Les Seychelles, un éden ressuscité

Promenade sur l'anse à la Mouche pour Alisa, originaire de Mahé. Cette belle ambassadrice des Seychelles mesure sa chance de vivre dans un paradis si préservé.

Promenade sur l’anse à la Mouche pour Alisa, originaire de Mahé. Cette belle ambassadrice des Seychelles mesure sa chance de vivre dans un paradis si préservé.

Au dos de cette carte postale se dévoile un paradis terrestre scientifiquement sauvegardé, où le farniente auprès de tortues géantes, les balades tropicales et l’approche des oiseaux sur des îles-hôtels réinventent l’art du ressourcement. « Ecolochic. »

Les Seychelles, un éden ressuscité  coeur- Beaucoup de Seychellois ne réalisent pas leur chance. On a tout: le soleil, les plages de rêve et une végétation exceptionnelle!» Les yeux lagon d’Alisa parcourent l’anse Intendance. Enfant, la longiligne métisse de 23 ans aux origines française, indienne et africaine, y grattait le sable pour déloger le tek-tek, petit fruit de mer blanc composant une fameuse soupe créole. Depuis 2002, c’est surtout la clientèle du Banyan Tree qui foule cette plage de Mahé, réputée parmi les plus belles de la planète. Seule envie : jouir de ce «paradis terrestre d’avant la faute» cher au général anglais Charles Gordon dès 1881. La dislocation du Gondwana a éparpillé les 115 fragments de granit et de corail des Seychelles sur 1 200 kilomètres. Perdus loin de l’Afrique et de l’Inde, ils ont conservé un endémisme exemplaire, en dépit de l’inconscience des navigateurs et des colons. Longtemps socialiste, le pays des «lunes de miel» et des «plongées fabuleuses» s’est aussi ouvert tardivement et a soigné une image écolo dès les balbutiements du tourisme en 1972. Aujourd’hui, 46 % du territoire est protégé. Les hôtels sont enfouis et beaucoup soutiennent la sauvegarde des écosystèmes.

*Les célèbres cocofesses, protégés dès 1830

Au Banyan Tree, une balade digestive permet de découvrir une mare défrichée, habitée par des tortues-soupapes en voie d’extinction et des poules d’eau menacées par la gastronomie locale. Entre les villas et la plage, les veloutiers évitent le recul du sable et cachent les œufs des tortues marines à écailles, dont on est invité à observer l’éclosion. Un militantisme discret.

A l’autre bout de cette île cabossée, des forêts de jade promettent un brin de fraîcheur à l’ombre des canneliers, sang-dragons, lataniers mille-pattes, cocos palmes, takamakas et autres « bois » – rouge, joli cœur ou banane. La route Sans Souci dessert les itinéraires de une à six heures de marche, dont l’ascension familiale du Morne Blanc (667 m). Au sommet de Copolia (497 m), le regard plisse jusqu’à North Island, surplombe la capitale et bute sur le Morne Seychellois qui domine l’archipel à 905 mètres d’altitude et prête son nom à un parc national.

Mais pour farnienter tel un heureux naufragé au matin du monde, mieux vaut s’échouer sur les petites îles-réserves. Aucun ravitaillement sur Curieuse, à 10 minutes de Praslin. Le sentier épousant la baie Laraie traverse la mangrove où les crabes s’embourbent entre les griffes des palétuviers. Sur le chemin de Badamier, les palmes des cocotiers explosent sur une terre à la peau rouge trop souvent incendiée. George Harrison, l’administrateur des Seychelles, initia ici la protection des célèbres cocofesses dès 1830 en y établissant une léproserie. Dissuasif ! Désormais, toute espèce animale ou végétale à préserver est disséminée sur un maximum d’îles-sanctuaires. Une des 320 tortues géantes de l’île étire son cou sur des feuilles basses. Première rencontre. Fascination et respect. Appréciées pour leur chair, celles qui n’ont rien à envier à leurs sœurs des Galapagos ont frôlé l’extinction. Les Seychellois les domestiquent, réminiscence d’une coutume qui voulait qu’on les offre en cadeau de naissance aux filles, avant de les sacrifier le jour de leur mariage. «Ma grand-mère en possède une dans son jardin, confirme Alisa. Une femelle qui s’appelle Pierre.» Ce reptile amical ne dévoile pas son identité sexuelle avant l’âge de 15-20 ans !

Cap sur Cousine, de l’autre côté de Praslin. Propriété d’un Sud-Africain fortuné, cette île-hôtel dédiée à l’environnement accueille dix personnes, pas plus. Arrivée en hélicoptère, menus suivant la pêche et le goût des hôtes… un luxe élitiste et humble. Les deux rangers nous fixent rendez-vous sur la plage. Ils dégagent du sable. Une minuscule tortue marine se débat, puis deux… Et les voilà bientôt une kyrielle à partir instinctivement à la rencontre de l’océan et à résister aux gifles de l’écume. La main de l’homme augmente leurs chances de survie.

*Une jeune sterne ébouriffée dans sa demi-noix de coco

Cependant, l’île met vite à égalité avec le règne animal. Les yeux au sol, ne pas écraser les mille-pattes ni déranger un oisillon blotti au creux d’une racine. L’œil à peine levé sur une branche, scruter une jeune sterne ébouriffée dans sa demi-noix de coco. Les geckos filent, les tortues paressent. Les crabes déguerpissent, les bernard-l’ermite dodelinent. Il y a les furtifs, les lents, les intrépides, et peu de farouches sur cette arche de Noé. Des « cannelés » de granit parsèment la végétation luxuriante. Devant le North Rock, un chaos de roches roses dans l’herbe grasse est posté face à la mer. Chacun cherche son coin.

Frégate, l’île granitique la plus à l’est, incarne une tout autre vitrine de l’écotourisme seychellois. Ici, le service exclusif se fond dans la nature : petit déjeuner perché dans un banyan, barbecue au creux des criques, soins bio « maison » au spa, balade naturaliste à la recherche du scarabée endémique de Frégate. Le resort est un sanctuaire de la bio diversité où vit la rarissime pie-chanteuse, et où, sans cesse, on élabore des projets. Parmi eux, une importante bibliothèque scientifique sur la faune et la flore, une nurserie pour 30 000 arbres endémiques, la réintroduction du perroquet noir, et l’exploitation des sources d’énergie géothermiques.

Mais pour trouver le bout du monde, on s’envole tout au nord de l’archipel. Voici l’île de Bird… Des milliers de sternes virevoltent dans le ciel à l’extrémité de cette petite larme de terre posée sur un récif corallien. Entre fin mars et octobre, ces migrateurs se rassemblent au sol pour pondre et « dégauchir » leurs poussins. «Une trentaine d’espèces différentes se succèdent dans l’année: frégates, tourterelles, noddis, tournepierres, puffins du Pacifique…», énumère Robby Bresson, conservateur intarissable. Après un tour de l’île (cinq kilomètres), on n’observe plus… on fréquente : un petit paille-en-queue recroquevillé au pied d’un arbre. Ou la vénérable Esméralda, qui trimbale sa carapace sous un pandanus. Peut-être né en 1771, ce mâle (sic !) de 400 kilos serait le doyen mondial de son espèce. Le luxe sur cette île pour Robinson, c’est le ressourcement à l’état brut. Pas de climatisation, pas de clé sur la porte du bungalow. Se baigner, flâner sur le sable ourlé de filaos, attendre que le ciel s’empourpre. Et approuver l’auteur de Pères et Fils, Ivan Tourgueniev : «Le temps, qui vole souvent comme un oiseau, se traîne d’autres fois comme une tortue; mais il ne semble jamais plus agréable que lorsque l’on ne sait s’il va vite ou lentement.»(Le Figaro-07.08.09.)

3 réponses à “Les Seychelles, un éden ressuscité”

  1. 28 12 2012
    return man 2 (12:42:17) :

    How to contact you?
    return man 2

  2. 16 11 2015
    seychelles travel guide (10:02:03) :

    Je suis plus qu’heureux voilà j’ai découvrir cette page web . Je veux vous remercier pour le temps que vous avez investi pour mettre ce contenu c’est fantastique !! Je suis certainement appréciée tous . Site marqué en tant que favori .

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