Vivre «sans ces machins» pour vivre mieux?

*ENVIRONNEMENT – Les expériences de vie «sans…» se multiplient…

Vivre sans utiliser d’eau, sans émettre de CO2, sans argent,… Les expériences se multiplient avec la prise de conscience des limites de notre planète. Une forme de simplicité volontaire qui questionne notre mode de vie occidental et remet en question des besoins «vitaux» qui n’en sont peut-être pas.

L’année sans papier toilette

L’expérience la plus célèbre est celle de Colin Beavan, ou «No impact man», jeune père de famille new-yorkais qui a minimisé ses émissions de CO2 pendant un an. Pas d’ascenseur, pas de réfrigérateur, pas d’aliments prêts à consommer, pas de papier toilette…

Une année difficile pour la famille de Colin Beavan qui devrait être récompensée par un succès en librairie et au cinéma de leurs aventures écolos. La mode des ouvrages «Year without» («l’année sans») prouve l’intérêt pour ces aventuriers modernes, mais fait douter de leur motivation: leur ambition sociale n’est peut-être pas aussi modérée que leur mode de vie…

Ecolo, mais pas seulement

Les expériences écolos se déclinent selon les sensibilités personnelles. Ainsi, le britannique Mark Boyle a vécu un an sans argent dans une caravane. Ne se nourrissant que de ce qu’il faisait pousser, il voulait surtout prouver qu’on pouvait manger (et même mieux manger) sans payer. L’américain Jeff Yeager, auteur de The green cheapskate (le «radin vert»), a lui passé quinze jours sans eau courante qui lui ont appris à ne pas prendre l’eau pour un acquis et à reconsidérer sa consommation quotidienne (en lavant ses vêtements moins souvent, en remplaçant l’eau chaude par de l’eau froide,…).

Des expériences écolos, mais pas uniquement. Anne Chaté, sociologue et auteur de Bonheur tranquille – Vivre avec l’esprit de modération (ed.Payot), interrogée par 20minutes.fr, explique que ces expériences «renvoient à un besoin de sens. Les engagements, jadis religieux ou politiques, laissent la place à des petits gestes individuels qui s’inscrivent dans une époque individualiste et pragmatique.»

Malgré leur radicalité, ces expériences peuvent avoir un effet d’entraînement, soit en amenant chacun à se poser des questions, soit par effet d’imitation de comportements aujourd’hui «valorisés et connotés positivement» selon Anne Chaté.

Sortir de la crise par le haut

Crise oblige, les motivations économiques sont également présentes dans ces années «sans». Ainsi, la famille Bongiorni, résidant en Louisiane, a décidé de bannir les produits «Made in China» après avoir constaté que le pied de leur sapin de Noël était envahi de produits fabriqués en Chine. Sans aucun patriotisme économique, ils ont simplement voulu dénoncer l’afflux de marchandises superflues. En 2008, un journaliste britannique du Times avait tenté de passer un hiver sans chauffage pour réduire une facture énergétique de plus en plus lourde.

«On prend nos distances avec ce qui aura été une parenthèse extraordinaire depuis la Révolution industrielle, commente Anne Chaté. En période de crise économique, si on continue à vouloir autant de choses que l’on ne peut pas s’offrir, on risque la frustration. Agir sur ses désirs permet de sortir de la crise par le haut.»

Des fables pour les générations futures

Telles des fables, tous ces récits se terminent par la même morale: il faut vaincre les difficultés pour retrouver les «vraies» valeurs de dialogue et de partage. Mais pourquoi est-ce si difficile de vivre simplement? «Cela va à l’encontre de la culture occidentale complètement imprégnée par le dépassement des limites (de la planète, de soi-même, etc). C’est un défi de vivre avec peu, mais ce n’est pas celui sur lequel notre société s’est construite» explique Anne Chaté.

Finalement, ces expériences seraient le brouillon d’un «mode d’emploi» pour les générations futures qui devront vivre en ayant conscience de leur impact sur la planète. Pour Anne Chaté, «Si on leur donne les valeurs en adéquation avec ce mode de vie, ce n’est pas sûr qu’ils seront moins heureux que nous.» (20Minutes-07.06.2010.)

 

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