Ce que veulent les femmes en 2010

       « notre identité de femme en 2010″

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*30 ans déjà que Madame Figaro et ses lectrices avancent ensemble, portées par les évolutions du monde qui les entoure. Signe de cette complicité : elles ont été nombreuses à répondre l’appel à témoins. Entourées de huit personnalités expertes en leur domaine, six d’entre elles sont venues débattre, pendant huit heures non-stop d’une journée d’octobre, de ce qui compose « notre identité de femme en 2010″ et de ce qui reste à conquérir. Les constats fusent, entre ambitions et cas de conscience. Mitraillé d’injonctions contradictoires, on finit par douter. Comment faire aimer l’école à ses enfants sans les stresser ? Affirmer son autorité sans les brimer ? Conversation sans concession avec Claude Halmos et Patrice Corre.Madame Figaro. – Avoir pour ambition que nos enfants soient heureux et épanouis à l’école, est-ce naïf, voire dépassé aujourd’hui ?
Claude Halmos. – Heureux et épanouis : je dirais d’emblée que voilà deux mots pièges! Car un enfant heureux à l’école n’y est pas heureux tout le temps : il doit travailler, apprendre ses tables de multiplication, obéir à des lois. Ce n’est pas une partie de plaisir. Et ce n’est qu’après cet effort qu’il obtiendra satisfaction, au bout d’un chemin qu’il y aura épanouissement.
Patrice Corre. – J’adhère à cent pour cent à vos propos. À l’école, le bonheur n’est pas un état béat, offert, mais bien conquis. L’enfant y apprend à entrer droit dans la vie pour affronter les difficultés de manière autonome et responsable.
Gaëlle. – J’ai connu le plaisir d’apprendre, mais je n’ai pas été heureuse à l’école. Car aucun prof ne m’a aidée. C’est ma mère qui m’a poussée. Or les enseignants doivent aussi donner à nos enfants le goût d’apprendre.

**LES EXPERTS

Patrice Corre
Proviseur du lycée Henri-IV à Paris, Patrice Corre a, parmi les premiers, ouvert son établissement aux élèves de banlieue. En 2006, il crée une classe de préparation aux études supérieures (CPES), qui aide des boursiers à rattraper le niveau des élèves de prépa. Soucieux de défendre une vision de l’excellence qui s’ouvre à la mixité sociale et culturelle, il milite aussi pour une participation financière des entreprises dans la vie de l’école.

Claude Halmos
Psychanalyste à Paris, Claude Halmos est spécialiste de l’enfance, de l’adolescence et de la maltraitance. Chroniqueuse sur France Info, collaboratrice à Psychologies et au Monde, elle fut l’une des premières à vulgariser à la télévision (sur Canal +) une parole analytique érudite. Elle a publié des essais phares, dont Grandir (en Livre de Poche) et Pourquoi l’amour ne suffit pas (NiL éditions).

 **Conversation sans concession avec Claude Halmos et Patrice CorreJustement, Patrice Corre, qu’est-ce qu’un professeur qui aide ses élèves ?
Patrice Corre. – Quelqu’un qui leur donne confiance en leurs capacités pour l’avenir. On se souvient des profs qui ont été exigeants et encourageants. Hélas, notre système pointe trop souvent la faute, pas assez la réussite. L’erreur fait partie du parcours!
Raniya. – L’école joue un rôle très fort sur le plan narcissique. En troisième, issue d’un milieu ouvrier et d’origine algérienne, j’étais une bonne élève. Le conseiller d’orientation me convoque pour me dire : « Il vous faut envisager plutôt un cycle court. » J’ai refusé. Très violent, cet épisode aurait pu me détruire. J’en ai fait un moteur.
Claude Halmos. – Vous avez pu réagir, Raniya, parce que votre famille vous avait donné une bonne image de vous-même. Ce n’est pas toujours le cas. Pour revenir à l’erreur, elle porte atteinte à la toute-puissance de l’enfant, et il se sent humilié. Il faut donc lui expliquer que tout apprentissage suppose des échecs, que ce n’est pas parce qu’il est bête qu’il échoue.
Les parents sont-ils tétanisés par l’échec ?
Patrice Corre. – À partir de la classe de seconde, je donne directement aux élèves leur bulletin. Et je suis parfois confronté à des parents qui outrepassent leur rôle. Certains arrivent dans mon bureau avec un paquet de tests, et disent : « Mon fils doit faire S et des études d’ingénieur. » Je regarde la tête de l’intéressé… qui n’est pas intéressé. Un enfant n’est pas un Q.I. Il faut projeter ses ambitions sur ses enfants, mais ne pas les leur imposer. Cela génère beaucoup d’angoisse.
Fanny. – Je me demande dans quelle mesure le mal-être des enfants à l’école ne retranscrit pas le mal-être des parents dans l’entreprise. Quand on se lève le matin pour un job que l’on n’aime pas, comment inciter son enfant à aimer l’école ?
Claude Halmos. – Bien sûr, la souffrance à l’école fait écho à la souffrance au travail. Dès 1984, dans l’Image inconsciente du corps, Dolto explique que le fait de ne pas trouver de travail coupe les ailes des jeunes adultes. Parce qu’ils retournent à la maison avec papa et maman, comme des petits, et que cette situation les infantilise.
Nathalie. – À 27 ans, bientôt mariée, malgré de bons diplômes, j’enchaîne des contrats précaires. Et je ne peux pas envisager d’être mère tant que je suis en recherche d’emploi, il n’est pas question pour moi d’offrir à mon futur enfant une telle image !
Claude Halmos. – Vos propos sont à la fois extraordinaires et terribles ! Vous êtes jeune, intelligente, battante. Et malgré cela, le fait d’être sans emploi détruit l’image que vous avez de vous-même. Imaginez la culpabilité de parents plus âgés au chômage, et les dégâts sur leurs enfants ! Nos dirigeants devraient entendre cela.

 **Raniya Gourari
Fille d’immigrés algériens, Raniya fut costumière (Canal +), puis styliste dans la pub (BETC Euro RSCG). Aujourd’hui iconographe (agence Séquoia), cette pétulante quadra divorcée habite Malakoff, où elle élève seule son garçon de 14 ans, et vient d’ouvrir son cabinet de naturopathe.
**Gaëlle Rousseau
Gaëlle, 39 ans, a le goût de la liberté chevillé au corps. Consultante chez Xerox, Ernst &Young et Peugeot, elle a quitté Paris pour restaurer un château à Nevers et élever ses enfants (6 et 10 ans). Aujourd’hui divorcée, salariée de la chambre des métiers de Nevers, elle lance aussi son site de stylisme en ligne (www.dressbook.fr).

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 Éducation, autorité… faut-il tout réinventer ?Comment les unes et les autres abordez-vous la question de l’autorité ?
Isabelle. – J’ai un fils pharmacien qui, à 37 ans, me reproche de ne pas avoir été assez sévère ! « J’aurais pu faire plus ! » me dit-il. Avec ses enfants, il est très exigeant.
Fanny. – Dans notre famille recomposée, la figure autoritaire, c’est moi. Avec mes trois beaux-enfants, j’y arrive facilement. Avec mon fils de 18 mois, c’est plus difficile. Mes sentiments brouillent ma perception.
Raniya. – Avec un fils de 14 ans que j’élève seul, très tôt, j’ai su que l’autorité faisait partie de mon amour.
Gaëlle. – Moi, je déteste hausser la voix sur mes enfants, je n’aime pas être cette personne qui dit « Range ta chambre », « Fais tes devoirs ». Ce n’est pas moi, ça…
Raniya. – Mais je ne crie pas. Quand mon fils dépasse les limites, il le sent à mon attitude, à mon regard.
Claude Halmos. – Avoir de l’autorité, ce n’est pas être autoritaire. Ne confondons pas. Il s’agit d’expliquer les règles à son enfant, des règles auxquelles nous-mêmes sommes soumis, et de lui imposer de les respecter, ce qui demande de la fermeté. Interdire se disait autrefois « entre-dire » : c’est ce que les humains se disaient entre eux pour que la vie en commun soit possible.
Avez-vous d’ailleurs le sentiment de disposer d’assez de temps pour vos enfants ?
Fanny. – Pendant des mois, j’ai enchaîné sortie de crèche, bain, préparation du repas, géré l’intendance au pas de course, obnubilée par un rôle de femme parfaite qui conjugue travail et vie privée. Et mon fils s’est mis à devenir agité. Désormais, je lui donne le temps dont il a besoin. Et tant pis si on mange des surgelés.
Claude Halmos. – Une chose me frappe : depuis le début de cette table ronde, personne n’a dit un mot des pères ! Ces messieurs ont-ils disparu de la planète ?
Raniya. – Sans doute que les pères ne s’impliquent pas de la même manière… Nous avons tellement peur d’être défaillantes dans notre rôle de mère que nous sommes plus angoissées.
Claude Halmos. – Nous y voilà. On a d’un côté l’image de la mère parfaite, qui n’a pas de vie en dehors de son enfant. Cette image pèse sur les femmes et les culpabilise. Et de l’autre, l’enfant qui veut rester le petit roi de sa maman et profite de sa culpabilité. Bonjour les dégâts ! Voilà pourquoi il est important que le père intervienne, pour signifier à son enfant qu’il ne le laissera pas transformer sa mère en esclave. Se prendre pour le chef de la maison, ça empêche de grandir .

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**Travail : en finir avec les inégalités?Comment mener à bien ambition et carrière quand on assume la gestion du quotidien ? Réponses contrastées avec Brigitte Grésy et Véronique Morali.Paradoxe n° 1 : comment s’autoriser une ambition quand on s’en réfère toujours aux limites du quotidien ?
À sonder nos lectrices, une première surprise : elles parlent immédiatement des obstacles qui les bloquent (congé de maternité et garde des enfants).
Pour Nathalie, ambition et femme sont clairement antinomiques : « En recherche d’emploi, je fais face à des questions sur ma vie personnelle qu’on ne poserait pas à un homme. Comme savoir si, bientôt mariée, j’entends aussi être une future mère. »
Pour Gaëlle, « jusqu’au premier enfant, tout s’est passé à peu près bien. Puis manager d’une équipe de jeunes, j’ai entendu : « C’est inadmissible que tu partes avant ton équipe. » Mais dans mon équipe, personne n’a d’enfant ! Alors le soir, quand votre enfant est fiévreux, vous pensez : oh non, pas ça ! Et hop ! une dose d’Efferalgan, espérant qu’il tiendra le coup à la crèche le lendemain. »
Véronique Morali : « Je suis frappée de constater qu’à la question de l’ambition les réponses pointent des faits concrets a priori très limitatifs. Personne ne parle de ses perspectives, de ses rêves… »
Brigitte Grésy : « On peut aussi accepter que l’ambition prenne des formes différentes selon les âges. J’ai moi-même connu une première période de construction, où j’ai accumulé les diplômes pour me protéger, me légitimer. Vers 35-40 ans, j’ai enchaîné avec une phase de projection : j’ai voulu occuper des terrains inexplorés, où les femmes n’allaient pas. Maintenant, mon ambition est de transmettre aux jeunes femmes. Je voudrais leur dire : bien sûr que si, ambition et mère, c’est compatible ! »

Paradoxe n° 2 : les femmes veulent que l’entreprise évolue, mais bougent-elles suffisamment en son sein ?
Karine raconte qu’en banque d’affaires elle travaillait « dix-huit heures par jour, y compris le week-end, parce que j’avais 23 ans et pas d’enfant. Aujourd’hui, je verrais les choses un peu différemment, mais j’ai envie de dire que prendre des responsabilités reste possible ».
Raniya pense que « la majorité des femmes s’autocensure ».
Véronique Morali : « Le piège serait de croire que l’on va échapper à tout cela en créant sa propre structure. C’est souvent un mirage ! Il faut être configuré mentalement pour monter son projet, c’est très dur. L’essentiel du travail reste dans les entreprises, c’est aussi aux femmes de s’organiser, de se structurer, de mettre toute leur énergie à faire bouger les limites. Oui, il y a des choix à faire, des arbitrages. »
Brigitte Grésy : « Je pense qu’il ne faut pas nier les problèmes concrets. Quand je sortais du cabinet ministériel à 22 heures, je pleurais dans ma voiture parce que je n’avais pas vu mes enfants. Dans un projet de vie, l’équation à mettre sur la table n’est pas femme = mère = enfants = freins en tout genre, mais : femme = homme. Ça signifie que s’il y a des enfants, la parentalité se partage. II est important de choisir un bon compagnon de vie ! Et d’exiger des services aux familles, des places de crèche en entreprise, avec des horaires atypiques. C’est un combat politique essentiel.

 LES EXPERTSVéronique Morali
Vice-Présidente de Fimalac (services financiers), cette énarque est au cœur de la bataille professionnelle des femmes. Fondatrice du site Terrafemina, Véronique Morali a mis en place le réseau Force Femmes, qui soutient les plus de 45 ans au chômage dans la recherche d’un emploi. Elle pilote la déclinaison française du réseau Women Corporate Directors, dont l’objectif est d’aider les dirigeantes à intégrer les conseils d’administration des grandes entreprises.
Brigitte Grésy
Inspectrices générales des affaires sociales, énarque et agrégée de grammaire, Brigitte Grésy est l’auteur du rapport sur l’égalité professionnelle qui a nourri la réflexion concernant la loi sur la parité, rapporteur de la commission « Image des femmes dans les médias », et auteur de Petit Traité contre le sexisme ordinaire (éditions Albin Michel).

Fanny Baldi
Ancienne RP chez Vuitton, cette Parisienne, consultante en développement commercial, est, à 36 ans, mère d’un bébé de 18 mois et belle-mère de trois enfants. Elle jongle avec ses différentes casquettes et tente d’inventer chaque jour de nouvelles règles : les siennes.

Karine Rougé
Directrice de cabinet dans un grand groupe industriel, cette Parisienne de 29 ans, diplômée de HEC, a travaillé pour Goldman Sachs en Afrique du Sud, œuvré aussi pour soutenir le travail des femmes défavorisées. Une intelligence affûtée alliée au souci des autres.

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**Réponses contrastées avec Brigitte Grésy et Véronique Morali.Paradoxe n° 3 : peut-on vouloir le partage des tâches sans lâcher sur la figure de la mère parfaite ? Les femmes seraient-elles au sein du couple championnes des contraintes qu’elles s’imposent elles-mêmes ?
Isabelle raconte s’être mariée à 18 ans « à un mari macho qui ne souhaitait pas que je travaille. Mère à 20 ans, j’ai eu la stupidité de l’écouter. Il a fallu que je divorce pour reprendre ma carrière ».
Fanny reconnaît que son compagnon « voudrait jouer pleinement son rôle de père. Or j’ai tendance à le protéger, un peu comme une petite chose ».
Véronique Morali : « Même lorsqu’elles ont des compagnons formidables, il y a chez les femmes la volonté de tout faire par elles-mêmes. Un mélange curieux de culpabilité… et d’un sentiment de supériorité. Alors arrêtons de vouloir être des mères parfaites. Et demandons-nous : n’est-ce pas une excuse ? Même quand elles n’ont plus d’enfant en bas âge, les femmes restent souvent coincées sur les questions de carrière. Elles s’interrogent : “Est-ce que je prends des risques ?” Or il faut plus de femmes aux postes de pouvoir, on a besoin d’elles pour changer les choses. »
Brigitte Grésy : « Il y a un petit miracle des femmes françaises : elles ont à la fois un taux d’activité hallucinant et le taux de fécondité le plus fort d’Europe. Il faut apprendre dès l’enfance aux filles à déléguer les tâches ménagères. Moi, à la maison, je n’arrête pas de dire que je ne sais rien faire. J’organise mon incompétence domestique. »
Paradoxe n° 4 : comment revendiquer farouchement son autonomie et réussir à vivre à deux ?
Construire l’égalité des femmes au travail, c’est l’imaginer avec les hommes, pas contre eux.
Raniya a été élevée par une mère qui l’a toujours « encouragée à être indépendante, ce qui n’a pas que des aspects positifs. Les hommes, pour elle, étaient accessoires, elle s’est toujours considérée plus forte qu’eux ».
Gaëlle avoue que son compagnon aime en elle « la femme dynamique ; il me pousse à être plus indépendante, alors que pour une fois j’ai vraiment envie de me poser dans une relation de couple ».
Véronique Morali : « En vous écoutant, je m’interroge sur le discours qu’on tient volontiers à nos filles : “Sois indépendante, ne compte que sur toi-même.” On ne dit leur dit pas assez : “Appuie-toi sur ton mari, il peut t’aider.” »
Brigitte Grésy : « C’est vrai. Il ne faut pas non plus jouer à la cow-girl solitaire. Une étude suisse a montré récemment que plus il y a négociation dans le couple, plus ils durent, parce qu’il y a de l’avenir, du désir, du projet. » 

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**Bouger, séduire, aimer… et tout ça sans vieillir ?Quelle saison amoureuse pour nos lectrices ? Discussion-pulsation avec deux grandes sentimentales, Hapsatou Sy et Michèle reiser.Madame Figaro. – L’amour est-il une priorité pour vous ?
Nathalie. – Oui, à 200 % !
Karine. – Je suis fiancée avec un homme depuis trois ans. C’est lui ma priorité.
Raniya. – Oui, si c’est l’amour sous toutes ses formes. Pour un homme, un père, une mère, un enfant. C’est ce qui fait de moi un être humain.
Fanny. – J’aime bien qu’on m’aime… (Rires.) J’aime aimer aussi.
Gaëlle. – Il y a deux ans, j’ai connu l’amour, passionnel, cannibale. Ça m’a débordée. Je ne contrôlais plus rien, je ne pensais qu’à lui.
J’ai osé des choses que je n’avais jamais osées.
(Toutes). – Comme quoi ?
Gaëlle. – Tout quitter, sauf mes enfants. Mon mari, mon entreprise, le château que j’habitais…
Karine. – L’amour est la plus grande énergie que j’ai reçue. La rencontre crée un mythe, mais elle compte moins que les années qui suivent, et la façon dont l’amour nous change.
Isabelle. – À tout âge, ce sentiment amoureux reste quelque chose de merveilleux. Divorcée depuis vingt-deux ans, j’ai déjà été demandée en mariage… cinq fois. Je ne désespère pas de trouver l’ami-amant qui deviendra un complice.
Hapsatou Sy. – L’amour est vital, indispensable, comme le sang. Même s’il ne dure pas, c’est génial à vivre parce qu’il donne de l’oxygène. J’ajoute qu’il ne faut pas perdre de vue l’amour de soi. Dans mes espaces de beauté entrent des femmes poussées par un mari, d’autres parce qu’elles rêvent de plaire encore davantage, d’autres enfin qui se réveillent après s’être oubliées quelque temps et qui veulent se retrouver.
Michèle Reiser. – Je pense que l’amour reste le sel de la vie, même si vous avez dit, Gaëlle, que parfois il cannibalisait. Le sentiment amoureux rend créatif, il nous conduit à découvrir chez nous des zones que l’on n’imaginait pas. C’est très lumineux, ça. 

 LES EXPERTSHapsatou Sy
Fondatrice de Ethnicia, espace de beauté pour les femmes du monde entier (le premier sur l’île Saint-Louis), Hapsatou Sy a grandi en région parisienne. Aujourd’hui, à 29 ans, elle inaugure son cinquième établissement et dirige 50 salariés.
Michèle Reiser
Romancière, réalisatrice de documentaires, membre du CSA, elle préside la Commission de l’image de la femme dans les Médias… et revendique un goût immodéré pour le romanesque.

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**Discussion-pulsation avec deux grandes sentimentales, Hapsatou Sy et Michèle ReiserL’homme de sa vie : cette expression vous intéresse-t-elle ?
Isabelle. – La vie se charge de nous apprendre qu’il n’existe pas. Mais tant mieux si l’on peut aimer plusieurs fois.
Nathalie. – Je préfère penser à l’homme de ma vie à l’instant T.
Fanny. – J’y crois plus que jamais !
Les femmes sont-elles libres d’aimer qui et comme elles veulent ?
Michèle Reiser. – Il n’y a plus de normes, d’interdits ou de tabous. Certaines femmes sont monogames, d’autres aiment plusieurs hommes. L’amour est éminemment intime, secret et personnel.
Hapsatou Sy. – Le jour où j’ai commencé à aimer, j’ai découvert le sens du mot « liberté ».
Gaëlle. – Moi qui suis une femme indépendante, dans la passion, je suis devenue dépendante. Je n’étais plus totalement libre…
Michèle Reiser. – Il faut être très libre en soi pour oser vivre ses sentiments, et du courage pour s’abandonner à l’autre.
Gaëlle. – On est quand même dans une société du jeunisme !
Michèle Reiser. – À partir d’un certain âge, le meilleur des liftings, c’est ce que raconte un visage. Et les rides en font partie.

 Isabelle Nicod
Cadre dans un office HLM, 57 ans, Isabelle vit à Villeneuve-d’Asq, dans le Nord de la France. Divorcée, mère et grand-mère (elle a quatre petits-fils), elle s’occupe aussi de sa mère âgée de 85 ans. Demandée cinq fois en mariage en vingt ans, elle tente d’ajuster romantisme et réalisme.
Nathalie Tartrat
Bardée de diplômes à 27 ans, (maîtrise d’histoire, d’anthropologie, master en marketing), confrontée aux difficultés de sa génération, Nathalie, qui vit à Suresnes, bataille pour décrocher un CDI. Lucide et tenace, elle dégage une énergie contagieuse.
 **Comment être soi au milieu des autres ?Assurer la conférence call, la réunion de parents d’élèves, le repas… Quand prend-on du temps pour soi ? Morceaux choisis avec Véronique Olmi et Serge Hefez.1. « Parfois je me sauve »
Fanny. – Être une femme, une épouse, une mère, une belle-mère, une consultante… : j’avoue, parfois je me sauve, j’ai besoin de n’avoir la responsabilité que de moi-même…
Véronique Olmi. – Je l’aime beaucoup, votre verbe : se sauver. Dans mon dernier roman, le Premier Amour, l’héroïne a trois enfants qui ont grandi, elle est la fille de parents vieillissants, la sœur d’une femme fragile placée en institution, l’épouse d’un homme qui partage sa vie depuis vingt-cinq ans… Or elle s’échappe précisément pour lâcher ces rôles qui nous tiennent. Dire : je peux avoir envie de danser, de chanter, d’être innocente… Lâcher ces rôles, c’est prendre le risque d’être taxée d’égoïste. Moi, au contraire, je pense que ces moments-là sont précieux car ils nous recentrent, et on repart mieux vers les autres.

2. « À quel moment est-on soi ? »
Serge Hefez. – Dans la formule « prendre du temps pour soi », le mot « temps » interroge moins que le mot « soi ». À quel moment est-on soi? Cette quête de temps pour soi est celle d’un temps pour être. Le psychanalyste Donald Winnicott, dont l’un des thèmes majeurs est celui de l’être aux prises avec la question de son identité, insistait sur le fait qu’aucun sentiment du soi ne peut s’édifier sans s’appuyer sur le sentiment d’être, le « sense of being ».
Gaëlle. – Quand je cherche à faire des échappées, je cherche à trouver mon plaisir. Par exemple : c’était compliqué de venir à cette journée organisée par Madame Figaro, j’avais une formation à mener qu’il m’a fallu reporter, mon fils pleurait… Mais j’ai pris le train et je suis là, parce que ça me plaît.
Nathalie. – Pour moi, le temps pour soi…, c’est du marketing. On est avec soi tout le temps ! Le plus intime selon moi réside peut-être dans quelque chose de très sensoriel, un arôme par exemple, des moments qui viennent à moi et me happent. Qui deviennent moi.
Véronique Olmi. – Les moments où je suis le plus présente au monde sont ceux qui ne sont pas amortis. Je regarde le ciel, et ça me va. Un autre espace temps plus vaste, plus étale, un temps lent et sans paroles survient alors. Ça peut être une excitation, une ébullition presque pulsionnelle, une mise en danger. Aller là où je ne suis jamais allée.
Serge Hefez. – C’est paradoxal : le temps pour soi est à la fois un temps d’absorption où l’on prendrait volontiers tout, et un temps où l’on perd aussi la conscience de soi. Un temps dilaté.
Isabelle. – C’est enfin un moment où l’on n’est pas obligée de…

3. Qu’est-ce que je vaux ?
Serge Hefez. – J’entends beaucoup en consultation la difficulté à être soi dès que l’on vit en couple. Les couples sont habités par une sorte de compteur, immense machine à calculer inconsciente qui traduit ce que l’autre donne ou ne donne pas. Cela vaut pour le quotidien (est-ce qu’aller chercher l’enfant à l’école vaut une heure de vaisselle ?), comme pour des données plus affectives (est-ce qu’un bouquet vaut un baiser dans le cou ?). Chacun s’interroge : est-ce que nos comptes sont à jour ? Autrement dit : qu’est-ce que je vaux pour l’autre ?
Véronique Olmi. – Attendre tout de l’autre : ce fantasme a fait tant de mal sur des générations… L’autre ne peut pas remplir tous nos manques. L’important est de se demander à quoi est-ce que je tiens vraiment.

 LES EXPERTSSerge Hefez
Psychiatre et psychanalyste, responsable de l’unité de thérapie familiale du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, Serge Hefez a beaucoup travaillé et écrit sur le couple et sur la vie familiale. Il publie aujourd’hui Scènes de la vie conjugale (éd. Fayard).
Véronique Olmi
Véronique Olmi scrute dans ses romans l’essence et l’existence féminines. Dans son dernier livre, le Premier Amour (éd. Grasset), une femme part (s’enfuit ?) le soir de son 25e anniversaire de mariage, sur un coup de tête, jusqu’en Italie pour revoir l’amour de ses 16 ans.

 (Madame Figaro-le 13.11.2010 , par Viviane Chocas, Dalila Kerchouche et Morgane Miel )

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* Le mode d’emploi des tendances du moment, les codes couleur des make-up artists, l’expertise d’un pro pour se maquiller selon l’âge, les recettes éprouvées des businesswomen pour garder une mine naturellement éclatante…On vous dévoile les meilleurs coups de bluff et toutes les nuances du printemps-été 2009…

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ON VEUT QU’IL SOIT NATUREL
« Il n’y a pas de fin à l’attente ! », lance Nicolas Degennes, directeur artistique du maquillage Givenchy. « Le make-up d’hier, il fallait que ça se voie. Aujourd’hui, il ne doit plus se voir, résume-t-il. Or 50 à 60 % des femmes ne se maquillent pas ou peu, car elles ont peur de se “transformer”. Elles attendent donc des produits légers, des matières impalpables, indiscernables… »

ON VEUT DE L’ÉCLAT TOUS LES JOURS
Alors que les Américaines mettent du fond de teint compact en quantité importante pour se protéger des UV, les Françaises veulent du naturel « bonne mine », à l’aide de textures et de pigments surfins. Et si beaucoup ont essayé les poudres minérales pures, nombreuses sont celles qui les trouvent encore trop compliquées à appliquer, explique une vendeuse de grand magasin. « Les femmes souhaitent reproduire le réel, mais en mieux et en transparence », explique Lætitia Donatone, chef de produits Nivea Make-Up. Comment ? Avec des pigments et des actifs capables d’insuffler éclat et fraîcheur : flouteurs optiques, microsphères d’acide hyaluronique repulpant, particules minérales encore plus fines…

ON VEUT QU’IL RESTE FIDÈLE
« Les femmes désirent aussi un make-up fiable et longue tenue », ajoute Lætitia Donatone. Vive les gloss, rouges à lèvres, fonds de teint, mascaras, fards waterproof ou longue durée qui ne nous quittent pas, car dans notre emploi du temps déjà chargé, impossible de rester rivée à son miroir de sac pour vérifier sa tenue. On ne tolère plus les bavures : interdit de filer, de migrer dans les sillons, de couler, de virer ! « C’est vrai, il y a une attente forte ! Les femmes veulent rester impeccables du matin jusqu’au soir, voire toute la soirée. Mais pas plus ! Car elles aiment aussi se démaquiller facilement », ajoute Sylvie Guichard, responsable de la communication maquillage L’Oréal.

ON VEUT QU’IL SOIT EXPERT EN LA MATIÈRE
C’est-à-dire qu’il combine une application facile et un résultat parfait, digne d’un pro. À la rescousse, les nombreux pinceaux et les nouveaux applicateurs qui facilitent le geste : on a ainsi adopté le pinceau plat en Nylon pour lisser anticernes et fond de teint (l’accessoire best-seller chez Sephora), délaissé la houppette pour le gros pinceau, et on a arrêté de trembler devant l’eye-liner.

ON VEUT QU’IL NOUS ÉPATE
« Il faut bousculer les idées pour changer les habitudes », explique Nicolas Degennes, qui a fait du mascara Phenomen’Eyes le n° 1 de l’hiver. Avec son goupillon hérissé de picots en élastomère qui se faufilent entre les cils, il change des brosses « sapin » qui existent depuis… soixante-dix ans ! « Son succès est dû à la curiosité des consommatrices qui avaient envie de réapprendre un nouveau geste. »

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 * Fabuleuses à tout àge

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Ce que l’on peut se permettre à 20 ans est juste impossible à 40. Olivier Échaudemaison, Creative Director Guerlain, nous donne les bons conseils pour ne pas être à côté de la plaque.

À 20 ans, tout est acceptable, trop d’eye-liner, trop de paillettes, trop de gloss, trop de bronzage… On pousse à fond l’excentricité, on s’amuse avec les eye-liners pailletés, on joue sur le smoky. Ça ne dure qu’un temps, donc autant en profiter.À 30 ans, on commence à avoir du style. On sait éviter les erreurs et les excès. Ce qui prime : un joli teint naturel, comme chez les mannequins qui jouent le nude à fond. Pour le smoky, on est raisonnable : uniquement le soir. Les lèvres restent transparentes avec des textures fondantes, légèrement colorées.À 40 ans, il faut jouer l’équilibre entre les yeux et la bouche, l’un ou l’autre, mais pas les deux, sinon le visage est bancal. Sachez qu’il n’est plus question de sortir le visage nu ; le fond de teint n’est pas encore obligatoire mais recommandé, léger et transparent, et pour celles qui n’aiment pas, les poudres minérales feront l’affaire. On n’oublie pas le correcteur pour cacher les rougeurs, et on joue avec l’eye-liner à condition qu’il ne soit pas noir. Le gloss, c’est terminé ; la bouche est colorée avec des rouges transparents.À 50 ans, on allège les yeux. On choisit des mauves, des gris perle, tout ce qui est en demi-teinte. Le mascara sera bleu marine, brun ou prune. On coordonne le blush avec le rouge à lèvres. On ne sort plus la bouche nue. On est prudente avec les rouges, mais on choisit des tons corail et bois de rose.À 60 ans, on met l’accent sur la bonne mine avec des blushs pêche. On redessine sa ligne de sourcils pour donner de l’énergie au regard. Ni trait ni ombre sur la paupière inférieure, seulement un peu de mascara et d’ombre dans le coin externe de l’œil pour lifter le regard. Le blush, on le pose bien haut sur les tempes pour remonter l’ovale du visage. Sur la bouche, un crayon ton sur ton. (Le Figaro) 

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*la « touch » été 2009

TEINT
Poudre minérale ou fond de teint lissant
Aujourd’hui, on assiste à une véritable déferlante des poudres minérales. À base de pigments minéraux (oxyde de fer et titane), elles ne contiennent aucun actif synthétique. À l’heure du tout bio, c’est le discours idéal pour rameuter les foules. « La couvrance n’est pas comparable à un véritable fond de teint, on obtient le résultat d’une crème teintée », explique Hervé Cantin, responsable des laboratoires maquillage de LVMH Recherche. Une fois que l’on a compris qu’il faut bien broyer les pigments (certains sont plus fins que d’autres) avec le pinceau, l’application est relativement simple. Certaines marques nous facilitent la tâche.

Chez Dior, on a ajouté des actifs hydratants pour améliorer le confort et la glisse et éviter le côté desséchant de la poudre libre.Au rayon fonds de teint liquides, les progrès sont fulgurants. « On s’est inspiré de la technologie des crèmes de soins en adoptant des actifs combleurs de rides (comme l’acide hyaluronique), qui vont se greffer à l’intérieur des rides et agir comme un surfaçage sur la peau », explique Farida Daoud Almodowar, vice-présidente Lierac.

Chez Clarins, on a choisi l’option film tenseur qui retend la peau lorsque le fond de teint sèche. « Sans coller ni pelucher, ces nouveaux fonds de teint sont si complets que les peaux normales peuvent même se passer de crème de jour », ajoute Lionel de Benetti, directeur de la recherche Clarins.

Les indispensables
Poudres minérales : Effets Bonne Mine, bareMinerals ; Pure Finish, Elizabeth Arden ; Ligth-Expert Compact, by Terry ; Diorskin Nude Poudre, Dior ; Aéra Teint Minéral, Vichy.
Fonds de Teint : Fluide Lissant Mat, Lierac ; Fond de Teint Lisse Minute, Clarins ; Fond de Teint Liftant, Darphin ; Beauty Lift, Nivea ; Face Architect, Shu Uemura.

REGARD
“Néosmoky” ou khôl
Si l’hiver dernier, le smoky était noir théâtral, aux défilés 2009-2010, on a remarqué qu’il s’était octroyé un peu de liberté. Aaron de Mey, make-up artist Lancôme, a choisi pour le show de Martine Sitbon un smoky tout pailleté, très punkrock’n’roll, un clin d’œil aux folles années du Palace. Ultra-simple à réaliser, il suffit de poser un peu de gloss sur la paupière mobile pour faire tenir les paillettes. Si l’on n’a pas le cran de se lancer dans le tout pailleté, on en saupoudre quelques-unes sur les cils… So glamour.


Pour éviter la faute de goût, pas de rouge à lèvres, juste un peu de baume coloré sur les lèvres et c’est tout. Quant au khôl, il revient par la grande porte. On n’a jamais vu autant de réinterprétations de ce fard oriental : à l’intérieur de l’œil de manière classique, légèrement dégoulinant pour rendre le regard sexy ou encore dessiné en amande telle une princesse égyptienne. Franchement, il y en a pour tous les goûts.

Les indispensables
Paillettes M.A.C ; Heavy Metal Glitter Eye Gel, Urban Decay ; Khôl Thierry Mugler, Magic Kajal, Givenchy, Terracotta Khôl Kajal, Guerlain ; Khôl Kajal Chrome, Arcancil ; Khôl Minéral, L’Oréal Paris.
LA BOUCHE

Makeup1Makeup1Gloss laqué ou rouge nude
On ne peut pas être plus aux antipodes avec, d’un côté, les rouges à lèvres nude, de l’autre les gloss hyperpigmentés à effet miroir ou, nouveauté de la saison, la laque. « Il s’agit d’un nouvel outil de maquillage qui assemble la richesse et l’opacité d’un raisin avec la brillance et la gestuelle d’un gloss », explique Claire Blavet, make-up artist Chanel. Les couleurs les plus foncées sont les plus intéressantes car elles renforcent la personnalité de celles qui les portent.
Une séance d’essai s’impose car il n’est pas question d’appliquer la laque comme un gloss. On dessine d’abord la bouche au crayon puis on la colore avec la laque. On enlève ensuite l’excédent avec l’applicateur. L’important est de ne pas avoir trop de matière. Un seul passage suffit. Quant au rouge à lèvres nude, il éteindra le feu de make-up plus intenses au niveau des yeux.

Les indispensables
Les gloss laqués : Rouge Allure Laque, Chanel ; Gloss Délectation, by Terry ; Pure Color Gloss, Fresh Berry, Estée Lauder ; Laque Fever, 312, Lancôme. Les nudes : Signature Lipstick, Earthen Nude, Estée Lauder ; Perfect Rouge, RS 711/701, BE 208/310/109, Shiseido.

LES ONGLES
Pastel et c’est tout
Après le fluo de l’été dernier, on fait dans le soft avec des couleurs délavées comme le lavande liberty, le bleu lagon, le vert lait-menthe, le gris tourterelle… et bien sûr le champagne, chic ultime. Aaron de Mey (Lancôme) conseille de se focaliser sur les ongles des pieds et de laisser les mains les plus naturelles possible. Et si on veut s’amuser un peu, on se laisse tenter par une French à l’envers avec la lunule vide et le reste de l’ongle coloré. Hyperdifficile à réaliser, mieux vaut aller chez une manucure équipée d’un hairbrush. Anny, manucure, rappelle que les ongles doivent être courts en amande. La coupe au carré
est à abandonner définitivement.

Les indispensables
La collection North Folk, Essie ; Making a Splash et Heaven on Earth, Duri ; Give Me the Moon et I Only Drink Champagne, O.P.I. ; Trio Vernis, Shu Uemura ; Vernis Django, Chanel. (Le Figaro)

 

 

3 réponses à “Ce que veulent les femmes en 2010”

  1. 11 11 2011
    league of legends download (00:12:42) :

    Interesting…

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