Route du rhum : à bord des géants des mers

31 10 2010

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*Avec 87 bateaux au départ, la Route du Rhum 2010 a fait le plein. Une édition record en terme de participation.

Route du rhum : à bord des géants des mers dans mer et soleil coeur-  Les multicoques «ultimes» reviennent dans la mythique transatlantique en solitaire qui s’élance le 31 octobre de Saint-Malo vers Pointe-à-Pitre. Navigation et sensations fortes à bord des maxi-trimarans de Franck Cammas et Thomas Coville, deux candidats à la victoire…..6377 km jusqu’à Pointe-à-Pitre

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*Le coup d’envoi de la 9e Route du rhum a été donné dimanche à 13h02 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).

Quatre-vingt-cinq marins, répartis en cinq catégories, sont au départ de cette course qui va leur faire parcourir plus de 3.500 milles -plus de 6.500 kilomètres- jusqu’à l’arrivée à Pointe-à-Pitre, aux Antilles.

La dernière édition de cette transat en solitaire a été remportée en 2006 par le Français Lionel Lemonchois dans le temps record de sept jours, 17 heures, 19 minutes et six secondes..

Le vent, modéré, était de secteur Est et la mer calme. Dès les premières heures de la matinée et profitant d’une excellente visibilité, les bateaux de spectateurs et ceux des équipes techniques des concurrents ont fait route vers la zone de départ. Celle-ci sera toutefois strictement réservée aux bateaux de l’organisation et de la sécurité pour éviter les collisions.

6377 km jusqu’à Pointe-à-Pitre

Voiliers de plaisance, vieux grééments, vedettes à moteur, zodiacs, ferries, etc. ont ainsi convergé vers la pointe du Grouin, un spectacle rare qui confirme une fois de plus l’immense succès populaire de la Route du Rhum.

Les 85 solitaires se répartissent en quatre classes: Ultime (maxi-multicoques), Multi 50 (catamarans d’une quinzaine de mètres), 60 pieds IMOCA (18,28 mètres), Classe 40 (monocoques d’une douzaine de mètres) et Rhum (bateaux de tailles diverses, menés par des amateurs).

Ce 9e Rhum est une régate de 3543 milles (6377 km) jusqu’à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe, qui rassemble la plupart des ténors de la voile océanique française, quelques étrangers et de nombreux amateurs. Elle se caractérise par un nombre record d’engagés et le retour des maxi-multicoques, des engins puissants et spectaculaires, après 20 ans d’absence. La Route du Rhum se déroule tous les quatre ans depuis 1978. (AFP-31.10.2010.)

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 Franck Cammas devra dompter en solitaire son maxi-trimaran de 31,50 mètres, détenteur
Franck Cammas devra dompter en solitaire son maxi-trimaran de 31,50 mètres, détenteur

Franck Cammas pédalant sur un vélo fixe, à bord d’un multicoque. L’image ferait sourire si elle ne révélait pas l’ampleur du défi qui se pose au skipper sur cette nouvelle Route du Rhum. Groupama3, le trimaran le plus puissant de la flotte, a été conçu pour le tour du monde en équipage. L’hiver dernier, glissant plus vite que le vent, il a porté son skipper et ses neuf hommes jusqu’au triomphe dans le Trophée Jules Verne. Un homme seul peut-il dompter un tel monstre marin? En cette belle journée d’été, le maxi-trimaran sort en entraînement au large de Lorient, l’un des premiers depuis son passage en chantier pour l’adapter à la transatlantique en solitaire. Si quatre membres de son équipe sont également à bord, le marin le plus titré en multicoque tient à manœuvrer seul son géant long de 31,50 mètres (105 pieds) sur 22,50 mètres de large. Le mât a été coupé de 5 mètres, mais il porte encore 700 m2 de voiles. Le gennaker (voile d’avant) se déploie sur 500 m2. Au moment de l’enrouler ou de prendre un ris (réduire la voilure), Franck Cammas s’installe au moulin à café. Les minutes s’égrènent. Le visage du marin se crispe. Le voilà alors assis sur ce fameux vélo, scellé au cockpit perpendiculairement au sens de la marche. La puissance développée est transmise au winch par une chaîne. La manœuvre complète, bras et jambes, est longue : plus de quinze minutes.

«Qu’en sera-t-il à 25nœuds de vent? Tu te poses, bien sûr, des questions. Tu dois pouvoir réduire la voilure sous peine de te mettre dans le pétrin.» Le marin de 37 ans au gabarit de cycliste (1,60 m pour 68 kg) n’élude pas le défi posé. «C’est un peu lourd, ce genre de bateau, pour le marin solitaire… Il me faut quarante-cinq minutes pour bien le régler, contre dix minutes en équipage. Loin de la régate, le jeu s’apparente plus à de la musculation.»

Groupama3 glisse tranquille. Le tout petit temps réfrène sa puissance, qui peut se démultiplier très vite la brise venue. Ce n’est pas le jour pour l’éprouver, mais il est facile d’imaginer ce que seront les efforts et le stress dans un contexte plus musclé. Des conditions météo, toujours changeantes au départ de la Route du Rhum, dépendra le chemin de croix promis à Franck Cammas. «Ce bateau est stable sous pilote automatique à des moyennes assez élevées. Je dormirai beaucoup mieux que sur mon ancien Groupama 2 de 60pieds, plus volage!» confie ce bagarreur au sang froid qui s’était retourné lors de l’édition 2002, premier chavirage d’une terrible série parmi les multicoques 60 pieds de la défunte classe Orma. «Le risque existe toujours. Il faut savoir le gérer, savoir où poser le curseur, bien anticiper sous peine de se mettre en danger.»

A bord de «Sodebo», avec Thomas Coville

Trois mois plus tard, autre bateau, autre lieu. Sodebo avale les miles dans le golfe de Gascogne. La mer d’encre se dilue dans la nuit sans lune. Le vent a forci, le trimaran fonce: 28-30 nœuds. Thomas Coville reste sur le qui-vive. Il scrute l’obscurité, avance sur le « trampoline » vers le bras arrière. Cette partie délimite la zone de réclusion volontaire du solitaire. «Plus on approche de l’avant du multi, plus on s’expose au danger», souligne le marin, sécurisé par un baudrier lors de ses déplacements. «On n’utilise pas de longue ligne de vie, car le risque, en cas de chute, c’est de rester accroché le long d’un flotteur et d’être tué par la vitesse du bateau.»

Contrairement à Groupama3, Sodebo, de même longueur mais moins large (16,55 mètres), a été conçu pour les solitaires. La zone habitable, Thomas Coville l’a voulue au niveau du cockpit, au plus près des manœuvres. Ainsi, il n’a que rarement à plonger dans la coque centrale, où se déchaîne l’eau sur le car bone. Des hublots lui permettent de rester en contact avec l’extérieur. «Notre drame, c’est de vouloir tout rationaliser. La mer, c’est aussi observer et sentir», évoque le Breton âgé de 42 ans, marin aux nombreux records, dont le dernier en date n’est autre que le Trophée Jules Verne sur Groupama3. Le prochain sera, espère-t-il, le tour du monde en solitaire. Il a manqué de le ravir en 2009, il y retournera cet hiver.

«Il faut être capable de mettre toute sa vie, tous ses efforts»

«Dans la voile, on retrouve la conception de liberté. Pour une course autour du monde, il faut un bateau né de toi, qui te ressemble. Ensuite, lorsqu’on veut l’orienter d’un projet vers un autre, comme la Route du Rhum, c’est compliqué.» Empannage au large de l’estuaire de la Gironde, retour vers La Trinité. La dérive émet un sifflement permanent. Chaque reprise d’écoute résonne de sombres grincements. La mer, sur ces engins, n’est pas un monde de silence. La nuit s’étire, Thomas Coville ne dort pas. Quand il s’octroie du sommeil, c’est le plus souvent dehors, sous la casquette. Et par phases de vingt minutes: «C’est le temps pour parcourir les dix milles qui te séparent de l’horizon. Donc, quand tu fermes les yeux, ta vision de la situation est claire jusqu’à un nouvel horizon.» A portée de main, un panic button permet de choquer la grand-voile en urgence. «Il ne m’a jamais sauvé la mise parce que je ne me mets pas dans l’esprit d’arriver à ça, de pousser le bateau jusque-là.»

A bord de Sodebo, la sensation d’accélération grimpe par paliers successifs : 20, 25, 28, puis 30 nœuds. La machine dégage une impression de force tranquille, sans doute trompeuse quand on taquine l’extrême. «Pour faire du multicoque, il faut avoir le caractère. Il faut être capable de mettre toute sa vie, tous ses efforts sur la table, à chaque fois. Car tu peux chavirer, et cela veut dire très souvent perdre le bateau et le projet. La Route du Rhum ne parle que de ça.» (Le Figaro-29.10.2010.)

**Les participants de l’édition 2010

Armel Le Cléac'h sera l'un des favoris en Imoca.
Armel Le Cléac’h sera l’un des favoris en Imoca.

Avec 87 bateaux au départ, la Route du Rhum 2010 a fait le plein. Une édition record en terme de participation.

coeur-Voici la liste des engagés dans la Route du Rhum 2010 dans les trois classes suivantes : Imoca, Class Multi 50 et Catégorie Ultime.

Monocoques : Classe Imoca 
Arnaud Boissières (Akena Vérandas)
Armel Le Cléac’h (Brit Air)  
Christopher Pratt (DCNS 1000)  
Michel Desjoyeaux (FONCIA)  
Kito De Pavant (Groupe Bel) 
Vincent Riou (PRB)  
Marc Guillemot (Safran)  
Roland Jourdain (Veolia Environnement)  
Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3)  

Multicoques : Class Multi 50  
Yves Le Blevec (Actual)
Erik Nigon (AXA Atout Coeur pour AIDES)
Jean-François Lilti (CitoyensduMonde.net)
Franck-Yves Escoffier (Crêpes Whaou !)
Hervé de Carlan (Delirium)
Erwan Le Roux (FenetreA Cardinal)
Philippe Laperche (La mer révèle nos sens)
Loïc Fequet (Maître Jacques)
Anne Caseneuve (Naviguez Anne Caseneuve)
Lionel Lemonchois (Prince de Bretagne)
Gilles Buekenhout (Nootka)

Multicoques : Catégorie Ultime   
Bertrand Quentin (Côte d’Or II)
Yann Guichard (Gitana 11)
Gilles Lamiré (Défi Cancale)
Franck Cammas (Groupama 3)
Philippe Monnet (NC)
Francis Joyon (Idec)
Sidney Gavignet (Oman Air Majan)
Servane Escoffier (Saint-Malo 2015)
Thomas Coville (Sodebo)

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**les 4 clés d’une ivresse collective

Dans le port de Saint-Malo avant le départ de la Route du Rhum 2010

Dimanche à 13h02 tapantes, un top départ libèrera une flotte de 85 solitaires qui piaffent dans les bassins de Saint-Malo depuis une semaine. Direction Pointe-à-Pitre pour la neuvième édition de la Route du Rhum.

Quarante-huit heures avant le départ, le cap du million de visiteurs arpentant les pontons malouins a été franchi. Dimanche, ce sera pire, si on peut dire. Alors ? Comment expliquer une telle attraction, si on excepte le fait que Saint-Malo a la main heureuse dans l’organisation d’événements en tous genres, comme les festivals Quai des bulles ou Etonnants voyageurs ?

Déjà, il y a ces deux mots, route et rhum, qui disent tout : le soleil, l’ivresse, l’aventure. Et aussi, parfois, la gueule de bois quand il y a casse, tempête, disparition.

1Une première édition mythique

Dès la première édition en 1978, avec ses 38 engagés, tous les ingrédients de la légende étaient déjà là : les 23 jours de course s’achèvent par une régate qui voit la victoire du trimaran de Michael Birch sur le monocoque de Michel Malinosky avec 98 secondes d’écart (voir la vidéo) !

Mais il y eut aussi la disparition d’Alain Colas et de son trimaran Manureva, dont on ne retrouvera jamais rien.

2De nouvelles règles du jeu

Comme le tournedos Rossini ou la tarte Tatin, l’invention de la Route du Rhum est un trait de génie qui n’a rien à voir avec les études de marché mais tout à faire avec l’imagination de quelqu’un imbibé d’eau salé depuis qu’il est tout petit : Florent de Kersauson, le frère cadet d’Olivier, qui eut l’idée, en 1975, d’une course totalement inédite à l’époque et dont il sera le secrétaire général.

Le principe en est simple mais radicalement nouveau : la course, en solitaire, est ouverte à tout bateau, sans restriction de taille ni autres, et aussi bien aux amateurs qu’aux pros.

Une révolution à l’époque où les courses au large, qui sont aux mains des Anglais, sont strictement réglementées. Au point que personne n’y croyait, ni Eric Tabarly, ni la Fédération française de voile, ni l’administration, et qu’il lui a fallu trois ans de boulot pour convaincre tous ces gens-là.

L’autre idée force de Kersauson est le parcours, lui aussi sans précédent, puisque la destination de la course est les Antilles : ça, c’est la pincée d’évasion, la goutte de rêve, le zeste de fantasme.

« Shakez » tous ces ingrédients, et vous obtenez un cocktail aux puissants arômes qui attire la foule mais aussi les sponsors.

3-3L’attrait pour les multicoques, ces « araignées géantes »

Lauriot Prevost (à g.), Van Peteghem (à d.)Alors qu’en 1978 se joue en 98 secondes le sort d’une course de 23 jours, Vincent Lauriot-Prevost use ses fonds de culottes sur les bancs de l’Ecole d’architecture navale de Southampton.

Avec son copain Marc Van Peteghem, il se réjouit alors, selon ses mots, de la victoire « d’un petit trimaran jaune sur un grand monocoque », car leur rêve à tous les deux, c’est d’imaginer les plans de ces d’araignées géantes qui survolent les flots.

Ils ont bien fait de se réjouir : depuis cinq éditions, tous les bateaux qui ont gagné la Route du Rhum ont été des trimarans dessinés par eux. Le premier étant, en 1990, Pierre 1er skippé par Florence Arthaud. Aujourd’hui, dans les bassins de Saint Malo, neuf bateaux conçus sur leur table d’architecte sont prêts au départ.

Notamment, Gitana 11 barré par Yann Guichard et Groupama 3 barré par Frank Cammas, deux des fascinants esquifs que sont les huit multicoques de la classe ultime, sont leurs bébés.

4La première transatlantique populaire… et la première ouverte aux sponsors

Gitana 11« La Route du Rhum, c’est la première course française à avoir généré autant de passion », constate Lauriot Prévost :

« En fait, c’est la première transatlantique populaire. De Saint-Malo au Cap Frehel, la côte est blindée de gens qui regardent ! C’était aussi la première transat ouverte aux sponsors. En ce moment, si on calcule, il y a 50 millions d’euros dans les bassins à Saint Malo… »

 

Aujourd’hui, autant Kersauson que Lauriot Prévost s’accordent pour dire que la Route du Rhum est devenue une affaire de professionnels. Ce qui ne les afflige ni l’un ni l’autre.

« Avant, la caisse à outils passait d’un bord à l’autre. C’était la démerde. Aujourd’hui, les bateaux sont fin prêts, les skippers font des interviews pour les radios et les télés.

Mais dès qu’ils prennent le départ, l’aventure est là. Ce qui est excitant, c’est qu’il y a une course, qui se gagne tout autant sur la valeur du bateau que sur celles du skipper et de la préparation. »

 

Malinosky me dit : « Je suis juste en-dessous de toi ! »

Et il y a la mer et ses surprises. Qui font parfois de beaux cadeaux. Florent de Kersauson se souvient :

« Lors de la première course, alors que j’étais dans la cabine de l’avion qui m’emmenait à Pointe-à-Pitre, j’ai appelé Malinovsky pour lui demander où il était. “Je suis juste en-dessous de toi ! ”, m’a-t-il répondu.

J’ai regardé à travers la vitre, et, sur la mer des Antilles, j’ai vu un sillage, comme un immense V. Au bout de ce V, la mer n’était pas de la même couleur. C’était Malino. » (Rue89-30.10.2010.)

 

Photo : dans le port de Saint-Malo avant le départ de la Route du Rhum 2010 ; Lauriot Prevost (à g.), Van Peteghem (à d.) ; Gitana 11 (DR)

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**L’Atlantique les attend

Thomas Coville revient disputer cette course en classe ultime.
Thomas Coville revient disputer cette course en classe ultime.

Avec 87 bateaux engagés sur la ligne de départ dimanche, dont quelques géants, la 9e édition de la Route du Rhum s’annonce tout simplement exceptionnelle.

coeur-Plus qu’une simple traversée, c’est une véritable bataille qui se dessine sur l’océan Atlantique. Au regard du palmarès des skippers engagés, le bras de fer risque d’être serré tant en monocoques qu’en multicoques.

Monocoque : La chasse est ouverte
«Comme dans toute les courses en solitaire c’est le couple homme – machine le plus polyvalent dans tous les domaines du jeu qui passera la ligne d’arrivée en vainqueur». Vincent Riou et les autres sont prévenus, il va falloir être costaud pour remporter cette Route du Rhum 2010. Avec trois nouvelles unités (Foncia, PRB, Virbac Paprec), et d’autres déjà très au point (Groupe Bel, Safran, Brit Air), rarement le plateau Imoca n’a été aussi homogène. La bagarre promet d’être superbe ! «Quand on a déjà gagné une fois, on se dit que c’est possible de recommencer», analyse Roland Jourdain dans Le Télégramme. Le tenant du titre a les crocs et sur un bateau spécialement loué pour l’occasion, le skipper de Veolia jouera crânement sa chance. Il n’est pas le seul. Déjà vainqueur en 1998, Michel Desjoyeaux rêve également d’inscrire son nom cette fois-ci au palmarès des monocoques. Le skipper de Foncia s’en est donné les moyens puisqu’il vient de mettre à l’eau un bateau tout neuf. Il n’est certes par l’engin qui a le plus navigué, mais avec «le Professeur» à la barre tout est possible.

Avec une machine «ancienne génération» (2007), on pourrait penser qu’Armel Le Cléac’h et Brit Air n’auront pas l’occasion de rivaliser avec le reste de la flotte. Sauf que le skipper breton est à l’heure actuelle touché par la grâce. Vainqueur de la Transat AG2R et plus récemment de la Solitaire du Figaro, «le Chacal» ne lâchera rien. D’autres auront au contraire des choses à se faire pardonner. Après un Vendée Globe en demi-teinte, Vincent Riou et Jean-Pierre Dick souhaiteront prouver qu’ils possèdent les qualités nécessaires pour se mêler à la bataille. Tout devrait donc se jouer sur les choix tactiques et dans ce contexte, bien malin sera celui qui trouvera le bon tiercé.

Yvan Bourgnon et Jérémie Lagarrigue s'envolent sur leur hobie cat 

Multicoque : Coville, Joyon en chef de fil
Pour cette édition 2010, les organisateurs ont choisi de rouvrir la course aux géants des mers. Un retour à l’esprit et au concept d’origine qui suscite à la fois curiosité et excitation. De grands noms de la voile n’ont ainsi pas manqué de fêter dignement ce come-back. Dans cette catégorie reine, le plateau sera ultra-compétitif. Impossible de citer le favori lorsque l’on a Franck Cammas, Francis Joyon ou encore Thomas Coville sur la ligne de départ. Pourtant, au regard de machines, certaines perspectives semblent se dégager. Mis à part le trimaran Orma de Gilles Lamiré, aucun autre marin ne possède un multicoque spécialement conçu pour une transat en solitaire. Et ce n’est pas le skipper de Groupama 3 qui dira le contraire. Elaboré à l’origine pour une équipe de 10 personnes, c’est seul que Franck Cammas devra barrer son engin aux dimensions démesurées. Même si le skipper a quelque peu bridé sa monture (mât plus court, voiles moins importantes…), il avoue que pour lui cette course sera «un véritable challenge».

Pour d’autres comme Thomas Coville et Francis Joyon, la donne sera tout autre. Habitués des tours du monde en solitaire, les deux skippers possèdent un avantage certain sur leurs adversaires. Entre expérience et forte envie d’en découdre, les deux inséparables détiennent assurément la meilleure cote auprès des bookmakers. D’autant plus qu’ils ont placé la barre un peu plus haute avec l’ajout de foils (Ndlr : lames dans les flotteurs des bateaux), capables de leur faire gagner 3-4 milles par heure. Derrière ces deux ténors de la discipline, les outsiders évolueront sans complexe. Pour leur baptême du feu, Sidney Gavignet et Yann Guichard se verraient bien jouer les trouble-fête à la barre de leur trimaran remastérisé. Pour Servane Escoffier, qui a ressorti du placard un ancien trimaran de Bruno Peyron (âgé de 18 ans !), les objectifs seront ailleurs. La jeune femme souhaite tout simplement naviguer proprement et amener son bateau à bon port. (Le Figaro-31.10.2010.) 

L’ambiance avant le départ en images :

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 *cliquer sur l’image

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«Un beau challenge»

Franck Cammas prendra part à sa 4e Route du Rhum
Franck Cammas prendra part à sa 4e Route du Rhum

Le retour des maxi multicoques suscite forcement à la fois curiosité et excitation. Adepte des courses en équipage, Franck Cammas s’est ainsi lancé un nouveau défi à la barre de son Groupama 3, version solitaire.

coeur-Vous êtes un spécialiste des courses en équipage, qu’est-ce que cela peut vous apporter pour cette Route du Rhum ?
Franck Cammas : C’est vrai que j’ai passé beaucoup de temps ces derniers mois sur Groupama 3, cela m’a vraiment apporté une meilleure connaissance du bateau. J’ai effectué plusieurs sorties l’hiver dernier avec mon équipe à l’occasion du Trophée Jules Verne. C’est évidemment très important de voir ce bateau dans toutes les situations météos. Je connais maintenant vraiment bien ses limites. C’est très positif pour la confiance.

On imagine que votre préparation a été différente de celle que vous réalisez à l’occasion d’une course en équipage. Comment vous êtes-vous préparé pour cette traversée de l’Atlantique toujours très éprouvante ?
Franck Cammas : Je pense qu’il y a deux choses sur lesquelles je me suis concentré durant ma préparation : le bateau et la condition physique. Du point de vue mécanique, il a tout d’abord fallu modifier un multicoque qui est destiné à l’origine à faire de l’équipage. Nous avons ainsi privilégié un mât plus court et nous avons changé le plan du pont et l’organisation à bord. Le bateau est désormais allégé et nettement plus maniable. Il a fallu en parallèle préparer le bonhomme sur le bateau. J’ai ainsi réalisé plusieurs sorties en montagne en VTT  tout en multipliant les séances de musculation pour l’endurance. J’ai également effectué de nombreuses régates sur l’eau afin de m’acclimater au bateau et ainsi avoir de bonnes sensations. 

Avec plus de 200 jours passés sur l’eau, vous êtes certainement le marin qui navigue le plus. C’est un réel besoin pour vous ?
Franck Cammas : Même si c’est une passion, c’est avant tout mon métier. Chaque temps passé sur ce genre de bateau me permet de progresser, que ce soit lors de courses au large ou côtières. Je n’ai en effet pas fait que du multicoque cette année. J’ai navigué sur le Volvo 70 (monocoque) en vu de la prochaine course autour du Monde. A chaque fois que je navigue, quelque soit le support, j’apprends beaucoup des concurrents autour de moi. J’essaie ainsi de toujours avoir un défi ou un challenge quand je pars en mer.

Vous avez été contraint d’effectuer quelques changements à bord de Groupama 3 afin de le convertir au solitaire. Le bateau est-il désormais plus modulable selon vous ?
Franck Cammas : Les modifications ont en effet été conséquentes sur la version solo. Nous avons changé de gréement avec un mât plus court et plus léger. Un changement qui permet d’avoir moins de surface de voile pour une manipulation plus simple. Nous avons également adapté le bateau pour un homme seul en retirant pas mal d’éléments qui étaient destinés à la vie de 10 personnes à bord. Nous avons également rajouté un vélo sur le pont qui permet maintenant d’utiliser la force des jambes pour régler et manipuler les voiles.

Vous participez pour la quatrième fois à cette course mythique. Quels enseignements avez-vous tiré de vos dernières sorties ?
Franck Cammas : Sur ces transatlantiques, cela a toujours été des expériences incroyables. La Route du Rhum me permet avant tout de naviguer en multicoque en solitaire. C’est quelque chose que l’on fait en général plutôt rarement dans une année, à l’exception de certains spécialistes comme Thomas Coville ou Francis Joyon. Cela m’a également permis de progresser dans cette discipline assez à part. Il faut en effet avoir une certaine sensibilité et une certaine prise de risque pour bien figurer. Nous sommes toujours en train de gérer le potentiel du multicoque. Cette course est en tout cas toujours importante en terme d’expérience. Par le passé, j’ai eu des hauts et des bas mais chaque édition aura été différente. Il est toujours difficile d’anticiper.

Au vu de la rareté des courses en multicoque et du manque de repères par rapport aux autres concurrents, quelles seront vos ambitions en terme de résultat ?
Franck Cammas : C’est toujours difficile de faire des pronostics. Je souhaite faire de mon mieux évidement afin de ne pas être déçu au final. Je n’ai pas eu l’occasion de concourir face à mes adversaires cette année, je ne sais donc pas ce que Groupama 3 peut réellement donner face à Sodebo ou Gitana. Après quelques jours de course, je pense que les premières tendances se dessineront. De mon côté, je vais déjà essayer de traverser l’Atlantique en solitaire ce qui serait un beau challenge pour moi.

Les organisateurs ont décidé de réintégrer le concept d’origine du «no limit». Comment voyez-vous ce retour ?
Franck Cammas : On a fait un retour dans un concept datant des années 90. Pour ma part, je ne pense pas que cela soit la meilleure solution pour faire des courses plus serrées et avoir une flotte homogène. Nous voir nous barrer seul sur ce type de bateau peut néanmoins faire rêver le public. La notion d’aventure est également redorée. Toutefois, je suis certain que le côté course sera forcément un peu en deçà par rapport aux éditions précédentes.

Malgré vos nombreux tours du Monde, y a-t-il toujours de l’appréhension avant le départ d’une course aussi prestigieuse ?
Franck Cammas : C’est évident. Je crois que partir tout seul sur des multicoques c’est toujours très compliqué et vraiment stressant. Il y a toujours une importante part de risque. On a donc une certaine tension en partant mais cela fait partie de notre passion. Il va absolument falloir maîtriser ces risques, c’est essentiel pour nous.   (Le Figaro-31.10.2010.)

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«Une vraie satisfaction»

Yves Le Blevec sera l'un des prétendants dans la classe multi 50.
Yves Le Blevec sera l’un des prétendants dans la classe multi 50.

Ce dimanche, Yves Le Blevec prendra le départ de sa première Route du Rhum. Entre appréhension et excitation, le skipper d’Actual se sent prêt à défier l’océan Atlantique.

coeur-A vos yeux, qu’est ce que cette course a de plus qu’une autre, qu’est ce qui fait son charme ?
Yves Le Blevec : Son antériorité. On a une épreuve qui se déroule depuis 1978. Tous les quatre ans, c’est un événement majeur dans l’histoire de la course au large. Chaque édition est extrêmement suivie, que se soit par les médias ou par le grand public, qui a toujours répondu présent. Pour nous skippers, c’est une transat à ne pas manquer dans notre calendrier.

Plus jeune que signifiait pour vous la Route du Rhum ?
Yves Le Blevec : Cette course m’a toujours passionné. Elle a vraiment façonné mon enfance. Depuis sa création en 1986, j’ai toujours assisté au départ de cette épreuve mythique. C’est donc une vraie satisfaction pour moi d’y participer.

Vous n’avez cessé d’accumuler les milles en solitaire depuis cet été. Qu’est ce que cela vous a apporté ?
Yves Le Blevec : Chaque navigation est un enrichissement. Les conditions sont constamment différentes aussi bien sur le bateau qu’au niveau de la météo. Le fait de sortir en solo permet de s’acclimater au multicoque. J’ai également beaucoup navigué cet été en compagnie de personnes qui n’étaient pas forcément des marins (femmes, enfants, proches), mais avec qui je pouvais échanger sur certains points de vue, mes états d’âme ou des ressentis particuliers par exemple. Cela permet d’avoir un éclairage différent sur la façon de naviguer. C’est vraiment important pour moi.

L’analyse météo sera essentielle dans cette course. Christian Dumard sera votre routeur. Comment abordez-vous cette collaboration ?
Yves Le Blevec : La météo est vraiment très instable sur une traversée de l’Atlantique. Elle s’affine d’heure en heure. Nous aurons ainsi la possibilité de déterminer les grandes options par avance. Cependant, s’il y a des choix spécifiques à faire, Christian m’apportera sa perception et son expérience afin de me guider. Il me permettra de hiérarchiser mes choix et en fonction de nos objectifs, nous élaborons la démarche à suivre.

Vous serez au coude à coude avec Franck-Yves Escoffier, le tenant du titre et Lionel Lemonchois. Quels seront selon vous les éléments pour les battre ?
Yves Le Blevec : Il y a quelque chose qu’il ne faut jamais perdre de vue, la vitesse moyenne. Le premier à franchir la ligne, à Pointe à Pitre, sera celui qui aura eu la meilleure vitesse moyenne. Ce n’est donc pas celui qui ira le plus vite instantanément qui sera le plus rapide globalement. Il va de ce fait falloir ménager le marin et sa monture tout en tirant le maximum du bateau. C’est vraiment une affaire d’équilibre. On a tous les mêmes armes. Avec Franck-Yves, nous possédons des bateaux de même niveau de performance, toutefois, il y a une légère inconnue concernant le multicoque de Lionel. Malgré tout, nous savons qu’il est capable d’appuyer sur le champignon comme il l’a prouvé lors de l’édition précédente. Ce sera donc une édition très ouverte.

Votre première grande course en multicoque s’était achevée par un chavirage (Ndlr : la transat Jacques Vabre en 2009). Quelles leçons tirez-vous de cette mauvaise expérience ?
Yves Le Blevec : Il y en a une multitude. Nous avions eu un problème technique, qui avait provoqué ce chavirage. J’ai pas mal navigué depuis et je me suis retrouvé dans des situations quasi-identiques, auxquelles j’ai su faire face. Je pense donc avoir appris à gérer ces éléments extérieurs. Aujourd’hui, j’ai également beaucoup plus d’expérience avec le bateau qu’il y a un an. J’ai tout simplement enrichi ma connaissance de celui-ci.

Vous prenez le départ votre première Route du Rhum. Y a-t-il une légère appréhension ?
Yves Le Blevec : Etonnement pas vraiment ! Le fait de travailler sur les tout derniers détails, notamment sur la météo, me permet d’avoir des éléments concrets. Dans ma tête, je me sens quelque part déjà parti. Le réel est vraiment plus facile à vivre. (Le Figaro-30.10.2010.) 

«Partir pour la gagne»

Vincent Riou sera l'un des favoris de cette édition 2010
Vincent Riou sera l’un des favoris de cette édition 2010

Après un abandon lors de sa première participation en 2006, Vincent Riou retrouve les joies de la Route du Rhum. A la barre d’un nouveau bateau, l’ancien vainqueur du Vendée Globe n’envisage qu’une seule chose, la victoire.

coeur-Après le Vendée globe en 2008, vous vous attaquez à la Route du Rhum, une autre course mythique. C’est un vrai challenge pour vous …
Vincent Riou : En effet, c’est un beau défi puisque lorsque l’on fait de la course au large en France, c’est l’une des plus belles épreuves. De mon côté, c’est également un nouveau challenge parce que je viens de mettre à l’eau un nouveau bateau. L’objectif premier de l’équipe sera donc cette Route du Rhum.

Vous aviez été le routeur de Michel Desjoyeaux lors de sa victoire en 2002. L’océan Atlantique n’a donc plus de secret pour vous ?
Vincent Riou : C’est vrai que je connais particulièrement bien le parcours entre la France et les Caraïbes. Je l’ai réalisé plusieurs fois dans le cadre de la Transat AG2R. J’ai également vécu cette course de l’intérieur en tant que routeur, donc effectivement c’est une traversée bien connue. Cela reste malgré tout un parcours difficile puisqu’en fonction de la météo, ce n’est pas forcément toujours simple de rejoindre Pointe à Pitre.

Vous aviez été contraint à l’abandon suite à un démâtage en 2006. Pour votre seconde participation, vous serez forcément revanchard ?
Vincent Riou : C’est vrai que par le passé, la Route du Rhum ne m’a pas beaucoup réussi mais je vais faire en sorte que cela reste un mauvais souvenir. Des mauvaises expériences on en a forcément un jour dans ce métier, cela fait partie du jeu. Il y a des risques, on joue avec des machines d’un niveau technologique assez élevé. La casse fait donc partie de notre quotidien. Maintenant, je dois juste repartir sur de bonnes bases et conjuguer le mauvais sort.

Votre nouveau bateau a été mis à l’eau en mars dernier. Qu’est ce qui vous a poussé à construire ce monocoque ?
Vincent Riou : La construction de ce bateau était bien évidemment dans l’optique de la Route du Rhum mais également pour le Vendée Globe (Ndlr : prochaine édition en 2012). Nous avons donc choisi de construire un bateau type solitaire. On a eu la chance avec PRB de pouvoir reconstruire un autre prototype puisque nous avions vendu l’ancien. On s’est ainsi lancé dans un nouveau défi. Cela fait six mois que je navigue avec ce monocoque et je ne suis pas mécontent de ce choix. C’est une machine très performante et le fait d’avoir réalisé ce projet me donnera forcément plus de chance de réussite au final.

Après de nombreuses sorties cet été, comment sentez vous votre nouveau bateau ?
Vincent Riou : Pour PRB tous les voyants sont au vert. Maintenant il va falloir être bien concentré pour naviguer. Tout le monde sait que la course au large c’est la machine mais également l’homme. A moi d’être bon dès le départ et de faire les bons choix stratégiques afin de mener le plus intelligemment possible mon bateau.

Selon vous, est ce un avantage de concourir avec une nouvelle monture par rapport à d’autres skippers qui barreront des bateaux de l’ancienne génération ?
Vincent Riou : Oui, c’est un avantage en terme de performance. Les bateaux de la nouvelle génération sont forcément plus rapides que les anciens. Après, c’est un savant dosage entre cette performance et la fiabilité de la génération précédente. Moi, je me positionne un peu entre les deux. Notre bateau est nouveau mais il n’est pas tout frais sorti de son moule. J’ai déjà eu la chance de naviguer six mois dessus, je pense donc avoir une petite expérience avec. Pour moi c’est l’idéal mais maintenant il va falloir le prouver.

Vous avez privilégié la course afin de découvrir votre bateau (Ndlr : Grand Prix Petit Navire et Tour d’Espagne), cette stratégie a t-elle été payante ?
Vincent Riou : Cette année, il n’y avait pas grand-chose au calendrier Imoca. J’en ai donc profité pour faire de l’équipage. Pour ma part, c’était la meilleure solution afin d’étalonner et connaître mon bateau. Le fait de concourir face à d’autres concurrents m’a permis d’apprendre très vite sur la manière de le mener. Entre la première sortie et aujourd’hui, j’ai vraiment l’impression d’avoir les manettes et savoir comment le manier pour qu’il soit performant et rapide.

A l’occasion de cette édition 2010, le plateau sera une nouvelle fois très relevé. Qu’est ce qui pourrait faire la différence entre vous ?
Vincent Riou : Comme dans toute les courses en solitaire c’est le couple homme – machine le plus polyvalent dans tous les domaines du jeu qui passera la ligne d’arrivée en vainqueur. C’est la difficulté du solitaire. Il faut être à la fois bon navigateur et avoir une machine bien préparée. Celui qui aura réussi à réunir toutes ces compétences remportera cette Route du Rhum.

Pour votre seconde participation, quelles seront vos ambitions ?
Vincent Riou : Moi je suis un compétiteur donc je vais donc partir pour la gagne. Cette année, les conditions me sont plutôt favorables avec un bateau performant. Je m’interdis d’y participer pour autre chose que d’arriver en vainqueur à Pointe à Pitre. (Le Figaro-30.10.2010.) 

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**Un reporter dans la flotte 

«Il s'agit pour moi d'un challenge personnel». (Crédits photo : AFP)
Fabrice Amedeo: «Il s’agit pour moi d’un challenge personnel». 

Journaliste au Figaro, Fabrice Amedeo s’élancera dimanche sur la mythique transatlantique. 

coeur-La plume et la barre. Ils devaient partir à deux journalistes dans la même classe des monocoques 40  pieds, la plus dense de cette 9e édition de la Route du rhum. Fabrice Amedeo, du Figaro, et Pierre-Yves Lautrou, de L’Express, se sont engagés toute cette année dans l’aventure de la célèbre transatlantique. Mais celui que l’on surnomme «PYL», également marin avec de nombreux milles au compteur, restera à quai. Abordé violemment par un bateau de pêche avant d’arriver à Saint-Malo, il n’a pu que constater l’ampleur des dégâts et accuser le coup.

Dans cette classe 40 (12,18 mètres) créée en 2004 pour permettre à des amateurs expérimentés d’accéder à la course au large, Fabrice Amedeo (Geodis) va s’élancer avec 44 autres concurrents, donc quelques noms déjà connus: le Suisse Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) ou encore Nicolas Troussel (Crédit mutuel de Bretagne), double vainqueur de la Solitaire du Figaro. «Il s’agit pour moi d’un challenge personnel. Mon entourage, mon partenaire comme moi-même, nous n’attendons pas de résultats», sourit Fabrice Amedeo, 32 ans et père de deux enfants.

«En mode sécurité» 

**S’il s’élance pour la première fois sur la mythique Route du rhum, le Francilien ne manque pas d’expérience. Depuis 1997, il écume les mers: course du Fastnet, Tour de France à la voile, Spi Ouest-France, Transat Jacques Vabre en 2008 et, évidemment, la Solitaire du Figaro. «Cette course s’est imposée d’elle-même après toutes ces expériences, confie cet auteur de plusieurs ouvrages sur la course au large . Une transatlantique en solo, c’était l’échelon au-dessus. Et j’ai avec cette course des liens forts depuis que je suis gosse, car un ami de la famille y participait dans les années 1980.»

Des heures de navigation en solo ou aux côtés d’Armel Tripon, un spécialiste de la Solitaire du Figaro, un bateau méticuleusement préparé: Fabrice Amedeo se dit «serein». «J’appréhende juste le portant dans la brise sous spi. Je sais que le moindre incident en solo peut vite devenir galère. J’ai mon niveau de jeu, je serais en mode sécurité. Mais je ne pars pas non plus dans l’esprit voiture-balai! Je suis un compétiteur dans l’âme. Ce qui m’intéresse dans ce challenge, c’est de découvrir des capacités, des ressources qu’on ne croit pas toujours avoir en nous.» Fabrice Amedeo prévoit de passer une vingtaine de jours à bord avant de rallier l’arrivée, en Guadeloupe. (Le Figaro-27.10.2010.) 

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Fabrice Amedeo 

*consulter aussi. vidéo…..http://www.reportersdularge.com/ 

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