Êtes-vous bobovore ?

Chez Mme Shawn, au coeur du quartier Valmy-Canal Saint-Martin
Chez Mme Shawn, au coeur du quartier Valmy-Canal Saint-Martin 

Qu’est-ce que le bobovore ? Un bobo à table. Avec ses goûts, ses produits et ses adresses fétiches. Un être de paradoxes, que nous avons suivi plat à plat.

Êtes-vous bobovore ? coeur-  

Mon Oncle
Mon Oncle

Les lieux. Le bobovore a ses quartiers de prédilection. Chics et popus à la fois, avec une tendresse affichée pour le canal Saint-Martin, les franges du Marais, le bas de Pigalle et le haut de Belleville. Il aime les endroits qui n’ont pas l’air de restaurants, les une-pièce-cuisine, les lofts revisités, les « caves à manger » où il se sent chez lui. Surtout si on note juste son prénom, lors de la réservation !

La présence d’une table d’hôtes, tellement conviviale, est bien vue, le bobovore ne dédaigne pas la promiscuité pourvu que ses voisins lui ressemblent. Une cuisine ouverte sur la salle, gage de transparence et de bobocratie participative, fait aussi partie de ses marottes.

Les décors. Le bobovore apprécie les décos décalées. Avec mention spéciale pour le style 50 Deschiens mâtiné de Seventies flashy. Un fauteuil Charles Eames entre deux canapés en Skaï le transporte, un beau Formica orange lui arrache des cris de joie. Mais il a aussi le goût du sobre et les sets en papier kraft, signe d’une fibre écolo balbutiante, le chavirent.

Le chef. Le bobovore adore les (grandes) toques défroquées, les transfuges de belles maisons versant dans la bistronomie. Ce mélange des genres est la quintessence du bourgeois bohème, vu par le petit bout de la fourchette. Ainsi, il connaît par cœur le pedigree de « ces anciens de chez… », qu’il récite avec délice. Autre genre qu’il affectionne particulièrement : l’autodidacte, style Inaki Aizpitarte du Chateaubriand ou, mieux encore, le self-made-man étranger façon Daniel Rose (Américain virtuose que l’on connut au Spring, dans le IXe, et que l’on retrouvera bientôt rue Bailleul, dans le Ier).

Le service. Belles gueules recommandées avec un service, comme le chef, de préférence looké et/ou pas rasé ! Le bobovore fustige l’empoté comme le coincé, il préfère une « zénitude » assumée en APC.

Les nourritures. Ouvert au monde, curieux de l’autre, le bobovore tient à jour ses carnets d’adresses asiatiques, italiennes ou espagnoles tout en gardant un appétit d’enfant (d’antan) pour les nourritures régressives (riz au lait, purées maison, soupes à slurper) et les plats de ménage dont la cocotte en fonte demeure l’accessoire star. Tout cela n’est pourtant qu’amuse- bouche. Son plaisir suprême reste le produit brut et la cuisine de garde-manger. Mais attention, uniquement du produit « name droppé » : beurre de Bordier, légumes de Thiébault, huîtres Gillardeau… Et toujours de la traçabilité (pourquoi pas la photo des grands-parents du cochon qui finit dans son assiette ?).

  **Quartier Marais -Temple 

L'esprit Rose Bakery II
L’esprit Rose Bakery II

Si certains vétérans avaient déjà semé les premières graines de la bobosphère, comme Chez Omar avec son couscous branché, de nouvelles adresses sont venues récemment rencontrer leur public.

Dernière en date, Glou, ouverte par Julien Fouin, ex-rédacteur en chef d’un journal gastronomique. Très réussi, le lieu fédère à lui seul tous les paramètres de la popote bobo : terrines bien faites, plats de ménage revisités, desserts un poil régressifs (riz au lait cru) et surtout petits et grands vins au verre pour séduire à tous les coups.

Quelques mètres plus loin, le Breizh Café, ouvert début 2007, n’a plus rien à prouver sur le terrain de la galette et des produits bretons. Le décor bigouden new look, le large éventail de cidres, les farines et ingrédients très qualitatifs ont dès le début typé l’endroit.

Une rue plus loin, le very fashion Rose Bakery II, épicerie-resto-salon de thé anglais, n’a pas eu de mal non plus à imposer son drôle de look minimaliste, l’excellente organic food dispensée sur place compensant largement l’absence de glamour du lieu. Soupe du jour, risotto de saison et crumble (parmi les meilleurs de Paris) laissent en effet plus d’un bobo baba.

Enfin, toujours dans le même périmètre, le Café des Musées, stratégiquement placé sur le parcours culture, ne désemplit pas. Les viandes rouges cohabitent avec des frites fraîches, le saumon d’Écosse bio est fumé maison et la cuisine, ouverte sept jours sur sept. Du bon, du beau, du bobo !

Omar . 47, rue de Bretagne, IIIe.  Tlj sf dim. midi. Carte env. 40 €.

Glou, 101, rue Vieille-du-Temple, III e. Tél. : 01 42 74 44 32. Tlj sf mar. Menu déj. à 17 €. Carte env. 40 €.

Breizh Café, 109, rue Vieille-du-Temple, III e. Tlj sf lun. et mar. Carte env. 20-22 €.

Rose Bakery II , 30, rue Debelleyme, III e. Tlj sf lun. Carte env. 15-30 €.

Café des Musées, 49, rue de Turenne, III e. Tlj. Formule déj. à 21 €. Carte env. 40 €.

  
 **Quartier Martyrs -Trudaine 

Le Cul de Poule
Le Cul de Poule

Cette portion de la rue des Martyrs, entre Notre-Dame-de-Lorette et l’avenue Trudaine est l’épicentre d’une planète bobo très dense. Le cœur de SoPi, comprenez South Pigalle. Pour preuve, les commerces de bouche (Poularde Saint-Honoré, Papilles gourmandes, huiles Première Pression…), les boutiques (À l’Idéale, Nogood Store…) qui ont accompagné le virage sociologique du quartier. S’il fallait ne citer que quelques cantines emblématiques, il y aurait nécessairement Rose Bakery (cf. aussi quartier Marais-Temple), haut lieu du bio britannique. Pas folichon à l’œil mais tellement bon qu’on en oublie les néons ! Et puis, plus haut, sur le trottoir d’en face, Cul de Poule, le petit dernier de Yannig Samot (la Famille, ChériBibi…). On y mixe dans un drôle d’espace couloir (dédoublé en mezzanine le soir) récup’fifties, produits à pedigree et vins malins. Autre passage obligé, dans une rue perpendiculaire, l’Hôtel Amour siglé Thierry Costes & Co. Cour fleurie, nourritures snackées (très bon poulet-frites) et clientèle joliment castée : la formule est simple mais efficace. Enfin, haut lieu de rassemblement, La Pizzetta pour ses pizzas à la farine intégrale et, plus encore peut-être, sa petite sœur, La Salumeria, aux tarifs plus amicaux. Si jamais elles affichent complet (en été surtout pour cause de terrasse), on peut toujours aller boire un verre au César, spot danois d’afterwork, qui revisite les tapas façon nordique.

Rose Bakery , 46, rue des Martyrs, IXe. Tlj sf lun. Carte env. 25-40 €.

Cul de Poule , 53, rue des Martyrs, IX e .  Tlj sf dim. et lun. Formule déj. à 20 €, menu déj. à 25 €.

Hôtel Amour , 8, rue de Navarin, IXe. Tlj. Carte env. 30-40 €.

La Pizzetta , 22, avenue Trudaine, IXe. Tlj sf. dim. Carte env. 35-40 €.

La Salumeria , 20, avenue Trudaine, IXe. Tlj sf dim. Carte env. 30 €.

César , 34, rue de La Tour-d’Auvergne, IXe.  Ts les soirs sf dim. et lun. Carte env. 15-25 €.

  
 Quartier Rebeval – Buttes Chaumont 

QueduBon
QueduBon

Pionnier alternatif à flanc de coteau, le Baratin de Raquel s’est accroché aux pentes de Belleville que d’autres avaient fini par abandonner… Ses assiettes sont aussi natures que les vins de Philippe, et leur formidable simplicité rend toujours babas des armées de bobos souvent fidèles depuis l’ouverture.

Cofondateur du Baratin, Olivier Camus s’est installé à deux pas de là, de l’autre côté de la rue de Belleville, au Chapeau Melon, cave à vins nature avec coin cuisine et table d’hôtes, qui s’est mué en un véritable bistrot d’humeurs au menu unique et à la très belle carte des vins (forcément nature !). Une réussite qui fait plaisir à boire !

Dans cette même rue Rébeval, Frédéric et Agnès distribuent au déjeuner dans leur Zoé Bouillon, et dans la bonne humeur, leurs soupes fraîches et leurs cakes salés autant que sucrés… Dommage qu’ils soient dorénavant fermés au dîner.

Un peu à l’écart, à un jeu de marelle des Buttes-Chaumont, Gilles Bénard (Ramulaud, les Zingots…) et son fils Léo ont ouvert QueduBon, un bistrot à vins moderne qui fait la part belle aux produits cuisinés simplement. Tout le quartier l’a adopté, et il arrive même aux accros de Ramulaud de traverser Paris.

Baratin, 3, rue Jouye-Rouve, XXe. Tlj sf sam. midi, dim. et lun. Carte env. 40 €.

Chapeau Melon, 92, rue Rébeval, XIXe. Tlj, le soir slt, sf lun. et mar. Unique carte-menu à 31,50 €.

Zoé Bouillon , 66, rue Rébeval, XIXe. Tlj, au déj. slt, sf dim.

QueduBon , 22, rue du Plateau, XIXe.  Tlj sf dim. soir. Carte env. 30 €.

  **Quartier Valmy – Canal Saint-Martin
Plonger dans Boboland, c’est forcément citer son canal historique (Saint-Martin), ainsi que Prune, bistrot-institution faussement cracra, devenu un monument un rien trop caricatural du genre. Résultat ? Hormis pour leur petit noir au comptoir le matin, ses fidèles lui préfèrent de meilleures cantinettes, à deux pas.

D’abord, il y a Sésame, tel un café new-yorkais du Village, où l’on vient boire un smoothie minute, grignoter quelques tartines salées (Moisan) et salades.

Puisqu’on avait annoncé du bobo, il fallait forcément un petit bio dans le coin pour la bonne conscience du quai de Valmy. Ouf ! Bonne pioche avec Soya, charmante dînette à la déco façon Brooklyn industriel, dont les salades de lentilles et autres spécialités organiques ont de la gueule et beaucoup de goût.

Plus frenchy, aussi, le brunch épatant de l’épicerie-bistrot la Cantine de Quentin avec salade, saucisson de chez Conquet, tartare de saumon, et brioche perdue au caramel.

Au mythique Hôtel du Nord, mué en temple du branchouille, mieux vaut miser sur les classiques de la carte (salade chinoise, burger, cheese cake), l’atmosphère, le décor et la vraie bonne humeur que sur un bon rapport qualité-prix (premier prix à 22 € pour un petit côtes-du-rhône village).

Côté vin, l’indéboulonnable référence reste Le Verre Volé, sa carte de vins nature à petits prix et ses assiettes parfaitement réalisées.

Enfin, parce que chaque tribu a ses us et coutumes, qu’on soit ou non du quartier, mieux vaut intégrer le credo « On va se faire un bobun au Cambodge ? », petit restaurant ethnique, authentique et tout frais.

Autre option asiatisante pour les demoiselles aux palais plus délicats, un boudoir thaï, le nouveau repaire de Madame Shawn et ses célèbres currys.

Prune, 36, rue Beaurepaire, Xe. Tlj.

Sésame, 51, quai de Valmy, Xe.  Tlj sf lun.

Soya, 20, rue de la Pierre-Levée, XIe. Tlj sf dim.

La Cantine de Quentin , 52, rue Bichat, Xe.  Tlj.

Hôtel du Nord , 102, quai de Jemmapes, Xe. Tlj.

Le Verre Volé, 67, rue de Lancry, Xe. Tlj.

Cambodge , 10, avenue Richerand, Xe.  Tlj sf dim.

Mme Shawn ,34, rue Yves-Toudic, Xe.  Tlj.

  Quartier Montmartre – Abbesses – Pigalle  

Mme Shawn
Café Burq

À la fin du siècle dernier, autant avouer avant-hier, le grand axe Montmartre-Pigalle avait quitté Paris. L’un baladait sa nostalgie dans les bus de l’internationale touriste, l’autre mélancolisait sa légende dans l’interlope sex-shop.

Montmartre-Pigalle, c’était un peu Paname en si loin si proche. Jusqu’au petit miracle des années 2000, où ces quartiers-là renouèrent avec la ville en même temps qu’un certain appétit. Comme souvent les belles histoires, celle-ci commence à table. Il était donc une fois 2003 et un printemps de bistrot fleuri dans une rue qu’on n’attendait plus avec une bande qu’on n’attendait pas.

L’enseigne affichait La Famille, les patrons semblaient tout droit sortis d’une agence de pub et le jeune chef d’alors (un certain Inaki Aizpitarte, désormais star au Chateaubriand) affolait les papilles du Tout-Paris dans une cuisine taille placard. Cinq saisons plus tard, l’adresse roule encore sa bosse mais l’épicentre a viré séisme. Toujours les mêmes causes, souvent les mêmes effets : jeune équipée aux commandes, promiscuité bravache dans la salle, décor post-vintage, petits plats néo-rétro et des adresses à la façon du Burq, du Chéribibi, du tout frais Mon Oncle , du Miroir dans un registre plus bistronomique et, plus exotique, du Bar des Roses (tendance tapas) et du Floors (régime burger). Si la médaille de la Ville de Paris pouvait être décernée à titre collectif, alors peut-être nos bourgeois bohèmes mériteraient-ils la breloque pour avoir service rendu à la vie de quartier. Comme quoi, y’a parfois bon bobo ! (Le Figaro)

Bar des Roses, 1, rue de Vintimille, IXe. Env. 25-35 €.

Café Burq , 6, rue Burq, XVIIIe.  Env. 30 €.

Chéribibi , 15, rue André-del-Sarte, XVIII e . Env. 25-30 €.

La Famille, 41, rue des Trois-Frères, XVIIIe. Env. 30-40 €.

Floors , 100, rue Mytha, XVIIIe. Env. 25 €.

Miroir , 94, rue des Martyrs, XVIIIe. Env. 30 €.

Mon Oncle , 3, rue Durantin, XVIIIe.  Env. 20-30 €.

3 réponses à “Êtes-vous bobovore ?”

  1. 15 08 2011
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    Dear admin, thnx for sharing this blog post. I found it wonderful. Finest regards, Victoria…

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