la marmite déborde

 * La bibliothèque idéale

P_livre

Alors que le Web enflamme la stratosphère gastronomique, l’édition se remet en question et lance, pour certains, ses derniers javelots.

Paradoxalement, on n’a jamais édité autant de livres de cuisine. Il fut un temps où le genre était déserté. Lorsque par miracle un ouvrage sur les soupes sortait, on pouvait être certain qu’il allait falloir attendre dix ans avant d’en découvrir un autre. Aujourd’hui, il ne saurait y avoir de semaines sans un livre sur les soupes, le wok et les légumes. Les rayonnages sont envahis par une sorte d’armée de nains de jardins qui parlent le même langage, se copient sans vergogne avec ce même sourire dentifriciel étiré par le marketing.
Il faut dire que face à cette offensive parfois pathétique se dresse un concurrent sans états d’âme : le Web. Dans un premier temps, le genre était hésitant, un peu désarmant, à l’image de cette édition qui, à une époque, n’hésitait pas à traduire Bocuse de l’allemand…

Il y a aussi de sacrés bons livres, sérieux et légitimes

Mais en très peu de temps, les choses ont sacrément évolué. Pour monter une mayonnaise, il ne suffit plus d’œufs de ferme et d’un batteur. Un clic suffit. Heureusement en attendant que l’ordinateur monte lui-même le blanc en neige, il nous reste quand même le temps de nous plonger dans les livres. Car rassurez-vous, s’il y a pléthore, il y a également de sacrés bons livres, sérieux et légitimes.
Certes, certains chefs rédigent leurs ouvrages comme s’il s’agissait de dresser des pierres tombales. Ils demandent à des stagiaires de vidanger leur ordinateur et arrivent le sourire triomphal. D’autres font les mariolles pour amuser la galerie (Guy Martin, La Cuisine des blondes, chez Minerva). C’est un genre. Et puis, il y a quelques ouvrages à lire, à conserver, à savourer. À dévorer. Comme ces classiques encyclopédiques (Larousse gastronomique, Grand livre de cuisine) qui se mettent régulièrement au goût du jour. Arrivent également les livres-objets, des petits coffrets charmants (Éd. Homarus) qui, en un claquement de pages, vous poussent illico en cuisine. Ken Hom, l’un des plus grands auteurs vivants, nous confiait que l’un de ses plaisirs secrets était de prendre un des gros livres de Ducasse avant de s’endormir et de savourer ses plats rien qu’en lisant les recettes. Il y aura donc toujours de l’espoir. Le plaisir est un animal irrationnel, évoluant loin des attendus, des fils tendus par la toile et des canonnades de l’édition. Il y aura toujours des livres gourmands en quête de lecteurs.

LES RÉFÉRENCES. Ali Bab, une bible dont la première édition remonte à 1928 et qui recèle quelque 5 000 recettes. Érudition, humour, appétit… Rien ne manque. 40 euros, chez Flammarion. Inventaire du patrimoine culinaire de France, somme de travail impressionnante sur toutes les régions de France. 25 euros par volume (22 régions + les DOM-TOM). Renseignements chez Albin Michel (01 42 79 10 00).
Cuisine chinoise de Ken Hom. Par chance ce grand cuisinier chinois est amoureux de la France. Il livre dans cet ouvrage précieux 150 recettes, adresses, astuces et enseigne l’art de manier les baguettes. 15 euros, chez Hachette Pratique.
LES ENCYCLOPÉDIQUES. Le Grand Larousse gastronomique. Techniques d’hier et d’aujourd’hui, tours de main, 4 000 produits référencés et des milliers de recettes, dont 500 réalisées par de grands chefs internationaux… Tout pour être le chef à la maison. 75 euros.
Trésors de cuisine,tous les produits de A à Z. Aboutissement de dix ans de recherche, c’est l’outil quotidien par excellence. 45 euros chez Minerva.
La Base, le produit, le plat. Trois petits livres sublimes et limpides (une page, une recette), réalisés par le duo belge Filip Verheyden et Tony Le Duc. LE cadeau pour amateur éclairé. 80 euros, chez Homarus.
LES ULTRAPRATIQUES. Mon cours de cuisine : les basiques, de Keda Black. La jeune « recetteuse » offre ici le parfait outil pour débuter. 15 euos chez Marabout. Cook, le dernier opus du naked chef Jamie Oliver. À la fois pédagogique, motivant, décontracté avec des recettes qui marchent à tous les coups. Pour créer des vocations. 30 euros chez Hachette Pratique.
LES « D’AILLEURS ». Dans la collection Dix façons de préparer, le chef espagnol Alberto Herraiz revisite dix plats et produits traditionnels (riz en paella, tortilla, vinaigre de Xérès, gaspacho, piquillo…) en dix livrets de dix recettes chacun. Parution en novembre 2007, 70 euros aux Éditions de l’Épure.
La Cuillère d’argent. Intégrale de la cuisine italienne réunie autour de quelque 2 000 recettes. 40 euros, Phaïdon.
Ramadan, la cuisine du partage. Un bel ouvrage qui mêle voyage, ethnologie et parfums, raconté par la chef marocaine Fatéma Hal et mis en image par Éric Bonnier. 19 euros chez Agnès Viénot.
Tunisie, la cuisine de ma mère. Un livre sentimental et gourmand sur la cuisine tunisienne, réalisé par Odette Touitou et Isabelle Rozenbaum. 25 euros chez Minerva.

LE PASTICHE. La Soupe de Kafka. Cet objet littéraire non identifié, publié fin 2006 par l’écrivain anglais Mark Crick, oscille entre provocation et leçon de style. L’idée : écrire seize saynètes « à la manière de » (Proust, Gabriel Garcia Marquez, Sade…) qui racontent toutes une recette. Réjouissant. 12 euros chez Flammarion.
LE CULTE. Breakfast, Lunch, Tea. L’ouvrage favori des bobos bio, est aussi le premier livre de recettes de Rose Carrarini, cofondatrice de Rose Bakery, une cantine-épicerie franco-britannique, ouverte en 2002 à Paris. Un éloge aux produits frais. 30 eur chez Phaïdon.
Les secrets des Soeurs Scotto_. Les lectrices des pages cuisine de Elle ou Madame Figaro n’ont que leur nom à la bouche. Michèle, Elisabeth et Marianne livrent enfin leurs 250 plus belles recettes. 45 euros au Éditions du Chêne.

Savoir repérer les ouvrages superflus
L’édition culinaire est peut-être prolifique, mais elle coûte cher. Alors pour satisfaire les amateurs de livres thématiques à petits prix, certains pratiquent le bricolage maison. Ou plutôt la récup. Le principe est simple : on pioche dans les fonds de tiroir les photos de livres de recettes parues à l’étranger, on les rassemble par thèmes (chocolat, hachis, soupe…), on fait (éventuellement) vérifier la faisabilité des recettes et on imprime. Droits d’auteur minimum, bénéfices maximaux. À quoi reconnaît-on les ouvrages ? Facile : au côté hétérogène des visuels, à l’absence d’un photographe crédité. Et surtout à l’absence d’auteur. À moins de la mention « ouvrage collectif », la fiabilité des recettes risque donc d’être aléatoire. Enfin, vérifier qu’il ne s’agit pas d’une seule recette, déclinée à l’envi. Pas besoin d’un livre pour varier la garniture d’un cake ou d’une tarte…(source..le Figaro) 

2 réponses à “la marmite déborde”

  1. 27 12 2012
    return man 2 (13:50:11) :

    authoring on other websites? I have a blog centered on the same ideas
    return man 2

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>




robertlutz |
DOMANIA |
justice&criminalité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | humanbeinginnature
| Biologie totale ICBT secte ...
| C'est le destin de lol_aaaa...