Les derniers snobismes parisiens

 **Littoralement snob

 La meilleure terrasse, la bonne plage à la bonne heure, la sandale idéale, la table qui monte… Pour briller sur les rivages, voici le best of de nos destinations estivales préférées..

 1842

 Le Ferret : tapas pour perles rares
Le spot du matin : un café chez Lemoine, le stand de cannelés situé face au marché. C’est là, vers  10 ou 11 heures, que tout se joue.
La question existentielle : peut-on vraiment manger des moules chez Hortense (moules + chair à saucisse + frites !) ? La réponse est oui, parce que Bernadette, la patronne, est tellement charmante. Et puis au Bouchon du Ferret, le resto qui monte (avenue de la Douane), on se sent trop à Paris…
Les must have : le pare-vent turquoise à fleurs de chez Popie’s (plage de l’Horizon ou marché, 35 €) ; les piquets de parc à huîtres ornés de vigne vierge dans les jardins, un gimmick piqué aux frères Bartherotte, arbitres du bon goût ferret capien.
La rebelle attitude : se lamenter sur l’avenir funeste des 44 (hectares, bien sûr), sillonnés par les Porsche Cayenne… et adhérer à la nouvelle association de défense dont certains, récents parents d’un petit Marcel, seraient membres…
Le fashion faux pas : porter de vraies chaussures. Au Ferret, les filles sortent carrément pieds nus, et les garçons en espadrilles. De manière générale, l’overdressed est banni.
L’apéro hype : la buvette de la plage de l’Horizon, cocktails et tapas avec vue magique sur le coucher de soleil et le sable enfin désert.

 Le sport chic : yoga à la playa le matin avec Évelyne, qui vient tous les ans de Bordeaux pour l’été (05.56.98.40.91 et 06.81.04.19.03).
Spécial foodies : les Dunes blanches de chez Pascal (chouquettes chantilly démentes), les chipos de Monsieur Éclancher pour grignoter avec les huîtres. Au marché, bien sûr. Les pizzas roquette à emporter de l’Épicerie (près du marché). Et le « maigre » ou le maquereau des cabanes à poissons du village ostréicole.
Le truc qui vous pose : appeler les profs de surf par leur prénom (et les noter entre copines, pour rire).
Le bon bateau : une pinasse, rien d’autre.
La sortie incontournable : le Sail Fish, près du tennis de l’Océan, institution de la night détendue. On y danse après le dîner avec ses enfants, et on finit la soirée autour d’un rhum arrangé au Tchanqué.

 1843

**Porto-Vecchio : rando ou paréo ?

Le spot du matin : prendre son petit déj’ sur son balcon, face aux sublimes marais salants, à La Cuve. The place où louer un bel appartement bobo dans un ancien entrepôt de stockage de vin réhabilité (www.lacuve.com). Et l’antithèse de la location en crépi rose.
La question existentielle : pourquoi on ne trouve jamais un fruit correct dans ce coin pourtant gorgé de soleil?
Les must have locaux : le paréo malin Mare di Latte (4, cours Napoléon), sobre et belle pièce de voile de coton, avec un trou pour la tête (en bleu marine ou indigo) ; l’huile pour le corps à l’essence d’immortelle Oliu di Sole d’Imiza (en pharmacie) ; et les sexy maillots Carioca, en prenant les moins échancrés, of course (parvis de l’église) !
Le fashion faux pas : les talons et le make-up visible le soir. Ils vous étiquettent immédiatement comme bimbo russo-tropézienne.
La rebelle attitude : ne jurer que par la montagne et partir tous les jours randonner vers Bavella alors qu’on a une maison sur l’eau.
L’apéro hype : au comptoir sans chichi de la Cantina de l’Orriu (cours Napoléon), avec une assiette de charcuterie vraiment corse… Si on tient à la musique lounge, le Cabanon Bleu, sur la plage de Saint- Cyprien, s’impose. C’est là que vont les filles les mieux habillées.
Le sport chic : aller aux courses à Zonza, dans l’hippodrome le plus haut d’Europe, le dimanche. Une ambiance popu-cool authentique qui change des kékés à Jet-Ski !

 Le bon bateau : un Black Pepper design loué à la journée, parce qu’on n’est pas du genre à se montrer sur un semi-rigide moche
(www.absolute-yacht.com).
Spécial foodies : les légumes et les volailles de la ferme bio d’Alzetta (sur place ou au marché de Porto-Vecch’ le dimanche). Les « dolari » (raviolis aux trois viandes) et les aubergines au brocciu d’A Cucina, un traiteur tenu par une mère et sa fille, ex de la Table d’Anna, une institution tombée depuis qu’elle a été reprise.
Le truc qui vous pose : posséder un autocollant Tamaricciu personnellement remis par le patron de ce resto très couru de la plage de Palombaggia. Et qui vous permet de ne pas payer le parking comme les touristes.
La sortie incontournable : penser aller faire un tour à la Via Notte, LA boîte de l’île ! Et renoncer parce qu’on est mieux à regarder les étoiles…

 1844

Saint-Tropez : aïoli, Rondini et Bikini…

Le spot du matin : le Bar du Port à  7 heures avec les journaux, les Tropéziens et le pain qu’on va remonter à la villa.
La question existentielle : Rondini ou K-Jacques ? Deux écoles… On notera en tout cas que commander ses tropéziennes sur le site K-Jacques pour éviter la foule est un truc qui se fait beaucoup (même si personne ne s’en vante)…
Les must have : le nouveau cabas en cuir gras naturel Rondini ou celui en lin Libeco des Galeries Tropéziennes ; la mode fleurie de la jolie blonde de K by Suria au marché ; et la toile à transat bradée du déballage de Marinette (au marché toujours) pour faire des gros coussins.
La rebelle attitude : rouler à mob, avoir sa propre recette de tapenade et préférer les plages un peu foutraques, comme celle de l’Esquinade ou des Graniers, chaises en plastique et matelas de travers, mais « trop sympas ».
Le fashion faux pas : garder son look Birkin ou sa tunique indienne de jour, le soir. Ne nous leurrons pas : un zeste de bling-bling assumé est toujours bienvenu si l’on veut entrer en boîte…
L’apéro hype : un cocktail sur le mini-balcon (4 tables) de l’Hôtel Sube, audessus du port. Mais les places sont rares…
Le sport chic : l’épuisante tournée pédestre des spectaculaires boutiques éphémères Chanel, Valentino

 Spécial foodies : les meringues fourrées à la chantilly de chez Sénéquier (à commander) ; le pain complet aux pignons de la boulangerie de La Môle et les pissaladières (en tarte, surtout pas en parts, malheureuse !) au marché ; l’aïoli et la friture d’éperlans à la plage des Salins ; le thé vert au basilic et au citron de chez Aix et Terra  (boutique éphémère à Ramatuelle cet été).
Le truc qui vous pose : être super bonne en géopolitique. Chez Sénéquier, par exemple, c’est sur la partie gauche de la terrasse qu’il convient d’être. À la Pomme de Pin, resto-jardin couru, c’est sur le côté droit (route de Tahiti)… Et ainsi de suite !
Le bon bateau : un pointu un peu délabré.
La sortie incontournable : ce ne sont pas les lieux de fêtes mythiques déchaînées qui manquent. Mais on peut préférer aller écouter du jazz manouche ou, pire, du Chopin, au château de la Moutte (www.lesnuitsduchateaudelamoutte.fr).

1845

Guéthary : rhythm’n’surfLe spot du matin : un jogging pieds nus sur la plage si la marée le permet. Pour admirer les surfeurs qui émergent de leur Combi Volkswagen… Ou l’ouverture de la brocante d’Ahetze, le troisième dimanche de chaque mois.
La question existentielle : doit-on autoriser les  enfants à aller écouter La Femme au festival Rip Curl de Biarritz, fin août ? Ce groupe semi-biarrot affole la planète pop, et Sur la planche est le tube local de l’été.
Les must have locaux : côté look, la veste militaire customisée kitsch Kiki Ritz, avec patch Rocher de la Vierge (44, rue Luis-Mariano, Biarritz) et le portefeuille à clous orange Laffargue, le Goyard de Saint Jean (25, rue Gambetta, Saint Jean-de- Luz). Côté déco : une coupe Cazaux (www.cazauxbiarritz.com), sublime maison de céramique 30 années, associée à des coussins ouzbeks de chez Scènes d’Ailleurs (31, rue Sopite, Saint-Jean-de-Luz).
La rebelle attitude : aller shopper à l’énooorme Zara de San Sebastián (moins 20% sur les prix français) alors qu’il ne pleut même pas…
Le fashion faux pas : continuer à porter son tee-shirt siglé « 64 ». Et surtout être undersexy ; ce n’est pas parce qu’il fait frisquet qu’on doit se cacher sous un gros pull.
L’apéro hype : au Madrid, avec un mojito et une planche de quelque chose (charcuterie, fromages…), sur la terrasse côté rue. Vue sur mer, c’est pour les touristes (563, avenue du Général-de-Gaulle).
Le sport chic : vélo dans l’arrière-pays, en famille, après les cours de surf.
 Spécial foodies : il est totalement déplacé de servir un autre fromage que le brebis, mais de très bon ton de débattre sans fin du meilleur gâteau basque du monde, Pariès ou Maquirriain. Le thon à la citronnelle de chez Hétéroclito, guinguette hyperbranchée, réconcilie tout le monde (48, chemin du Port).
Le truc qui vous pose : dépareiller son maillot de bain, comme les surfeuses. Sinon, les maillots subtilement désassortis de la marque locale Albertine (www.albertine-swim.com).
Le bon bateau : … euh, un Morey fera l’affaire.
La sortie incontournable : le Blue Cargo – toujours – et son dance floor au ras de la plage. Les adultes y dînent avant, les jeunes viennent
y danser (www.bluecargo.fr).

1846

Dinard : vague vintageLe spot du matin : les vieux discutent au troquet de la place les jours de marché (dont tout le monde ignore le nom, mais c’est le seul…). Les jeunes lisent le journal devant un café à la Fonda, jugée plus cool (14, rue Yves-Verney).
La question existentielle : va-t-on pouvoir continuer à aller danser à la mythique Chaumière (Saint-Lunaire) maintenant que le gérant a changé ?
La rebelle attitude : être célib et/ou sans enfants ! Et fuir la plage de l’Écluse au profit de celle de Saint-Énogat. Ou alors sécher le déj’ familial pour filer en Zodiac sur l’île de Cézembre, au resto roots de Frankie le Corsaire (c’est lui qui décide du menu).
Les must have locaux : le sac de plage en toile de bateau de Saint-Jacut-de-la-Mer ; les chemises en coton natté de l’Explorateur, de couleur vive parce qu’on est moins coincé qu’on n’en a l’air (au marché) ; et surtout les irrésistibles « ty kouign » (mini-kouign-amann) à la pomme de la pâtisserie Moreau (36, rue Levavasseur).
Le fashion faux pas  : le trop BCBG polo Vicomte Arthur, rose pour les garçons ou lin pastel pour les filles. Et tout ce qui « bretonne », marinière comprise.
L’apéro hype : un demi ou un cidre au Sunset, bar à l’extrême droite de la plage de l’Écluse, un endroit où l’on profite du soleil une heure de plus qu’ailleurs. Ou un ti-punch à L’Escale à Corto (12, avenue George-V).

 Le sport chic : aller nager dès l’ouverture à la piscine olympique remplie d’eau de mer, sur la digue.
Spécial foodies :
– Au marché : direction la poissonnerie Chez Françoise (avant 10 heures) et les crustacés du Destin des Flots, qu’on peut faire cuire au four à vapeur pendant qu’on fouine au déstockage Petit Bateau.
– À table : tester le Balafon (31, rue de la Vallée, par un ex de chez Roellinger) ou le Klem’s à Saint Énogat (2, rue des Bains) pour la bistronomie.
Le truc qui vous pose : avoir une Méhari vintage et une planche de surf qui dépasse du coffre.
La bon bateau : un Hobie Cat tout bête, parce qu’on est des vrais sportifs, pas des frimeurs.
La sortie incontournable : rapport au suspense Chaumière (voir plus haut), un sujet non résolu ! (Madame.Figaro-28.06.2011.)

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*Les derniers snobismes parisiens

*Ce qui était de mise il y a six mois ne l’est plus aujourd’hui. A quelle heure et où sortir ? Que boire et que porter ? Des nouveaux codes !

La Parisienne de «DoitinParis» au Café Costes, 4 place Saint-Germain-des-Près. Crédit Angeline pour Doitinparis..

Les derniers snobismes parisiens coeur- * Dormir dans un « détox » hôtel. Le concept ? Une boutique-hôtel de 41 chambres et une suite, entièrement dédiée à la régénération de l’organisme par le sommeil. Un lieu minimaliste, écopensé (lumières LED, matériaux recyclés), où l’on propose d’accompagner votre repos de lampes NightCove, signées Patrick Jouin, qui aident à l’endormissement et au réveil. Mais aussi des tisanes Kusmi, des soins drainants Bioo et des croissants bio de chez Moisan.

* Sortir tôt. On ne réserve plus sa table à 21 heures mais à 20 heures. On prend un verre à 22 heures et on file se coucher avant minuit.

* Adopter les bons plans du site www.doitinparis.com. Le nouvel outil chic des Parisiennes, réalisé dans un habillage frais et stylé par deux ex-journalistes de mode aguerries. En ligne le 23 mars.

* Boire le cocktail Rose. C’est le nouvel élixir des germanopratins. Un tiers de Martini dry, un tiers de kirsch et un tiers de liqueur de cerise. Un short drink « doux et fort » à la fois, dixit Laurent, le barman.

* S’offrir un meuble du film « Mon oncle ». Quatre éléments du mobilier de la maison de Jacques Tati sont édités à huit exemplaires (à partir de 17 000 € !) par Domeau & Pérès à l’occasion du centenaire du cinéaste. Les pièces sont visibles au Cent Quatre, jusqu’au 3 mai, où un hommage est rendu au cinéaste.

* Chiner un Liberty. On pioche un accessoire dans les rééditions 1970 de Cacharel. Mais attention, les imprimés fleuris romantiques sont vendus en série limitée dans une boutique éphémère pendant seulement quatre mois.

* Se mettre à la gym suédoise. Mise au point par des kinés en Suède dans les années 1970, cette pratique est le dernier sport « in » des Parisiennes. 

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* Les snobismes de 2009 en France  ……

posséder un bouledogue anglais, des lunettes Persol, porter un polo Fred Perry, fréquenter la Chope des Puces à Saint-Ouen, boire de la Chateldon, manger du panais, écouter Demis Roussos ou encore lire la revue XXI... (DR).

La panoplie du snob en 2009 : posséder un bouledogue anglais, des lunettes Persol, porter un polo Fred Perry, fréquenter la Chope des Puces à Saint-Ouen, boire de la Chateldon, manger du panais, écouter Demis Roussos ou encore lire la revue XXI… (Le Figaro) 

« Le Figaroscope » a recensé une cinquantaine d’entre eux, à boire ou à dire, à porter ou à écouter. Tour d’horizon de tout ce qu’il faut pour en être.

coeur-

LE NOUVEAU PROTOCOLE

Un bouquet rond ou – pire – une boîte de marrons glacés ? N’y pensez même pas ! Le snob de sortie se targue d’offrir à la maîtresse (et au maître) de maison une bouture de son jardin normand ou, faute de résidence secondaire, le fruit de ses plantations sur balcon. Bien présentée, une plante aromatique en pot (basilic ou aneth) peut donner le change. Mais avant de sonner à la porte, l’hôte aura pris soin de confier son auguste véhicule non pas aux pervenches embusquées, mais au voiturier le plus proche, même – et surtout – s’il ne se rend pas dans l’établissement en question. S’ils ne sont pas débordés, ceux du Lutétia (VIe) et du Grand Hôtel de l’Opéra (Ier) sont très compréhensifs. De quoi danser en toute sérénité en sortant de table, le snobisme plus ultra consistant désormais à esquisser quelques pas de danse dans le salon, juste après la compote de pommes de madame.

LA CAVE SE REBIFFE

Du matin au soir, il faut consommer :

DU THÉ VERT pour ses vertus antioxydantes, stimulantes et drainantes. Le vrai connaisseur ne jure que par un Shincha, issu de la première cueillette du thé Sencha. 29 € les 25 g. chez Jugetsudo, 95, rue de Seine, VI e .

DE LA CHATELDON : l’eau minérale de Louis XIV est sur toutes les tables snobs. Une bulle incomparable et un grand cru, en raison de ses faibles volumes.

LE CAIRANNE DE CHEZ RICHAUD, un côtes-du-rhône charnu, riche, avec des tanins soyeux et une belle persistance en bouche.

UN CHAMPAGNE DRAPPIER millésime Exception 2003 (année de la canicule). Une microproduction et une cuvée très réussie.

LE CAFÉ BLANC. Cette boisson libanaise (eau chaude + fleur d’oranger) est la dernière touche orientale des cafés en vue.

LES INDES GALANTES

L’Inde ? Indispensable de la cultiver. Pour le chic, on ira au Khadi and Co ou chez Caravane. Ici des chemises, là des textiles de déco, pièces uniques tissées à la main dans des régions dont c’est la spécialité. Pour ces deux adresses, il est de bon ton de rappeler que la tradition du tissage était en voie de disparition lorsque les créatrices ont eu l’idée de passer commande aux artisans. Plus choc, les cours de danse Bollywood de la quasi-star Menaka de Mahodaya. Dispensés dans l’immense salle au plancher de bois et larges fenêtres au rez-de-chaussée de l’église de l’Ascension, ils sont très courus des 20-30 ans. Rien de tel que deux ou trois postures de jolly-Bollywood pour faire sensation en b…

Khadi and Co, 37, rue Debelleyme (IIIe). 

Caravane, 6, rue Pavée (IVe). - Ou 19, rue Saint-Nicolas (XIIe).

Danses Bollywood et indiennes, 49, rue Dulong (XVIIe). www.menaka.levillage.org

LA BONNE PANOPLIE LITTÉRAIRE

IN

LA REVUE « XXI ». Lancée par l’ancien journaliste du Figaro Patrick de Saint-Exupéry et l’éditeur Laurent Beccaria. La bible du « narrative writing » à la française : longs reportages, portraits fleuve… Sur toutes les bonnes tables basses des Ve et VIe arrondissements.

LE PRIX VAUDEVILLE. Sa remise, chaque mois de juin depuis 2004, dans la brasserie éponyme (place de la Bourse), est toujours suivie d’un concert. Cette année, Arielle Dombasle a chanté pour le lauréat 2009, Éric Neuhoff (qui l’eût cru !). Les critiques littéraires se font même musiciens pour l’occasion. Un prix qui swingue.

OUT

« LES INROCKUPTIBLES ». Les anathèmes à répétition lancés par l’hebdomadaire et la politisation de ses pages ont fini par lasser. L’ex-journal branché a perdu de son influence. Le banquier Mathieu Pigasse, numéro deux de la banque Lazard, est en passe de le racheter. Saura-t-il raviver la flamme des enfants de Morrissey ?

LE PRIX DE FLORE. On se presse toujours autant, au mois de novembre, dans le célèbre café de Saint-Germain-des-Prés, pour apercevoir l’écrivain récompensé par Frédéric Beigbeder et sa bande. Mais ce rendez-vous s’est institutionnalisé.

NOSTALGIE, NOSTALGIE….

Nostalgiques des anciennes cabines Photomaton, des quatre poses pour le prix d’une, consolez-vous ! Trois jeunes gens viennent de créer la Joyeuse de Photographie, une société destinée à immortaliser vos bobines, comme au bon vieux temps de l’argentique. La première cabine remise en état et installée de façon pérenne se trouve au 104, et d’autres devraient bientôt suivre. 2 € les quatre photos noir et blanc.

Le Cent Quatre, 104, rue d’Aubervilliers (XIX e ). . www.lajoyeusedephotographie.com

DECALAGES HORAIRES

LA SÉANCE DU LUNDI MATIN. Pourquoi s’enfermer dans une salle de cinéma en surchauffe qui sent le soda et le pop-corn quand il est beaucoup plus agréable d’assister à la séance du lundi matin, dès 9 h 10 ? En plus, le ticket est moins cher.

SORTIR LE LUNDI ET LE MARDI SOIRS. Les mercredi et jeudi (abondamment dédié aux vernissages) ne sont plus guère de mise. Les snobs sortent en tout début de semaine : au restaurant (le lundi), comme au spectacle (le mardi) pour rester entre soi.

DÎNER A L’AMÉRICAINE. Le Mori Venice Bar, restaurant de cuisine vénitienne très en vue, propose désormais de dîner dès 19 heures avec une formule attractive à 30 €. Seul impératif : avoir quitté sa table à 20 h 30. Un bon plan déguisé en snobisme.

Mori Venice Bar, 2, rue du 4-Septembre (II e ). 

THE PLACE TO BE

LA GALERIE JOCELYN WOLFF. On se presse dans cet ancien atelier ultradiscret de Belleville, pour découvrir, notamment, les jeunes talents de la scène artistique allemande.

Galerie Jocelyn Wolff, 78, rue Julien-Lacroix (XXe).

UNE CABANE DANS LES ARBRES. Le snob prend (aussi) de la hauteur quand il dort. Préférer une cabane perchée à un 4-étoiles est donc tout à fait dans le ton.

www.leniddanslarbre.com et www.cabanes-de-france.com

LA CHOPE DES PUCES. Ce bistrot mythique de Saint-Ouen était tombé en désuétude. Sous l’impulsion de son nouveau propriétaire,le forain Marcel Campion, « la Chope » (comme la surnommaient les habitués) va proposer des concerts de jazz, de rock, de variété mais aussi une école de musique, une lutherie et un studio d’enregistrement.

La Chope des Puces , 120, rue des Rosiers (Saint-Ouen). -(ouvert tous les jours sf le mar.)

LE TRÈS PARTICULIER. Pas d’enseigne, invisible de la rue, le nouveau bar de l’Hôtel Particulier Montmartre cultive sa différence. Planqué dans un îlot préservé de la Butte, il se découvre presque par hasard, derrière une porte anonyme. Se révèle alors la « privilégiature » d’un jardin planté d’arbres et d’un bar intimiste pour siroter des cocktails (ré) inventés par un barman new-yorkais ! Bar « Le Très particulier » à l’Hôtel Particulier Montmartre,

Le Très Particulier , 23, avenue Junot (XVIIIe). -Ouvert du jeu. au dim. de 17h à 23h.

LES GLACES ET SORBETS DE GROM. la meilleure gelateria de la rive gauche.

Grom, 81, rue de Seine, VIe .

LES OBJETS DU CULTE

AU SALON. LCD ou vidéoprojecteur ? Ni l’un ni l’autre. À l’heure de l’ultraslim, le comble du snobisme est le bon vieux téléviseur tout en rondeurs, avec son coffrage de bois précieux des années 1950. Il s’en trouve en acajou ou merisier encore en état de marche chez les antiquaires, pour 100 à 150 €. Pour les allergiques au noir et blanc, Telstar vient de rééditer la célèbre Predicta , version couleur (www. predicta.com). Même tendance rétro aux platines, avec le retour du vinyle sur microchaînes vintages dotées d’un port USB (la TD 78 de Big Ben Interactive à partir de 99,99 €). Enfin, pour se distinguer des « i-Phoners », le nec plus ultra est d’adhérer au club des téléphones à cadran en bakélite (50 € à la broc’).

TÊTES BLONDES. Bébé aussi droit à sa touche snob. Au rayon poussettes, oubliez la MacLaren qui court désormais plus en ville que sur circuit (sauf la version intérieur cuir à 1 350 € au Bon Marché), ou la sportive encombrante 3 roues. Pour des carrosses pas comme les autres, il y a les séries limitées design du hollandais Bugaboo (distribué chez Natalys) : de la Denim 007 en toile de jean aux environs de 900 €, à la rarissime Marc Jacobs revisitée par le créateur en 2008 (15 exemplaires dans le monde).

EN VILLE. Quand la planète s’affiche en Ray Ban à Times Square, pas question de suivre le mouvement. La solaire snob du moment, c’est la latine Persol qui a séduit les designers du Salon du meuble de Milan (185 € le modèle aviateur chez Forzieri, www.forzieri.com). Parfait pour s’accorder avec son GT 60, scooter snob par excellence paru en édition limitée pour le 60e anniversaire de la marque Vespa.

SNOB IN FRANCE

ARIELLE DOMBASLE. On vous entend d’ici. Classer la blonde Arielle au rang des nouveaux snobs, c’est un peu comme affirmer que BHL est un nouveau philosophe ! La marmite du snobisme, elle est tombée dedans dès ses débuts, à l’époque où elle passait avec un égal bonheur d’Éric Rohmer à Miami Vice. Côté chant, la soprano a vite compris qu’elle avait davantage de chances de faire carrière dans les boléros latinos que dans Haendel. Pour son dernier album Glamour à mort, elle s’est acoquinée avec deux artistes qui collent parfaitement à son univers fantasque et audacieux : Gonzales et Philippe Katerine. Candeur, calcul ou sens aigu de l’autodérision : la poupée, aussi fine que son tour de taille, entretient un certain mystère. Et ça marche !

DEMIS ROUSSOS. Dans les années 1960, impossible d’échapper au fameux Rain and Tears que le barbu au timbre de falsetto interprétait au sein d’Aphrodite’s Child. Après quelques années en solo, le chanteur grec avait disparu du paysage musical pour se consacrer à sa foi. Par quel miracle est-il sorti du rayonnage poussiéreux des chanteurs has been pour devenir l’idole des snobs au point de faire imprimer des autocollants « I LOVE DEMIS » ? Hormis la belle énergie des musiciens britanniques de Little Barrie qui l’accompagnent, il faut rappeler que le producteur n’est autre que Marc Di Domenico qui avait, en son temps, remis Henri Salvador au goût du jour avec l’album Chambre avec vue

CHRISTOPHE. Taxé de chanteur pour minettes à l’époque où il implorait Aline pour qu’elle revienne… Christophe a gagné en quelques années le statut très envié de chanteur culte. Lui-même s’en amuse, d’autant plus qu’il a aujourd’hui les honneurs d’une presse qui l’a longtemps ignoré. Le titre de son dernier album Aimer ce que nous sommes est une confession en soi.

LOUIS DE FUNÈS. Hier encore, proposer aux ados de les emmener voir un film avec Louis de Funès était synonyme de punition. Guère pire que de les menacer de limiter leur forfait de portable ou de leur couper Internet ! Et sa cote n’était pas meilleure auprès des critiques, qui l’ont longtemps boudé. Aujourd’hui, l’acteur connaît une sorte de revival . Avec la reprise, en version numérique, du film Oscar d’Édouard Molinaro, il va devenir de bon ton de s’offrir une toile devant un « bon vieux de Funès ». Et, pour briller dans les dîners, il faut dévorer la biographie que lui a consacrée le journaliste Bertrand Dicale, Louis de Funès, grimaces et gloire (Grasset).

DRESS CODE

LE POLO FRED PERRY.

La bataille est-elle déclarée cette saison entre la couronne de laurier et le crocodile ? Porter un polo Fred Perry, c’est affirmer son goût pour ce style sport chic anglais très en vue ces temps-ci. En effet, on fête le centenaire de la naissance du tennisman britannique, qui lança en 1952 la chemise en coton piqué. Un polo qui a été porté au fil des décennies par les mods, Paul Weller, ou encore Damon Albarn de Blur. www.fredperry.com

LES ESPADRILLES CASTANER.

Le nec plus ultra : l’espadrille en toile gris bleuté ou mieux encore en daim beige, marron ou noir, que les hommes portent négligemment avec un jean, voire un costume léger.

Castaner, 90 €, 86, av. Paul-Doumer (XVIe).

LE POLO LA MARTINA. Portée par les joueurs de polo argentins, la marque La Martina est diffusée en France depuis trois ans seulement et s’annonce comme un must have.

Purcell, 26, av. des Champs-Élysées (VIII e ).

LÂCHEZ LES CHIENS !

Détrônant le jack russel et le labrador, devenus un peu trop populaires, le bouledogue anglais arrive en tête du palmarès des chiens snobs. Avec son caractère intrépide, son large poitrail, sa moue boudeuse et son flegme so British, il est la coqueluche de l’élite parisienne. Juste derrière lui trotte fièrement le border terrier, plus affectueux mais aussi plus rare. Sur la troisième marche du podium, enfin, arrive le carlin, dont le physique peu commun est un gage d’originalité. De précieux compagnons bichonnés comme il se doit : soit dans des garderies spécialisées, soit carrément dans des spas réservés aux ambassadeurs canins du snobisme.

Canicrèche, 3, rue de Turbigo (IIIe). ou 9, rue Quinault (XV e ). 

Au spa des quatre pattes, 10-12, rue Robert-de-Flers (XVe).

RETOUR A LA TERRE

LE SARRASIN. C’est la nouvelle graine des modeuses, qui l’ont adoptée pour ses vertus : teint lumineux, détox, jambes légères. À consommer en flocons ou en galettes.

LE PANAIS. Au hit-parade des légumes oubliés, voici le number one. Avec son goût très doux proche de l’artichaut, il est moins connoté années noires que ses cousins rutabaga et topinambour.

LE BLEUET. Les snobs se révèlent volontiers fleur bleue et rien n’est plus joli, dans un bouquet pseudo-rustique, que d’y ajouter cette jolie champêtre qui en met plein les yeux.

LES VINS BIO. Arrière, les flacons sataniques bourrés de soufre ! Il est de bon goût d’aimer les vins sans pesticides, fongicides, insecticides et autres adjuvants chimiques. Et de parler alors de « pureté des arômes », d’« expression du terroir »…

RACINES. La « cave à manger » du moment est un véritable concentré de snob food : légumes de chez Passard, lard de Colonnata, viande de chez Desnoyer…

Racines , 9, passage de Panoramas (IIe).

HERBORISTERIE DU PALAIS-ROYAL. Ici, on peut se faire faire ses tisanes sur mesure, acheter les plantes médicinales et huiles essentielles les plus rares, dans une ambiance chic et désuète. 11, rue des Petits-Champs (Ier).

MARCHÉ DE MILLY-LA-FORÊT (Essonne). Le jeudi (après-midi), c’est Milly ! Depuis le XVe siècle, le marché sous la halle accueille tous les producteurs des environs. Idéal pour parfaire son profil de parfait locavore.

Le snobisme selon Charles Dantzig

L’auteur de L’Encyclopédie du tout et du rien (Grasset) est aussi un personnage en vue de la vie parisienne.

Quelle est votre définition du snobisme ?

Pour beaucoup adopter la convention d’une minorité qui paraît audacieuse aux yeux de la majorité. Tous les snobs ne sont pourtant pas condamnés à l’imitation. Il y en a de très amusants, comme Thomas Beecham, le chef d’orchestre, qui un jour arrête un taxi dans Londres, y dépose son imperméable, dit au chauffeur : « Suivez-moi », et continue à pied, précédant la voiture. Le snobisme est dans ce cas-là un plaisir très simple incompris par les autres, qui le traitent de complication.

Quels sont, selon vous, les lieux les plus snobs de Paris ?

La Réserve, au rez-de-jardin de la Bibliothèque nationale de France, où l’on conserve les livres rares et précieux de la République. Le Café de l’Alma, avenue de la Bourdonnais, dont la terrasse est la seule que je connaisse qui ne soit pas le trottoir du BHV à 17 heures pour la foule et pour le bruit. La maison Bonnet, rue des Petits-Champs, pour se faire faire de jolies lunettes. Le Trabendo, dans le parc de la Villette, pour découvrir de nouveaux groupes. L’appartement de Vincent Darré, quand il fait des fêtes. À table, partout à ma droite.

Et les gens les plus snobs du moment ?

À part les personnes qui lisent mon dernier livre, je n’en vois pas.

Est-ce qu’on naît snob ou est-ce qu’on le devient ?

Je crois que les enfants sont snobs (Zorro, princesse, premier de la classe, cancre), puis que la société, cette grande médiocre ni trop maigre ni trop grosse, ni trop brune ni trop blonde, ni trop belle ni trop laide, ni trop intelligente ni trop bête, et qui n’a qu’une haine, la singularité, leur apprend à cesser de l’être. L’école est faite pour ça, puis le collège, puis le lycée, puis l’armée si on y va, puis l’entreprise. Au moment où l’on pourrait tenter de devenir un peu soi-même, à la retraite, arrive la télévision.

ON DIT

« Je suis un couteau suisse » (je fais tout)

« Je suis un hamster » (je stresse, je tourne en boucle)

« Le Ferret » (pour le Cap Ferret)

« C’est frais » (pour moderne, dans le vent)

ON NE DIT PLUS

« Ça l’fait »

« Juste bien », « juste sublime », « juste hallucinant » et autres déclinaisons.

« Mauvais de chez mauvais » et autres déclinaisons.

« Revoir ses fondamentaux »

SNOB OU ENCORE…

… ne pas déserter l’ancienne version de L’Usine (à Opéra) pour la nouvelle (aux Halles) ou le Ken Club (XVIe),

…faire venir la Gentry de Paris Burlesque Revue chez soi ou prendre des cours d’effeuillage,

…créer l’événement n’importe où, n’importe comment, même si l’on est très connu,

… si l’on est un jeune loup de la finance ou un fantôme des salles de marché, parler sans rougir de sa cartomancienne attitrée

…porter son sac à main sur l’avant-bras,

….participer à la course de vélo Paris-Deauville,

…« whiffer » du chocolat aromatisé via un inhalateur.

L’Usine, 8, rue de la Michodière (IIe) et 16-20, rue Quincampoix (IVe).

Ken Club, 100, av. du Président-Kennedy (XVI e ).

info@gentrydeparisburlesquerevue.com

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Rare fondation privée française dédiée à l’art contemporain, la Maison Rouge, créée par Antoine de Galbert, est le passage obligé des collectionneurs. Vu lors du dernier vernissage : Michel-Édouard Leclerc. 10, bd de la Bastille (XIIe)

7 réponses à “Les derniers snobismes parisiens”

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