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«Océans», le film événement

9012010

Dans la baie de Carmel, en Californie, ce nuage de méduses dorées est un cadeau inattendu pour David Reichert venu filmer… des loutres ! Mais pas question de faire ami-ami avec ces demoiselles dont les caresses ressemblent à celles des orties.

*Dans la baie de Carmel, en Californie, ce nuage de méduses dorées est un cadeau inattendu pour David Reichert venu filmer… des loutres ! Mais pas question de faire ami-ami avec ces demoiselles dont les caresses ressemblent à celles des orties. (Le Figaro-08.01.2010.)- Dix ans après «Le Peuple migrateur», Jacques Perrin propose une oeuvre cinématographique à couper le souffle, sur les écrans le mercredi 27 janvier 2010.

***voir séquences du film Océans

  />LE BANQUET DU «SARDINE RUN»</b><br /> Lorsque plusieurs espècesLorsque plusieurs espèces animales unissent leur puissance et leur instinct, il en résulte le sardine run, banquet aussi pantagruélique qu’impressionnant qui se déroule chaque été à partir du mois de juin, sur la côte du Natal, en Afrique du Sud. A cette époque, les sardines qui ont frayé au Cap remontent vers Durban, portées par les courants froids, et tombent dans un piège diabolique. Les dauphins ouvrent la chasse, plongeant joyeusement à près de 50 mètres de profondeur et fractionnant le banc en le forçant à former une boule qui remonte vers la surface. Erreur grossière : les malheureuses, croyant que l’union fait la force, constituent en fait, vues d’en haut, une superbe cible. Le danger vient maintenant du ciel où, tels des avions de chasse, des hordes de fous du Cap déferlent, percutant à plus de 100 km/h la surface de l’eau. Leurs ailes noir et blanc repliées à l’arrière, les volatiles pénètrent l’onde avec un bruit de fusil et embrochent les pauvres sardines jusqu’à 15 mètres sous la surface. Bientôt, les impacts sont si nombreux que du ciel, on croirait que l’eau, fouettée jusqu’à l’écume, est entrée en ébullition. A la mêlée se joignent bientôt d’autres joyeux convives : les requins, les otaries, les manchots et, si elle est dans les parages, la baleine à grande bouche… » height= »318″ /></strong></font></font></p>
<p><strong>LE BANQUET DU «SARDINE RUN»<br />
<font face=Lorsque plusieurs espècesLorsque plusieurs espèces animales unissent leur puissance et leur instinct, il en résulte le sardine run, banquet aussi pantagruélique qu’impressionnant qui se déroule chaque été à partir du mois de juin, sur la côte du Natal, en Afrique du Sud. A cette époque, les sardines qui ont frayé au Cap remontent vers Durban, portées par les courants froids, et tombent dans un piège diabolique. Les dauphins ouvrent la chasse, plongeant joyeusement à près de 50 mètres de profondeur et fractionnant le banc en le forçant à former une boule qui remonte vers la surface. Erreur grossière : les malheureuses, croyant que l’union fait la force, constituent en fait, vues d’en haut, une superbe cible. Le danger vient maintenant du ciel où, tels des avions de chasse, des hordes de fous du Cap déferlent, percutant à plus de 100 km/h la surface de l’eau. Leurs ailes noir et blanc repliées à l’arrière, les volatiles pénètrent l’onde avec un bruit de fusil et embrochent les pauvres sardines jusqu’à 15 mètres sous la surface. Bientôt, les impacts sont si nombreux que du ciel, on croirait que l’eau, fouettée jusqu’à l’écume, est entrée en ébullition. A la mêlée se joignent bientôt d’autres joyeux convives : les requins, les otaries, les manchots et, si elle est dans les parages, la baleine à grande bouche…

 />LE CONGRÈS DES ARAIGNÉES</b><br /> Chaque année, dit-on, des millions d’araignées de mer convergent vers la baie de Melbourne, en Australie, pour y muer et s’y reproduire. Le fait est connu. Pourtant, faute de pouvoir l’observer, les scientifiques ont longtemps cru à une légende. Et puis, un beau jour, un petit miracle est survenu. Mark Norman et Julian Finn, deux océanographes avec qui l’équipe avait tourné des plans de seiches géantes, leur ont montré quelques images de ce rassemblement. «Généralement, explique le réalisateur Jacques Cluzaud, les scientifiques ne sont pas très partageurs. C’est donc un cadeau qu’ils nous ont fait.» Un cadeau qui prouve à quel point ce film est une succession de rencontres, de hasards. L’année suivante, il s’est agi de localiser les bestioles dans cette gigantesque baie de plus de 100 kilomètres de large. De toutes les techniques envisagées, dont le tag, c’est celle de la petite annonce qui a paru la plus appropriée. « On a fait passer dans les journaux du coin un avis de recherche avec une prime. Tous les plongeurs de la région se sont relayés pour chercher et ont fini par localiser un groupe suffisamment important pour que René Heuzey, l’opérateur, commence à filmer. Ça a été très long car chaque jour, le nombre augmentait et les prises étaient plus impressionnantes. Il y a même eu un moment où le cameraman a été entièrement recouvert par les crabes, ce qui peut sembler assez effrayant même si, de la bouche de l’intéressé, c’était “plutôt agréable”… » » height= »344″ /></strong></font></font></p>
<p><font face=LE CONGRÈS DES ARAIGNÉES
Chaque année, dit-on, des millions d’araignées de mer convergent vers la baie de Melbourne, en Australie, pour y muer et s’y reproduire. Le fait est connu. Pourtant, faute de pouvoir l’observer, les scientifiques ont longtemps cru à une légende. Et puis, un beau jour, un petit miracle est survenu. Mark Norman et Julian Finn, deux océanographes avec qui l’équipe avait tourné des plans de seiches géantes, leur ont montré quelques images de ce rassemblement. «Généralement, explique le réalisateur Jacques Cluzaud, les scientifiques ne sont pas très partageurs. C’est donc un cadeau qu’ils nous ont fait.» Un cadeau qui prouve à quel point ce film est une succession de rencontres, de hasards. L’année suivante, il s’est agi de localiser les bestioles dans cette gigantesque baie de plus de 100 kilomètres de large. De toutes les techniques envisagées, dont le tag, c’est celle de la petite annonce qui a paru la plus appropriée. « On a fait passer dans les journaux du coin un avis de recherche avec une prime. Tous les plongeurs de la région se sont relayés pour chercher et ont fini par localiser un groupe suffisamment important pour que René Heuzey, l’opérateur, commence à filmer. Ça a été très long car chaque jour, le nombre augmentait et les prises étaient plus impressionnantes. Il y a même eu un moment où le cameraman a été entièrement recouvert par les crabes, ce qui peut sembler assez effrayant même si, de la bouche de l’intéressé, c’était “plutôt agréable”… »

Quand ces demoiselles tricotent de la pince, mieux vaut ne pas être dans leurs pattes ! Pour suivre ce grouillant troupeau et filmer au plus près cette séquence incroyable où tout ce que la mer compte de ces crustacés semble s’être donné rendez-vous, le cameraman René Heuzey a été d’une infinie patience. Jour après jour, il a guetté l’arrivée des bestioles et filmé vingt heures de rushes, pour tirer deux petites minutes de film. Un spectacle hallucinant.

Quand ces demoiselles tricotent de la pince, mieux vaut ne pas être dans leurs pattes ! Pour suivre ce grouillant troupeau et filmer au plus près cette séquence incroyable où tout ce que la mer compte de ces crustacés semble s’être donné rendez-vous, le cameraman René Heuzey a été d’une infinie patience. Jour après jour, il a guetté l’arrivée des bestioles et filmé vingt heures de rushes, pour tirer deux petites minutes de film. Un spectacle hallucinant.

 />LES FACÉTIES DES OTARIES</b><br /> Il n’y a pas plus pataud qu’une otarie sur la terre ferme. Cette maladresse a longtemps causé leur malheur : au XIXe siècle, les chasseurs ont tant massacré ce gibier facile et lucratif qu’il fut quasiment exterminé, tout comme les loutres ou les baleines. Depuis 1978, le Marine Mammal Protection Act (MMPA), promulgué par les Américains, protège les pinnipèdes et a permis, en une trentaine d’années, la renaissance de ces espèces. «A présent, se félicite Stéphane Durand, l’un des conseillers scientifiques du film, on trouve des éléphants de mer au beau milieu du port de San Francisco, ce qui prouve bien qu’une décision politique peut peser sur l’avenir de la planète. » Gauche sur la rive, l’otarie de Californie se mue, dans la vague, en une danseuse à la grâce infinie, doublée d’une farceuse incorrigible. La joie de vivre de ces demoiselles (les mâles, moins faciles à approcher, sont plus bougons), observées en novembre dans les grandes forêts sous-marines de kelp – ces algues géantes du sudouest des Etats-Unis qui grandissent de 30 centimètres par jour et peuvent atteindre des longueurs de 50 mètres – s’exprime par de souples cabrioles et un esprit curieux et joueur qui les pousse à venir observer les plongeurs de très près, allant même jusqu’à se mirer dans l’objectif des appareils. Autre passion des otaries, le mordillement, élevé au rang d’art de vivre, qui les pousse, avec une grande délicatesse toutefois, à mâchouiller tout ce qui dépasse, notamment les palmes et les caméras…  » height= »326″ /></p>
<p><strong>LES FACÉTIES DES OTARIES<br />
<font face=Il n’y a pas plus pataud qu’une otarie sur la terre ferme. Cette maladresse a longtemps causé leur malheur : au XIXe siècle, les chasseurs ont tant massacré ce gibier facile et lucratif qu’il fut quasiment exterminé, tout comme les loutres ou les baleines. Depuis 1978, le Marine Mammal Protection Act (MMPA), promulgué par les Américains, protège les pinnipèdes et a permis, en une trentaine d’années, la renaissance de ces espèces. «A présent, se félicite Stéphane Durand, l’un des conseillers scientifiques du film, on trouve des éléphants de mer au beau milieu du port de San Francisco, ce qui prouve bien qu’une décision politique peut peser sur l’avenir de la planète. » Gauche sur la rive, l’otarie de Californie se mue, dans la vague, en une danseuse à la grâce infinie, doublée d’une farceuse incorrigible. La joie de vivre de ces demoiselles (les mâles, moins faciles à approcher, sont plus bougons), observées en novembre dans les grandes forêts sous-marines de kelp – ces algues géantes du sudouest des Etats-Unis qui grandissent de 30 centimètres par jour et peuvent atteindre des longueurs de 50 mètres – s’exprime par de souples cabrioles et un esprit curieux et joueur qui les pousse à venir observer les plongeurs de très près, allant même jusqu’à se mirer dans l’objectif des appareils. Autre passion des otaries, le mordillement, élevé au rang d’art de vivre, qui les pousse, avec une grande délicatesse toutefois, à mâchouiller tout ce qui dépasse, notamment les palmes et les caméras.

Mis au point par Didier Noirot et créés pour le film par Jean-Claude Protta, les caissons hydrodynamiques abritant les caméras ont été creusés dans des blocs d’aluminium de 100 kilos. A la fois légers (40 kilos avec la caméra) et équilibrés (on peut les lâcher dans l’eau, ils flottent), ils permettent, en plongée, de modifier tous les réglages importants sur la caméra et de filmer en souplesse les volte-face des otaries, qui sont munies de pavillons auditifs externes, contrairement aux phoques (ci-dessus, une femelle léopard des mers), qui, eux, les gardent au chaud à l’intérieur.

Mis au point par Didier Noirot et créés pour le film par Jean-Claude Protta, les caissons hydrodynamiques abritant les caméras ont été creusés dans des blocs d’aluminium de 100 kilos. A la fois légers (40 kilos avec la caméra) et équilibrés (on peut les lâcher dans l’eau, ils flottent), ils permettent, en plongée, de modifier tous les réglages importants sur la caméra et de filmer en souplesse les volte-face des otaries, qui sont munies de pavillons auditifs externes, contrairement aux phoques (ci-dessus, une femelle léopard des mers), qui, eux, les gardent au chaud à l’intérieur.

... le flamboiement automnal des gorgones...

… le flamboiement automnal des gorgones…

 />BALADE AVEC LE GRAND REQUIN BLANC</b><br /> Le requin n’attaque pas l’homme ! Cette affirmation que serinait le commandant  Cousteau est aussi l’antienne de François Sarano, plongeur émérite et amoureux de ce grand squale. C’est en novembre, dans les eaux claires de l’île Guadalupe, au Mexique, que Sarano rencontre ce Carcharodon carcharias d’une tonne et demie. «Nous voulions mettre en scène un dessinateur sous-marin croquant un requin, d’où la palette blanche que je tiens en main.» Il fallut dix jours et deux équipes qui passèrent soixante heures sous l’eau pour parvenir à montrer une image très différente de celle des Dents de la mer : un animal magnifique de grandeur et de majesté avec lequel on peut se promener.  » height= »325″ /></font></font></p>
<p><font face=BALADE AVEC LE GRAND REQUIN BLANC
Le requin n’attaque pas l’homme ! Cette affirmation que serinait le commandant Cousteau est aussi l’antienne de François Sarano, plongeur émérite et amoureux de ce grand squale. C’est en novembre, dans les eaux claires de l’île Guadalupe, au Mexique, que Sarano rencontre ce Carcharodon carcharias d’une tonne et demie. «Nous voulions mettre en scène un dessinateur sous-marin croquant un requin, d’où la palette blanche que je tiens en main.» Il fallut dix jours et deux équipes qui passèrent soixante heures sous l’eau pour parvenir à montrer une image très différente de celle des Dents de la mer : un animal magnifique de grandeur et de majesté avec lequel on peut se promener.

«Le face-à-face est facile, explique Sarano, mais le côtoiement, presque à se toucher, est exceptionnel. Nager de conserve implique, de la part du requin, une grande confiance.» Les plongeurs américains, qui avaient toujours abordé ces animaux à l’abri d’une cage, étaient très tendus à l’idée d’une balade en liberté. Le premier jour, tous se tenaient prudemment près des barreaux ; le dernier, tout le monde avait compris que François avait raison. «En vingt ans, à part certains surfeurs nageant dans des eaux troubles ou des vagues et qui pouvaient être pris pour un poisson, jamais aucun plongeur n’a été victime d’un requin.» Et d’expliquer que, selon la vieille théorie du «Fuis-moi, je te suis, suis-moi, je te fuis», « le requin n’attaque que si le plongeur se conduit comme une proie ».

«Le face-à-face est facile, explique Sarano, mais le côtoiement, presque à se toucher, est exceptionnel. Nager de conserve implique, de la part du requin, une grande confiance.» Les plongeurs américains, qui avaient toujours abordé ces animaux à l’abri d’une cage, étaient très tendus à l’idée d’une balade en liberté. Le premier jour, tous se tenaient prudemment près des barreaux ; le dernier, tout le monde avait compris que François avait raison. «En vingt ans, à part certains surfeurs nageant dans des eaux troubles ou des vagues et qui pouvaient être pris pour un poisson, jamais aucun plongeur n’a été victime d’un requin.» Et d’expliquer que, selon la vieille théorie du «Fuis-moi, je te suis, suis-moi, je te fuis», « le requin n’attaque que si le plongeur se conduit comme une proie ».

 />LES RUSES DES BALEINES À BOSSE</b><br /> Les baleines à bosse sont de grandes cocottes de 25 à 30 tonnes qui passent l’hiver à Hawaï et l’été en Alaska. A la mauvaise saison, les lagons bleus font à leurs amours et à leurs fruits le plus doux des berceaux. Lorsque reviennent les beaux jours, tenaillés  par un féroce appétit (ils ont jeûné pendant plusieurs mois), ces mammifères (que l’on appelle aussi mégaptères parce que leurs nageoires pectorales ressemblent à des ailes) remontent en Alaska où, dans le détroit de Chatham, les attendent tous les harengs du monde. » height= »322″ /> </font></font></font></p>
<p><font face=LES RUSES DES BALEINES À BOSSE
Les baleines à bosse sont de grandes cocottes de 25 à 30 tonnes qui passent l’hiver à Hawaï et l’été en Alaska. A la mauvaise saison, les lagons bleus font à leurs amours et à leurs fruits le plus doux des berceaux. Lorsque reviennent les beaux jours, tenaillés par un féroce appétit (ils ont jeûné pendant plusieurs mois), ces mammifères (que l’on appelle aussi mégaptères parce que leurs nageoires pectorales ressemblent à des ailes) remontent en Alaska où, dans le détroit de Chatham, les attendent tous les harengs du monde.

Par groupe de 15 ou 20, elles partent en chasse sous la férule de deux d’entre elles. La première, dite la bulleuse, repère un banc de poissons et lâche un chapelet de bulles qui l’enserre comme un filet. Puis la seconde, dite l’aboyeuse, lance un chant rythmique qui, passant du grave à l’aigu, tétanise les proies et signale aux convives qu’il est temps de déjeuner. Rassemblées sous le banc, les baleines donnent alors l’estocade. La troupe remonte comme une fusée à la surface, gueule ouverte, gobant tout ce qui se trouve sur son passage. Et le festin dure jusqu’au soir. «Du bateau où nous les attendions pour les filmer, raconte Jacques Cluzaud, lorsqu’elles faisaient surface, nous avions l’impression d’assister à la naissance d’une île. Pourtant, nous n’étions pas en danger : les baleines, extrêmement attentives à leur environnement, sont d’une précision et d’une légèreté d’hirondelle. Lorsqu’elles descendent, elles sont capables de frôler le fond de l’eau sans qu’un grain de sable ne bouge.»

Par groupe de 15 ou 20, elles partent en chasse sous la férule de deux d’entre elles. La première, dite la bulleuse, repère un banc de poissons et lâche un chapelet de bulles qui l’enserre comme un filet. Puis la seconde, dite l’aboyeuse, lance un chant rythmique qui, passant du grave à l’aigu, tétanise les proies et signale aux convives qu’il est temps de déjeuner. Rassemblées sous le banc, les baleines donnent alors l’estocade. La troupe remonte comme une fusée à la surface, gueule ouverte, gobant tout ce qui se trouve sur son passage. Et le festin dure jusqu’au soir. «Du bateau où nous les attendions pour les filmer, raconte Jacques Cluzaud, lorsqu’elles faisaient surface, nous avions l’impression d’assister à la naissance d’une île. Pourtant, nous n’étions pas en danger : les baleines, extrêmement attentives à leur environnement, sont d’une précision et d’une légèreté d’hirondelle. Lorsqu’elles descendent, elles sont capables de frôler le fond de l’eau sans qu’un grain de sable ne bouge.»

 />SILENCE (DE LA MER), ON TOURNE !</b><br /> N’étaient les chapelets de bulles, les combinaisons noires et les masques, on pourrait presque se croire sur un tournage comme un autre. Or, filmer le fond des mers est une affaire très compliquée. A l’impératif de patience s’ajoutent les contraintes de la limpidité de l’eau, de la pression, de la lenteur des mouvements. Plus ce que l’on filme est petit et plus le plateau est lourd. Il faut 20 personnes pour immortaliser cette rencontre entre un crabe et une étoile (photo 2). Dix techniciens sont postés sur une barge flottante, en surface. Leur mission : envoyer les 20 000 watts des projecteurs pour éclairer le fond de l’eau et recréer une lumière qui imite les rayons de la lune. Dix mètres plus bas, dix hommes s’affairent. Au premier plan, le plongeur derrière son moniteur s’assure de la netteté de ce que filme le cameraman accroupi près des rails du travelling. «Pour les scènes tournées en macro et qui permettent des gros plans saisissants, l’utilisation d’un “pointeur”, grande première en matière de cinéma animalier, était absolument indispensable et permettait à l’opérateur de se concentrer sur l’action sans se soucier de la mise au point», révèle Stéphane Durand. Sous les câbles suspendus par de petits flotteurs pour ne pas être dans le champ, d’autres techniciens s’affairent, réorganisant le plateau en ramenant en son centre les acteurs principaux, qui ont une fâcheuse tendance à jouer les fils et filles de l’eau… » height= »306″ /> </font></font></font></p>
<p><font face=SILENCE (DE LA MER), ON TOURNE !
N’étaient les chapelets de bulles, les combinaisons noires et les masques, on pourrait presque se croire sur un tournage comme un autre. Or, filmer le fond des mers est une affaire très compliquée. A l’impératif de patience s’ajoutent les contraintes de la limpidité de l’eau, de la pression, de la lenteur des mouvements. Plus ce que l’on filme est petit et plus le plateau est lourd. Il faut 20 personnes pour immortaliser cette rencontre entre un crabe et une étoile (photo 2). Dix techniciens sont postés sur une barge flottante, en surface. Leur mission : envoyer les 20 000 watts des projecteurs pour éclairer le fond de l’eau et recréer une lumière qui imite les rayons de la lune. Dix mètres plus bas, dix hommes s’affairent. Au premier plan, le plongeur derrière son moniteur s’assure de la netteté de ce que filme le cameraman accroupi près des rails du travelling. «Pour les scènes tournées en macro et qui permettent des gros plans saisissants, l’utilisation d’un “pointeur”, grande première en matière de cinéma animalier, était absolument indispensable et permettait à l’opérateur de se concentrer sur l’action sans se soucier de la mise au point», révèle Stéphane Durand. Sous les câbles suspendus par de petits flotteurs pour ne pas être dans le champ, d’autres techniciens s’affairent, réorganisant le plateau en ramenant en son centre les acteurs principaux, qui ont une fâcheuse tendance à jouer les fils et filles de l’eau…

Au fond, se rencontrent le bizarre et l’étrange. Le regard des cinéastes met en lumière les couleurs folles de ce monde que l’on dit sombre et muet. Entre les motifs éclatants du napoléon... 

Au fond, se rencontrent le bizarre et l’étrange. Le regard des cinéastes met en lumière les couleurs folles de ce monde que l’on dit sombre et muet. Entre les motifs éclatants du napoléon…

Les jupons de dentelle de la méduse japonaise. 

Les jupons de dentelle de la méduse japonaise.

Le bernard-l’ermite.

Le bernard-l’ermite.