à la poursuite de la vague ultime

8 10 2012

    Free riders…. L’apothéose du surf

Free riders: à la poursuite de la vague ultime

**Loin des spots surpeuplés et des plages à touristes, Eneko surfe en secret. La vague est unique et lui seul la connaît. À 35 ans, il fait partie de cette minorité dans le monde de la glisse, les « free riders ». Son ambition: poser sa planche là où personne ne l’a encore fait. Il a accepté d’emmener notre envoyé spécial à la rencontre d’une de ces vagues mythiques, quelque part au large de Sumatra.**Paris Match | lundi 8 octobre 2012

**Les rouleaux se dressent contre un fond de récifs, semblent tenir quelques instants en apesanteur, la crête écumante, puis rabattent leurs milliers de tonnes d’eau sur la grève. On croirait le grondement du tonnerre, une série d’explosions. Moins la mer que la guerre. Comme une escadrille d’avions de chasse qui décolle, toutes les dix minutes surgit une houle qui fait oublier le vacarme de la précédente et avale négligemment le récif de corail avant de déferler sur le rivage. Le sable sous nos pieds vibre comme lors d’un bombardement d’artillerie. Le photographe Guillermo Cervera arrive d’Afghanistan. Depuis quinze ans, il partage sa vie entre zones de conflits et spots de surf. « Dans les deux cas, si ta photo n’est pas bonne, c’est que tu n’étais pas assez près. Mais si tu t’approches trop, tu risques d’y rester.» Cette fois encore, il suit un de ces francs-tireurs qui s’épanouit à la limite du danger : Eneko Acero, un «free rider», «cavalier libre», chevaucheur de vagues.

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*Eneko est venu pour «La» vague, celle qui doit apparaître au matin vers dix heures, quand, à mi-marée descendante, la houle orientée au sud-ouest forme des creux de plus de deux mètres et qu’un fort vent de terre cisèle la crête d’eau turquoise. Pour ce genre de rendez-vous, il est prêt à traverser la moitié du globe. Trois fois champion d’Europe, le Basque Espagnol surfe tout au long de l’année, chez lui ou dans une vingtaine de grands «spots» de classe internationale. Dans l’eau tous les jours depuis qu’il a 10 ans, jusqu’à huit heures d’affilées, Eneko a gagné la plupart des compétitions d’Espagne et d’Europe avant de décrocher du circuit pour se marier et avoir un fils. A 35 ans, il est fatigué des compétitions, et ne veut plus voyager que trois mois par an, ça le rend exigeant. Au nord de l’Ecosse, dans le sud du Chili, les îles Galápagos ou la Polynésie, il cherche l’exception, le nirvana, le miracle des surfeurs. Et c’est ce qu’il attend ici en contemplant la houle de l’Océan Indien. «C’est une vague irrégulière, dangereuse et qui se termine très sec. Mais quand elle ‘ouvre’ bien, c’est une des meilleures vagues au monde.

L’attrait du rouleau ne réside pas seulement dans sa perfection technique : c’est aussi un spot complètement vierge, personne ou presque ne l’a jamais surfé. L’emplacement est secret. Pour l’atteindre, il a fallu rouler plus d’une journée depuis Jakarta, vaste lacis d’autoroutes et d’embouteillages informes de 10 millions d’habitants qui sert de capitale à l’Indonésie. Sur la côte, Mecque mondiale du surf de juin à septembre (la saison sèche dans cette région sous l’équateur), il a ensuite fallu déjouer l’attention des autres surfeurs, prêts à coller à la roue du maître. Puis, sur une fragile pirogue à balanciers, traverser un bras de mer peuplé de requins jusqu’à ce recoin désert d’une île au large de Sumatra. Et là, marcher, encore longtemps, en portant nos vivres, le long de la jungle. L’arrivée ne fait pas regretter d’avoir défié la malaria : le site est d’une beauté à couper le souffle. Nous avons pour uniques voisins, Edi et Badiat, des pêcheurs Bajau, peuplade de marins-nomades migrant le long des côtes indonésiennes. Le soir dans leur cahute en feuilles de bananier, nous dînons autour d’un feu, d’un brouet de nouilles bouillies dans une eau saumâtre. Badiat sait se faire comprendre le mieux : sourd-muet, il a appris la langue des signes. Il mime un félin puis un serpent, sa manière de nous dire de nous méfier des panthères noires et des cobras dans la forêt.

*Les free riders traquent les rouleaux hors du commun

Eneko n’est pas venu en touriste, un œil sur l’horizon, l’autre sur la date limite de son billet d’avion. Il est prêt à attendre autant qu’il faut sa vague promise. Combien sont-ils par le monde, comme lui ? Moins d’une centaine. Les vrais «free riders» qui se déshonoreraient en se faisant tracter en jet ski ou hélitreuiller directement en haute mer, eux qui mettent leur fierté à n’user que de la seule force de leurs bras. Ils ne courent pas après les records, ne cherchent pas les superlatifs : pour eux, les vagues les plus grandes sont souvent les plus ternes. Ils traquent les rouleaux hors du commun, ceux qui repoussent leurs limites techniques. Ces anciens champions vivent – et plutôt bien – de l’argent des grandes marques d’équipement. « En sponsorisant les «free riders», les fabricants entretiennent le mythe romantique du surf, exotique et proche de la nature », m’a expliqué Kepa, le frère cadet d’Eneko. Lui-même se déclare «wave hunter», «chasseur de vagues». Il a également renoncé à la compétition pour passer la moitié de l’année à voyager seul, avec des moyens réduits, logeant parmi les pêcheurs et les marins qui peuvent lui apprendre où trouver la mine d’or. «Je crois que j’ai dû étudier presque tous les rivages du monde sur Google Earth. Quand j’ai localisé une zone avec une série de spots potentiels, j’y vais.»

Les surfeurs sont des cow-boys sauvages: le paradis ne se partage pas

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C’est Kepa qui a informé son frère de l’existence de notre «spot». Lui-même la tenait d’un surfeur hippie australien rencontré sur la route, et aujourd’hui décédé, qui lui en fit confidence un soir de beuverie, comme dans une histoire de pirates. «Notre monde est surpeuplé, et les plages bondées. Il arrive fréquemment que sur une plage déserte, on voie débarquer une vingtaine de surfeurs. Alors quand on découvre un lieu encore intact, on le garde secret,» affirme Kepa. Ce solitaire n’est pas resté avec nous, il est parti explorer l’archipel indien des Iles Andamans. Ensuite, il veut aller en Angola, et pourquoi pas un jour en Somalie et au Yémen, si la situation politique le permet : pour lui l’histoire du monde s’analyse en fonction des plages qu’elle libère ou interdit. Les surfeurs se fichent de tout. Ce sont des cow-boys sauvages. Le paradis ne se partage pas.

La longue baie bordée de cocotiers et de palmiers sur laquelle nous sommes installés est entièrement vide. Pas une marque de pas, pas une trace sur le sable fin, hormis celles laissés par les petits singes noirs qui vont au bord de l’eau, le soir, manger des coquillages. Eneko n’a amené avec lui qu’un seul surfeur, son voisin, Ander Mendiguren, champion junior du Pays Basque. Il lui a appris la première qualité du free rider : la patience. Nous allons attendre deux, trois jours, entre le sable et le ciel bleu, avec pour seul spectacle le fracas des vagues.

Et puis un matin, ça y est, la houle s’oriente parfaitement et le vent se lève. La vague prend de l’ampleur. Chaque trois minutes, elle se déverse un peu plus fort contre le sable. Elle commence sur la gauche de la plage puis se déroule tout du long, parfaitement régulière. «Je n’ai jamais rien vu de pareil, s’exclame Ander. C’est impressionnant: ça fait peur, et en même temps, on a envie de s’y jeter. ». Eneko part le premier. Allongé sur sa planche, il pagaie à grands moulinets de bras dans «l’eau blanche», et traverse les premiers tourbillons. Toute l’année, il pratique la musculation pour développer la force nécessaire pour affronter de tels courants. Ander le rejoint au large, sur le «pic», la zone du meilleur point de départ. Avec Guillermo, muni de palmes et qui a enfermé son appareil photo dans un caisson étanche, ils attendent sur leurs planches, scrutant l’horizon pour guetter la houle la plus grosse.

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Ici, la mer est plus « épaisse » et les rouleaux culminent à une hauteur de près de quatre mètres. Et comme ils aspirent l’eau devant eux, vidant un creux de plus en plus large à mesure qu’ils avancent, ils approchent, énormes. Pour les nageurs, il faut alors plonger au plus profond, battre des palmes pour tenter d’attraper un rocher au fond et éviter d’être emporté par le violent tourbillon sous-marin qui retourne et ballote un homme adulte comme un jouet. A la surface, les surfeurs pagaient en direction du rivage. Avec suffisamment de vitesse, ils parviennent à « accrocher la vague », s’inscrire dans son courant. Portés sur la crête, ils redressent alors le torse puis sautent sur leurs pieds pour se tenir en équilibre.

La «vague secrète» permet de surfer pendant 30 secondes: une éternité pour un surfeur

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Lorsqu’elle est bien engagée, la «vague secrète» permet de surfer pendant une trentaine de secondes. Une éternité pour un surfeur, un luxe rare qui ne se rencontre que sur une poignée de spots à travers le monde. Elle permet à Eneko d’enchaîner la douzaine de grandes figures : piqués vers l’avant, virages en U à contre-courant pour remonter sur la crête, nouveau virage dans l’autre sens, défiant les lois de la pesanteur. Puis il plonge de nouveau, gagnant de la vitesse pour dépasser l’écume jusqu’au moment où, presque pris dans le courant, il pique encore dans l’autre sens. L’eau et l’athlète jouent à se poursuivre dans un ballet dangereux. Lorsque la fin de la vague s’approche enfin du rivage, Eneko ralentit sa course en plongeant une main dans la mer pour se freiner. La vague l’avale. Il s’est laissé prendre dans le «tube», c’est-à-dire le vide d’air d’un mètre et demi de diamètre qui se forme au centre des rouleaux les plus puissants. Eneko surfe ainsi sur des dizaines de mètres, entouré d’un tourbillon d’eau qui l’enserre et se referme à toute vitesse. C’est l’apothéose du surf.

Au bout d’une journée, même le champion n’en revient pas. «Elle est incroyable cette vague. J’en ai rarement vu d’aussi rapide. Le centre du tube doit aller à plus de 60 kilomètres heure». Ander est émerveillé. «C’est la plus belle vague de ma vie, je ne savais même pas qu’il pouvait y en avoir de pareilles». Comme la baleine blanche du capitaine Achab, ce phénomène tant attendu ne se révèle vraiment que pendant la période des nuits sans lune. Après 48 heures, la vague perdra en puissance. Eneko et Ander savent qu’ils n’ont pas de temps à perdre. Ils ignorent la fatigue, ne veulent manquer aucun rouleau. Il faudra qu’une vague encore plus sèche que les autres finisse par fracasser Eneko sur les coraux, lui infligeant une dizaine de profondes balafres et brisant sa planche, pour qu’ils acceptent de rendre les armes.

Le dernier soir sous la moustiquaire, entre la Croix du Sud et le matelas de sable, nous écoutons la jungle qui s’est éveillée à la tombée du jour. Le vacarme d’oiseaux inconnus, le grésillement des criquets et la litanie des crapauds, les cris des singes et le grincement métallique d’une forêt de bambous que le vent fait chanter. Eneko se méfie des sirènes de la robinsonnade. Mais il n’échappe pas à un peu de philosophie. «En Europe, on croule sous le matérialisme, ici, on apprend à vivre avec l’essentiel, » murmure-t-il. Il observe la flambée embaumante du bois de palme. «En rentrant, c’est décidé… je me désabonne de Facebook…»*Paris Match | lundi 8 octobre 2012

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Ma leçon de surf avec Sally

Un célèbre équipementier propose au grand public d’apprendre à surfer au côté des meilleurs boardriders du monde. A Seignosse, Paris Match a testé le concept en avant-première : unique, ludique, magique et abordable.

Ma leçon de surf avec Sally

L’océan gronde sur la plage des Estagnots, l’écume déferle, la vague approche. Il est temps d’enfourcher la planche. Coup d’œil à droite, coup d’œil à gauche. Elle arrive, puissante et vrombissante. Les bras se mettent à pagayer, le palpitant à grimper, il va bientôt falloir se relever. Le regard scrute l’horizon, le genou vient épouser le menton, l’Homo erectus connaît le grand frisson : il tient debout. Peu de temps, je vous l’accorde. Juste celui de croiser le regard complice de la charmante monitrice : Sally Fitzgibbons

J’ai beau me pincer, la naïade australienne est bien là, face à moi, et elle m’invite déjà à renouveler l’expérience. « One more », lance-t-elle dans un sourire à vous faire marcher sur l’eau. « I’m coming Sally », susurré-je, tout retourné, la bouche pleine d’eau salée. Et c’est reparti pour une autre vague. Après deux heures de formation accélérée en immersion océanique prolongée, on inviterait volontiers la belle surfeuse à prendre un verre dans un bar d’Hossegor, mais on a surtout envie d’aller dormir. Condition sine qua non pour endurer la session de l’après-midi. Car le surf, c’est glamour, mais c’est surtout très physique.

Le concept n’existait pas. Quiksilver l’a inventé. Il y a ceux qui rêvent d’apprendre à jouer au foot avec Zidane, de s’initier au tennis avec Nadal ou au pilotage avec Loeb. L’équipementier australien, lui, a pensé à la communauté des surfeurs, en herbe ou confirmés, qui ont envie de progresser au contact des meilleurs. Jusqu’à la fin septembre, gloires d’hier (Robby Naish, Miky Picon…), stars d’aujourd’hui (Jérémy Flores, Stephanie Gilmore, Lee Ann Curren…) et VIP expert en glisse (Bixente Lizarazu) vont se relayer auprès des 56 participants ados et adultes admis par cession. Facturé 800 euros, le stage de six jours comprend les cours de surf (cinq heures par jour) dispensés par « vos amis les stars » et l’encadrement sur les plus beaux spots de la cote landaise (Capbreton, Hossegor, Seignosse), la fourniture du matériel et l’hébergement dans la Boardriders House, une majestueuse bâtisse landaise, érigée au sein d’un parc où règne une ambiance chaleureuse, baignée par la « surf culture ».

Chaque chambre porte le nom d’un célèbre ­boardrider dont les plus belles figures tapissent les murs. Des planches mythiques, contant l’histoire de ce sport légendaire, sont suspendues, tels des trophées, dans les escaliers. Et de la « wax », le fameux produit antidérapant utilisé par tous les pratiquants, est « servie » au petit déjeuner. La visite d’un atelier de « shape » (lieu où l’on fabrique les surfs) est même organisée. L’occasion d’y croiser Stephen Bell alias Belly, le manager d’un certain Kelly ­Slater, le plus grand surfeur de tous les temps.*Paris Match ..mercredi 29 juin 2011

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