Être «green-tech»

Les fabricants de biens électroniques affichent tous leur engagement dans la révolution verte. Reste à savoir si les promesses sont tenues.Le tout dernier Mac d'Apple, pourvu d'une coque en aluminium hautement recyclable. A partir de 2999€.

* Électro et écolo. Longtemps mise à l’index pour son manque de considération environnementale, l’industrie de l’électronique grand public sort du coma et ajoute le mot «green» à son lexique. Ainsi, depuis deux ans environ, les grandes marques veulent toutes transformer les produits «bruns» (téléviseurs, chaînes hi-fi…) en appareils «verts». Utopique ? Pas complètement. Ce printemps est symptomatique de ce nouvel engagement. Après des promesses longtemps formulées par les Sony, HP, Canon, Lenovo, Apple ou Samsung, place aux actes. Ainsi, Lenovo a mis en place une solution globale pour le traitement du matériel informatique en fin de vie, optimisant réutilisation, reconditionnement, recyclage et valorisation.

Les premiers équipements plantant leurs racines dans le terreau du développement durable fleurissent dans les linéaires. Le bouton marche/arrêt, évitant de consommer inutilement de l’électricité lorsqu’un appareil est en veille, redevient même tendance… Soit. Mais derrière des produits «vitrine» comme le téléviseur WE5 de Sony qui économise jusqu’à 60 % d’énergie, des imprimantes HP fabriquées avec des matériaux recyclés et recyclables, les ordinateurs aux coques en bambou de Dell ou Acer, les nouveaux Mac d’Apple au boîtier en aluminium hautement recyclable, les calculatrices Canon conçues à partir de plastiques d’anciens photocopieurs, voire les mobiles fonctionnant à énergie solaire que lanceront Samsung ou LG fin 2009, les marques jouent-elles vraiment le jeu de la «green tech» ?

Pour la plupart, oui. «Cela devient un phénomène structurel, comme dans le domaine alimentaire, constate Jérôme Habauzit, directeur associé du Cabinet AQOA. Même des fabricants en retard sur la greentech ont fini par intégrer cette stratégie.» Exemple, Apple. Longtemps rangée dans le camp des vilains pollueurs par Greenpeace, dont un baromètre trimestriel évalue les efforts environnementaux des constructeurs, la marque à la pomme s’est racheté une conduite dès septembre 2008. Solutions : des baladeurs iPod sans composants dangereux pour l’environnement ou des ordinateurs économes et plus facilement recyclables.

Robuste et puissant, l'ordinateur Lenovo ThinkPad W700 DS, à partir de 3 500€.
Robuste et puissant, l’ordinateur Lenovo ThinkPad W700 DS, à partir de 3 500€.

* Trier le bon grain vert de l’ivraie

Évidemment, lorsqu’on les interroge, tous les constructeurs rappellent que leur politique en matière de développement durable ne date pas d’hier. Vrai pour certains, comme Canon ou HP qui recyclent et valorisent depuis longtemps des produits en fin de vie (cartouches d’encre, imprimantes…). Ou comme Panasonic, qui fabrique certains de ses écrans dans des usines «propres». Celle d’Amagasaki au Japon maximise l’emploi des eaux de pluie et a recouvert ses murs de 24 000 m² de panneaux photovoltaïques. «Le “green” est un terme très à la mode dans notre métier, indique-t-on aussi chez Sony. Mais nous avons des engagements importants en termes de fabrication de produits, avec des usines et des bureaux fonctionnant à l’énergie renouvelable, la transformation de végétaux en matières plastiques et le recyclage de nos déchets industriels à hauteur de 87 %.»

Reste à trier le bon grain vert de l’ivraie. «Il faut trouver un équilibre entre le discours commercial et l’efficacité écologique», prévient Jérôme Habauzit. Qu’ils s’appellent «Life’s Good When it’s Green» (LG), «GreenHeart» (Sony Ericson), «The Power of We :» (Nokia) ou encore «Eco Ideas» (Panasonic), les programmes mondiaux des fabricants visant à réduire leur impact sur l’environnement doivent être lisibles de tous et s’appliquer à chaque étape du cycle de vie de leurs produits. Tout en étant synonymes d’avancées palpables par les consommateurs, sans supplément de coûts. Ensuite, les consommateurs, de plus en plus demandeurs de solutions écologiques, devront vite s’y retrouver dans les magasins… Pas évident. Dans l’euphorie de la révolution verte, une foule de labels souvent créés de toutes pièces par les marques elles-mêmes empêchent de comparer les produits entre eux. L’Europe promet de bientôt éclaircir les débats.(Le Figaro)

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2 réponses à “Être «green-tech»”

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