témoignages sur le viol

**abusée par le curé de son village depuis l’age de ses 12 ans

Danielle Scherer raconte son enfance dans « Personne ne te croira ». Son histoire, inimaginable, est celle d’un calvaire. Un calvaire dont elle n’est pas tout à fait remise mais qu’elle a pu doucement surmonter. Grâce au temps, grâce à son mari, à ses enfants et petits-enfants ainsi qu’à l’oreille attentive de certains médecins. Car Danielle a été abusée par le curé de son village de ses 12 à ses 21 ans. Neuf années de doutes pendant lesquelles on lui conseille de fermer les yeux. Des années de solitude et de culpabilité.

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Aujourd’hui sexagénaire, elle a couché les maux sur papier et a osé envoyer son témoignage à Gabriel Ringlet. Le prêtre belge portera le vécu de Danielle et celui d’autres personnes, dont l’enfance a été bafouée, devant la « Commission belge spéciale de la Chambre relative au traitement d’abus sexuels ». Tous deux présenteront d’ailleurs le témoignage écrit aux parlementaires le 1er février lors d’une conférence de presse, devant l’Evêque référent. Danielle Scherer se livre à 7sur7, avec encore beaucoup de retenue derrière un sourire bienveillant.

Ce qui est incroyable, à la lecture de ce livre, c’est qu’on remarque que vous éprouviez une certaine amitié pour celui qui abusait de vous… C’était quelqu’un à qui vous vouliez parler.
C’est l’histoire d’une petite fille qui est toute seule, qui a de grosses difficultés relationnelles avec sa famille, les gens du village, etc. Et comme un enfant n’aime pas vivre seul, il cherche malgré lui toujours un mode de relation, quelqu’un qui veut bien le oregarder. C’est le même processus pour tous les enfants. Chercher un regard, chercher une présence, chercher une écoute, c’est indispensable. Et ce prêtre, il m’aimait bien. Il m’a prise en affection. Réellement au départ, je pense. Le chemin que lui a fait pour en arriver là, je ne sais pas. Je ne peux pas le dire. Je ne suis pas médecin ni psychologue. Mais c’est vrai que moi, j’avais besoin de lui dans le vrai sens du terme qui est le besoin d’une présence. On ne peut pas vivre sans regard quel qu’il soit. Enfant, on se sent exister par l’adulte qui s’occupe de soi. Il faut faire attention à ce que l’on dit. Mais je dois bien vous dire que dès que tout ça a commencé, je n’avais plus du tout envie d’y aller.

Enfant, à plusieurs reprises, vous vous jurez de lui dire « non » le lendemain. Et malgré tout, ce mot ne sortait jamais…
Dans le temps, dans un petit village, on n’avait pas de centre PMS, on n’avait pas de numéro vert. On n’apprenait pas aux enfants qu’ils pouvaient dire non. Maintenant, on apprend aux enfants qu’ils peuvent dire non. On recevait l’autorité d’une manière obligatoire. L’autorité était là. Les adultes étaient l’autorité et on ne pensait même pas qu’on pouvait aborder l’autorité comme ça!

Gabriel Ringlet: Moi, je vais aller un peu plus loin. Je vais me le permettre puisque j’ai un regard extérieur. C’est quasi impossible pour une petite fille même quand elle a 14 ou 15 ans, dans le contexte de l’époque, toujours. C’est bien là qu’apparait toute la perversité. C’est qu’à partir d’une relation qui pendant deux ans a été positive et qui lui a fait du bien et où de plus en plus l’emprise se resserre, on peut avoir un « non » intérieur qui n’arrive pas à devenir un « non » extérieur. Cela demande une autorité surhumaine qu’une enfant ou une jeune adolescente ne peut pas objectivement avoir. Alors que rien dans le contexte n’aide. Il s’agit de quelqu’un de très jeune qui est face à une autorité qui manipule et avec un pouvoir spirituel reconnu. Je ne crois pas qu’il soit possible de dire non seule. Et c’est bien le drame qui est au cœur du livre: tous ceux qui ont été appelés au secours n’ont pas joué leur rôle. Eux auraient pu aider à ce que le « non » soit possible.

Danielle: Le gros problème c’est qu’on se rend compte, quand ça arrive, que ça ne serait peut-être pas arrivé à sa copine. Parce qu’elle avait sans doute plus de possibilités de se protéger et de se défendre. Je pense que c’est comme les fauves qui partent à la chasse. C’est la brebis en difficulté qu’ils vont attraper.

Revenons un peu sur cette aide inexistante. A plusieurs reprises, vous avez raconté votre histoire à des gens de l’église, en espérant qu’ils vous viennent en aide. En vain. Tous vont ont demandé de vous taire. Cela vous enfonçait un peu plus dans la solitude et dans un sentiment de culpabilité. Aujourd’hui, vous avez le soutien d’un homme de foi, Gabriel Ringlet. Comment vivez-vous les choses?
C’est un long cheminement. Je n’ai pas tout résolu, loin de là. Je vis, entre guillemets, très bien ce qui se passe maintenant mais en même temps avec beaucoup d’angoisse. Je ne suis pas faite pour vivre ça en femme publique. Je ne suis pas faite pour vivre comme ça. Je suis plutôt sauvage. Ça me fait du bien car ça m’oblige à me repositionner par rapport à moi-même, par rapport à mes sentiments, à ce qui s’est passé. En ce qui concerne l’aide que je reçois, c’est un chemin qui n’est pas fini et il ne sera jamais terminé. La culpabilité prend beaucoup de recul mais n’est pas tout à fait résorbée. Il y a des choses comme ça qui restent, qui ne sont pas faciles à vivre. C’est un chemin de tous les jours.

Enfant, vous priiez beaucoup. Au fil du livre, on sent que vous vous détachez de l’Eglise. Pensez-vous, aujourd’hui, avoir renoué avec la religion?
La blessure avec la religion est réelle. J’ai la sensation d’avoir perdu quelque chose dans le sens de ma vie, du pourquoi des choses. J’ai appris à vivre en prenant du recul par rapport à la religion. J’ai vécu en me disant, s’il y a un au-dela: « De toute façon, j’ai fait ce que j’ai pu ». Je ne vais pas me tracasser pour ça! Je crois qu’à l’heure actuelle pour moi est d’être le plus honnête possible vis-à-vis de ce que je suis, vis-à-vis de ce qui s’est passé, vis-à-vis de mes proches. Le reste, s’il y a un au-delà, ce n’est pas mon problème. J’ai appris à me passer de l’église. Mais pas de l’Evangile et de Jésus.

Gabriel Ringlet: La question de la blessure dans le sacré, l’Eglise ne semble pas encore bien l’avoir prise en compte. Or, tant qu’on ne va pas jusque là, des gens qui abusent pourront toujours continuer à abuser. Tout pouvoir doit être contrôlé. Toujours. Le pouvoir qui doit être le plus contrôlé dans la vie, à mon avis, c’est le pouvoir spirituel. C’est le plus dangereux s’il est mal maîtrisé parce que là, on joue avec la vie intime des gens. Quand les gens vous confient le coeur du coeur de ce qui les habitent, on a un fort pouvoir de maîtriser cela.

Même lorsque vous aviez quitté votre village pour Bruxelles, le curé parvenait à avoir une emprise sur vous… Vous avez été abusée durant neuf ans. Avez-vous ressenti le besoin de le revoir et de lui dire les choses pour vous permettre d’avancer?
Régulièrement, j’allais voir mes parents. A peu près toutes les six semaines, je retournais au village. J’allais à la messe du village avec mon mari. Je n’aurai pas pu faire autrement. Ce que j’ai fort vécu jusqu’au bout, c’est son regard de colère. J’allais à la communion parce que je n’aurais pas pu faire autrement pour mes parents et les gens du village qui n’auraient pas compris pourquoi je n’y allais pas. Et il me refusait la communion. Il faisait semblant de me la donner et je faisais semblant de l’avaler… Je retournais à ma place avec le coeur déchiré. J’ai commencé à aller mieux à Saint-Luc, chez le docteur Anne Berquin. Un jour, alors que mon rendez-vous ne devait durer qu’un quart d’heure, le médecin a senti qu’il allait se passer quelque chose. Elle a été d’une finesse formidable. A un moment donné, j’ai réalisé et je lui ai dit: « Je comprends maintenant que je n’ai jamais réussi à dépasser ça parce qu’il ne m’a jamais pardonné. » Je renversais la vapeur, en fait. J’attendais que lui me pardonne et le refus de cette communion me prouvait le contraire. Je suis restée chez le Dr Berquin pendant deux heures. Son bip sonnait, son téléphone sonnait: elle n’a jamais bronché. Elle a attendu, elle sentait qu’un noeud allait sortir. C’est ce nœud-là qu’après la psychanalyse, je n’arrivais pas à défaire. Après, je me suis dit: « Mais pourquoi est-ce que j’attends qu’il me pardonne? C’est peut-être l’inverse… » Mais il m’a fallu un temps fou. Ca, c’était en 2000.

Vous avez couché vos maux sur papier. En écrivant, vous avez dû revivre ça, aussi et y confronter vos proches. Comment ont-ils réagi face à cette histoire?
La première écriture a eu lieu en 2000-2003, quand j’étais à la médecine de la douleur. Quand je l’ai montré à ma famille, ils m’ont dit leur regret. Le regret de n’avoir pas pu voir que j’allais mal, le regret de ne pas avoir pu m’aider, le regret que je n’ai rien dit. Je les ai rassurés tout de suite en leur disant que j’avais tout fait pour le leur cacher. Je n’étais pas capable à ce moment-là de prendre ce genre de choses et quelque part, on sent aussi d’une manière instinctive que la famille n’est pas capable d’affronter ça non plus. Je ne sais pas… Il y a des choses qui se mettent en place sans qu’on sache pourquoi.

Vous avez rencontré votre mari, après huit années de traitement, vous avez donné la vie à deux fils. Avez-vous eu peur que vos enfants soient aussi victimes d’abus sexuels?
Vous êtes la première à poser la question mais c’est vrai que je surveillais mes enfants comme je pense qu’aucune mère ne l’aurait fait. J’ai toujours très fort veillé sur mes enfants. Peut-être parfois trop, je ne sais pas. Mais oui, c’est une crainte que j’avais.

« Le livre raconte l’histoire. Une fois que le livre est là et que l’histoire est racontée, il ne suffit pas de dire merci, aurevoir et à la prochaine. Il faut dire: et qu’est-ce que cela signifie pour l’Eglise? Pour la société? C’est bien aussi que, -et la présidente de la Commission parlementaire y tenait beaucoup- l’on puisse rassurer, dire et répéter aux victimes qu’elles peuvent, en toute confiance, faire appel à ce tribunal arbitral, oser s’y présenter et revendiquer ce qu’elles ont à revendiquer », souligne encore Gabriel Ringlet.  L.C.C.–24.01.2012.

« Personne ne te croira », Danielle Scherer, Albin Michel. Préface et postface de Gabriel Ringlet.

**Réactions et commentaires: 

 Tout pouvoir doit être contrôlé. Toujours. Le pouvoir qui doit être le plus contrôlé dans la vie, à mon avis, c’est le pouvoir spirituel. C’est le plus dangereux s’il est mal maîtrisé parce que là, on joue avec la vie intime des gens. Quand les gens vous confient le coeur du coeur de ce qui les habitent, on a un fort pouvoir de maîtriser cela…*Gabriel Ringlet

.** J’attendais que lui me pardonne et le refus de la communion me prouvait le contraire. Et je n’arrivais pas à défaire ce nœud-là. (…) Je me suis dit: « mais pourquoi est-ce que j’attends qu’il me pardonne? C’est peut-être l’inverse… » Mais il m’a fallu un temps fou. Ca, c’était en 2000.*Danielle Scherer.

** C’est bien que, et la présidente de la Commission parlementaire y tenait beaucoup, l’on puisse rassurer, dire et répéter aux victimes qu’elles peuvent, en toute confiance, faire appel à ce tribunal arbitral, osent s’y présenter et revendiquent ce qu’elles ont à revendiquer. *Gabriel Ringlet

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**Il y a deux ans, j’ai été violée par le cousin d’une amie. J’avais 17 ans et je suis tombée enceinte. Heureusement, par le Planning Familial j’ai pu faire une IVG. J’ai encore trop peur pour pouvoir porter plainte. Mes parents et mes amies sont avec moi et m’aident.
Yasmine

** Je suis complètement paniquée, je ne sais pas quoi faire. Je viens d’apprendre que je suis enceinte et ça fait déjà 5 mois. J’avais été violée dans le métro et depuis, ça n’allait plus du tout. J’étais complètement déprimée. Je ne mange plus. Je ne dors plus. Je ne peux plus prendre le métro. On m’a dit qu’il était possible d’avoir une interruption de grossesse dans un hôpital, je crois que je vais le faire.
Karine

**Ma fille de 16 ans a été violée par trois « copains » sous prétexte de jouer à « action ou vérité ». Elle a refusé de faire une fellation, alors ils l’ont tabassée puis violée. Elle est enceinte à la suite de ça. Nous sommes allées porter plainte à la gendarmerie. Pendant qu’elle était à l’hôpital pour l’IVG, un des agresseurs a encore essayé d’entrer en contact avec elle et les gendarmes sont intervenus. Je suis révoltée qu’on n’ait pas pu garder les agresseurs en détention parce qu’ils sont mineurs.
Colette

**C’était avec mon copain de l’époque. On était au lit, j’étais sur le ventre. Sans me prévenir, sans me demander si j’en avais envie, alors que nous ne l’avions jamais fait, il m’a sodomisée. Ça m’a fait très mal. Ça l’a amusé. Ça m’a dégoutée. Mon corps n’est donc rien pour qu’on puisse lui faire mal comme ça ? Et moi, que suis-je au final ?
Caroline

 **Mon petit ami m’a agressée le soir où je lui ai dit que je voulais le quitter. C’est un amateur de films porno, il en regarde beaucoup. Ce soir-là, il avait beaucoup bu. Il devait dormir sur le canapé. Moi, je dormais déjà dans ma chambre. Il est arrivé subitement, furieux. Il m’a forcée à une fellation, après il m’a pénétrée par derrière. Par les cheveux, il me tirait la tête en arrière et a éjaculé en plein sur ma figure.
Sonia

**Il y a un an, mon concubin m’a violée. Il était déjà violent avec moi depuis longtemps. Quand j’ai vu que j’étais enceinte de ce viol je l’ai quitté et j’ai avorté. J’ai peur qu’on ne me croie pas et c’est pour ça que je n’ai pas porté plainte. J’ai appris récemment qu’il avait déjà fait de la prison pour violences conjugales et viols de son ex-épouse.
Nadine

**J’avais 23 ans, c’était mon copain… J’ai mis du temps à me dire « c’est un viol ». L’homme qu’on aime n’est pas censé nous faire du mal. J’ai mis du temps à m’en remettre. Pendant longtemps, j’ai dit de moi que j’étais « morte à l’intérieur ». Je n’avais plus confiance en personne, peur de tout : d’être agressée dans la rue, de tomber encore sur des mecs violeurs…
Le plus dur, c’est quand on nie ce qui est arrivé. C’est presque être victime une seconde fois. Mon psy de l’époque, à qui je parlais de mes difficultés à avoir des relaxions sexuelles simples et légères avec des hommes, m’a un jour répondu : « Faites attention, ils vont finir par croire que vous avez été violée, et ça fait fantasmer les hommes les femmes violées ». Cette simple phrase a été pour moi presque aussi violente que l’agression elle-même : non seulement cet homme niait ma souffrance, mais en plus il me parlait des hommes et de leurs fantasmes, sans s’intéresser à mes difficultés ! J’ai changé de psy…
Agathe

**Le viol en lui-même est une expérience traumatisante, mais ce qu’on sait moins, c’est que la réaction de l’entourage est souvent presque aussi traumatisante. On s’attend à ce que tout le monde condamne sans ambiguïté ce qui s’est passé, mais ça ne vient pas. Les flics sont suspicieux. Les proches, garçons comme filles, nous regardent comme si on était affectée d’une maladie dégoûtante et contagieuse, ou comme une chieuse qui casse l’ambiance.
Trois semaines après le viol que j’ai subi, deux amis proches, qui étaient au courant, m’ont emmenée voir un film qu’ils adoraient. Dans ce film, il y avait deux scènes de viol, dont l’une était réalisée d’une façon « cocasse », et l’un de mes amis rigolaient en la regardant, pendant que tous mes muscles se crispaient et que des sueurs froides coulaient dans mon dos. J’en ai fait des cauchemars, ça m’a fait presque aussi mal que le viol lui-même. Mais ces amis n’ont pas du tout compris que j’arrête de les fréquenter.
Elisa

**Après le viol, pendant longtemps, j’ai eu peur. J’avais peur dès que j’étais seule dans la rue, ma gorge se serrait quand je descendais aux toilettes des cafés, je me relevais la nuit pour vérifier que ma porte était bien fermée à clé… J’ai beaucoup travaillé sur cette peur, parce que je voulais revivre comme avant : hors de question d’arrêter de sortir le soir, de déménager, de changer mes habitudes. Si je plie, si je change, si j’ai peur, il a gagné, tous ces salauds qui cherchent à nous dominer ont gagné. Je me répétais une phrase de Virginie Despentes que j’avais lue : « J’ai fait du stop, je me suis fait violée, j’ai refait du stop. » Ça, ça m’a beaucoup aidée. Mais ce qui m’a aidée surtout, c’est de savoir qu’il ne s’agissait pas de moi, mais d’un système sexiste qui permet ce genre d’acte. De militer avec des filles et des garçons qui ont conscience que cet état de fait est dégueulasse, qu’on peut le faire changer ça et qu’on va le faire.
Elisa

**Pendant que cet homme me violait, quelque chose m’est apparu très clairement : le viol n’a rien à voir avec un rapport sexuel. C’est un acte de haine et de domination. Même s’il n’y a pas de coups.
Pour lui échapper, je me suis réfugiée dans ma tête, en me répétant qu’il ne pouvait atteindre que mon corps, pas ma personne. Mais ma personne, c’est aussi mon corps, et c’est difficile, après cette division, de réconcilier les deux, esprit et corps, de les faire se rejoindre en un seul « moi ».
Elisa

**Quand on s’est rencontrés, il a su me mettre en confiance et s’intéressait à moi, mon histoire, mes projets. Je lui ai dit que mon père m’avait violée pendant des années. Nous nous sommes vus une première fois et on a eu un rapport sexuel. La semaine d’après, il est venu chez moi et m’a imposé une sodomie. Il m’a fait jeter le préservatif à la poubelle de la cuisine, puis l’a vidée dans la poubelle extérieure. J’ai compris, bien après, que c’était pour ne pas laisser de trace. Il m’a menti sur son âge, sur la ville où il habitait, il m’a manipulée. Depuis, tout ce que j’ai subi enfant m’est remonté à la mémoire et je n’arrête pas de pleurer. Je me sens terriblement mal.
Sophie

**C’était avec mon copain de l’époque. On était au lit, j’étais sur le ventre. Sans me prévenir, sans me demander si j’en avais envie, alors que nous ne l’avions jamais fait, il m’a sodomisée. Ça m’a fait très mal. Ça l’a amusé. Ça m’a dégoutée. Mon corps n’est donc rien pour qu’on puisse lui faire mal comme ça ? Et moi, que suis-je au final ?
Caroline

**Quand je n’avais pas envie, il voulait quand même. Il me répondait que quand on est mariés, on n’a pas le droit de refuser, que c’est le « devoir conjugal ». Je me suis longtemps demandée si c’était un viol. Pour pouvoir divorcer, je ne sais pas s’il faudra nommer le viol…
Delphine

**Il m’a longtemps imposé des rapports sexuels, mais je n’en peux plus. Je veux qu’il respecte mon consentement. J’ai voulu le préserver lui et la famille. Mais aujourd’hui, je craque.
Nadia

**J’ai 32 ans aujourd’hui. Quand j’étais enfant mon père regardait des films pornos, ensuite il venait dans ma chambre pour se soulager. Quand j’étais plus grande, il me violait. Ça a duré longtemps. Il disait : même si tu le dis, de toute façon ils ne te croiront pas. C’est ma psy qui m’a aidée à décider de porter plainte.
Gaëlle

**Je l’ai vraiment aimé, mais il était violent. La police est venue et il a été expulsé du domicile. Le lendemain, il m’a téléphoné pour s’excuser. Il m’a invitée pour faire la paix. J’y suis allée. Là, il m’a séquestrée toute la nuit dans la voiture, violée et menacée de mort. Nous avons eu un accident sur la route et j’ai pu m’échapper. Il est en détention provisoire. Comment a-t-il pu me faire ça ? Lui, l’homme que j’ai aimé !
Françoise

**J’avais cinq ans quand mon père a commencé à me violer. Ça ne s’est arrêté que quand j’avais plus de trente ans. Je suis tombée deux fois enceinte et il m’a fait avorter. J’ai réussi à porter plainte. Maintenant il est en prison, il a été condamné à dix ans. Aujourd’hui je n’arrive plus à avoir d’enfant.
Marie

**Je suis complètement paniquée, je ne sais pas quoi faire. Je viens d’apprendre que je suis enceinte et ça fait déjà 5 mois. J’avais été violée dans le métro et depuis, ça n’allait plus du tout. J’étais complètement déprimée. Je ne mange plus. Je ne dors plus. Je ne peux plus prendre le métro. On m’a dit qu’il était possible d’avoir une interruption de grossesse dans un hôpital, je crois que je vais le faire.
Karine

*(source: contreleviol .fr)

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* idées reçues sur le viol

1. Le viol est un phénomène marginal Faux, au moins 75 000 femmes sont violées chaque année en France. Autour de nous, parmi nos collègues ou amies, 1 femme sur 10 a subi un viol ou une agression sexuelle ou le subira pendant sa vie. Ce n’est pas un événement isolé mais un phénomène massif.

2. Le viol est le plus souvent commis par un inconnu dans une rue sombre Faux, l’auteur du viol est connu de la victime dans 8 cas sur 10. Dans 50% des cas, il s’agit d’un membre de la famille ou de l’entourage proche. Dans 34% des cas, le viol est commis au sein du couple. 63% des victimes de viols sont des mineur-e-s.

3. Ce sont surtout les filles provocantes, aguicheuses qui sont violées Faux, ce ne sont pas la tenue ou le comportement d’une femme qui provoquent le viol ; c’est le violeur qui est coupable. Les victimes de viol sont très souvent culpabilisées ou ressentent de la honte. C’est une inversion des responsabilités. Ce n’est pas à la victime d’être transformée en accusée. Par ailleurs, les victimes de viol sont très diverses : âge, apparence, origine sociale, etc. Le viol concerne tous les milieux, toutes les cultures.

4. Le viol est largement puni Faux, moins de 2% des violeurs sont condamnés. La législation reconnaît le viol comme un crime depuis seulement 30 ans (loi votée en 1980). Dans les faits, il est peu puni : moins de 10% des victimes portent plainte, du fait de la peur, de la pression de l’entourage, etc. ; la véracité de leurs accusations est souvent mise en doute, et beaucoup de plaintes aboutissent à des non-lieux ; les peines sont rarement lourdes.

5. Le viol est un drame individuel Faux, c’est surtout un problème de société. Le viol est l’expression d’une volonté de contrôle et d’emprise sur le corps des femmes. Il suppose que les femmes sont à la disposition des hommes pour satisfaire des besoins sexuels soi-disant supérieurs ou naturels. Il est le signe d’une société profondément sexiste.

6. Le viol est provoqué par la testostérone Faux, ce n’est pas un comportement naturel, mais culturel. Le viol repose sur le mythe d’une sexualité masculine « irrépressible » et « incontrôlable ». Une sexualité « conquérante » est fortement légitimée dans notre société pour les hommes, tandis que l’expression du désir féminin est limité et encadré par plusieurs formes de réprobation sociale. Certains croient que le viol serait jugulé par la prostitution. Or les pays qui ont autorisé et réglementé la prostitution (Allemagne, Pays-Bas) n’ont pas vu baisser le nombre de viols.

7. Quand une femme dit non, elle pense oui ou peut-être : elle a envie qu’on la force Faux, quand une femme dit non, ce n’est pas oui, c’est non. Une prétendue sexualité féminine passive, soumise aux initiatives des hommes, est également un mythe. L’expression du consentement des deux partenaires est la condition absolue d’une relation sexuelle ; sinon, il s’agit d’un viol. Même si elle est montée boire un verre, même si elle dort dans le même lit, même s’ils ont déjà échangé des caresses… au moment où elle dit non, c’est non.

8. Les hommes aussi sont victimes de viol Vrai, cela peut arriver, mais les victimes sont des femmes dans 9 cas sur 10. Les hommes victimes de viol étaient le plus souvent mineurs au moment des faits. Que les victimes soient des hommes ou des femmes, 99% des agresseurs sont des hommes.

9. Les violeurs sont tous des psychopathes Faux, il n’existe pas de profil-type de violeur. Les viols ne sont pas spécialement le fait de psychopathes, d’alcooliques, d’anormaux ou d’obsédés sexuels. Au contraire, ils sont souvent commis par des hommes parfaitement intégrés socialement, parfois même au-dessus de tout soupçon.

10. Le viol est le résultat de la misère sexuelle Faux, cela n’a rien à voir. Ainsi, les femmes qui n’ont pas de vie sexuelle et en éprouvent de la frustration ne s’autorisent pas pour autant à violer un homme pour satisfaire leurs besoins sexuels. Il s’agit bien d’une tolérance sociale dans un sens et non dans l’autre.

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*Les viols en France…les chiffres

Une enquête de l’INSEE, parue en 2008, révèle qu’au cours des années 2005 et 2006, 496 000 femmes avaient subi un viol, un attouchement sexuel ou une tentative de viol*. L’enquête de l’INSEE n’a interrogé que les femmes de 18 à 59 ans. Ce chiffre ne reflète donc qu’une partie de la réalité. L’enquête ENVEFF (2000) et l’enquête de l’Observatoire National de la délinquance montrent qu’entre 50 000 et 75 000 femmes sont violées chaque année. Dans chacune de ces enquêtes, seules les femmes majeures sont interrogées.

Le Collectif Féministe Contre le Viol, qui gère une plateforme d’appel pour les femmes victimes de viol, estime que 1 victime sur 10 seulement porte plainte. 96 % des auteurs de viol sont de sexe masculin et 91 % des victimes sont de sexe féminin (statistiques concordantes du Ministère de la Justice et du CFCV, Collectif Féministe Contre le Viol).

Selon les statistiques de la permanence téléphonique nationale Viols Femmes Informations :
74 % des viols sont commis par une personne connue de la victime ;
25 % des viols sont commis par un membre de la famille ;
57 % des viols sont commis sur des personnes mineures (filles et garçons) ;
49 % des viols sont commis sans aucune violence physique ;

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*A Avignon, le « violeur des balcons » a récidivé

A Avignon, un violeur récidiviste, toujours introuvable, pourrait avoir fait une nouvelle victime. La police enquête à nouveau.

Au début du mois de septembre, une jeune femme de 25 ans s’est réveillée en pleine nuit, découvrant qu’un homme était assis à califourchon sur elle. Elle a réussit à le faire fuir, et a immédiatement prévenu la police, comme l’indique le journal La Depêche. L’homme était partie par la porte de l’appartement, et a dit à sa victime qu’il était là pour un cambriolage.

Cette agression rappelle aux enquêteurs les crimes de celui qui porte pour l’instant le surnom de « violeur des balcons » : un agresseur qui s’est déjà introduit au domicile de plusieurs victimes au premier étage, en escaladant les façades. Quatre femmes, âgées de 22 à 34 ans, ont déjà été violées entre le 10 août et le 17 octobre 2013, sans doute par le « violeur des balcons ».

Une tentative de viol avait eu lieu, avec les mêmes analogies que les précédents faits, au mois de juin, après une disparition de huit mois. La sûreté départementale et l’antenne de la police judiciaire d’Avignon, appuyées par l’office central de répression des violences aux personnes, prennent cette affaire très au sérieux, et poursuivent leur enquête afin que le ou les coupables de ces agressions soient appréhendés au plus vite, et pour prévenir toute nouvelle récidive.*24matins.fr–publié le 18 septembre 2014 à 10h31

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**revendications

Prise en charge des victimes de viol

Une multiplication et une diffusion des possibilités d’accès à des prises en charge répondant aux attentes et besoins des victimes de viol.

Assurer la sécurité des victimes de viol notamment par l’extension de l’ordonnance de protection instaurée par la loi du 9 juillet 2010 aux victimes de viols et viols aggravés.

Soutenir et développer l’implantation de structures spécialisées en victimologie et psychotraumatisme.

Insérer systématiquement des informations sur les violences sexuelles, leurs répercussions sur la santé, l’existence de prises en charge spécialisées dans les campagnes de prévention réalisées par les pouvoirs publics.

Prévoir une prise en charge des soins à 100 % par la Sécurité sociale pour les victimes même quand elles sont majeures, qu’elles soient prises en charge par des médecins ou par des psychologues spécialement formés à la victimologie.

Actuellement, seuls les soins délivrés par des médecins sont pris en charge par la Sécurité sociale, et ce seulement à hauteur de 65 %. Hors, la prise en charge des victimes de viol peut nécessiter des intervenants formés à la victimologie car ils savent travailler en réseau avec les acteurs de l’accompagnement social et judiciaire (conformément aux recommandations de la conférence nationale de consensus des 6 et 7 novembre 2003 « Les conséquences des maltraitances sexuelles : les reconnaître, les soigner, les prévenir »).

Rappelons que les enfants victimes de violences sexuelles devraient d’ores et déjà bénéficier de cette disposition prévue par la loi du 17 juin 1998, mais qu’en 2010, plus de dix ans après, seuls les auteurs de violences en bénéficient dans le cadre du suivi socio-judiciaire.

Prévention des violences sexuelles

1. Développer la formation des professionnels des secteurs social, judiciaire, médical, éducatif à la prise en compte des violences sexuelles : dépister, prendre en charge, réprimer, prévenir.

Inscrire ces formations dans le cursus initial et les proposer dans des modules actualisés dans la formation continue.

Reconnaître le statut d’organisme formateur aux associations d’écoute et d’accueil des femmes victimes de violence sexuelle et les inclure dans les équipes pédagogiques de formation professionnelle. Prévoir des moyens.

2. Développer les campagnes d’information et de prévention des violences sexuelles en direction du grand public notamment à l’école, dès le plus jeune âge.

Education au respect de son corps et au respect de l’autre, à l’égalité entre filles et garçons, femmes et hommes, à la connaissance des interdits, à la résolution non-violente des conflits. Au moyen d’outils pédagogiques adaptés aux divers publics, ces actions doivent se développer du début de la scolarité jusqu’à l’université.

Procédure judiciaire

Juger les infractions de nature criminelle exclusivement en Cour d’assises.

Un juge d’instruction peut demander à requalifier le crime de viol (passible des Assises) en délit d’agression sexuelle qui sera jugé par un tribunal correctionnel. Les conséquences de cette « requalification » sont nombreuses.

Au tribunal correctionnel : le temps imparti à l’audience ne permet pas de faire entendre l’ensemble des témoins concernés (enquêteur, entourage de la victime, confidents qui ont reçu sa parole, experts), la procédure interdit d’employer le terme de viol (vu que le viol est un crime le tribunal serait « incompétent ») on ne parle que d’ « agression sexuelle sans pénétration », le délai de prescription est modifié (pour les victimes majeures : crime de viol, prescription : 10 ans, pour délit d’agression sexuelle sans pénétration, prescription  : 3 ans).

Aux Assises, une affaire de viol est traitée en autant d’audiences qu’il faudra pour entendre l’ensemble des parties prenantes, en plusieurs jours, parfois plusieurs semaines. Tout le temps nécessaire est laissé à l’expression orale de chaque partie et de ses conseils.Le viol est un crime et en tant que tel, il doit être jugé par une Cour d’assises.

Enquête systématique à la suite des plaintes pour crimes ou délits contre la personne.

Une première étape d’enquête est réalisée par le service de police ou gendarmerie à partir des éléments présents dans la déposition de la victime (interpellation, garde à vue et audition du mis en cause, recueil d’éléments probatoires…).

Les données fournies par l’enquête de police sont transmises au procureur de la République. Le procureur dispose de « l’opportunité des poursuites » ; c’est lui qui décide de la suite à donner à une plainte : classement sans suite (c’est-à-dire arrêter toute recherche et/ou poursuite), ouverture d’une information judiciaire avec désignation d’un juge d’instruction pour une infraction criminelle.

En matière de crimes ou délits contre la personne, nous demandons que l’enquête ne se limite pas aux seuls éléments de la première enquête policière.

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**Comprendre la loi

Le viol est un crimeArticle 222.23 du Code pénal (loi du 22 juillet 1992)
« Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol. »

Chaque terme a son importance :

- pénétration sexuelle :
c’est ce qui distingue le viol des autres agressions sexuelles ;
- de quelque nature qu’il soit : ceci désigne toute pénétration sexuelle, qu’elle soit vaginale, anale (sodomie) ou orale (fellation), ou pénétration sexuelle par la main ou des objets ;
-  commis sur la personne d’autrui : ceci désigne soit une femme, soit un homme, soit un enfant – fille ou garçon – que la victime soit connue ou inconnue de l’agresseur ; ce dernier peut être extérieur à la famille ou lui appartenir (viol incestueux, viol conjugal) ;
- par violence, contrainte, menace ou surprise : ceci désigne les moyens employés par l’agresseur pour imposer sa volonté, au mépris du refus ou de l’âge de la victime.

Les autres agressions sexuelles sont des délits

Articles 222.22 et 222.27 du Code pénal
« Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise. »
- Ce sont des atteintes sexuelles autres que le viol, commises avec violence, contrainte, menace ou surprise. Elles ne sont pas toutes définies avec précision dans le Code pénal, mais regroupent par exemple les attouchements, la masturbation imposée, la prise de photos ou le visionnage pornographique sous contrainte, que ce soient des actes que l’agresseur pratique sur sa victime ou bien qu’il contraigne sa victime à les pratiquer sur lui.
-  L’exhibition sexuelle, imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public, est également un délit d’agression sexuelle.
-  Le harcèlement sexuel : le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni par la loi.

Quant au délit de bizutage il se définit par le fait d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants, notamment à connotation sexuelle, lors de manifestations ou de réunions liées au milieu scolaire et socio-éducatif : par exemple, mettre en scène ou représenter un rapport sexuel, une fellation, un acte de sodomie, etc. Selon la loi n° 98-468 du 17 juin 1998, le bizutage est un délit, même en l’absence d’atteintes sexuelles caractérisées.

Les atteintes sexuelles sans violence sur mineur(e)s sont également des délits
C’est le fait « par un majeur, d’exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur la personne d’un mineur de moins de quinze ans. » (Article 227.25 du Code pénal)

Le délit d’atteinte sexuelle est constitué même s’il est commis sans violence, contrainte, menace ni surprise, dès lors que la victime est un(e) mineur(e) de moins de 15 ans.

Si la victime est âgée de 15 à 18 ans, le délit d’atteinte sexuelle n’est constitué que lorsqu’il est commis par un ascendant, une personne ayant autorité ou abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions (Art. 227.27 C.P).

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« La honte doit changer de camp »: grande campagne nationale contre le viol

PARIS — Trente ans après la loi de 1980 renforçant la répression pénale du viol, 75.000 femmes sont victimes de ce crime chaque année en France, soit une toutes les sept minutes, affirment trois associations qui ont lancé mercredi une campagne nationale contre le viol.

Une pétition lancée sur internet et déjà signée par de nombreuses personnalités féminines, dont Gisèle Halimi, la célèbre avocate de la cause des femmes, affirme vouloir « libérer la parole des femmes victimes de viol et d’agressions sexuelles pour qu’elles ne se sentent plus coupables ou honteuses ».

D’où le slogan décliné en 10.000 affiches et 150.000 tracts « Viol, la honte doit changer de camp » accompagné d’une photo très explicite d’agression sexuelle contre une femme. Un court métrage est également diffusé, notamment, sur le site www.contreleviol.fr de la campagne nationale montrant que le viol a lieu à la maison ou au bureau, et moins dans la rue.

« L’objectif de la campagne c’est de dire +stop, ça suffit, y en a marre, il y a 75.000 femmes qui sont violées chaque année en France, c’est 200 femmes par jour, un viol toutes les sept minutes et on a le sentiment que personne ne considère cela comme un problème majeur dans la société », déplore Caroline De Haas, porte-parole de « Osez le féminisme ! », une des trois associations organisatrices avec le Collectif féministe contre le viol et Mix-Cité.

« Il y a aucun autre problème de société d’une telle ampleur qui ne soit pas traité aujourd’hui », ajoute-t-elle, estimant que cela reste encore un tabou parce que « il y a une sorte d’imaginaire collectif autour du viol où on considère que c’est quand même un peu de la faute des femmes ».

Réfutant le stéréotype véhiculé du viol commis sur une jeune fille en mini-jupe et décolleté dans une rue sombre, la campagne remet en cause un certain nombre d’idées reçues.

Elle fait valoir que dans huit cas sur 10 l’agresseur est connu de la victime, et qu’il vient dans 50% des cas de la famille ou de l’entourage proche. Un tiers des viols est un viol au sein du couple.

Autres idées remises en cause: le viol n’est pas naturel mais culturel. Il « repose sur le mythe d’une sexualité masculine +irrépressible+ et +incontrôlable+ ». Il n’est pas commis uniquement par des psychopathes et n’est pas le résultat de la misère sociale, puisqu’il touche tous les milieux, font valoir les associations.

Leurs revendications portent notamment sur des moyens financiers supplémentaires pour la prise en charge des victimes et une véritable information sexuelle à l’école, adaptée à chaque niveau scolaire.

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2 réponses à “témoignages sur le viol”

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