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Biarritz, l’élégance décontractée

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En haut, la grande plage et ses tentes.

En haut, la grande plage et ses tentes.

PLAGE D’ÉTÉ (11/30) – Consacrée «reine des plages et plage des rois» au XIXe siècle, lorsque Eugénie de Montijo et son impérial époux, Napoléon III, décidèrent de transformer ce village de pêcheurs en villégiature mondaine, Biarritz tient aujourd’hui son rang avec un mélange d’élégance et de flegme.

Biarritz, l'élégance décontractée dans mer et soleil coeur-Petit matin à Biarritz. Aux Colonnes, au-dessus du Casino, les serveurs, impeccablement vêtus de noir, glissent en douceur entre les tables, pyramides de croissants et cafés fumants en équilibre sur leur plateau. Bientôt six heures. Sur la terrasse, trois couples élégants, nœuds papillon pour les messieurs et escarpins dorés pour les dames, fêtent au champagne la fin de la nuit ; ils sortent du casino où la chance leur a souri. À la table voisine, deux surfeurs encore ensommeillés avalent prestement leurs expressos. Ils veulent être les premiers sur la plage de la côte des Basques à prendre la vague de la marée montante. À l’intérieur, enfin, un sexagénaire, béret vissé sur la tête, lit son quotidien favori en sirotant une chicorée au lait…

*Ici, même les surfeurs ont de la tenue

La villa Belza
La villa Belza

On ne saurait accueillir clientèle plus hétéroclite. Et en même temps si unanimement distinguée. Car l’élégance biarrote n’a rien de compassée. Elle se situe davantage dans une manière décomplexée de jouir de la vie et de la beauté du lieu que dans une forme d’arrogance de classe.

L’Hôtel du Palais, l’église russe et son dôme bleuté, les villas rococo à clochetons, les manoirs stuqués et les demeures Art déco dessinent un incroyable labyrinthe de styles, d’époques, de citations architecturales, créant une ville folle, fantaisiste, une cité fantasmée. Cela pourrait s’avérer kitsch en diable ; il n’en est rien. Biarritz est une ville onirique. Magique. Hors de la course du monde. Elle n’a rien d’une station balnéaire : c’est une Atlantide posée aux rivages de l’océan et du temps aboli.

«La ville est si belle qu’elle contraint à l’élégance, explique Maud, comédienne portant avec grâce ses 75 printemps. Ici, même les surfeurs ont de la tenue. Personne ne se promène déboutonné, débraillé. C’est sans doute pour cela que les Anglais aiment tant passer l’été ici !» Biarritz reste en effet la plus internationale des ­villégiatures océanes : un quart des visiteurs arrivent d’autres pays européens, dont une immense majorité d’Anglais, suivis par des Italiens et des Espagnols.

«Dans le monde entier, Biarritz est un nom magique. Il pétille, il brille. Contrairement à sa voisine Saint-Jean-de-Luz, repaire de la bonne bourgeoisie familiale, Biarritz évoque la fête, le jeu, la gaieté» , s’enthousiasme Jean-Daniel, Luzien pourtant, qui a choisi la cité impériale pour ouvrir l’hôtel dont il rêvait depuis longtemps. Son Mirano, un très hype boutique-hôtel décoré dans un esprit seventies, a vite trouvé sa clientèle «internationale, fêtarde» qui aime à deviser sur la belle terrasse, à l’ombre des ­platanes, lors d’apéros animés.

*Ne surtout pas jouer au snob

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Car ici, les lieux de mode n’excluent pas. Au contraire, ils fédèrent des populations différentes : «En vingt ans, la clientèle s’est énormément diversifiée, confirme Pierre Arostéguy, dont la famille tient depuis 1875 une formidable épicerie, véritable malle aux trésors de la gastronomie basque. Les 35 heures, les longs week-ends pour les ­Français, les lignes low-costs pour les Anglais, les surfeurs venus du monde entier dans leurs combis… Les gens savent que chez nous, ils seront bien reçus quel que soit leur standing. Pas comme à Saint-Trop où dès qu’on ouvre la bouche, il faut débourser 50 euros !» Même si on n’est basque ici qu’avec retenue, la convivialité et la gourmandise euskadiennes mettent tous les estivants d’accord.

Au Blue Cargo, les Parisiens en Tod’s et en Abercrombie partagent sans complexe leur table avec des surfeurs locaux total-lookés Oxbow. Les bobos de ­Bordeaux ou de Bayonne s’encanaillent aux 100 Marches, une guitoune qui domine la côte des Basques et qui sert du rosé frais au fond de verres en plastique. Et des familles espagnoles logotées Adolfo Dominguez pour les parents et Custo Barcelona pour les enfants communient avec de jeunes Anglais en tongs et shorts, autour de l’agneau au four de chez ­Philippe…

L’ultime snobisme de ­Biarritz ? Ne surtout pas jouer au snob. Se montrer tolérant avec naturel, curieux de tous les milieux, européen avec conviction. Car Biarritz, cette vieille dame que le champagne, les nuits passées au casino ou en galante compagnie ont fixé dans une éternelle jeunesse, est élégante pour tous. (Le Figaro-24.07.09.)







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