L’au-delà à l’épreuve de la science

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Les phénomènes dits paranormaux sont de plus en plus étudiés par les spécialistes des neurosciences dans le monde entier. Le point sur ces travaux de recherche pas comme les autres, réalisés dans le but de faire progresser la connaissance mais aussi la médecine.

coeur-Qui n’a jamais éprouvé un sentiment de déjà-vu ou de déjà-vécu face à une situation pourtant nouvelle ? Qui n’a jamais eu un pressentiment, une prémonition ou une expérience de transmission de pensée ? Depuis la nuit des temps sont rapportés des récits à la fois troublants de similitude et de cohérence et incroyables d’irrationalité. Certains s’étonnent de reconnaître des lieux qu’ils n’ont pourtant jamais visités. D’autres affirment communiquer avec leurs proches décédés. D’autres, enfin, racontent être sortis de leur corps, s’être approchés du seuil de l’au-delà pour revenir ensuite dans le monde des vivants. Et combien témoignent d’étranges flashs de clairvoyance…

S’agit-il de croyances, d’hallucinations ou d’une autre réalité encore inexpliquée. Ces expériences dites extraordinaires, longtemps niées, sinon rejetées par la science, font aujourd’hui l’objet d’études approfondies, voire d’enseignements dans des universités et des centres de recherche parmi les plus illustres. Ainsi, la Parapsychological Association, regroupement de scientifiques et d’universitaires qui étudient les phénomènes de télépathie ou de psychokinésie, a-t-elle été admise au sein de la très sérieuse American Association for the Advancement of Science (AAAS) ; une division des études perceptuelles a été créée à l’Université de Virginie, aux Etats-Unis ; un centre pour l’étude des processus psychologiques anormaux s’est ouvert à l’université de Northampton, en Grande-Bretagne (qui compte déjà huit établissements universitaires intégrant des disciplines parapsychologiques) ; sans oublier le Centre de recherche sur la conscience et la psychologie anormale à l’université de Lund, en Suède, ou le département de psychologie et parapsychologie de l’université d’Andhra, en Inde… En France, depuis peu, l’université catholique de Lyon propose à ses étudiants une unité de valeur facultative intitulée « Sciences, société et phénomènes dits paranormaux ».

Par ailleurs, des scientifiques, assez audacieux pour affronter l’esprit critique de leurs pairs, tentent de comprendre ces étranges événements. Armés des outils de l’imagerie cérébrale, ils explorent le cerveau, expérimentent sans a priori, prêts tout aussi bien à admettre que le phénomène est lié à un simple dérèglement neuronal qu’à reconnaître l’existence d’un sixième sens, pour autant que la démonstration en soit faite de manière cartésienne. C’est le cas du Canadien Mario Beauregard, chercheur en neurosciences, qui installe des écrans vidéo dans une unité coronarienne d’un hôpital de Montréal pour étudier le phénomène des expériences de mort imminente (EMI). C’est aussi celui du neurologue suisse Olaf Blanke, qui décortique le sentiment de décorporation tout en reconnaissant que de nombreuses zones d’ombre restent à élucider… Des recherches qui ont pour but de mieux comprendre l’origine et les mécanismes de la conscience.

Et de répondre enfin à ces questions : l’homme n’est-il que matière ? Le corps est-il une enveloppe charnelle indépendante de l’âme ? Ou l’esprit humain obéit-il, en certaines circonstances, à des formes dont nous ignorons encore tout ? (Le Figaro-13.11.09.)

****Les EMI : un véritable défi pour les scientifiques

Sensation de flotter hors de son corps, d’entrer dans un tunnel lumineux, d’être au seuil de l’au-delà… Ces récits, nombreux, d’expériences de mort imminente (EMI), souvent rapportés par des personnes émergeant d’un coma, font l’objet d’études scientifiques : s’agit-il d’hallucinations, d’états modifiés de la conscience ou d’une manifestation de l’existence de l’âme ?

coeur-Pam Reynolds, 35 ans, chanteuse, est atteinte d’un anévrisme artériel. Elle se sait en sursis et tente alors l’opération de la dernière chance. Celle-ci nécessite un arrêt cardiaque hypothermique. Nous sommes en 1991. Le procédé est novateur et son issue, incertaine. Mais Pam n’a plus grand-chose à perdre. Dans le bloc opératoire, elle est mise en situation de mort clinique : son cœur est arrêté, son cerveau cesse toute activité. Sa température corporelle chute à 15,5 °C, au lieu des 37,7 °C habituels. Le temps est compté. Le chirurgien prend ses outils et commence à découper la calotte crânienne. C’est à cet instant que Pam se sent s’élever au-dessus de son enveloppe charnelle. Dans une rotation à 180°, elle peut observer son corps inerte, sur lequel se penche l’équipe de médecins. Des détails la frappent. Ses cheveux partiellement rasés. La scie utilisée par le chirurgien ressemble à un outil de dentiste ; elle en note la marque : une Midas Rex. Elle écoute les échanges, entend les ordres. Puis, toujours en lévitation, elle quitte la salle pour traverser un tunnel baigné d’une lumière brillante et merveilleusement chaleureuse, qui lui semble à l’origine de l’existence. Elle croit voir des parents et amis décédés. Elle reconnaît un oncle mort qui la reconduit jusqu’à son corps. «Ce fut comme plonger dans une piscine d’eau glacée… »

Tel est l’extraordinaire récit que Pam, dès son réveil, rapporte à l’équipe médicale, éberluée. Un témoignage troublant, qui fait référence. La situation de mort clinique est indéniable, constatée – et en l’occurrence provoquée – médicalement. Avec une interruption complète du flux sanguin, un cortex cérébral sans activité – attesté par le monitoring -, comment Pam a-t-elle pu enregistrer et se souvenir de faits – vérifiables – qui se sont déroulés en son « absence clinique » ?

Ces phénomènes appelés NDE (near death experience) ou EMI (expériences de mort im mi nente) fascinent et font l’objet de nombreux débats. S’agit-il d’une manifestation purement physiologique résultant d’un désordre neuronal ou bien d’un passage dans l’au-delà ? Comment des états de conscience peuvent-ils perdurer alors que le cerveau ne fonctionne plus ? La question est un véritable défi pour les scientifiques qui prétendent expliquer la conscience de soi par le substrat cérébral.

Comment surviennent les EMI ? Et à quel moment précis ? On l’ignore. Mais le phénomène est connu depuis longtemps. Déjà, les philosophes de l’Antiquité en faisaient mention. L’avènement de la science, forcément rationnelle, a dénié toute réalité à ces situations inexpliquées, considérées comme extravagantes, hallucinatoires ou relevant de l’ésotérisme. Ce sont toutefois des médecins qui, les premiers, s’y sont intéressés. Rien de surprenant à cela, puisqu’ils en sont les « confesseurs ». De fait, ces expériences sont souvent rapportées par des patients réanimés après un coma avancé ou une mort clinique. Elles apparaissent parfois chez des personnes, sans proximité avec la mort, en état de méditation par exemple, si l’on en croit ceux qui travaillent sur le sujet.

Une expérience souvent décrite comme merveilleuse

Le psychiatre Raymond Moody est l’un des médecins précurseurs dans cette étude. Il publie en 1975 un ouvrage, devenu un best-seller, La Vie après la vie, recueil de vingt ans de témoignages. D’autres le suivent sur cette voie, comme le cardiologue américain Michael Sabom ou, en France, le Dr Jean-Pierre Jourdan (Deadline, dernière limite, Editions Les 3 Orangers) et le Dr Jean-Jacques Charbonier (Les Preuves scientifiques d’une vie après la vie, Editions Exergue). D’autres enfin, tels le psychologue Kenneth Ring ou le psychiatre Bruce Greyson, ont établi indices et échelles pour mesurer la « qualité » des témoignages, tant il est difficile de distinguer ce qui relève de la croyance ou de la réalité.

Le thème a également fait l’objet d’un colloque à Martigues en 2006, réunissant plus de 2 000 personnes. Même si le doute demeure quant à la nature du phénomène, les esprits semblent évoluer, tout en restant prudents. La question demeure sensible. Mais quelques scientifiques, parmi lesquels des neurobiolo gistes, acceptent de prendre en compte ces témoignages et de les étudier objectivement.

Les récits des patients présentent d’étonnantes similitudes : impression de décorporation, de flotter hors de son corps, de l’observer d’en haut, conviction d’être mort mais conscient dans un corps immatériel, déplacement le long d’un tunnel lumineux, sentiment de paix et de bien-être, rencontre avec des personnes décédées ou des « êtres de lumière »… L’expérience est souvent décrite comme merveilleuse, lumineuse, avant un retour à contrecœur dans le « monde des vivants » (une donnée réconfortante pour nos deuils). Elle marque profondément ceux qui l’ont vécue. Une minorité la vit cependant comme effrayante ou désespérante.

En 2001, le Pr Pim Van Lommel, cardiologue néerlandais, publie dans la revue Lancet une première étude scientifique sur le sujet. Elle rassemble les témoignages de 344 patients ayant survécu à une attaque cardiaque, témoignages recueillis peu de temps – au maximum une semaine – après l’événement. Précaution indispensable pour éviter tout souvenir enjolivé ou fantasmé. Entre 8 et 12 % des personnes interrogées ont rapporté une EMI et 18 % conservaient des souvenirs. Tous étaient considérés comme cliniquement morts, c’est-à-dire dans un état d’inconscience provoqué par un apport insuffisant de sang dans le cerveau. Rien ne différenciait «le groupe d’EMIstes» des autres, que ce soit sur un plan culturel ou religieux. Les chercheurs ont simplement observé que les plus jeunes étaient davantage enclins à vivre ce genre d’expériences.

Les sceptiques expliquent les EMI par la neurochimie. Ils y voient l’effet des anesthésiants, de certaines drogues, comme la kétamine ou l’ibogaïne. Ou le résultat d’une anoxie cérébrale libérant des flots de molécules comme les endorphines lorsque le cerveau manque d’oxygène. Cette anoxie entraînerait une désinhibition du cortex visuel, zone qui forme les images comme des structures auditives, ou du système limbique, une région dédiée aux souvenirs. Ce qui expliquerait les sensations de bien-être, les visions de tunnels, de défilement de sa vie… En résumé, l’étran ge voyage serait dû à un dérèglement cérébral qui créerait illusions et sensations, y compris en situation de mort clinique où des fragments de conscience pourraient persister… Ce qui reste à élucider.

A l’appui de ces hypothèses, on trouve les travaux du neurochirurgien suisse Olaf Blanke, de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, publiés dans la revue Nature en 2002. Au cours d’une intervention sur une patiente épileptique, le chercheur a stimulé des zones du lobe temporal, le gyrus angulaire droit de la patiente. «La stimulation, explique le Pr Blanke, provoquait des hallucinations et des sensations de déplacement du corps. » Le scientifique n’en reste pas là. En 2007, il publie dans la revue Science -de même que Henrik Ehrsson, de l’Institut Karolinska, à Stockholm – une expérience de réalité virtuelle reproduisant en laboratoire les expériences de sortie du corps (lire encadré pageprécédente). Il montre qu’en créant un conflit multi sensoriel, certaines aires temporales du cortex cérébral se troublent, entraînant la sensation de voir son propre corps, en partie seulement, comme si l’esprit s’en était détaché.

Ces explications ne convainquent pas Mario Beauregard (lire encadré ci-dessous), parce qu’aucune ne rend compte de l’intégralité de l’EMI. Les stimulations ne reproduisent qu’une partie des symptômes, à savoir des sensations et un sentiment partiel de décorporation. Elles ne répondent pas à la faculté de visionner une scène depuis un point de vue extérieur au corps, de se souvenir de détails précis ou de voir des objets dans des pièces voisines.

Pour vérifier la réalité de l’EMI, Mario Beauregard, en collaboration avec des scientifiques, a lancé un programme de recherche baptisé Aware. Prolongeant les expériences tentées par des prédécesseurs ayant masqué divers objets et symboles dans des salles d’opération et de réanimation de plusieurs hôpitaux de Grande-Bretagne et des Etats-Unis – ce qui, pour l’instant, n’a abouti à aucun résultat -, il projettera des images connues de lui seul sur des écrans vidéo installés dans une salle d’opération de l’hôpital du Sacré-Cœur à Montréal, orientés vers le plafond et non visibles depuis la table d’opération. Si des patients revenus de mort clinique décrivent les images, preuve sera faite du phénomène de décorporation. Des expériences similaires seront conduites en France.

De son côté, le Pr Pim Van Lommel a poursuivi son enquête auprès des 344 patients de son étude. Une certitude déjà : ceux qui ont vécu une EMI, quelle que soit leur religion, leur croyance ou leur philosophie avant cette expérience, ont désormais un rapport à la mort très différent. Ils ne la craignent plus.(Le Figaaro-13.11.09.)

*******De la paramnésie à la télépathie

On  ressent parfois comme une pensée furtive, plus ou moins précise, que certains appellent intuition ou prémonition. Simple hasard ou instinct naturel, comme celui qui est à l’origine de la fuite des animaux, peu de temps avant l’arrivée d’un tsunami ? Tout aussi furtive est l’impression de déjà-vu, déjà-vécu, que l’on appelle paramnésie. Une situation inédite ou un lieu inconnu vous paraissent familiers. Ces sentiments étranges sont fréquents : 70 % des personnes interrogées disent les avoir déjà ressentis. Le cerveau serait-il donc capable de prévoir des événements ?

Peu d’études sont menées sur le sujet, mais les neurologues, par leurs travaux, ont ouvert quelques pistes. «En traitant les personnes épileptiques, explique Fabrice Bartolomei, professeur de neurophysiologie au CHU de Marseille, nous nous sommes aperçus qu’une stimulation d’une région du cerveau, appelée le cortex entorhinal, déclenchait ce sentiment de déjà-vu dans une scène vécue auparavant. Cette zone fait partie de la mémoire de reconnaissance. Elle pourrait être à l’origine de ce sentiment, en interagissant avec l’ensemble des structures impliquées dans la mémoire.»

Et qu’en est-il de la télépathie ? Ce phénomène, qui consiste à transmettre à autrui des informations par d’autres canaux que ceux des sens connus, a été étudié à l’aide d’un protocole dit Ganzfeld (champ sensoriel uniforme). Un « émetteur » isolé dans une pièce regarde des images, tandis que dans un autre lieu un « récepteur » décrit ou dessine les images qui lui traversent l’esprit. On compare ensuite les données. La méthode répétée de nombreuses fois a fait l’objet de statistiques qui ont abouti à des résultats surprenants. De plus, une étude menée par Jiri Wackermann, publiée dans Neuroscience Letters en 2003, a montré que deux êtres humains situés à distance l’un de l’autre pouvaient coordonner les états électriques de leurs cerveaux. Aucun mécanisme biophysique connu, aucune théorie scientifique ne viennent expliquer cette perception. Elle est pourtant suffisamment troublante pour avoir convaincu Freud et pour que l’Institut de recherche de l’armée américaine en fasse le sujet d’une investigation sérieuse.(Le Figaro)

 

 

 

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