L’alcool est une cause majeure de cancers

*«Pourquoi l’alcool est-il une cause majeure de cancers ?» 


 

Les nouveaux modes de consommation favorisent l'abus d'alcool chez les jeunes.

Roger NORDMANN BIOLOGISTE ET SPÉCIALISTE EN SANTÉ PUBLIQUEMEMBRE DE L’ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE
17/05/2010 |

La réponse de Roger Nordmann, biologiste, spécialiste en santé publique et membre de l’Académie nationale de médecine.

L'alcool est une cause majeure de cancers coeur- Si nous sommes tous conscients du rôle du tabagisme à l’origine de cancers, l’association entre consommation excessive d’alcool et cancers est souvent méconnue. Pourtant, environ 150 000 cas de cancers sont directement attribuables à l’alcool en Europe. En France, près de 10% des décès par cancers sont liés au mésusage d’alcool chez les hommes et 3% chez les femmes. L’alcool est ainsi la deuxième cause évitable de cancers après le tabac. L’association entre consommation de boissons alcooliques et cancers est particulièrement évidente pour les cancers des voies aéro-digestives supérieures, les cancers colorectaux, ainsi que ceux du foie et du sein, mais, si les mécanismes en cause diffèrent d’un cancer à l’autre, on sait que, quel que soit le cancer, ce n’est pas la variété de boissons alcooliques qui est en cause, mais toujours la quantité d’alcool consommée.

La flore bactérienne complice de l’alcool

Les bactéries et les levures présentes dans la cavité buccale et la partie terminale de l’intestin disposent d’enzymes catalysant la transformation de l’alcool en acétaldéhyde. Ce n’est pas l’alcool lui-même mais l’accumulation d’acétaldéhyde qui est toxique. La concentration en acétaldéhyde dans la salive peut devenir de 10 à 100 fois plus élevée que dans le sang, favorisant la survenue d’un cancer. Cette concentration est d’autant plus forte que l’on est à la fois fumeur et consommateur de boissons alcooliques, d’où un effet synergique de l’alcool et du tabac dans les cancers des voies aéro-digestives supérieures (bouche, larynx, pharynx, œsophage). Une hygiène buccale déficiente favorise également la présence dans la bouche de la flore responsable de l’accumulation locale d’acétaldéhyde à partir de l’alcool. L’oxydation de l’alcool par la flore intestinale avec accumulation locale d’acétaldéhyde explique aussi la majoration importante du risque de cancer colorectal chez les consommateurs réguliers de boissons alcooliques.

Les radicaux libres, arme secrète de l’alcool

Après son absorption intestinale, l’alcool est oxydé au niveau du foie et éliminé. C’est l’autoroute qu’empruntent les boissons alcoolisées avec l’effet énergétique que l’on sait… jusqu’au moment où, saturée, elle renvoie le surcroît d’alcool vers des «bretelles» de délestage, où sévissent des radicaux libres, espèces réactives susceptibles de provoquer cassures et atteintes des systèmes de réparation de l’ADN, de même que des perturbations de la régulation des gènes protecteurs, avec prolifération anarchique des cellules. Le stress oxydant lié à l’hyperproduction de radicaux libres lors du métabolisme de l’alcool par cette voie est ainsi une cause majeure de cancer hépatique. Par le même phénomène, l’alcool potentialise l’effet cancérogène des substances toxiques qui peuvent être contenues dans les aliments ou les médicaments. Le mésusage d’alcool agit aussi sur l’équilibre hormonal avec un rôle favorisant le cancer du sein.

Consommer avec modération : un slogan dangereux…

Le risque de cancer augmente en fonction de la quantité d’alcool consommée. Mais les repères ne sont qu’indicatifs, puisque chacun a une réactivité et une susceptibilité différentes à l’alcool. Les campagnes de prévention explicitant les repères de «consommation à moindre risque» n’insistent pas assez sur le risque de cancer, largement méconnu pour les boissons alcooliques. Ces campagnes doivent inciter les consommateurs à réduire leur consommation, mais il est important de signaler qu’un risque potentiel de promotion d’un cancer existe même pour des consommations inférieures à ces repères. Pour information, il est recommandé -sur la base d’une unité d’alcool=10 g- pour un homme de ne pas dépasser 21 unités d’alcool par semaine et 14 pour une femme. En consommation ponctuelle, pas plus de 4 unités d’alcool et s’abstenir de toute consommation un jour par semaine. Rappelons enfin qu’il est fortement conseillé de ne pas consommer du tout d’alcool pendant la grossesse. (Le Figaro-Santé.17.05.2010.)

***L’OMS s’attaque au fléau de l’abus d’alcool chez les jeunes.

 On a l'habitude d'évoquer un risque pour la santé au-delà de trois verres standards par jour en moyenne.

Les nouveaux modes de consommation favorisent l’abus d’alcool chez les jeunes.

Les mesures adoptées par les 193 États membres portent sur la régulation des ventes, les prix et la publicité. 

coeur- Après des années de tergiversations, l’Organisation mon­diale de la santé (OMS) vient enfin d’adopter une stratégie musclée visant l’usage abusif de l’alcool chez les jeunes, en s’attaquant notamment au grand marché de la publicité. «C’est une réalisation de taille, une véritable percée», s’est félicité le secrétariat de l’OMS après le vote unanime des 193 États membres de l’organisation réunis en Assemblée. Il y a deux ans, le sujet avait déjà été mis sur la table des discussions, donnant lieu à de vifs, mais vains, débats. Les ONG avaient alors dénoncé les pressions des multinationales du secteur qui redoutent les conséquences d’un document qui, un peu sur le modèle de la lutte contre le tabac, propose de s’attaquer de front à la commercialisation de l’alcool et à sa publicité.Cette fois, selon les experts, la prise de conscience des conséquences socio-économiques de ce fléau a permis un consensus. La consommation excessive d’alcool est le cinquième facteur de risque de décès prématuré et d’incapacité dans le monde, estime l’OMS. Et près de 2,5 millions de morts annuelles (dont environ 45 000 en France) lui seraient imputables.

L’abus d’alcool chez les jeunes, rançon des nouveaux modes de consommation (bitures express ou binge drinking, apéros géants…), a également joué un rôle dans l’adoption du document. En 2004, l’alcool aurait entraîné la mort de 320 000 jeunes de 15 à 29 ans.

«Les beuveries se sont aggravées chez les jeunes. Nous ne pouvons pas nous permettre de retarder encore notre intervention», a insisté le représentant de l’Afrique du Sud, tandis que le délégué du Suriname a remarqué que l’âge moyen d’accès à l’alcool dans son pays était de 12 ans, mais que certains commençaient même dès 10 ans. En France, les spécialistes s’alarment aussi du nombre croissant de coma éthylique chez des adolescents de plus en plus jeunes.

Un marketing pernicieux 

L’OMS propose une série de mesures, allant d’un renforcement des lois pour réduire le phénomène de l’alcool au volant avec des sanctions efficaces, à la lutte contre la fabrication illicite de boissons alcoolisées, en passant par la régulation de la vente de ces produits. Elle suggère aussi de s’attaquer à deux autres points sensibles : les prix et la publicité.

De fait, la publicité s’avère particulièrement pernicieuse pour les jeunes, car elle utilise les nouveaux supports tels que les courriels, SMS et forums sociaux sur Internet, estime l’organisation onusienne. Le marketing fait également «appel à des techniques publicitaires et promotionnelles de plus en plus élaborées, qui associent notamment les marques d’alcool à des activités sportives ou culturelles». Le document propose que soient renforcées les réglementations sur «le contenu et le volume du marketing» dans les médias. L’interdiction de «la promotion d’alcool en rapport avec des activités qui visent les jeunes» est même proposée.

Par ailleurs, selon l’OMS, il est prouvé qu’augmenter les prix provoque globalement une baisse de la consommation. Un expert suggère donc d’instaurer des «taxes spécifiques, assorties d’un système de répression efficace», ou encore d’«interdire ou limiter les promotions directes ou indirectes sur les prix».

Reste à savoir quelle sera la portée de ces recommandations. «Le document est non contraignant et sa mise en œuvre ne sera pas simple dans les pays les plus pauvres», reconnaît un expert de l’Organisation. D’autant que les industriels vont eux aussi sans doute réagir. (Le Figaro.Santé. 21.05.2010.)

*****Dépendance à l’alcool : les nouvelles pistes

On a l'habitude d'évoquer un risque pour la santé au-delà de trois verres standards par jour en moyenne.
On a l’habitude d’évoquer un risque pour la santé au-delà de trois verres standards par jour en moyenne.

De nouvelles molécules sont en cours d’essais, mais on ne peut pas ignorer l’importance du soutien psychologique.

coeur-Pour les deux millions de Français qui consomment trop d’alcool et sont déjà dépendants, le problème n’est pas tant le sevrage que la prévention des rechutes. En témoignent les chiffres : après sevrage, au bout d’un an, environ un tiers n’a pas retouché à une goutte d’alcool. Un autre tiers passe par des phases d’abstinence et des périodes de rechutes. Un dernier tiers, enfin, n’a jamais réussi à se passer d’alcool. Pour le Pr Patrice Couzigou (médecin hépato-gastro-entérologue, CHU de Bordeaux), cela n’a rien de surprenant : «Le problème n’est pas tant d’avoir une vie sans alcool que de trouver un nouvel équilibre dans sa vie, sans alcool. Or ce n’est pas et ce ne sera jamais possible avec une simple prescription médicamenteuse. Il faut remplacer la dépendance à l’alcool, néfaste, par d’autres dépendances plus positives (sport, loisirs, musique, etc.) en fonction des centres d’intérêt de chacun. Cela demande une “prise en soins” sur mesure et du temps.» Quant au médicament, il ne peut apporter qu’une aide supplémentaire. Actuellement plusieurs essais thérapeutiques sont en cours en France et aux États-Unis, avec une molécule prometteuse, le baclofène, censé réduire l’appétence pour l’alcool, sans être pour autant une solution miracle.

Un des problèmes posés par l’abus d’alcool, c’est qu’il est trop souvent et trop longtemps occulté. Lorsqu’on s’en inquiète, il est souvent bien tard. On a l’habitude d’évoquer un risque pour la santé au-delà de trois verres standards par jour en moyenne (comme ceux servis dans les bars) pour les hommes ou de deux verres quotidiens pour les femmes - soit 21 verres par semaine pour les hommes et 14 pour les femmes - mais nous ne sommes pas égaux face à la dépendance, certains étant beaucoup plus vulnérables que d’autres. «De plus, ne pas pouvoir s’abstenir de consommer dans certaines circonstances - par exemple, à chaque sortie entre amis - est peut-être déjà un signe de dépendance psychique, même si les quelque deux millions de Français concernés se pensent à l’abri, sous prétexte qu’ils peuvent rester plusieurs jours sans boire quand ils ne sortent pas», insiste le Dr Kiritzé-Topor, médecin alcoologue.

Enfin, il n’y a pas besoin d’être déjà «esclave» de l’alcool pour en payer les conséquences : près d’un décès prématuré sur deux lié à l’alcool touche des consommateurs qui ne sont pas dépendants. Ainsi, pour bien faire, c’est tout le dépistage des personnes à risque qui serait à revoir. Et ce, d’autant que pour les buveurs sans alcoolo-dépendance, un simple entretien (appelé «intervention brève») permet le retour à une consommation à très faible risque dans plus de 30 % des cas…

«Actuellement, sur les 5 millions de Français qui abusent de l’alcool, trop peu sont suivis par un médecin pour ce motif», précise le Dr Kiritzé-Topor. Le sevrage des personnes alcoolo-dépendantes ne pose pas de problème en lui-même. Il repose sur un protocole qui a déjà fait ses preuves : 1,5 à 2 litres de boisson par jour (sans alcool, sans sucre et sans caféine). Des benzodiazépines pendant 48 heures à fortes doses, puis diminuées progressivement, sans dépasser dix jours. De la vitamine B1 et de l’acide folique. Et en trois à dix jours, l’affaire est réglée : moins de fatigue et de sautes d’humeur, mais plus d’appétit… du moins, jusqu’aux prochains verres. Car les récidives sont très (trop) fréquentes et c’est bien là le problème.

Pour tenter de le résoudre, quelque 100 000 patients reçoivent l’un des deux traitements actuels d’aide au maintien du sevrage : la naltrexone et l’acamprosate, afin de rendre le maintien de l’abstinence plus aisé. Ces médicaments visent à inhiber le plaisir lié à la prise d’alcool. Cette faible proportion de malades sous médicaments en dit long sur la préférence des spécialistes envers les psychothérapies, en particulier les thérapies comportementales et cognitives.

Et ce n’est pas la recherche actuelle sur le baclofène - qui n’a pas d’autorisation de mise sur le marché dans cette indication - qui devrait changer la donne. Ce myorelaxant, normalement indiqué pour venir à bout des contractures spastiques, rend plus ou moins indifférent à alcool lorsqu’il est administré à très forte dose (2 à 4 fois la posologie habituelle). Une étude italienne randomisée en double aveugle (publication dans The Lancet, 2007), a ainsi montré qu’il y avait davantage d’abstinents chez les patients sous baclofène que chez ceux sous placebo. Mais pour combien de temps ? Avec quels effets secondaires à court et à long terme ? Les études en cours devront apporter une réponse…(Le Figaro-Santé.21.03.2010.)

***Un étudiant trouve la mort
lors d’une fête alcoolisée

Le jeune homme participait à un rassemblement dans la station de ski des Orres (Hautes-Alpes). Des analyses toxicologiques sont pratiquées et les organisateurs vont être entendus.

coeur-Un jeune homme de 25 ans est mort lundi, lors du rendez-vous annuel des étudiants en pharmacie, où l’alcool avait coulé à flot. Ce sont des camarades de cet étudiant en 6e année domicilié dans le Puy-de-Dôme qui ont découvert, à leur réveil, son corps sans vie dans son lit. «L’autopsie évoque un probable syndrome de Mendelson, c’est-à-dire une asphyxie après régurgitation», indique Rémy Avon, substitut du procureur de Gap.

Ils étaient cette année 1 200 à participer au critérium organisé par une association d’étudiants de l’université de Nantes. Le grand rassemblement sportif se tenait depuis samedi, et pour une semaine, à la station des Orres, dans les Hautes-Alpes. Comme chaque année, les étudiants se retrouvent, après les épreuves de ski, de luge et de snowboard de la journée, sous un grand chapiteau dressé dans la station pour faire la fête. L’alcool y est servi à volonté.

«Paradoxalement, ce sont souvent les rencontres sportives qui donnent lieu à des débordements, remarque Renaud Bouthier, président d’Avenir Santé, une association de prévention. Dans ces fêtes, organisées hors des écoles ou des facultés, les étudiants se sentent entre eux. Il n’y a aucun contrôle institutionnel. Alors, ils se lâchent.» La fête se prolonge souvent dans les chambres. Dans le studio du jeune homme, les enquêteurs ont retrouvé divers mélanges, dont un fabriqué à partir d’alcool à 90 degrés, et des stupéfiants. Les organisateurs du critérium doivent être entendus dans les jours qui viennent et des analyses toxicologiques pratiquées. «Ces rassemblements sportifs donnent systématiquement lieu à des faits de violences, du tapage nocturne, des ivresses publiques et des exhibitions sexuelles», remarque le substitut Avon. Trois jours plus tôt, un jeune homme avait été transporté en urgence à l’hôpital de Briançon lors du «Crit’ dentaire» après avoir fait un malaise. Ce mercredi, le rendez-vous des étudiants en médecine, censé se tenir aux Orres, a finalement été annulé.

Ces dernières années, les grandes écoles et universités ont mené, en partenariat avec les associations étudiantes, des actions de prévention pour éviter les soirées trop arrosées. Avec un certain succès. Les «open bar» (vente d’alcool au forfait) ont été interdits par la loi Bachelot, mais le décret précisant les modalités se fait attendre. La mort, en septembre 2005, d’un étudiant en première année à l’École centrale a profondément marqué les esprits. Dans ce dossier, un juge d’instruction de Nanterre a mis en examen l’ancien responsable de l’association étudiante pour «homicide involontaire», comme l’a révélé RTL ce mercredi. Le directeur général de Centrale et d’anciens élèves ont été entendus sous le statut de témoins assistés. Depuis, la prestigieuse école a adopté une charte antialcool. Selon Sophie Monvoisin-Josselin, psychologue à la résidence des élèves, «l’expérience a montré que faire des soirées autrement est possible, mais cela suppose un vrai effort d’imagination». (le Figaro-25.03.2010.)

****************

*L’alcool nuit à la santé des spermatozoïdes

La consommation d'alcool par les femmes enceintes est aussila première cause non génétique de retard mental chez l'enfantà naître.
La consommation d’alcool par les femmes enceintes est aussila première cause non génétique de retard mental chez l’enfantà naître. 

Les garçons dont la mère a bu pendant la grossesse risquent d’être moins fertiles. 

coeur-REPRODUCTION La baisse du nombre de spermatozoïdes constatée chez les hommes, en Europe et aux États-Unis, au cours des dernières décennies pourrait bien être due, au moins en partie, à une exposition à l’alcool in utero.

Dans une étude, publiée récemment dans la revue Human Reproduction, Cecilia Ramlau-Hansen et ses collègues de l’hôpital universitaire d’Aarhus (Danemark) montrent que les hommes dont la mère a bu plus d’un verre par jour pendant la grossesse ont une production de spermatozoïdes réduite d’un tiers, et que des effets sont déjà sensibles à partir de seulement deux verres par semaine, soit 24 grammes d’alcool. C’est la première fois qu’un tel lien est mis en évidence. «Même s’il ne s’agit pour l’instant que d’une simple corrélation, cette nouvelle piste est intéressante», estime le Pr Louis Bujan, de l’université Paul-Sabatier et du CHU de Toulouse. Rappelons que la consommation d’alcool par les femmes enceintes est déjà la première cause non génétique de retard mental chez l’enfant à naître.

C’est en 1992 que deux autres chercheurs danois, Niels Skakkebaek et Elisabeth Carlsen, signalent pour la première fois aux autorités sanitaires de leur pays la baisse constante, depuis plusieurs générations, de la production de spermatozoïdes de leurs compatriotes. Comme on constate au même moment une hausse des anomalies du développement de l’appareil génital masculin et des cancers du testicule, les soupçons s’orientent vers des facteurs environnementaux, notamment l’exposition à certains composés chimiques -les fameux perturbateurs endocriniens.

Le Danemark a très vite été en pointe pour les recherches menées dans ce domaine. Et ce pour plusieurs raisons. À l’époque, le pays était déjà confronté à une baisse sensible de la fertilité de ses couples. Le Danemark détenait en effet le record européen de naissances obtenues par fécondations in vitro (FIV), et c’est d’ailleurs encore le cas actuellement avec un taux proche de 5%, soit le triple qu’en France. Ensuite, la possibilité pour les scientifiques danois de consulter les dossiers médicaux de tous les patients hospitalisés depuis 1977 leur a permis d’effectuer de puissantes études statistiques sur plusieurs générations. Les enquêtes menées auprès des femmes enceintes par l’équipe de Niels Skakkebaek au Rigshospitalet de Copenhague ont d’abord montré l’effet délétère du tabagisme de la mère sur la fertilité des filles, avec un délai pour concevoir doublé si les femmes exposées in utero au tabac étaient également fumeuses. En 2007, Cecilia Ramlau-Hansen et ses collègues signalait une réduction de près de 20% de la concentration en spermatozoïdes des hommes ayant été exposés in utero à la fumée de leur mère. Enfin, une récente étude danoise, portant de manière exceptionnelle sur des embryons humains de moins d’un trimestre issus d’IVG, a révélé un effondrement du stock des cellules reproductrices dans les organes génitaux des deux sexes, du fait de l’exposition au tabac in utero.

Ces effets avérés du tabac -et maintenant suspectés pour l’alcool- sont d’autant plus préoccupants que nombre de femmes continuent de fumer ou de boire occasionnellement durant leur grossesse. En France, une étude de Stéphanie Toutain, de l’université Paris-Descartes, suggérait récemment que beaucoup de femmes sous-estiment encore les dangers d’une consommation ponctuelle d’alcool et relativisent les risques en fonction du type de boisson ou du moment de la grossesse. Selon elle, la mention «Zéro alcool pendant la grossesse» qui figure sur les bouteilles de boissons alcoolisées depuis 2007 ne suffit probablement pas. Cecilia Ramlau-Hansen pense qu’il faut aller plus loin car «même s’il est trop tôt pour établir un lien direct de causalité, notre étude renforce l’idée que l’alcool doit absolument être évité par la femme enceinte, et même par toute femme ayant l’intention de l’être, car lorsqu’elle découvre sa grossesse elle peut déjà porter un embryon de plusieurs semaines». (Le Figaro-27.10.2010.) 

**Premières victimes de « l’alcoolisme passif» : les bébés nés avec un syndrome d’alcoolisation fœtale..

Au moins 10.000 victimes d’«alcoolisme passif»

Le placenta ne filtrant pas l'alcool, le fœtus a une alcoolémie identique à celle de sa mère. Ce qui peut perturber gravement son développement.
Le placenta ne filtrant pas l’alcool, le fœtus a une alcoolémie identique à celle de sa mère. Ce qui peut perturber gravement son développement. 

Premières victimes de « l’alcoolisme passif» : les bébés nés avec un syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), lorsque leur mère a consommé de l’alcool durant sa grossesse.

coeur-En cas de surconsommation, il n’y a pas de «bon» ou de «mauvais» alcool. Tous les alcools sans exception - le vin compris - deviennent toxiques pour le foie, mais aussi pour le cerveau, les nerfs, sans oublier un risque très accru de cancers. S’ajoute à ce tableau, déjà bien assez noir, le problème de la dépendance physique et psychique. Et c’est bien là le problème. La perte du contrôle de soi est la porte ouverte à toutes les dérives. «On parle de tabagisme passif pour dénoncer les maladies dont sont victimes les proches d’un fumeur. C’est pareil pour l’alcoolisme : la santé d’autrui est mise en danger du fait de la consommation excessive d’un tiers. Et les victimes sont encore plus nombreuses», déplore le Dr Kiritzé-Topor.

Premières victimes de «l’alcoolisme passif» : les bébés nés avec un syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), lorsque leur mère a consommé de l’alcool durant sa grossesse. Cela se traduit par des anomalies au niveau de la face et du crâne. Le poids de naissance est inférieur à la normale et les malformations cardiaques ne sont pas exceptionnelles. Il y a souvent aussi des difficultés d’apprentissage, des troubles du langage et des troubles du comportement persistant à l’âge adulte.

Accidents de la route 

 

Cela n’a rien d’étonnant : l’alcool n’est pas filtré par le placenta, de sorte que le fœtus a une alcoolémie identique à celle de sa mère. Dans le liquide amniotique, sa concentration est même dix fois supérieure à celle retrouvée dans le sang de la mère. Or, si cette dernière peut tolérer un verre d’alcool, il n’en est pas de même pour un embryon qui ne pèse que quelques grammes et qui est en plein développement.

Conséquence : 7 000 enfants au moins seraient concernés chaque année par des séquelles plus ou moins gênantes. Bien que la prise d’alcool pendant la grossesse soit la première cause de handicap et de retard mental totalement évitable chez l’enfant, il a fallu que le Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (CNGOF) se batte durant des années pour obtenir une simple mesure de bon sens : l’étiquetage des bouteilles d’alcool, afin d’informer les femmes en âge de procréer et de prôner l’idée qu’il faut «zéro alcool» durant la grossesse.

Une personne sous l’emprise de l’alcool a des sautes d’humeur et ne contrôle plus sa force. C’est pourquoi les secondes victimes sont les proches, trop souvent confrontés à la violence verbale ou physique. «Enfin, il ne faut pas oublier les nombreux morts et blessés dans le cadre des 40 % d’accidents de la route liés à la conduite en état d’ivresse», rappelle le Dr Kiritzé-Topor. Derrière les faits divers, ce sont autant de vies - et celles des familles - qui sont à jamais gâchées.. (Le Figaro-21.03.2010.) 

 

4 réponses à “L’alcool est une cause majeure de cancers”

  1. 15 07 2012
    Georges Domert (10:10:24) :

    DEFINITION ALCOOLISME PASSIF (VERSION 10.7 finalisée) :
    l’ alcool c’ est 50 % de la
    criminalité et 20 % des homicides (en étudiant les crimes liés à l’ alcool ,on trouve par ex. les
    agressions sexuelles) ;s’ ajoute à cela 10000 morts/an rescencés par alcoolisme passif :
    touchant les faetus des femmes enceintes (malformations) ,les accidents de la route ,la
    violence conjugale ,l’ enfance & adolescance maltraitées (battus) ,les accidents du travail &
    enfin les bagarres en boites de nuit ,bars-pubs ,fêtes en plein air municipales ;S’ ensuit du
    syndrôme de dépression visible dans nombre de cas de personnes victimes d’ alcoolisme passif ,
    avec des cas très grâves touchés par du harcellement moral (menaces de casser la figure ,
    menaces de mort ,moqueries-humour à caractère répréhensible & agressif- ,injures ,alcoolisme forcé ,réprimendes injustifiées au travail ,etc…caractérisés par de la débilité ,folie ou squizophrénie):de
    nombreux auteurs (essais sur le cancer) montrent les liens existant entre la dépression et une
    augmentation de la fréquence des cancers ainsi que d’une mortalité précoce (cancers par
    alc. passif ainsi prouvé) ;mortalité pouvant aussi se traduire par des suicides .L’ alcoolique désocialise l’ entourage sobre ,le terrorisant et gachant son bonheur .
    Enfin ,il faut préciser les nuisances sonnores remarquables nottemment dans les pubs irlandais mais tout autant possibles dans le simple voisinage de quartier ou résidentiel .
    L’ ALCOOL TUE (environ 200.000.000 morts évitables/sciècle) & des étiquettes spécifiques
    mentionnant les dangers devraient être apposées sur chaque bouteille .La prohibition du tabac est sujet à la mode :Le Bhoutan, en Asie, a même franchi le pas en interdisant totalement
    la vente de tabac en 2004 (Insititut Economique Molinari :http://www.contrepoints.org/2012/02/02/67403-et-si-on-interdisait-le-tabac#comment-141980);la question se pose dorénavant sur l’ alcool .
    Enfin l’ alcool devrait être interdit en lieux publics sauf dérogation spéciale ,avec obligation de protéger les
    personnes sobres ,en tolérant l’ alcool dans des lieux confinés & séparés . (Des assurances commencent à prendre en charge ce fléau ;le passive drinking fait rage sur le net:en 10aines de pages
    .On parle de guerre mondiale contre l’ alcool- »la presse-Mathieu Perreault »- suite à l’ engagement de l’ OMS pour
    réduire l’ usage nocif de l’ alcool après la lutte contre le tabagisme)

  2. 21 12 2012
    return man 2 (23:05:32) :

    I know my viewers would enjoy your work. If you’re even remotely interested, feel free to shoot me an email.
    return man 2 http://returnman-2.tumblr.com/

  3. 9 06 2013
    kif (22:53:36) :

    http://alcoolisme-passif.blogvie.com/

    Alcoolisme passif
    version 13 améliorée :
    definition .

  4. 11 03 2016
    Jolanda Sproull (21:34:06) :

    After all, what a great site and informative posts, I will upload inbound link – bookmark this web site? Regards, Reader.

    http://www.bastcilkdoptb.com/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>




robertlutz |
DOMANIA |
justice&criminalité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | humanbeinginnature
| Biologie totale ICBT secte ...
| C'est le destin de lol_aaaa...