déballer son linge sale sur internet!

La revanche des Losers 

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Au vu de la prolifération des sites défouloirs dans le paysage Internet, déballer son linge sale en ligne serait du dernier cool. Sur Reinedesconnes.com, Jobdemerde.com ou Jaipasdechance.com, l’heure n’est pas à la sacralisation du bonheur, mais bien à l’autodévalorisation en public. Décryptage.

« Aujourd’hui, j’ai reçu deux SMS de mon mari. 9 h 54 : “Ne m’attends pas ce soir plein de taf je risque de finir hypertard. Biz, je t’M.” Et à 9 h 58 : “Vivement ce soir je rêve de ce moment avec toi depuis longtemps. Pas de souci pour ma femme je taf tard on aura tout le temps. Je t’M.” » Voici un post de evy-du-16, pioché dans les Tops du célèbre microblog Viedemerde.fr.
Lancé en 2008 par un geek de 20 ans, Maxime Valette, le concept s’exporte déjà aux États-Unis en Fuck My Life – leur slogan : « _My life sucks but I don’t give a f*** » – ainsi qu’en Italie avec Vitá di Merda. « À ce jour, le site français compte plus de 520 000 anecdotes et une moyenne de 400 000 visiteurs par jour », se satisfait Maxime, qui a depuis fondé Jesuisencolere.com. En théorie, il n’était pas question pour lui de créer un business : « Le site est issu d’un canal IRC au départ prévu pour retracer les mésaventures de quelques amis. » Mais la blague potache a pris des allures de phénomène, au point qu’il est difficile de répertorier tous les sites qui ont repris le concept. Vacancesdemerde.com donne la parole aux aoûtiens maudits. Sur Jaipasdechance.com, on retrouve tous ceux qui glissent sur les peaux de banane ou enchaînent les accidents de la route…

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En ligne depuis quelques mois, la tribune de Reinedesconnes.com est exclusivement féminine. « Bonjour, je m’appelle Bridget Jones. 7 kilogrammes en trop, je mange comme un ours dès que je déprime. Ceux qui me plaisent, je ne leur plais pas et ceux que je fuis me courent après. Je voudrais trouver mon Darcy », a posté dernièrement Quinnadora. « Il nous est arrivé bien des fois de penser et de dire : “Je suis la reine des connes” », explique l’une des deux fondatrices de ce site qui compte quelque 3 500 abonnées. « Nous ne trouvions pas d’espace qui répondait à nos attentes : se défouler, se raconter, échanger sur des sujets typiquement féminins et sans thématique imposée. Et puis, nous constations le nombre croissant de célibataires, de gens qui n’avaient personne à qui se raconter. »

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L’antihéros a le vent en poupe

Les défouloirs ont toujours existé, d’une manière ou d’une autre. Il y a deux millénaires, Aristote remarquait que « la tragédie, par l’entremise de la pitié, accomplit la purgation des émotions » (La Politique). « La catharsis – comprenez l’extériorisation d’affects – est nécessaire », assure Stéphane Hugon, sociologue et responsable du Gretech (Groupe de recherche sur la technologie et le quotidien). « Il nous faut un espace pour libérer nos énergies négatives si l’on veut réussir à se comporter de manière à peu près correcte le reste du temps. » Cette libération d’énergie collective crée une connivence, une socialité. « Se dire que l’on appartient à une communauté où tout le monde en bave permet de relativiser et dédramatiser ses propres déboires », complète la psychosociologue Danielle Rapoport, directrice de DRC, un cabinet d’études des modes de vie et de la consommation.

C’est ainsi que depuis 1998, la Fédération française des râteaux permet à toutes les victimes d’amours non partagées de partager leurs pires vestes autour d’un apéro. « Le quotidien est revalorisé à partir du moment où il est mis en scène », ajoute Danielle Rapoport. » Et Stéphane Hugon de renchérir : « Raconter son humiliation en public a l’effet d’une petite vengeance. »
En somme, le loser a toujours existé, mais il n’est plus seul. Tout perdant digne de ce nom a désormais le droit d’afficher ses faiblesses dans un espace public et d’être reconnu pour ses aveux. L’antihéros a le vent en poupe. « Avant, pour être vraiment soi, il fallait être un bon citoyen et démontrer sa maîtrise de l’environnement », explique Stéphane Hugon. Seulement, depuis que personne ne croit plus en rien, le monde s’est peu à peu infantilisé. L’adulte dominant a laissé place à l’enfant éternel. « Avant, le héros, c’était Rambo. Aujourd’hui, c’est Harry Potter », résume le sociologue.

Sans parler de cette vieille tradition française de la rébellion. Selon Danielle Rapoport, « il existe ce mélange de défi et d’anxiété chez les Français, souvent plus atteints que les autres par la “dépressionite” aiguë ». Vers un misérabilisme collectif ? « Plutôt vers la désacralisation de l’autorité », préfère Stéphane Hugon. Avant d’ajouter que « ne plus distinguer les limites entre les sphères publique et privée pourrait bien, à terme, nous poser des problèmes dans notre vie sociale et professionnelle ». De quoi alimenter encore et encore le moulin des défouloirs du Web, donc… Quelle vie de m**** ! (Le Figaro-23.09.09.)

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*Sexes, mensonges et mercantis

À l’heure où les sondages assurent que les Français ont un rapport plutôt sage à l’amour, l’infidélité n’a jamais été aussi bankable aux États-Unis. Entre les agences de testeuses de fidélité et les cabinets qui parrainent l’adultère, un vrai business est né.

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Dépassé le temps où l’on épiait ses textos et fouillait ses poches pour le prendre en flagrant délit d’adultère. Dans le roman de Jessica Brody, Confidentialité assurée (1), des femmes suspicieuses louent les services d’une testeuse de fidélité.
« Avant de devenir écrivain, je travaillais dans la finance, entourée d’hommes. Lors de sorties entre collègues, j’ai souvent vu des hommes mariés flirter – et plus – avec d’autres femmes. J’aurais aimé dire la vérité à leurs épouses, mais je ne pouvais pas, évidemment. » Jessica Brody a donc choisi la plume comme exutoire à son indignation ; son premier roman raconte l’histoire de Jennifer, employée de banque le jour et testeuse de fidélité la nuit. Sous le nom de code Ashlyn, elle est missionnée par des femmes en proie au doute pour « tenter » leurs maris jusqu’au passage à l’acte.

Le plus fou, c’est que la romancière ignorait que cela existait réellement, que des agences spécialisées dans l’espionnage matrimonial sévissent déjà en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Basée dans le Worcestershire, Honey Trap Agency – comprenez « l’agence à piéger chéri » – est la plus populaire. Sur son site, on peut lire : « Si vous suspectez votre mari de vous tromper, nous avons nombre d’agents très séduisants qui seront à même de tester la fidélité de celui-ci. » La Londonienne Expedite vous propose de « choisir vous-même le détective qui vérifiera le degré de fidélité de votre conjoint. Enregistrements à l’appui. » Aux États-Unis, Sandra Hope, fondatrice de Mate Check Private Investigations, se fait appeler « The Love Detective ».

Love detective, love decoy (« appât »), testeuse de fidélité, honey trapper (« piégeuse à chéri »)… Ces agents pas comme les autres ont beaucoup d’appellations, mais toujours la même stratégie. Dans le roman de Jessica Brody, le personnage d’Ashlyn campe une femme fatale, irrésistible. « Je porte souvent un tailleur-minijupe noir, des escarpins Manolo Blahnik, noirs eux aussi… et pas de bas, peut-on lire page 10. J’ai baptisé ce look “cadre et pétasse”. C’est assez chic et convenu pour que les hommes vous prennent au sérieux, et assez olé-olé pour qu’ils comprennent que vous aimez bien vous faire remarquer. »

Dans la vraie vie, c’est… pareil ! Interrogée par The Daily News en 2007, l’Anglaise Nicole Tatler, honey trapper professionnelle, confirme que pour être efficace, il faut avoir beaucoup d’allure et de sex-appeal. : « Mon boulot consiste à m’asseoir à côté d’un homme dans un bar, faire en sorte qu’il m’offre un verre, tout mettre en œuvre pour le séduire et revenir avec la preuve qu’il peut être infidèle. Typiquement, cela se traduit par le fait qu’il va nier être marié, ou bien retirer discrètement son alliance, ou encore demander mon numéro de portable. »

Vont-elles jusqu’à coucher pour savoir s’ils sont vraiment capables d’adultère ? Non. Selon les informations divulguées à la presse anglophone quand ont émergé les premières agences de honey trapping, elles s’arrêtent juste avant, c’est la règle. Aujourd’hui, elles refusent de répondre aux questions. Redoutent-elles que l’on s’enquière de leurs tarifs ? Ou n’en ont-elles pas le temps, trop occupées à pourchasser les maris – et femmes – inscrits sur The Ashley Madison Agency, l’agence américaine en ligne d’aide aux rencontres extraconjugales ? (Le Figaro-20.08.09.)

(1) Éd. Fleuve Noir, 18,90 €.

5 réponses à “déballer son linge sale sur internet!”

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