Le corail algérien

*Bradé à 15 000 euros la pièce entière

Le corail algérien fait des riches en Europe

le corail algérien, une richesse estimée à près de 200 000 tonnes, dont 48% du corail rouge mondial produit chez nous.

Le corail algérien

 1La rareté de ce produit-phare de l’artisanat a contraint des centaines de bijoutiers à mettre la clé sous le paillasson. Des milliers d’emplois se perdent chaque année à cause de ce trafic qui bénéficie aux réseaux transfrontaliers basés notamment en Tunisie, en Italie et en France.
Le constat est amer : le corail algérien, une richesse estimée à près de 200 000 tonnes, dont un peu plus de 48% du corail rouge mondial produit chez nous, se meurt. À petit feu. Sous les eaux troubles où sévissent des pilleurs sans scrupules qui bradent cette fortune à valeur ajoutée à 800 et 1 500 euros le kilo (selon la qualité et la provenance) et à 15 000 euros la pièce de corail avec la branche, sauvagement arraché, sur le marché noir.
Chaque année, estime-t-on, près de 2 000 kilos et des dizaines de pièces en branches sont frauduleusement exportés vers la Tunisie, puis l’Italie, avant qu’ils ne soient mis en vente dans les quartiers huppés des capitales européennes. Et chaque année, ce sont 250 à 300 personnes qui sont arrêtées, présentées devant les tribunaux et écrouées pour cette activité prohibée, notamment à l’est du pays, où ce créneau est essentiellement basé.

Ce trafic, qui s’amplifie davantage, n’est pas sans conséquence sur l’économie algérienne, surtout sur l’activité artisanale qui subit un manque à gagner criant sous le coup d’un “commerce” qui dépasse nos frontières. Les dernières statistiques rendues publiques par les services de sécurité, notamment par la Gendarmerie nationale qui communique au quotidien les saisies et les affaires liées à ce double crime économique et écologique, font état de l’existence de grandes complicités au niveau des villes côtières où le trafic de corail fait l’objet d’un braconnage sans limites. Pourtant, en 1998, l’Algérie a décidé d’interdire l’extraction du corail et, du coup, la préservation de cette richesse. Une interdiction qui entrera en vigueur dès février 2000. Cette mesure n’a jamais été du goût d’une mafia qui continue à dévaster ce patrimoine pour le mettre à la disposition des réseaux aux ramifications assez complexes. Parfois, les trafiquants bradent le corail sur le sol algérien à 70 000 et 80 000 DA le kilo avant qu’il ne soit revalorisé une fois arrivé à destination. Très développée, la filière tunisienne est connue pour la transformation de cette matière première en produits semi-finis qu’elle exporte en Italie à raison de 1 500 dinars tunisiens. Sérieusement menacée, cette ressource est mise en veille sous prétexte de lui donner le temps pour se régénérer. Entre-temps, les réseaux de pilleurs poursuivent leur sale besogne et exposent les pépinières corallifères à une pêche agressive et ravageuse. Parallèlement, les bijoutiers algériens trinquent et recourent au marché informel pour s’approvisionner. Ont-ils un autre choix dès que la pêche du corail a été interdite pour une période de… 15 ans ? Au fait, ce trafic possède ses filons internes chargés de spéculer sur le prix du corail destiné aux produits artisanaux et aux bijouteries. Cédé à des prix astronomiques que les budgets des commerçants locaux ne supportent pas, le produit est alors détourné par les filières externes qui mettent le prix, sachant que le corail algérien est très prisé pour sa qualité. Quand bien même il y aurait disponibilité, nos bijoutiers et autres artisans ont souvent droit à un corail de très mauvaise qualité (10 000 DA le kilo !). Ce qui se répercute inéluctablement sur leur activité et, du coup, sur leur réputation. Le corail algérien fait également le bonheur des contrebandiers en contact avec les fabricants de matériel médical, comme les prothèses, d’où la prolifération d’embarcations sauvages qui mettent le paquet pour se servir sauvagement, au grand dam des législations en vigueur, et servir les clients étrangers, “clés en main”. Il faut noter que ce trafic génère, annuellement, un gain brut de 30 à 50 milliards aux braconniers. Depuis le renforcement des dispositifs de contrôle et de surveillance aux frontalières terrestres, les fournisseurs recourent à d’autres voies d’acheminement. D’où l’approvisionnement de certains pays européens à partir du Maroc où le corail algérien est également transformé par des ciseleurs pour le brader en Europe. (Liberté-04.07.2011.) 

**Pillage et trafic du corail algérien

  Il est vendu à 250.000 da le kilo

Le corail d’El Kala, qui est considéré comme remarquablement beau, est très recherché en joaillerie, ce qui explique la ruée des braconniers sur ce produit marin. Le corail pillé atterrit en Tunisie. Transformé en produit semi-fini, il est ensuite exporté vers l’Italie pour enfin être placé comme produit légal sur les marchés européen, chinois et moyen-oriental.

Seulement, les règles de ce jeu, qui ne sont inscrits dans aucun manuel, sont faussées. En cause, dans ce domaine, plus que nulle part ailleurs, plus on est puissant, plus les excès sont tolérés. Que l’on en juge à travers les témoignages accablants de nombre de haraga multirécidivistes, reconvertis en pilleurs de corail.

El Kala, la plaque tournante de la contrebande du corail algérien

Ils travaillent pour le compte de «mandataires» basés à El Kala, la plaque tournante de la contrebande du corail algérien. Dans le quartier populaire de Sidi Salem où active plus d’une centaine de braconniers, les transactions se négocient entre 5 et 10 millions de DA/jour. Comment sont organisées les opérations ? A en croire ce qui nous a été révélé par certains trafiquants rencontrés sur place, force est de croire qu’il s’agit d’une véritable organisation criminelle transnationale vu la structure hiérarchique adoptée dans la répartition des tâches à l’intérieur du pays et de l’autre côté de la frontière.

«Il y a  d’abord le baron, qui agit dans l’ombre, personne ne le connaît. Celui-ci prend attache avec le mandataire qui, à son tour, s’adresse à des jeunes chômeurs sur recommandation de ses connaissances dans les quartiers populaires tels que Sidi Salem, Jouanou (cité Seybouse) et Tahouna (Tabacoop)», nous explique «Mohamed», pseudonyme sous lequel a préféré témoigner ce marin pêcheur et ancien passeur de harraga. A peine sorti de prison, le hasard lui fait croiser un acheteur de corail, «mandataire» dans le jargon des braconniers, qui lui fait une offre très alléchante : la fourniture des moyens financiers nécessaires à l’achat d’une embarcation vitro résine pour l’exploiter dans la pêche du corail.

Mohamed se retrouve embrigadé dans une affaire qui, selon ses dires, le dépasse du début jusqu’à la fin mais à laquelle il a fini par prendre goût tant l’argent généré coulait à flots. Mohamed apprend que son ami «Redha» est à son tour sorti de prison. Il lui annonce la bonne nouvelle, une association au projet. Les premières hésitations passées, l’ex-codétenu est emballé par cette idée. Ne leur reste que de réunir le nécessaire: une embarcation avec moteur pour 650 000 DA, la «djedra», outil servant à traîner les branches de corail, elle est fabriquée à partir de grosses chaînes métalliques de 9m10 et 9m8 entourées de part et d’autre de «chwawets», des filets à petites mailles, pour 25 000 DA, et enfin un équipement GPS pour 30 000 DA, le tout financé par le mandataire.

Où faut-il chercher les coraux ? Plage d’El Battah (wilaya d’El Tarf) dont les fonds regorgent de corail dit de premier choix. Pour un coup d’essai, c’était un coup de maître. La première opération de Mohamed et Redha a, en effet, été menée avec succès : une prise de un kg classé catégorie «bon» dont le prix fixé par la «bourse» d’El Kala se situe à hauteur de 200 000 DA. La somme est partagée entre les trois «partenaires» : la moitié pour le mandataire, le marin pêcheur et son aide ont respectivement encaissé 65 000 et 35 000 DA.

Jusqu’à 1,2 million de DA le kilo !

Les mandataires, au nombre d’une trentaine, interviennent entre Annaba, Skikda, El Kala, Jijel et Collo. A Annaba, ils sont basés surtout à Sidi Amar, cité Seybouse, Si Salem et la Tabacoop (Sidi Brahim). Combien sont-ils ceux qui, comme Mohamed et Redha, ont trouvé la solution magique pour gagner vite et beaucoup ? Ce nombre, des sources sécuritaires l’estiment actuellement à une centaine à Sidi Salem, une cinquantaine à Jouanou (cité Seybouse), une vingtaine à Oued Bakrat (Séraïdi), une vingtaine à Aïn Barbar (Séraïdi), une centaine à Chétaïbi, et enfin plus de 600 à El Kala (ils étaient moins de 300 une année auparavant).

Le parc des embarcations mobilisées ? Elles sont environ un millier d’embarcations en bois et en vitro résine à balayer le golfe d’El Kala. Larguées, les «djedras» dont elles sont équipées charrient sur leur passage chaque jour que Dieu fait les coraux vivant à 80 et 120 m des surfaces des «Quatre boules», «Chille» et «Essour», que les gardes-côtes de la station maritime de la wilaya d’El Tarf désignent comme  «points rouges». El Battah, Draouch, El Hnaya, Boutribicha et Oum Tboul ne sont pas en reste. Avérées, les grandes réserves coralliennes nichant dans les eaux profondes des golfes de la Kabylie, Annaba, Skikda, Collo et Jijel ont, elles aussi, rendu féroces les appétits des professionnels du braconnage. Au moyen des croix de St-André attachées aux hélices, technique de pêche abandonnée depuis bien des lustres mais très tendance chez nous, quelque 3000 à 4000 embarcations multiplient les va-et-vient, ne laissant aucune chance aux récifs coralliens de filer entre les mailles des filets des «carkara» (traîneuse), leur causant des dommages irréversibles.

A combien s’élève le volume des récoltes et comment se négocient les prix ? Tout dépend du savoir-faire des pêcheurs, des conditions météorologiques ainsi que de la vigilance des gardes-côtes et le taux de change du jour. Réunis, ces éléments ouvrent la voie à des prises conséquentes et des transactions négociées à coups de centaines de milliers voire millions de DA, rétorquent les braconniers interrogés lors de notre enquête. En une seule sortie, chaque embarcation peut rejoindre l’oued Seybouse, le point de chute, avec attachés à son hélice pour éviter les regards indiscrets, des sacs de un à 4 kg de corail dit Barbaresque (barberous dans le milieu des braconniers) échangeables contre 16 000 et 20 000 DA le kg, ou de corail appelé «bon» négociable à partir de 200 000 DA, et enfin le «Royal» dont la taille et le charme des branches font osciller les prix entre 360 000 et 1,2 million de DA, détaillent nos interlocuteurs.

Transformé en produit semi-fini en Tunisie avant d’être exporté vers l’Italie

Quelle est la destination du corail rouge qui déchaîne tant de passions ? La collecte s’effectue selon deux modes opératoires. Certains mandataires le récupèrent chez les transporteurs auxquels il a été initialement confié par les braconniers au niveau de Oued Seybouse ou à El Battah (wilaya d’El Tarf). Ces transporteurs se distinguent par la couleur des véhicules utilisés, des Ibiza et des Seat Léon de couleur blanche. D’où le sobriquet «El Djadj labiadh» (poules blanches) dont ils sont affublés dans le milieu. Le corail est par la suite stocké dans des appartements loués pour la circonstance par les acheteurs (mandataires). Une fois le volume de 5 à 10 kg et plus atteint, c’est au tour des intermédiaires de faire surface et les transactions se concluent souvent la nuit.

Intervient alors le passeur, ce maillon fort de la longue chaîne. Sa mission est complexe et non sans risques. Il doit d’abord soustraire des regards la marchandise au fond des tranchées préalablement aménagées dans la forêt avant de prendre attache avec les «aviseurs», des jeunes de 18 ans qui, munis de téléphones portables, font le guet le long des points sensibles des postes frontaliers algéro-tunisiens d’Oum Tboul et El Ayoun. Car, c’est à partir de là que passe clandestinement le «produit»  de l’autre côté de la frontière, où attendent des clients tunisiens et italiens pour le récupérer. Dans des ateliers clandestins à Tabarka et Djerba, le corail algérien est transformé en produit semi-fini avant d’être «exporté» vers l’Italie.

Les opérations sont menées sous le contrôle d’un certain Antonio, un italien bien connu du milieu des trafiquants du corail installé en Tunisie. Et, de par leur puissance et leurs relations privilégiées avec l’administration, ses interlocuteurs de la mafia basée à Torre Del Gréco (Naples) parviennent à donner au corail algérien, issu de la contrebande, une existence légale pour le placer sur le marché européen (Espagne, France, Finlande, Danemark et la Norvège) ou encore ceux chinois, saoudien et émirati.

La taille du marché du trafic du corail en Algérie ? Par définition, il est difficile à l’évaluer. En tout cas, il est clair que la criminalité environnementale, notamment le trafic de corail, est une importante source de revenu illicite pour les criminels. «Le produit global de ce trafic aux dimensions internationales se chiffre en milliards de DA, en millions d’euros de l’autre côté de nos frontières», estime Karim Labidi, responsable de la cellule de communication et des relations publiques à la sûreté de wilaya d’El Tarf.

Une chose est néanmoins sûre : de simple fléau, la pêche illicite du corail et le trafic immense dont il fait l’objet ont tendance à se transformer en véritable phénomène de société, assure le commissaire. N’est-il pas grand temps d’agir pour mettre un terme à ce qui s’apparente à un véritable carnage dont sont victimes nos coraux ? La protection de cette espèce n’est-elle pas, aux yeux des pouvoirs publics, un impératif scientifique, écologique, esthétique, économique, social et moral ? *El Watan-28.01.2013.

**Jean-Georges Harmelin. Ancien directeur de recherches au CNRS

«L’or rouge peut déchaîner de grands appétits»

-Les chercheurs du CNRS qui étaient chargés d’une partie du programme de l’étude d’évaluation des ressources en corail rouge algériennes auraient-ils émis des réserves concernant la reprise de sa pêche, suspendue depuis 2001 ?

Je ne peux pas vous répondre, car je ne faisais pas partie de ce programme d’évaluation. Je n’ai vu aucun rapport le concernant et on ne m’a pas tenu au courant. Le partenaire principal était Creocean. Concernant le maintien de l’interdiction ou la reprise de la pêche du corail, les autorités algériennes sont souveraines pour prendre ce type de décision. De toute façon et dans tous les cas, les avis de scientifiques ne sont qu’un élément dans la prise de décision.

-La surexploitation et la violence qui découle des activités illégales de braconnage peuvent-elles occasionner l’épuisement des ressources, à la menace d’extinction de  récifs coralliens ? 

D’abord, une petite rectification concernant le terme «récif corallien» : il s’agit de corail rouge (Corallium rubrum), un Octocoralliaire formant des petits arbres dressés grâce à son squelette calcifié. Toutefois, il ne construit pas de récifs coralliens, ce qui est l’apanage des coraux tropicaux, des Hexacoralliaires dont la croissance est beaucoup plus rapide (en particulier grâce à l’association avec des micro-organismes zooxanthelles dans leurs tissus), mais dont le squelette très poreux n’a rien de précieux. Pour le corail rouge, on peut parler de sites corallifères.

L’exploitation du corail rouge a été définie comme très proche d’une exploitation minière, ceci en raison de la croissance extrêmement lente de cet animal. Il faut donc un temps très long pour fabriquer un squelette épais, pouvant justifier une exploitation commerciale. Ce qui sauve le corail rouge de sa disparition totale d’un site à cause de l’exploitation exagérée c’est, d’une part, le maintien de «branches» ayant échappé à la prédation humaine et, d’autre part, le fait qu’il est fertile à une très petite taille, très en dessous de la taille à partir de laquelle il peut intéresser un exploitant.

-Avec ses grandes réserves, le commerce légal à l’export du corail n’est-il pas susceptible d’ouvrir la voie à de nouvelles rentrées de devises ? 

Une rentrée de devises? Pourquoi pas ? Tout dépend comment ce commerce est organisé et qui vend le produit brut de la pêche (les acheteurs sont italiens ou asiatiques) ou le produit transformé (bijoux, mais cette industrie est essentiellement concentrée à Torre Del Greco, Naples). Pour ce qui est des réserves, l’Algérie détient certainement encore de grands gisements en corail rouge, et elle en a toujours eu la réputation depuis des siècles. Toutefois, même si on peut supposer qu’elle a encore le premier rang pour la taille de la ressource encore disponible, il ne faut pas oublier que les moyens actuels d’exploitation peuvent réduire rapidement cette ressource au niveau des autres régions exploitées en Méditerranée.

-La criminalité environnementale, notamment le trafic de corail rouge, ne cesse de prendre de l’ampleur. Comment y remédier ?

C’est en effet un risque. L’or rouge peut déchaîner de grandes passions et aussi de grands appétits. Et les coffres-forts marins ne sont jamais bien fermés, surtout pour les poulpes aux grands tentacules, qui sont des animaux très malins.

-Outre la médecine, de par ses vertus thérapeutiques, dans quel domaine peut-il être utilisé ?

Ses vertus thérapeutiques ? C’est un mythe. C’est aussi un talisman pour ceux qui y croient. En Inde, c’est une «pierre» sacrée. Il est beau en bijou et aussi quand il est vivant, en place dans son habitat ; et là, il peut rapporter gros grâce à l’industrie de la plongée touristique.*El Watan-28.01.2013.

**Etude d’évaluation des ressources en corail rouge pour la reprise de la pêche en Algérie

Cette étude aurait-elle profité aux réseaux de la contrebande ?

Les schémas prévus dans le plan de gestion durable proposés et l’état des lieux tant du point de vue de la qualité que de la quantité dressé par les chercheurs du Groupement français auquel fut confiée en septembre 2006 l’étude d’évaluation des ressources en corail rouge le long des côtes algériennes, auraient-ils été utilisés à des fins autres que celles qui étaient initialement prévues, c’est-à-dire la réouverture de la pêche au corail, suspendue depuis 2001 ?

La réponse peut être affirmative puisque nombreuses sont nos sources à assurer que «les braconniers et les réseaux criminels spécialisés dans la contrebande qui les emploient sont au fait du moindre mouvement, information ou activité de pêche et de contrôle des ‘‘filons’’ de corail et sont déjà informés des conclusions de l’étude». D’autant que depuis ces trois dernières années, le commerce illégal de l’or rouge connaît un essor sans précédent, et le braconnage sévit comme jamais dans notre pays. Un constat auquel ont d’ailleurs officiellement ou officieusement souscrit plus d’un parmi tous ceux que nous avons interrogés. «Depuis ces trois dernières années », c’est-à-dire en 2009, année où le ministère de la Pêche et des ressources halieutiques (MPRH) fut destinataire des conclusions de l’étude réalisée sur trois phases par le bureau Creocean, la société Comex et le Centre national de recherche scientifique (CNRS).

Une étude qui, faut-il le souligner, avait coûté excessivement cher à l’Algérie et pour laquelle de colossaux moyens humains, matériels, techniques et logistiques avaient été mobilisés par le partenaire étranger pour «l’analyse bibliographique qui a permis de faire une synthèse sur les données de pêche, de localisation et sur les paramètres biologiques de cette espèce. L’évaluation des ressources a fait l’objet de deux campagnes en mer avec le navire Janus II de la Comex : une mission de cartographie et bathymétrie de 33 zones, de 9 km2 chacune, le long du littoral, une mission d’acquisition de nouvelles données (localisation, densité, structure de population, croissance, état des peuplements).

Pour ceci, des techniques novatrices telles que la sclérochronologie (étude de la croissance) et la photogrammétrie (mesure à partir de photographies sous-marines) ont été mises en œuvre par le CNRS associé à Creocean», nous a-t-on expliqué. Toutefois, et malgré notre insistance, aucun des représentants de ces trois organismes que nous avons contactés n’a laissé filtrer le moindre mot sur les données relatives à leur étude, se limitant à souligner avoir dit oui pour la reprise de la pêche au corail à travers trois scénarios susceptibles de garantir une gestion durable de l’espèce.

Achevée en 2009, après trois années de travaux et de recherches, l’étude d’évaluation des ressources en corail rouge a été remise au MPRH. Nous avions proposé trois scénarios pour une gestion durable. Nous nous étonnons que la pêche soit toujours interdite. Plusieurs correspondances ont été adressées à notre client (MPRH) pour rendre publiques les données de cette étude, la dernière en date remonte à fin 2012. La réponse était toujours la même, les données et les conclusions doivent restées confidentielles.

Pour Sébastien Thorin, Docteur en écologie marine et ex-chargé d’études Ecologie marine-hydrogéologie, «c’est le ministère algérien de la pêche qui nous a demandé de garder confidentielles les conclusions de l’enquête». Actuellement responsable de la cellule Recherche et Développement-Environnement Méditerranéen et Tropical à Creocean, M. Thorin ajoute : «Les orientations et recommandations de l’étude étaient bien précises et loin d’être complexes. Je ne peux, par contre, rien déclarer à propos des données auxquelles nous avions abouti (les stocks, les sites, les quantités…).

C’est votre MPRH qui nous a demandé de garder confidentielles les conclusions. Nous sommes tenus de nous conformer à la demande de nos clients. Nous l’avons maintes fois saisi pour nous autoriser à diffuser les données en question. La dernière correspondance remonte à fin 2012. C’était à chaque fois un niet catégorique. Les raisons ? Je les ignore. C’est dommage qu’une étude qui a coûté très cher ait fini aux oubliettes. Il est évident que maintenir interdite la pêche au corail ne peut qu’encourager l’expansion de la pêche illicite et profiter aux animateurs du circuit de braconnage. Une chose est sûre, en corail rouge, vos fonds marins renferment l’un des plus grands gisements en Méditerranée si ce n’est au monde. Je ne peux pas vous en dire plus.»

De son côté, Jean-Pierre Feral, président du Conseil scientifique de l’Institut écologie environnement (INEE) du CNRS et co-directeur de l’Observatoire hommes-milieux (OHM) Littoral-Méditerranéen (Marseille) abonde dans le même sens. «Vous me replongez bien des années en arrière à propos d’un programme qui avait généré finalement plus de difficultés que de bénéfices pour le laboratoire que je dirigeais. Vous devez tout d’abord savoir qu’il s’agissait d’un dossier traité dans le cadre d’un marché public avec pour maître d’ouvrage, le ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques (MPRH) de votre pays, et comme maître d’œuvre, Creocean.

Dimar, mon laboratoire, et la Comex étions des partenaires associés. Cela implique de facto des clauses de confidentialité concernant cette étude et notamment l’accord donné par le maître d’ouvrage au maître d’œuvre pour communiquer sur les résultats. Or, à ma connaissance, jusqu’à présent, le ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques algérien (MPRH) souhaite garder confidentielles ces données. En ce qui concerne les circuits d’exploitation et de distribution du corail rouge en Algérie et en Europe, c’est sûrement en Algérie que vous aurez une réponse. Quant au classement de l’Algérie pour cette pêcherie, des organismes comme la FAO en ont fourni les données nécessaires, sachant que si le Corallium rubrum est propre à la Méditerranée, d’autres espèces de Corallium sont exploitées ailleurs. Quant à sa côte, elle est sans doute très fluctuante comme celle de toute matière première dont la quantité mise à terre n’est pas prévisible, connue ou biaisée d’une façon ou d’une autre.».*El Watan-28.01.2013.

**Rafik Baba Ahmed. Enseignant chercheur en environnement

«C’est le désengagement de l’Etat qui a fait la place à la foule des pilleurs»

Ancien directeur de l’unité aquacole Enapêches d’El Kala et enseignant chercheur en environnement, Rafik Baba Ahmed dissèque dans cet entretien le marché fort lucratif du braconnage du corail algérien, en soulignant la passivité des ministres en charge du secteur qui s’y sont succédé.

-En 2006, le ministère algérien de la pêche et des ressources halieutiques a confié à un groupement français une étude d’évaluation des ressources coralliennes disponibles, l’objectif final étant de proposer des schémas pour une gestion durable. Vous qui êtes du domaine de la recherche environnementale, pourriez-vous nous dire où en est cette étude et quelles en sont les conclusions  ?

Cette étude est devenue un mystère au fil du temps. Elle devait apporter des solutions pour la réouverture de la pêche au corail, suspendue en 2002 dans la zone d’El Kala après 5 ans d’exploitation comme le stipule l’article 7 du décret 95-323 relatif à l’exploitation des ressources corallifères. Un texte très contesté à l’époque pour ses «saugrenuités». La dernière fois qu’on a entendu parler de cette étude confiée à un groupement français formé de partenaires qui ont pignon sur rue, c’est en 2010, lors d’une réunion au ministère des ressources halieutiques (MPRH) à laquelle étaient conviés quelques anciens armateurs du corail. Selon eux, elle était loin de répondre aux attentes puisqu’elle était incapable de situer les zones d’exploitation et les quantités disponibles. Il semble aussi qu’elle n’a pas fourni à l’administration les éléments pour régler les questions liées au corail comme promis par les ministres de la pêche, de Bouguerra Soltani à Smaïl Mimoune en passant par Amar Ghoul qui l’ont annoncé comme la panacée à la situation des armateurs à bout de patience.

-L’Algérie a convenu de relancer la pêche au corail le long de ses côtes en 2005. Nous sommes au seuil de 2013, c’est-à-dire près de 8 années après, elle est toujours interdite. Quelle en est votre lecture ?

La pêche en tant que secteur d’activité économique et sociale ne se distingue pas des autres de même nature. Son développement traîne et recule parfois sur certains plans pour des raisons plus politiques que tout autre chose qui relève de la mauvaise gouvernance des affaires du pays. Comme dans tous les secteurs, des stratégies, des plans et des programmes sont élaborés mais avec peu de chances de se concrétiser sur le terrain par manque de compétences très certainement, mais surtout parce que les objectifs visés à très long terme (20-25 ans) sont déviés au profit d’intérêts particuliers à court terme comme le carriérisme et l’affairisme.

L’exploitation du corail en dehors d’El Kala fait appel à un lourd et long soutien de l’Etat, car il faut la planifier et l’organiser sur plusieurs décennies si on veut préserver durablement cette ressource. Les technocrates peuvent s’amuser à le faire, mais il y a peu de chance qu’on trouve des politiques aussi soucieux de l’avenir du pays pour entreprendre des actions qui vont au-delà d’un mandat ministériel. Les armateurs ne sont pas empêchés de travailler en dehors de la zone d’El Kala fermée pour 15 ans, mais c’est à leurs risques et périls. Ils vont à la chasse au trésor. Ils ne sont gagnants que si, au hasard, ils tombent sur une belle roche.

-L’Algérie était le premier producteur de corail en Méditerranée. Il est clair que la surexploitation anarchique a sérieusement mis en danger les récifs coralliens, notamment le long des côtes de la Kabylie, d’Annaba et d’El Kala. Etes-vous de cet avis ?

Entre 1997 et 2002, les statistiques officielles donnaient une moyenne de 2500 kg de corail brut sortis de l’eau annuellement à El Kala. Ce qui plaçait l’Algérie à la 4e place à cette période avec en tête l’Espagne (6,9 tonnes en 1999), l’Italie (3,9 tonnes) et la France, Corse 3,4 tonnes). On estime cependant que l’Algérie – données de la FAO – pourrait abriter 48% du corail rouge de Méditerranée (Corallium rubrum). Ce qui est à vérifier, car l’épuisement rapide observé en quelques années à El Kala, la zone considérée comme la plus productive depuis le XVe siècle, ne conforte pas cette hypothèse. On ne sait pas en vérité s’il y a surexploitation car on ne connaît pas l’étendue des stocks. Mais on peut le supposer pour deux raisons.

A El Kala, depuis que la récolte a repris en 1997, on est allé chercher le corail de plus en plus loin. Jusqu’à près de 80 mètres en scaphandre. A partir de 2002, avec la suspension de l’activité, le pillage a commencé à la croix de Saint-André et les dégâts sont certainement incommensurables. On estime que pour un kilo de brindilles de corail qui se prend dans les mailles et remonté à la surface, neuf autres, brisés par le rail, tombent au fond et sont définitivement perdus. Les dommages affectent la ressource en elle-même, mais également l’écosystème auquel il appartient et dont dépendent des dizaines d’espèces animales et végétales, parmi lesquelles des poissons à haute valeur commerciale.

-«La pêche du corail rouge est très confidentielle, mais c’est une ressource à très forte valeur commerciale qui pourrait donc permettre à l’Algérie de faire rentrer des devises», avait déclaré en 2007 un chercheur de Créocéan. Souscririez-vous à ces propos ?

Dans les milieux qui s’adonnent aujourd’hui à la récolte et au commerce illicites du corail, on parle d’un kilo qui s’échangerait contre plusieurs dizaines de milliers de dinars. Jusqu’à 70 000 DA ! Ce qui paraît peu vraisemblable car à Torre Del Gréco (Naples, Italie), la place forte du corail rouge où aboutit tout le corail d’El Kala via la Tunisie ou les aéroports d’Algérie, il s’échange, pour le premier choix, le Barbaresque, entre 18 000  et 20 000 euros€ le kg. C’est incontestablement une importante source de devises. Au bas mot, quelque 50 millions (750 millions de DA au taux informel) par an qui passent dans les mains des mafias.

-Ne pensez-vous pas qu’en maintenant l’interdiction de la pêche du corail, les pouvoirs publics encouragent de manière indirecte le marché du trafic ?

Avant la fermeture de 2002, des voix se sont élevées contre la manière de faire des pouvoirs publics. On avait même proposé au ministre de la pêche de l’époque, Amar Ghoul, en visite à El Kala, de suspendre les activités de pêche mais de prendre la précaution de laisser momentanément les concessions à leurs propriétaires pour éviter de laisser le champ libre aux rares pilleurs de l’époque, qui aujourd’hui se comptent par centaines. Il y a aujourd’hui près de 600 embarcations inscrites aux affaires maritimes comme «plaisanciers». Des plaisanciers qui sortent en mer tous les jours sans matériel de pêche et qui reviennent à vide.

Les réseaux interlopes algériens et leurs prolongements italiens ont la mainmise sur le corail d’El Kala depuis les années 70. Ils ne l’ont jamais perdue. Le désengagement de l’Etat qui a fait la place à la foule des pilleurs a élargi le champ de manœuvre de ces milieux qui ont gangréné la population locale jusqu’aux plus respectables familles de la ville et les services de sécurité qui, par ailleurs, même sans cela, seraient incapables de lutter contre ce fléau tant il soulèverait des résistances de toutes natures.

-On dit que le corail rouge algérien est l’un des meilleurs au monde…

Le corail d’El Kala est considéré comme remarquablement beau et il est très recherché en joaillerie. Sa couleur profonde rouge sang et son éclat au polissage lui donnent effectivement une valeur qui le place en tête des coraux de sa catégorie. Il y a de par le monde, notamment en Asie, des coraux dont la valeur est plusieurs fois supérieure à cause de leur rareté. Une rareté qui est toujours liée aux qualités du milieu naturel. Les eaux d’El Kala sont particulièrement exceptionnelles. Elles le doivent à son littoral qui malheureusement commence à subir les effets des incohérences du «développement touristique», comme elles le doivent à la qualité et au volume des eaux qui proviennent du continent.

-A quoi imputeriez-vous cette forte demande sur notre corail rouge ?    

Depuis 1998, année considérée avec ses 20 tonnes comme la plus mauvaise en Méditerranée depuis 1974, la production est repartie à la hausse pour atteindre 55 tonnes en 2010. Le corail rouge est étroitement lié à la joaillerie et à l’industrie du luxe où la demande explose dans les pays arabes et en Chine. Les prix avec lesquels il s’échange entre les pilleurs et les trafiquants ont évolué ces dernières années. Par les effets de l’inflation, qui agit sur sa parité face à l’euro, mais également par une plus forte demande. Il est passé progressivement de 80 000 DA en 2007-2008 à 150 000 DA en 2010, pour atteindre aujourd’hui 250 000 DA le kilo de corail brut d’assez bonne qualité moyenne.*Naima Benouaret-Watan-28.01.2013.

*La mafia du corail en toute impunité

« El toro del negro », est une villa d’Italie. Elle a la particularité d’être le berceau du traitement du corail qui est vendu à 1.800 euros provenant essentiellement de l’Algérie via la contrebande.

Du corail justement, il en a beaucoup été question aujourd’hui à l’Assemblée populaire nationale. Il a été au centre de l’ensemble des interventions des députés à l’occasion de la présentation par Sid Ahmed Ferroukhi du projet de loi amendant celui de 2001, relatif à la pêche et aux ressources halieutiques que L’Éconews a déjà décliné les grandes lignes. Si les députés ont salué les amendements introduits dans le nouveau texte, près d’une soixantaine, il n’en pas moins déploré que 80% des dispositions renvoient à la voie règlementaire, sachant que pour n’importe quel texte de loi promulgué les décrets d’application et autres arrêtés les précisant mettent du temps pour être pris.

Interdite depuis 2001, la pêche au corail s’est quand même poursuivie à travers son braconnage par ceux que les élus de la nation ont qualifié de « mafia du corail » qui utilisent des moyens illégaux pour l’extraire à telle enseigne qu’il risque de disparaître. Celui qu’on appelle l’or rouge est par la suite transféré à l’état brut vers la France et les Etats-Unis via la Tunisie, puis l’Italie où il est transformé et travaillé. Les locataires du bâtiment Zighoud Youcef ont exigé que la pêche du corail qui sera rouverte l’année prochaine soit interdite aux étrangers.

Dans les ébats, il a également été question du poisson de manière générale et de la sardine, communément appelée la viande du pauvre, qui se raréfie au point où son prix a atteint parfois les 700 Da le kg. En effet, la pêche du poisson s’est sensiblement réduite depuis une quinzaine d’années. L’Algérie pêchait 337.000 tonnes alors qu’elle ne retire présentement du fond de la mer que 72.000 tonnes.

Une situation engendrée par le délaissement du secteur, ce qui ouvert la voie aux contrebandiers de profiter de l’occasion pour le vendre au large des côtes aux étrangers, à l’image du thon rouge. Certains intervenants ont d’ailleurs demandé à ce que cette vente au large soit interdite. L’un des élus a indiqué que les ressources de l’Algérie comprenaient 149 espèces de poisson, dont 90% sont méconnus des Algériens. Des propositions visant à améliorer les conditions des70.000 marins-pêcheurs, dont 52.000 n’ont aucune couverture sociale, à faciliter le développement du secteur à travers l’octroi de crédits avec les mêmes avantages contenus dans les différentes lois de Finances, ont été avancées. *leconews.com-Faouzia Ababsa-mardi 16 décembre 2014

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*Saisie de 52 kilogrammes de corail destinés à la contrebande

Pas moins de 52 kilogrammes de corail destinés à la contrebande ont été saisis samedi à Oum Théboul (El Tarf) par les services de la gendarmerie nationale a-t-on appris dimanche auprès de ce corps de sécurité.

Les services de la gendarmerie d’Oum Théboul ont intercepté en plus de cette quantité d’ »or rouge », 12 bouteilles à oxygène, 10 tenues de plongée sous-marine, des devises ainsi qu’une embarcation, des filets de pêche, trois groupes électrogènes, une bombe lacrymogène et autres armes blanches, a-t-on affirmé de même source.

Trois contrebandiers parmi lesquels un de nationalité étrangère ont été appréhendés, alors qu’ils tentaient d’acheminer frauduleusement la marchandise vers la Tunisie, depuis la localité frontalière Segleb (Oum Théboul), a ajouté la même source.(Aps)–| 17/05/2015 | 

*AGENOR achète 16 quintaux de corail  auprès des douanes algériennes.  

Seize (16) quintaux de corail provenant des saisies opérées dans la wilaya d’El Tarf depuis la suspension de la pêche au corail  en 2001, ont été cédés à l’Agence nationale pour la transformation et la distribution de l’or et des autres métaux précieux (AGENOR), a-t-on appris, dimanche, auprès  des services des douanes algériennes.         

La commercialisation par l’AGENOR, de cette importante quantité de corail, en stock depuis 2005, s’inscrit dans le cadre des dispositions prises dans la  perspective de la réouverture de la pêche au corail, a-t-on indiqué.         

Première vente de ce genre, cette opération vise à préserver cette  richesse naturelle, à mieux lutter contre son braconnage et à garantir de la  disponibilité de la matière brute pour les artisans, a-t-on souligné de même source. *APS–dimanche 21 juin 2015

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La pêche du corail reprend

**La pêche du corail reprend, après 13 ans de suspension à Annaba

C’est ce qui a été retenu mercredi dernier, lors du point de presse organisé au siège de la direction de la pêche de Annaba, par Yasmina Hazem, chargée de la communication, prés du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques. La porte-parole du ministre a révélé que les textes de loi, réglementant la pêche du corail, sont en cours de parachèvement, et que l’autorisation pour la reprise de cette activité est prévue pour la fin de l’année en cours.
«La mise en place de ces textes de loi vise à réglementer les conditions essentielles pour la pêche de cette richesse maritime», a expliqué la dame. Dans le sillage de son intervention,
Mme Yasmina Hazem a précisé que l’Etat ne ménage aucun effort pour la promotion du secteur de la pêche et des ressources halieutiques. «Sept milliards de dinars ont été débloqués par l’Etat pour l’aménagement des ports à travers le pays», a-t-elle dit. «Cette opération entre dans le cadre du Plan national pour la modernisation et la promotion du secteur, en vue de booster la production des ressources halieutiques et améliorer surtout les conditions de travail des professionnels de la mer», devait-elle ajouter.
En marge de la rencontre, la chargée de la communication relevant du département de M.Ahmed Ferrouhki, ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques a annoncé la tenue du premier Salon régional de la pêche à Annaba. Une initiative qui s’ouvre du 12 au14 du mois en cours, au Palais de la culture et des arts, Mohamed-Boudiaf, de Annaba.
Participeront à cet événement des représentants des wilayas côtières de l’est du pays: Jijel, Skikda et El Tarf. Le port de Annaba, cet espace maritime sera ouvert au public, dans le cadre de l’opération «ports bleus», pour faire connaître cette infrastructure et son intérêt dans l’économie halieutique au public.
Dans ce sillage, il convient de rappeler que l’Etat avait interdit, en 2001, la pêche du corail, suite à l’exploitation abusive de cette richesse, qui avait, notons-le, mis en péril les récifs coralliens des côtes algériennes, notamment au niveau de la façade maritime d’El Kala. Une zone qui alimentait et continue d’alimenter les réseaux de contrebandiers, composés d’Italiens, d’Espagnols, de Tunisiens et d’Algériens, spécialisés dans la contrebande du corail.*L’Expression-Par Wahida BAHRI - Samedi 07 Juin 2014 

**Deux braconniers, dont un Tunisien écroués à El Tarf

Deux pêcheurs illicites de corail dont un Algérien de 26 ans et un ressortissant tunisien de 48 ans ont été placés hier dans l’après-midi sous mandat de dépôt par le procureur près le tribunal de Dréan, de la wilaya d’El Tarf, apprend-on de sources judiciaires.

Les deux présumés braconniers ont été arrêtés la veille en flagrant délit de pêche illicite de corail par les éléments des garde-côtes de Annaba relevant de la façade maritime Est. Les deux mis en cause étaient en pleine mer lorsqu’ils ont été repérés par les garde-côtes. Arrivés à leur hauteur, les deux pêcheurs indélicats qui portaient une tenue complète de plongée sous-marine ont réussi de lâcher leur sac plein de corail vivant qui rejoint les profondeurs de la mer de Draouche (El Tarf). Cette énième opération s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la pêche illicite de corail.

Un phénomène qui prend des proportions alarmantes malgré la lutte acharnée menée par les services de sécurité de la Marine nationale. En effet, en juin 2012, 23 kg de corail, 50 000 DA et un lot d’équipements de communication avaient été saisis par les mêmes éléments des garde-côtes. La transaction entre braconniers et trafiquants au sujet de cette marchandise, avait été interrompue par la présence des éléments des garde-côtes en patrouille H24 sur les rivages de la commune d’El Kala, rappelle-t-on. Surpris, les mis en cause ont préféré prendre la fuite, abandonnant argent et marchandise dans une forêt jouxtant une plage déserte de la même commune. *El Watan-10 01 2013.   

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**Saisie de près de 10 kg de corail brut à El Kala

Les services de la Sûreté de daïra d’El Kala (El Tarf) ont saisi samedi près de 10 kg de corail brut destiné à la contrebande, a-t-on appris dimanche auprès de la cellule de communication de ce corps constitué. Munis d’un mandat de perquisition délivré par le procureur près le tribunal d’El Kala, les policiers ont fouillé le domicile d’un individu où cette quantité de corail a été découverte dissimulée dans des sachets en plastique, ainsi qu’un équipement GPS (système de guidage par satellite, ndlr) et une balance électronique numérique. Les éléments des services de Police ont appréhendé lors de cette opération trois individus dont une femme. Présentés dimanche devant la juridiction compétente, un individu de cette bande de contrebandiers a été placé sous mandat dépôt, le second a été mis sous contrôle judiciaire, tandis que la femme s’est vue délivrer une citation pour comparution directe.

Les chefs d’inculpation retenus contre ces contrebandiers sont « détention d’un produit prohibé destiné à la vente » et « possession d’équipements réglementés sans autorisation préalable ». La quantité de corail saisie a été remise le même jour aux services des Douanes, a-t-on indiqué. Les mêmes services de Sûreté ont précisé, par ailleurs, que les services de la Sûreté de daïra de Besbes ont procédé à l’arrestation d’un individu en possession de munitions de divers calibres, sans autorisation, tandis que la Police de Drean a appréhendé quatre personnes pour faux, usage de faux, falsification de documents officiels, coups et blessures volontaires. La même source a signalé que la personne arrêtée à Besbes a été placée sous mandat dépôt tandis que les quatre autres comparaîtront directement devant la juridiction compétente. (L’Expression-04.06.2012.)

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**Trafic du corail sur les récifs algériens

*La bijouterie traditionnelle trinque…

Les artisans bijoutiers souffrent de la rareté de la matière, première qui entrave sérieusement leur activité.

Chardonnerets, oeuvres d’art, corail, nos richesses font face à une véritable ruée de pilleurs sauvages. Les conséquences ne se répercutent pas uniquement sur ce patrimoine ornithologique, artistique et végétal marin. Des métiers, des catégories de populations et des pans entiers de la personnalité algérienne se délabrent chaque jour en guise de dommages collatéraux.
Les failles ne sont pas uniquement à chercher dans le dispositif sécuritaire aux frontières. Bien au contraire, à voir de près, d’autres causes, souvent économiques, sont derrière ces saignées. Autrement, comment expliquer qu’un métier traditionnel ancestral comme la bijouterie traditionnelle de Kabylie risque de disparaître à cause de la mafia du corail?»
Les artisans bijoutiers souffrent de la rareté de la matière première qui entrave sérieusement leur activité. Connus mondialement pour leurs bijoux d’argent, les bijoutiers interrogés étaient plutôt évasifs. Ils abordaient difficilement ce problème, notamment dans les discussions ayant trait à la rareté du corail. Ce produit de la mer est, en fait, très utilisé pour les décorations des oeuvres d’art de la bijouterie traditionnelle de Kabylie.
Toutefois, quelques conversations ont permis de comprendre les causes de cette omerta qui frappe cette matière. Après avoir été l’objet d’une extraction sauvage, le corail a été interdit de vente en Algérie depuis l’année 2000.

Les artisans qui doivent l’utiliser sont alors contraints de se rabattre sur un marché parallèle d’une rare opacité et dont les seules règles le régissant sont dictées par les pilleurs.
Nous avons essayé de comprendre les raisons de cette autocensure mais, face à cet état de fait, nous avons recouru à d’autres intervenants et à d’autres sources au fait du dossier.
Aujourd’hui, la situation de cet art est dramatique. Les ciseleurs d’argent sont entre le marteau et l’enclume. Pour faire vivre leur métier hérité des ancêtres, les bijoutiers doivent composer avec un marché parallèle sans lois.
«Le vrai corail rouge est rarissime et trop cher et celui qui se trouve facilement, est faux», explique un artisan bijoutier qui a difficilement accepté de répondre à nos questions.
Un autre nous renvoie vers les pouvoirs publics. «Pourquoi vous ne demandez pas des explications à l’Etat qui l’interdit sans penser à notre métier et à notre avenir?», s’exclamait-il, interrogateur. Il a fallu plusieurs conversations pour comprendre les méandres de ce dilemme vécu par les bijoutiers. Le corail est victime d’une mafia aux ramifications internationales.
Constatant les dégâts causés par son extraction sauvage et effrénée, les pouvoirs publics ont interdit cette activité sur tout l’espace maritime national. En effet, depuis cette interdiction, les services de sécurité ont récupéré l’équivalent de 261.657.600 DA selon son prix au kilo sur le marché qui a atteint les 88 euros.

Ce polype, rappelons-le, se développe essentiellement à l’est dans la région d’El Kala à Annaba et Collo à Skikda et à un degré moindre à Tenès dans la wilaya de Chlef. Cette prohibition n’a pas eu que des effets bénéfiques. Elle a parallèlement abandonné tout un métier traditionnel comme proie à une mafia algéro-européene qui a fait du corail sa propriété.
«Pouvez-vous me dire pourquoi on l’interdit dans notre pays alors qu’il se vend librement en Europe?», s’interroge un autre ciseleur. «En raison de sa rareté sur le marché national, on se le procure souvent via des vendeurs clandestins qui le cèdent à des prix exorbitants allant jusqu’à 10.000 DA le kilo», affirme un autre qui se disait bijoutier mais pas à Tizi Ouzou.
De nombreuses questions demeurent, en effet, sans réponses.
Cependant, d’autres personnes incombent la responsabilité de cette situation aux pouvoirs publics qui, par cette loi, ont chassé tous les extracteurs professionnels. Un vide aussitôt comblé par des pilleurs sauvages qui travaillent, selon des sources, avec des groupes mafieux italiens, grecs et bien d’au-tres. «Ce sont des passeurs spécialisés qui le font traverser vers la Tunisie via les frontières», indiquera une personne vraisemblablement connaisseuse du métier. «Il y en a même qui arrivent à l’acheminer vers les wilayas du Centre: Alger et Tipaza passent pour être les plus consommatrices de ce produit prohibé», continue la même personne.
Questionnée sur les méthodes de son acheminement, elle reconnaît qu’il y a chaque moment un risque de se faire attraper mais le prix en vaut la peine et les méthodes toutes simples.
«Un vendeur peut bien utiliser une valise, tout le monde voyage et personne ne fait attention à un voyageur.» Ainsi, il paraît que l’interdiction qui le frappe en Algérie, est en partie, la cause de cette ruée.

Toutefois, cette situation ne résume pas à elle seule le fond du problème. L’inexistence du secteur du tourisme a grandement nui à l’activité de la bijouterie consommatrice de corail.
Cet état de fait a engendré l’absence d’un marché national de corail contrôlé par les pouvoirs publics. Ce vide, ajouté à l’abondance de ce produit sur les récifs marins algériens, a laissé place à la convoitise des mafias européennes vigoureusement combattues dans la rive Nord. C’est une véritable saignée et hélas! une catastrophe écologique qui se déroule sur les côtes algériennes.
Au milieu de ce drame, l’artiste ciseleur de Kabylie se retrouve, lui aussi, victime de cette mafia. L’interdiction de ce produit le met dans l’obligation de recourir à des trafiquants de genres différents.
«On cherche le vrai corail mais, si on ne le trouve pas on est obligés d’utiliser le corail en plastique ou celui de mauvaise qualité auquel est ajoutée de la résine.» Ainsi, malgré lui, le bijoutier, soucieux de préserver son héritage ancestral, prend deux risques. Il est, d’une part, dans l’obligation de passer des transactions douteuses avec les vendeurs clandestins. D’autre part, et au risque de nuire à l’image de son métier, il doit, faute de vrai corail, se rabattre sur un faux produit en plastique auquel on a ajouté de la résine.
«Après tous ces risques, l’acheteur trouve notre produit inabordable…», déplore un autre bijoutier.
Enfin, comme solution, les artisans, eux-mêmes, se mon-trent favorables à une réglementation rigoureuse de l’exploitation du corail. Mais, certains, bien que désirant rester dans l‘anonymat, contestent le fait accompli qui les contraint à faire dans l’illégal pour faire vivre leurs familles et préserver leur héritage. Ces derniers souhaitent, dans un avenir très proche, le développement du tourisme.
Principal propulseur de l’artisanat, son émergence poussera les pouvoirs publics à réglementer l’exploitation du corail rouge et rose sur le marché national.
L’émergence d’exploitants nationaux professionnels éloignera inévitablement les pilleurs sauvages venant de la rive Nord mais aussi de la rive Sud. (L’Expression-16.02.2010.)

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Pêche du corail

*Pêche au corail à El Tarf

des ingrédients pour une reprise rationnelle de la pêche

Saluant la décision de réouverture prochaine de la pêche au corail, ce «cadeau de la mer» dont la zone d’El Kala en produit les plus beaux, les plus recherchés et, surtout, les plus convoités, les professionnels du corail estiment que cette mesure ne pourra que valoriser «l’or rouge». Cela permettra surtout, selon des professionnels rencontrés par l’APS, de mettre un terme au braconnage effréné de cette richesse naturelle. Le corail, cet animal primitif proche des méduses, recouvrant plus de 7.000 espèces aux formes et aux couleurs très diversifiées, était, jadis, un produit recherché pour son utilisation, notamment dans la bijouterie et la décoration. Sa surexploitation, souvent par des pêcheurs illicites peu regardants sur la manière d’opérer, avait poussé en 2001 l’Etat à interdire sa pêche. Une étude consacrée à la détermination de la biomasse corallifère lui a été alors dédiée dans la perspective d’une meilleure préservation de cette ressource et une exploitation rationnelle des zones corailleuses, longtemps ciblées par des personnes alléchées par le gain facile et se souciant peu des dégâts importants occasionnés aux récifs corallifères qui se réduisaient considérablement au fil des temps.

Plus d’une tonne et demi de corail saisie entre 2002 et 2013

Selon des statistiques recueillies à la direction de la pêche et des ressources halieutiques d’El-Tarf, il a été enregistré, entre 2002 et 2013, plus de 140 infractions liées à la pêche et à la possession illicite du corail. Durant cette même période, 1.342,26 kg de corail ont été saisis et confisqués, en même temps que le matériel et les équipements exploités, comme les embarcations homologuée et non homologuées, les sardiniers, les petits métiers, les équipements de plongée et les engins de pêche non sélectifs, en l’occurrence la croix de Saint André qui a engendré des dégâts colossaux sur le fond marin et l’écosystème aquatique. Il va sans dire que la pêche illicite de cette ressource avait entraîné l’implication de nombreux professionnels qui se sont orientés vers une activité facile et rentable, sans paiement de taxe ou de redevance. Malgré la vigilance des services de sécurité, le phénomène n’a malheureusement pu être stoppé. Bien au contraire, les saisies se sont multipliées et les arrestations de braconniers, exposant leurs vies aux dangers de la mer, attestent, aujourd’hui, de la gravité de la situation, ont souligné certains pêcheurs. Ils ont, par ailleurs, précisé que ce «constat amer» a donné lieu à «l’interpellation, maintes fois, des pouvoirs publics et professionnels de la filière quant à l’urgence de la reprise de cette activité de manière licite et réglementée pour mettre fin au préjudice porté à ce don de la nature». L’annonce, en 2013, par le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, lors de sa visite dans la wilaya d’El Tarf, de la réouverture de l’exploitation réglementaire de cette activité, est venue, considère-t-on, «à point nommé». Une décision accueillie avec enthousiasme par les corailleurs et armateurs.

Réunion des ingrédients pour une reprise rationnelle de la pêche

Lors de sa rencontre avec les professionnels, le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques avait également annoncé la création, à El-Tarf, d’une agence nationale de développement et de gestion du récif corallifère. Autant dire, avait déclaré à cette occasion le président des plongeurs-corailleurs algériens, M. Amine Albane, que tous les ingrédients pour une reprise «réelle» et «rationnelle» de cette activité sont réunis.Joint par l’APS, le représentant des plongeurs algériens a souligné, à ce propos, l’importance du débat instauré autour des perspectives de redynamisation de cette activité, ainsi que le traitement et la commercialisation du corail sur des bases «réglementaires, fiables et objectives». Saluant la reprise de cette activité dans un cadre réglementaire, Ali Chaïb, un exploitant transformateur de corail de la région d’El-Kala a estimé, pour sa part, que cette activité «ne saurait être efficacement relancée sans la réunion d’une série de conditions nécessaires à une exploitation rationnelle de cette ressource». Il insistera, notamment, dans ce contexte, sur «l’importance d’accorder systématiquement des autorisations de prospection pour les principales zones corallifères pour une durée minimale de deux mois en pleine saison». Des résultats obtenus de ces prospections, il sera «possible alors de délivrer de nouvelles concessions d’exploitation sur des critères clairement établis sans recourir aux adjudications» qui favorisent, selon lui, «les uns au détriment des autres». Pour cet exploitant d’El-Kala, le permis de pêche «pourra amplement régler la question liée à la réglementation de la pêche au corail, car ce produit de la mer impose des efforts, un savoir-faire et des moyens que seuls les professionnels peuvent mettre en place». Evoquant l’activité de la pêche au corail avant son arrêt, il dira que cette activité était pratiquée à El-Kala, appelée jadis le «port aux breloques», où la régénération des gisements coralliens avaient été favorisée par l’arrêt de l’exploitation de cette richesse au lendemain de l’indépendance jusqu’au début des années 1970.

Torre Del Greco, capitale mondiale du commerce du corail

Lorsqu’on autorisa par la suite des privés à reprendre cette activité (dans les années 1980), une trentaine d’armateurs ont commencé à se partager ce trésor des mers qu’ils acheminaient vers d’autres cieux, en l’occurrence la baie de Naples, Torre Del Greco, réputée pour sa spécialisation dans le commerce mondial du corail. Rappelant également que l’exploitation du corail remonte au 16ème siècle, cet exploitant a fait savoir que pour ce qui est de la zone d’El-Kala, «les sites corallifères étaient définis et connus depuis des années, si bien que dans le cas où une institution étrangère devait prendre en charge la détermination de la ressource, cette opération ne saurait excéder un délai de 15 jours, vu le nombre d’informations disponibles concernant ce sujet». Selon ce professionnel d’El-Kala, il existe deux zones principales. La zone Est regroupe El-Kala, Annaba, Chetaïbi (Annaba), la Marsa (Skikda), l’Ile Ronde (Collo), Ziama Mansouriah (Jijel), Oued Skat, Oued Dass Sigli (Béjaïa) et Azzefoun (Tizi Ouzou) et Dellys (Boumerdès), en plus de la zone Ouest qui englobe le Rocher de la Fourmi (Gouraya), Larhat et Damous (Gouraya), l’Ile Plane (Oran), Bouzedjar (Aïn Témouchent), Tenès, Mostaganem et Arzew. Il est primordial, a-t-il encore considéré, «d’accorder aux plongeurs algériens les moyens leur permettant d’acquérir l’expérience nécessaire pour la récolte en profondeur, là où se trouve le meilleure corail». De même qu’il propose de «capitaliser cette expérience acquise au lendemain de l’interdiction de cette activité en 2001, en associant ces plongeurs, dans une première phase, aux plongeurs étrangers, puis compléter leur formation théorique par un stage dans une institution reconnue».

La réouverture de la pêche au corail, une nitiative profitable à l’économie nationale

L’accent a été mis, en outre, sur «la nécessité de transformer le corail en Algérie même, afin d’éviter les erreurs du passé» lorsque durant plusieurs années des ateliers installés en Algérie «débitaient l’or rouge à 10% et l’exportaient comme produit fini avant de procéder à son deuxième traitement», ce qui assurait, a-t-il déploré, «aux Italiens un nombre d’emplois considérable et surtout une plus-value très importante». Le décret exécutif portant sur les modalités d’exploitation de cette ressource, actuellement en voie de finalisation, fait l’objet d’un grand débat auquel sont associés l’ensemble des acteurs concernés. La réouverture de la pêche au corail, initiative profitable pour tous, notamment pour l’économie nationale, mettra, sans nul doute, expliquent des professionnels, un terme à des années de braconnage durant lesquelles «El Mordjane», cette perle envoûtante qui n’est autre qu’un animal marin fragile, a su résister aux braconniers de tout bords, «parvenant enfin à imposer ses règles pour une pêche durable et sans dangers sur la pérennité de ce cadeau de la mer». Des habitants d’El-Kala saisissent cette occasion pour formuler le vœu d’une reprise réelle de cette activité qui avait longtemps permis aux habitants de l’ex-La Calle et à ses visiteurs de vivre des moments de pur bonheur à l’occasion de la fête du corail que d’aucuns souhaitent voir renaître.*Le Courrier d’Algérie-14 fév, 2014

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**Pillage du corail algérien par des marins tunisiens

La condamnation de marins tunisiens pour entrée illégale sur le territoire national et vol de corail, connaît des développements inattendus après la tentative de proches des marins tunisiens de s’en prendre aux bateaux de pêche algériens se trouvant en réparation au chantier naval de Tabarka. C’est le président de l’Association nationale des marins pêcheurs, relevant de l’UGCA, M. Hocine Bellout qui vient de tirer la sonnette d’alarme pour attirer l’attention sur les risques de dérapage de la situation.

L’affaire a commencé à la suite de l’interpellation par les gardes-côtes de 6 marins tunisiens à bord d’une embarcation de 9 m dans la zone maritime frontalière, au large d’Oum Theboul. Ils avaient en leur possession 750 g de corail et du matériel de pillage du corail dont une « croix de Saint André », un matériel de fabrication artisanale destiné à racler les récifs coralliens par les pilleurs qui ne récupèrent qu’une partie du corail arraché à l’aide de filets, le reste qui constitue la plus grande partie se perdant dans les fonds marins. Une dévastation à grande échelle que l’Etat a voulu combattre en interdisant, à partir de l’année 2001, la pêche du corail, donnant ainsi une période de répit pour permettre une régénération de la ressource. Cette mesure n’a pas dissuadé pour autant certains marins de poursuivre leur sale besogne comme en témoignent les nombreuses saisies de corail effectuées par les services de sécurité et dont le poids a atteint plus de 10 tonnes, de 2001 à ce jour, un chiffre qu’il faut multiplier par quatre affirme M. Bellout, considérant d’autres quantités qui ont pu échapper à la vigilance des services de sécurité. C’est pour cette raison que dans les efforts de protection des récifs coralliens qui s’étendent des côtes d’El Kala jusqu’à Skikda, des trafiquants sont interpellés cycliquement et présenté devant les juridictions algériennes, comme c’est le cas des marins tunisiens. Pourtant cela n’a pas été du goût des familles des accusés originaires de Tabarka. Celles-ci ont ameuté les autres marins et des proches pour engager des mesures de rétorsion et faire pression sur les autorités algériennes afin de libérer les marins arrêtés. C’est dans ce sens qu’ils se sont rendus au chantier naval de Tabarka où se trouvaient au total 6 bateaux de pêche (3 chalutiers de Annaba et 2 d’El Kala) qui étaient en réparation dans le but de les incendier. Fort heureusement leur tentative sera mise en échec par les services du port de Tabarka qui ont réussi à repousser les assaillants. La tension ne baissera pas pour autant puisque les marins algériens qui se sont retrouvés pris dans un piège dont ils n’avaient aucune relation, ont alerté le consul d’Algérie établi dans la ville de Kef. Ce dernier qui s’est déplacé sur les lieux pour s’enquérir de la situation avant-hier, a été pris à partie par les contestataires formés de marins et de proches des marins interpellés, bombardant de pierres les voitures, affirme M. Bellout contacté par des marins se trouvant sur place. La visite sera donc annulée et le diplomate contraint à quitter les lieux sous forte escorte policière.

La situation s’envenima de part et d’autre et la réaction des marins algériens ne s’est pas fait pas attendre puisque ces derniers ont décidé de couper les vivres aux Tunisiens en leur interdisant tout ravitaillement notamment en carburant dans les villages frontaliers, en menaçant de durcir le ton au cas où les bateaux se trouvant au port de Tabarka viendraient à être touchés.

Pour l’heure, le président des marins pêcheurs lance à ses adhérents un appel pressant au calme, en laissant aux autorités le soin de régler ce contentieux.

En fin de journée de mercredi le tribunal d’El Kala a rendu son verdict dans l’affaire des six marins tunisiens qui furent placés sous mandat de dépôt pour infraction à la navigation maritime et pêche illicite de corail. Le procès s’est déroulé en présence du consul de Tunisie établi à Annaba ainsi que d’autres Tunisiens parmi les proches et parents des marins inculpés. Verdict : 3 ans de prison ferme pour 3 marins assortis de 82 millions de centimes d’amende, la saisie de leur embarcation et leur matériel alors que les 3 autres ont écopé d’un sursis.(Quotidien d’Oran-24.09.2011.) 

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