant est le nouveau mal du moment, il porte même un nom : FOMO. Encore peu utilisé en France, c’était le « mot du jour » le 14 avril dernier dans le Urban dictionnary, la bible du nouveau vocabulaire alimentée chaque jour par des internautes du monde entier. Sûr, le terme FOMO sonne bien, mais correspond-il à un réel syndrome ? Nous en avons parlé avec deux spécialistes.

Alain Dervaux est psychiatre à l’hôpital Sainte Anne, à Paris. Il travaille notamment sur les addictions au virtuel. « Aujourd’hui, personne ne se présente en consultation en se plaignant de FOMO, tient-il à préciser. Ce terme utilisé dans les médias anglo-saxons désigne une angoisse spécifique, mais qui n’est pas médicalisée. »
Cette peur est induite par les réseaux sociaux, toujours prompts à nous proposer plus d’événements, plus d’occasions, plus d’informations. Et ce qu’elle révèle en premier lieu, c’est que cette multiplicité des possibles pourrait remettre en question notre capacité à faire des choix.

Peines de coeur et pannes de réseau 20110912PHOWWW00185

Deux théories co-existent quant au fondement de ce syndrome : d’un côté LE FOMO serait la simple conséquence d’une addiction à Internet, de l’autre il relèverait de la compulsion. C’est cette dernière thèse que défend le psychologue et psychothérapeute Jean-Charles Nayebi (1), qui traduit le sigle par « anxiété de ratage ». « C’est une envie irrépressible de se connecter à des réseaux pour savoir ce qu’il s’y passe, pour ne pas rater un événement ou laisser échapper une information intéressante. »

À trop se poser la question du choix, on pourrait bien ne plus savoir en faire. Mais en quoi est-ce grave ? « Nous ne sommes pas égaux face à ces situations, certaines personnes sont plus vulnérables que d’autres, répond Alain Dervaux. Cela devient un problème si la personne ou son entourage en souffre.»
Car à trop se poser la question du choix, on pourrait bien ne plus savoir en faire. Et, finalement, n’aller ni au vernissage, ni au concert, ni au débriefing des vacances de Sarah, mais rester à guetter son écran au cas où une meilleure option se profilerait ? « Nous sommes immatures par rapport à la technologie, constate Jean-Charles Nayebi. Comme nous n’avons pas encore de culture suffisante pour l’appréhender, nous tombons parfois dans l’excès. » Alors, pour ne pas céder au méchant FOMO, rappelons-nous qu’autrefois, quand on avait « l’embarras du choix », c’était plutôt une bonne nouvelle. (Madame Figaro-13.09.2011.)

(1) Auteur de Cyberdépendance en 60 questions, Ed. Retz, 2007.

***************************

*Peines de coeur et pannes de réseau

P_adosms

Même en vacances, ils restent scotchés à l’écran. rivés au texto. Les premières amours se vivent en numérique. Mais quand le destinataire quitte inopinément, d’un SMS lapidaire ou d’une annonce publique sur Facebook… , le choc n’a rien de virtuel. Redémarrer après une rupture, à l’ère des nouvelles technologies, c’est nettement plus dur.  

** Madame- Le Figaro- France…….Vous découvrez un brin perplexe l’influence des nouvelles technologies sur les amours de vos ados exilés en vacances avec leurs vieux parents ? C’est une affaire de patience. D’observation. De doigté. Eux sont quasi suspendus par le pouce à leur téléphone portable sur la plage, ivres de rage parce que le cybercafé le plus proche est à 20 kilomètres, foudroyés par un SMS mystérieux en plein barbecue (ou brusquement extatiques, c’est selon !), prostrés parce que l’ordinateur portable paternel – le seul sur place – ne permet pas d’accéder à Facebook…

Crispant ? C’est que bien des choses nous échappent, tout technophiles que nous soyons, dans les jeux de l’amour et du hasard à l’ère des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication)… On ne s’aime plus, on ne se quitte plus, on ne se fait plus du tout souffrir de la même façon à l’ère post-texto. Et les ados, tombés dedans quand ils étaient petits, figurent en première ligne pour témoigner de l’ampleur du phénomène. Selon un sondage effectué fin 2008 par Habbo, la plus grande communauté virtuelle adolescente mondiale, plus des deux tiers des 13-18 ans estiment que la technologie a changé la donne de leurs « love affairs ». A cela, pas de trêve estivale. La « chick lit » junior et les séries à la Gossip Girl contribuent aussi à la diffusion de ce nouvel art de la guérilla amoureuse chez les teen-agers. Morceaux de choix…La rupture par texto – « Cfini ! » – semble devenue un classique du sale coup amoureux. Si tous la condamnent, tous avouent la pratiquer. Plutôt un truc de garçon ? Sûrement pas. Beaucoup de filles trouvent ça utile aussi : « C’est propre, on voit pas l’autre pleurer. » Certaines préparent même avec leurs copines les 160 signes fatidiques qui vont faire mal. Les plus machiavéliques envoient leurs lâches scuds à deux heures du matin, quand l’autre ne se manifestera pas de sitôt. Ou dès son arrivée au fin fond du Gers – réseau flageolant ! – avec papa-maman, pour les mêmes raisons tactiques. Malgré tout, une sorte de code de bonne conduite semble prévaloir : on essaie de rompre en toutes lettres et avec ponctuation – « par respect » ! -, le message en total sabir étant réservé aux vrai(e)s méchant(e)s.

Ado3 

C’est pire qu’avant ? On a tous connu des plaquages, devant le club de tennis ou sur le dance floor de La Pergola. Mais c’était l’exception et le signe d’une brève amourette. Aujourd’hui, la rupture SMS est plutôt une norme, y compris pour les vraies histoires d’amour. Cela ne rend pas l’expérience plus facile. Beaucoup d’ados décrivent « le coup au cœur » quasi physique, « le foudroiement sur place », « l’impression qu’on est tout glacé » que leur inflige le procédé. Pourquoi c’est si courant ? Pour Serge Tisseron, psychiatre-psychanalyste *, cette pratique est symptomatique du « défaut général d’empathie » généré par les nouvelles technologies. « Quand on s’habitue sur Facebook, MSN, Second Life à faire disparaître l’autre d’un clic, pourquoi n’agirait-on pas de même dans la vie réelle ? » Nora Markman, psychanalyste et auteur du tout récent Ados, amour, amitié(s) et trahisons (éd. Albin Michel), voit dans ces ruptures une contamination au domaine amoureux des nouvelles lois syntaxiques des SMS : « La brièveté, l’elliptique sont désormais des codes de communication admis. De langage brut à brutal, il n’y a qu’un pas ! »

thinkingofyouclr.gifthinkingofyouclr.gifthinkingofyouclr.gifthinkingofyouclr.gif

Les jeunes amoureux d’aujourd’hui ont bien de la chance. Même séparés par un sort injuste (vacances familiales ou séjour linguistique… ), ils peuvent continuer à tchatter en douce et à s’envoyer des messages d’amour discrets. Enfin, discrets… Que ceux qui n’ont jamais enduré un déjeuner en famille émaillé de « zouingg ! » signalant un texto se manifestent ! Une sorte de cordon ombilical technologique les relie en permanence. Plus dure est la chute quand l’un d’eux décide de rompre les ponts ! L’éconduit tombe systématiquement sur un répondeur, se voit bloqué sur MSN, exclu des amis Facebook de son ex-chéri(e), et autres signaux détestables. Un SMS, enfin ? C’est juste Orange qui annonce que le forfait expire : normal, avec les 300 messages et textos suppliants laissés dans l’heure par l’abandonné(e)…

C’est pire qu’avant ? Le plan silence radio n’est pas neuf. Mais tant qu’on n’avait qu’un appareil fixe et un répondeur, c’était moins violent. Nora Markman n’hésite pas à parler « de sevrage brutal, à la mesure de l’addiction. Rage, impuissance, incompréhension, hystérie face à un mur virtuel, les ados semblent en état de manque quand ça leur arrive ».

Pourquoi c’est si courant ? Pour Serge Tisseron, « les petits couples semblent toujours reliés. C’est une nouvelle convention du rapport amoureux qui ne signifie pas grand-chose. Les textos sont très stéréotypés, c’est un exercice de style contemporain, voilà tout ». Les filles aiment d’ailleurs se montrer entre elles leurs « love sms » pour les comparer… « D’où cette facilité à rompre brutalement un lien qui semblait solide et tissé d’échanges. Un peu comme ces couples adultes qui se font tout le temps des mamours en public et dont on est surpris qu’ils se séparent », ajoute le psy.

Ado2

Apprendre, en même temps que la terre entière ou presque, que l’on s’est fait répudier, ça arrive tous les jours, au dire des ados. D’un clic qui sonne comme le glas, on constate en effet que son (ou sa) chéri(e) est passé unilatéralement de « en couple » à « single » sur son profil en réseau. Ou encore qu’il a ôté toutes les photos de la jolie love story de son album perso. Ou les deux ! Et le tout alors qu’on est à 2 000 kilomètres de lui… Comble d’horreur, les « c’est pas vrai ? » pleins de commisération affluent des « contacts » qui nous veulent tant de bien et nous font si mal. On préférerait parfois lécher ses plaies seul dans son coin…

C’est pire qu’avant ? Oui, sans conteste ! Autrefois, voir para-der son chéri au bras de sa nouvelle sans avoir été au préalable prévenue était une cruelle épreuve. Mais 150 amis plus ou moins bien intentionnés n’assistaient pas forcément à l’hallali ! A la souffrance amoureuse s’ajoute la blessure narcissique, cela fait beaucoup à porter pour un ego de 15 ans.

Pourquoi c’est si courant ? « La rançon des nouvelles technologies, c’est une forme de “pipolisation” des amours adolescentes », note Nora Markman. « Facebook est devenu le lieu de l’officiel, on y annonce donc naturellement, sans états d’âme, ce qui change. Il n’y a même parfois aucun sadisme conscient dans tout cela. » Pour Serge Tisseron, Facebook est « un accélérateur de particularités » dont les effets sont forcément à double tranchant : « On y exhibe son bonheur, on y voit son malheur jeté en pâture. » Dur, dur, mais c’est la nouvelle loi de la jungle amoureuse. (Le Figaro)

2 réponses à “Peines de coeur et pannes de réseau”

  1. 21 09 2012
    cheap viagras (02:58:37) :

    skdvrj That’s a nice post. skdvrj

  2. 28 12 2012
    bloons tower defense 5 (10:59:51) :

    Have you ever thought about writing an ebook or guest
    bloons tower defense 5

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>




robertlutz |
DOMANIA |
justice&criminalité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | humanbeinginnature
| Biologie totale ICBT secte ...
| C'est le destin de lol_aaaa...